‹ Exposition du système naturel des nerfs du corps humainChapitre 10 sur 29 · Enfin, le même genre de connexion existe entre la · texte numérisé non relu

Enfin, le même genre de connexion existe entre la

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conditions essentielles qui suivent : ils ont une double origine , ils . ont tous des ganglions sur

cinquième paire et le grand sympathique , qu'entre ce dernier et les nerfs spinaux.

Dans les maladies, on retrouve encore la même analogie : ainsi, dans les cas ordinaires d'hémiplégie, les nerfs spinaux elles brandies de la cinquième paire sont similairement affectés. Dans cette paralysie, le pouvoir de la volonté sur les membres et la sensibilité du coté malade sont généralement détruits; mais, dans quelques cas, le mouvement volontaire est perdu et la sensibilité persiste, et vice versa. Les mêmes variétés se rencontrent aussi dans la face ; car la mâchoire inférieure peut rester pendante, tous les symptômes de paralysie exister, et cependant, la sensibilité de la peau, le sens du goût demeurer intacts.

Dans les expériences sur les nerfs de l'épine et sur la cinquième paire,, on observe les mêmes phénomènes. Si l'on coupe, (comme dans l'opération qui se pratique souvent sur les nerfs du pied du cheval,) un nerf spinal, après qu'il a fourni des branches aux muscles moteurs de la partie, on détruit seulement la sensibilité de cette partie; mais si on coupe les nerfs plus près du cerveau , on détruit la sensibilité et le mouvement volontaire. La même chose arrive dans les expériences sur la cinquième paire : si l'on coupe une brandie qui se distribue à la peau des lèvres, on détruit la sensibilité de cette partie , et l'on diminue légèrement les mouvemens de mastication ; mais si on divise le nerf plus haut, on détruit non-seulement la sensibilité de la peau, mais on enlève de plus le mouvement aux mâchoires. Je coupe une branche de la cinquième paire qui se rend a la face, la sensibilité de la portion correspondante de la lèvre est perdue , il survient

l'une de leurs racines , ils se rendent latéralement à certaines parties du corps ; ils ne sont point destinés à unir les différentes divisions de l'organisation ; ils sont tous des nerfs musculaires présidant aux mouvemens volontaires; ils jouissent tous d'une sensibilité parfaite; et sont la source de la sensibilité des surfaces. Lorsqu'on les a représentés avec soin sur le papier, on les voit pénétrer toutes les parties du corps ; aucune n'en est dépourvue; et cependant ils sont symétriques et simples , comme les nerfs des animaux inférieurs. Yoyez planche 2e.

Si l'on met les nerfs à découvert sur un animal vivant , ceux qui appartiennent à cette classe , présentent le plus haut degré de sensibilité , tandis qu'au contraire , ceux qui ne dépendent pas de cette classe ou système primitif , sont comparativement si peu sensibles , qu'on peut les disun peu de paralysie, à l'exception de certains mouveinens de l'orbiculaire des lèvres. Je coupe le nerf plus près du cerveau , avant qu'il ait donné des branches à d'autres muscles : alors, la mâchoire inférieure tombe, et les muscles du même côté sont sans force.

J'ai varié l'expérience en irritant le nerf dans la fissure sphéno-palatine , immédiatement après la mort de l'animal; les mâchoires se rapprochèrent avec une telle violence , qu elles pincèrent fortement les doigts de mon aide. On peut comparer cette dernière expérience à celles que l'on a si souvent répétées lorsqu'on galvanise les nerfs de la moelle épinière qui se rendent aux muscles des extrémités.

tinguer immédiatement : à tel point que la tranquillité de l'animal fait douter qu'ils aient la moindre sensibilité. Si Ton met en même temps à découvert sur la face d'un animal vivant, la cinquième paire et la portion dure de la septième il ne restera pas le moindre doute dans l'esprit de l'observateur , sur la différence de sensibilité que présentent ces deux nerfs. Quel'on coupe le nerf de la classe primitive , la peau et les autres parties sont privées de la sensibilité. Mais que l'on coupe un nerf d'une autre classe, il n'en résulte pour les parties auxquelles il se distribue , aucune diminution de leur sensibilité aux impressions externes.

