‹ Exposition du dogme catholiqueChapitre 38 sur 65 · Où xocxacppovw àvôpioTrou' xav £iç y), avÛpwTcoç sgti, to · texte numérisé non relu

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Toutefois, la force de ces vérités remises eu lumière n'eût point corrigé les sociétés corrompues de l'oubli du respect, si le dogme catholique n'y eût ajouté les surnaturelles leçons d'un mystère qui n'abaisse la divinité que pour établir entre tous les hommes la noble et sublime égalité de la grâce. Avec quel étonnement, d'abord, et, peu à peu, avec quelle admiration et quel attendrissement les sociétés, si profondément divisées par le mépris, durent entendre ces paroles : — « O hommes ! le Fils de Dieu, égal à son Père éternel, est descendu des deux. Il a pris votre nature, afin d'habiter parmi vous et de relever à vos yeux ce que le monde méprise et a en horreur. Il pouvait choisir pour son partage la grandeur, la puissance, la richesse, le repos et la joie. Mais non, il s'est anéanti jusqu'à prendre la forme de l'esclave; il s'est fait ouvrier, travaillant de ses mains, gagnant son pain à la sueur de son iront ; il est né de parents pauvres, il a vécu

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(S. Chrysost., De Lazuro., homil. VI, 2.

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pauvre, il est mort dépouillé de tout. Qui donc osera se croire assez grand pour mépriser les états dans lesquels un Dieu s'est mis, afin de redresser les faux jugements de notre orgueil ? — Et vous, esclaves, travailleurs, pauvres gens qui êtes tentés de ne voir dans votre condition qu'une malédiction du Ciel ou le jeu d'une fatalité cruelle, regardez le Christ! il a penché de votre côté, afin de vous élever jusqu'à lui. Il vous tend la main; prenez-la et soyez fiers de ce divin compagnon de vos misères. Avec lui vous pouvez vous promener le front haut à travers le monde ; vous ne rencontrerez personne qu'il ait tant aimé, personne qu'il ait tant honoré que vous. Aux rois, aux grands, aux puissants, aux glorieux, aux riches, aux hommes de faste, de loisirs et de joie, vous pouvez dire hardiment : notre Dieu n?a pas voulu vous ressembler, mais avec nous et pour nous il s'est fait petit. A nous toute sa vie, sa vie consacrée à nous instruire, à nous consoler, à signer nos lettres de noblesse. Aussi, malgré nos humiliations et nos misères, nous ne nous sentons pas méprisables, puisqu'un Dieu est humilié et misérable comme nous. »

Mais, il y a plus qu'une leçon dans ce mystère. D'après la doctrine catholique, le Christ humilié est l'ouvrier d'une création nouvelle qui transforme la nature humaine, et l'élève à une dignité quasi divine. Il s'est abaissé vers nous, il a vécu parmi nous, il a souffert, il est mort pour nous sauver des coups de la justice de Dieu, pour nous appliquer les mérites infinis de ses abaissements, de sa vie, de ses souffrances, de sa mort, et finalement pour nous communiquer sa grâce par des signes et des rites sacrés auxquels tous les hommes ont droit. — Tous, entendez-vous? — Tous peuvent devenir chrétiens; tous, s'ils ont le bonheur d'être chrétiens, sont les enfants d'un père divin qui est le Père du Christ; tous sont le corps et les membres d'une tête divine qui est le Christ lui-même ; tous les temples de son Esprit; tous possèdent la même vie divine, tous se nourrissent d'un même pain divin; tous sont illuminés et fortifiés par le même Esprit divin; tous sont marqués d'un même caractère qui atteste leur grandeur divine. Et alors, il faut dire avec le grand Apôtre : « Il n'y a plus

de nobles ni de plébéiens, de riches ni de

20f) AMEN DE LA VIE SOCIALE.

pauvres, de libres ni d'esclaves, de savants ni d'ignorants, de Grecs ni de Barbares, là où

Jésus-Christ a mis son sceau et sa grâce, mais

en lui tous les hommes deviennent une seule chose : Omnas unurn estis in Christo Jesu1, » — Avec l'apôtre saint Jacques : « Si nous avons foi en Jésus-Christ notre maitre, principe de la vraie gloire, ne faisons pas entre nous acception de personnes2. » Avec le doux Grégoire de Nazianze : « Le jour où le baptême vous a transformés , toutes les anciennes marques ont disparu ; le Christ a été imposé à tous comme forme unique5. » Enlin , avec l'Église, gardienne et apôtre de la doctrine catholique, perpétuel écho de la parole de son premier chef : Respect ! respect à tous ! Omnes honoratek,

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