PRECIS DE L'HISTOIRE DE L'ASTRONOMIE
Multi pertransibunt , et augebitur scienlia.
Bacon.
Nous venons d'exposer les principaux résultats du système du monde, suivant l'ordre analytique le plus direct et le plus simple. Nous avons d'aboid considéré les apparences des mouvemens célestes; et leur comparaison nous a conduits aux mouvemens réels qui les produisent. Pour nous élever au principe régulateur de ces mouvemens, il fallait connaître les lois du mouvement de la matière; et nous les avons développées avec étendue. En les appliquant ensuite aux corps du système solaire, nous avons reconnu qu'il existe entre eux, et même entre leurs plus petites molécules, une attraction proportionnelle aux masses et réciproque au carré des distances. Redescendant enfin, de cette force universelles ses effets; nous en avons vu naître, non-seulement tous les phénomènes connus, ou simplement entrevus par les astronomes ; mais encore un grand nombre d'autre.s entièrement nouveaux, et que l'observation a vérifiés.
Ce n'est pas ainsi que l'esprit humain est parvenu à ces découvertes. I/ordre précédent suppose que l'on a sous les yeux , l'ensemble des observations anciennes et modernes ; et que pour les comparer et pour en déduire les lois des mouvemens célestes et les causes de leurs inégalités, on fait usage de toutes les ressources que présentent aujoind'hui, l'Analyse et la Mécanique. Mais ces deux branches de nos connaissances , s'étant perfectionnées successivement avec l'Astronomie ; leur état à ces divers époques, a nécessairement influé sur les théories astronomiques. Plusieurs hypothèses on été généralement
admises, quoique directement contraires aux lois fondamentales de la Mécanique , que l'on ne connaissait pas encore ; et dans cette ignorance, on a élevé contre le vrai système du monde, qui perçait de toutes parts dans les phénomènes , des difficultés qui l'ont fait pendant long-temps méconnaître. Ainsi , la marche de l'Astronomie a été embarrassée, incertaine; et les vérités dont elle s'est enrichie, ont été souvent alliées à des erreurs que le temps, l'observatio^i , et le progrès des sciences accessoires en ont séparées. Nous allons ici donner un précis de son histoire : on y verra l'Astronomie , rester un grand nombre de siècles dans l'enfance; en sortir et s'accroître dans l'école d'Alexandrie; stationnaire ensuite, jusqu'au temps des Arabes, se perfectionner par leurs travaux; enfin abandonnant l'Afrique et l'Asie où elle avait pris naissance, se fixer en Europe, et s'élever en moins de trois siècles , à la hauteur où elle est maintenant parvenue. Ce tableau des progrès de la plus sublime des sciences naturelles, fera pardonner à l'esprit humain, l'Astrologie qui, dès la plus haute antiquité, s'était partout emparée de la faiblesse des hommes; mais que ces progrès ont fait pour toujours disparaître.
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