Des Nerfs respiratoires en particulier.

Les nerfs qui unissent les organes interne» de la respiration avec les différens sens placés dans des parties éloignées et avec les muscles de la respiration se distinguent de ceux dont nous venons de parler , par beaucoup de circonstances. Ils n'ont pas une double racine ; ils ne présentent pas de ganglion vers leur origine ; ils viennent de la moelle allongée, et de la partie supérieure de la moelle de l'épine , et de-là ils se rendent aux différentes parties du corps qui concourent au mouvement de la respiration. Ce sont ces nerfs qui présentent une apparence de confusion dans la dissection , parce qu'ils croisent les autres , et se rendent à des parties déjà amplement pourvues par

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l'autre système. On peut mettre , d'après leurs fondions , les nerfs suivans au nombre des nerfs respiratoires.

i°. Le nerf vague ( E. fig. S. pi. i. )ou huitième paire de Willis , ou nerf pnmmo - gastrique des physiologistes français modernes. Ce nerf part de l'origine commune des nerfs respiratoires , c'està-dire , de la partie latérale de la moelle allongée; il se dirige vers le larynx , les poumons , le cœur et l'estomac. Il meut ces organes , qui en même temps reçoivent d'autres nerfs d'une origine différente.

L'anatomie comparée nous porte à croire que ce nerf n'est pas essentiel à l'estomac , puisqu'il n'existe que chez les animaux qui ont un cœur et des poumons qui doivent être associés à un appareil musculaire delà respiration. On ne peut douter que l'estomac doive être en rapport avec l'appareil musculaire de la respiration , aussi bien qu'aveo les poumons , lorsqu'on fait attention aux phénomènes qui ont lieu dans le vomissement et le hoquet , et qui sont produits par les muscles respiratoires excités par l'irritation de l'estomac.

2°. Le nerf respiratoire de la Face. ( G. fig. 8. ) C'est celui que l'on nomme portion dure de la septième paire. Ce nerf, comme le dernier, sort de la partie latérale de la moelle allongée 3 et après avoir traversé l'os temporal , se distribue à toute la face. Tous les mouvemens des ailes du nez , des lèvres ou de la face en général , qui ont lieu

en même temps que les mouvemens de la poitrine dans la respiration, ne dépendent que de ce nerf. Lorsqu'on le coupe les mouvemens de la face ne sont plus en rapport avec ceux des poumons , et elle est privée de toute expression d émotion.

3°. Nerf respiratoire supérieur du Tronc. ( D. fig. 8. ) C'est celui qu'on nomme accessoire de l'épine. Lamarche singulière que suit ce nerf, a beaucoup tourmenté les anatomistes. Il vient de la partie supérieure de la moelle épinière ? partant sur une ligne qui lui est commune avec les racines des autres nerfs respiratoires. Au lieu de sortir directement entre les vertèbres, comme le font les nerfs spinaux régujiers , il rentre dans le crâne , et n'en sort qu'avec la paire vague , descend sur le col, et se rend aux muscles de l'épaule. Dans ce trajet , il se distribue à des muscles qui sont déjà abondamment pourvus de nerfs par le système régulier.

C'est le nerf qui préside aux opérations des muscles du col et de l'épaule, dans leur acjion comme muscles respiratoires , lorsqu'en soulevant les épaules , ils déchargent la poitrine et donnent au thorax la facilité de se dilater. Quand , dans des expériences , on le coupe en travers , les muscles de l'épaule qui agissaient comme muscles respiratoires, cessent leur coopération , et sont cependant encore susceptibles de mouvemens volontaires.

4°. Le granrl nerf respiratoire interne ( 12. pî. 3. ) C'est le phrénique ou le dlaphragmatique des auteurs. Ce nerf est le seul de tout le système nerveUx , qui ait été reconnu pour un nerf respiratoire. Son origine , son trajet , sa destination sont si connus de tout le monde , que je n'en dirai rien de plus ici. Mais il est un autre nerf avec lequel îl a des traits de ressemblance remarquables, et qui, pour les raisons que nous avons déjà indiquées , a été entièrement oublié , c'est :

5<>. Le nerf respiratoire externe. ( i3. pi. 3. ) Il a la même origine que le nerf précédent. Il sort des vertèbres cervicales , et a des connexions avec le nerf phrénique. Il descend le long du col, croise la direction des nerfs cervicaux et axillaires, traverse l'aisselle , et arrive sur la face externe des cotes, où il n'est pas nécessaire de faire observer que les muscles reçoivent déjà les nerfs qui viennent du système des nerfs réguliers, en passant entre les côtes.

Les quatre derniers nerfs que nous venons de nommer, font agir les muscles de la face , du col, des épaules et de la poitrine , pendant l'acte de la respiration , et sont indispensables pour la parole et l'expression. Mais il y a d'autres nerfs de la même classe qui vont à la langue, à la gorge et à la trachée- artère , et qui ne sont pas moins essentiels pour compléter l'acte de la respiration. Ces nerfs sont le glosso-pharyngien , le lingual ou la neuvième paire de Willis, et les branches su-

périeure cl inférieure de la paire vague, qui se rendent au larynx : (1) nous passons a l'examen de ces nerfs en particulier.

Des nerfs de la face; preuves que les deux séries de nerfs qu'on axait jusqu'ici supposées semblables ,

• diffèrent par leur structure, leur sensibilité et leurs fondions.

C'est la face qui nous offre le plus de facilité pour observer les différentes distinctions des nerfs , et pour confirmer la doctrine que nous venons d'avancer.

La face , chez l'homme, exécute plusieurs fonctions : c'est elle qui nous présente la combinaison des organes de la mastication, de la respiratiou , de la voix naturelle , de la parole et de l'expression , mouvemens exécutés directement par la volonté. Elle présente encore les signes des émotions , sur lesquelles nous n'avons qu'un empire trèslimité ou imparfait. La face , qui éprouve les jouissances animales les plus grossières, est aussi le siège des émotions les plus relevées et les plus délicates. Heureusement pour le sujet qui nous occupe, les nerfs qui , dans d'autres parties de l'organisation , sont unis l'un à l'autre pour la com-

(i) On' verra, que dans ses recherches ultérieures sur ce sujet , l'auteur à découvert que la quatrième paire , (H. iig. 9 ) appartient à ce système. Voyez le Mémoire sur les nerfs de Forbite.

ïnodité de leur distribution aux parties éloignées , sont distincts ici , et marchent séparés les uns des autres, jusqu'à ce qu'ils se rencontrent par leurs extrémités. Ils suivent différens trajets dans les os de la tête, et sortent sur la face, où leur distribution devient un sujet curieux de recherches.

Les nerfs de la face , sont d'abord le trijumeau* ou la cinquième paire de Willis , et celui que l'on appelle communément la portion dure de la septième, mais que nous appellerons dans ce mémoire , nerf respiratoire de la face.

Nerf trijumeau ou de la cinquième paire.

Chez tous les animaux qui ont un estomac avee des palpes ou tentacules , pour embrasser leur nourriture , on peut apercevoir les rudimens de ce nerf, et chez les vers, on peut toujours distinguer très- facilement la partie de leur système nerveux qui entoure l'œsophage auprès de la bouche. S'il s'élève un palpe quelconque de la tête d'un animal 5 que ce soit l'antenne d'une écrevisse de mer ou la trompe d'un éléphant, c'est toujours une branche de ce nerf, qui donne à ce membre la sensibilité, et le mouvement à ses muscles (1) ; mais cela n'a

(i) Les branches de la cinquième paire pénètrent dans les racines des moustaches du genre chat ,qui sont des palpes» Le passage suivant est extrail d'un mémoire de M. Shaw.

Bans le chat et dans le lièvre ? les branches de la cinquième

lieu que lorsque ce membre est un simple orgnne de sentiment , et que ses fonctions ne se trouvent point contribuer à la respiration.

JNous pouvons , en partant du nerf qui sort du ganglion antérieur chez la sang-sue, et se distribue à la bouche, monter, en suivant la gradation des animaux, au nerf du goût et de la manduca':jn , jusqu'à ce que nous arrivions à la distribution complète de la cinquième paire ou du trijumeau, chez l'homme. (Voyez pi. IV, ou l'on trouve les trois grandes divisions à la face). Ici, dans l'anneau le plus élevé comme dans le plus bas, le nerf remplit les mêmes fonctions : c'est le nerf du goût

paire passent non-seulement jusqu'aux muscles, mais s'étendent aussi clans les moustaches, tandis que îeâ brandies du nerf respiratoire de îa face, s'étendent au-delà des poils , et entrent dans les muscles qui mettent en mouvement l'extrémité de la narine. Il est un peu difficile de démontrer les nerfs qui se rendent aux bulbes des poils dans les plus petits animaux j mais on peut facilement le faire sur les phoques. Une préparation de ces nerfs m'a été montrée il y a quelques années, à Amsterdam, par le professeur Vrolick ; et dans le premier numéro du Journal de Physiologie expérimentale , par M. Magendie , on trouve une note sur les nerfs qui se rendent anx moustaches du phoque, par M. Andral. Ce fait d'anatomîe qui a été nié par quelques uns , est rendu plus évident encore par la dissection Ses animaux qui ont des touffes de poils sur les yeux. — Dans l'écureuil américain, j'ai remarqué les branches de la première division de la cinquième paire dans les bulbes des poils et des sourcils.

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et des glandes sali vaires ; c'est lui qui dirige les muscles des mâchoires, et donne la sensibilité commune. Ce nerf sortdelabasedu cerveau, (i. î.pl 2.) Il p ésente cette particularité que, seul de tous les nerfs de la tête , il reçoit des racines de la protubérance cérébral et du cervelet. Il se forme un ganglion près de son origine ; quelques-uns de ses filets passent cependant auprès de ce ganglion sans y entrer. Avant de sortir du crâne, ce nerf se p rtage en trois grandes branches qui se rendent à la face,, aux mâchoires et à la langue,. Ses rameaux se distribuent à la peau, et pénètrent dans tous les muscles ; ils abondent surtout aux lèvres (i).

Du nerf respiratoire de la Face , ou portion dure de la septième paire (2).

Ce nerf n'existe que chez les animaux dont les mouvemens de la face , sont en rapport avec ceux des organes respiratoires. Chez les poissons au lieu de se distribuer en avant à la face , il se rend en arrière aux muscles des ouies ,

(1 Pour de plus amples éclaircissemens sur les fonctions du nerf de la cinquième paire, consultez le Mémoire sur l'œil, et la conclusion.

(2) Portio dura nervi acustici; svmpalheticus parvus d« TV inslow -, faciale de Vicq. d'Azir.

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et , à proprement parler , il n'y a pas de portion dure de la septième paire chez eux , car le nerf qui semblerait pouvoir porter ce nom , est une branche de la paire vague. Il convient de donner ici une courte description de la distribution de ce nerf dans le corps humain.

Le nerf respiratoire de la face , sort de la partie supérieure et latérale de la moelle allongée , près de la protubérance annuitaire 3 et précisément à l'endroit où les pédoncules du cervelet se joignent à la moelle allongée. Les autres nerfs respiratoires qui forment une partie si distincte du système nerveux, sortent d'une ligne qui leur est commune avec les racines de celui-ci.

Ce nerf en passant par le conduit auditif interne est embrassé par la portion molle : mais il s'en sépare pour entrer dans un canal particulier que lui fournit l'os temporal. Un peu plus loin , et pendant son trajet dans los temporal , il s'anastomose par deux rameaux avec des branches du nerf de la cinquième paire ou trijumeau. L'un de ces rameaux est appelé nerf vidien, et l'autre corde du tympan. Au moyen de ces communications, ces nerfs (cinquième et septième paire) vont à la fois dans les deux directions: des branches de la septième paire, se rendent à la membrane du nez et aux muscles de la paroi postérieure du pharynx, tandis que des branches de la cinquième paire ( ainsi que du grand sympathique ) pénètrent dans l'intérieur de l'oreille.

Par la seconde de ;es communications , (la corde du tympan qui se joint à la branche linguale de la cinquième paire à l'endroit même où ce nerf passe le long du péristaphylin interne et du péristaphylin externe ) ; les branches de ce nerf respiratoire , parviennent au voile du palais et à ses muscles.

Le nerf respiratoire de la face en sortant du trou stylomastoïdien , se divise en beaucoup de branches qui se dirigent en divergeant vers tous les points de la face. Une branche se rend aux muscles de l'oreille externe, et une autre va, sous l'angle de la mâchoire , aux muscles de la gorge. Le tronc principal traverse alors la glande parotide et arrive sur la face. Ici ses branches continuent à s'écarter, les unes montant sur la tempe , d'autres descendant sur les côtés du col , où elles forment un plexus superficiel. Les principales se distribuent aux muscles du front et des paupières; une d'elles appelée faciale supérieure , va aux muscles de la joue , et une sur les côtés du nez, tandis qu'une branche faciale inférieure, se distribue vers l'angle de la bouche, aux muscles qui sont réunis sur ce point.

Par cette distribution étendue, ce nerf se partage à tous les muscles de la face , muscles qui ont reçu déjà des branches de la cinquième paire. Je ne suis pas aussi certain que ces branches arrivent également à la peau, pour s'y distribuer avec les plus petits vaisseaux de la joue.

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Les branches descendantes ou inférieures qui vont sous la mâchoire inférieure, se distribuent aux muscles superficiels de la gorge et du col, et s'anastomosent avec des branches des nerfs spinaux et avec les nerfs respiratoires , comme on peut le voir dans la planche IV.*

Structure de ce nerf.

Si Ton examine avec soin le tissu du nerf respitoire de la face, on trouve qu'il ressemble au tissu de la paire vague , et qu'il diffère de celui du trijumeau. Les filamens de ce nerf ont un tissu trèsserré, semblable à un plexus très-fin. La cinquième paire, au contraire, est formée de gros filamens ronds, qui ont un tissu bien moins compliqué.

Le nerf respiratoire de la face comparé à la cinquième paire , est proportionnellement plus grand chez l'homme que chez les autres animaux. Si nous examinons ranimai qui , dans la chaîne des êtres , tient le second rang ( le singe ) , nous trouverons que cette proportion est beaucoup diminuée, et celle de la cinquième paire très-augmentée. La distribution des nerfs est plus compliquée chez le singe que chez le chien, la complexité dépendant évidemment du nombre des muscles de l'expression. Si du lion , du chien et du chat , nous descendons au cheval-, à l'âne et à la vache, nous remarquerons une différence sensible entre la distribution du nerf chez ces animaux , et celle quô

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nous avons vue sur le singe ou le chien; car, à l'exception d'un petit nombre de branches qui vont aux muscles de l'oreille externe et à la paupière, tout le nerf respiratoire est borné aux muscles des narines et au coté de la bouche; tandis que, chez les carnivores, il se distribue avec profusion aux joues et aux côtés du col.

Il y a cependant quelques variétés dans les classes des animaux herbivores. Dans la gazelle, le mouton et le daim, la distribution du nerf est encore plus simple que dans le cheval ; tandis que dans le chameau, elle est plus considérable, et tient, sous ce rapport, le milieu entre les animaux carnivores et les herbivores L'expression du chameau furieux présente déjà de la férocité ; et il ressemble beaucoup aux animaux carnivores , lorsqu'en mourant , il montre ses crochets.

Si nous devions simplement examiner la distribution de la portion dure de la septième paire , sans être préoccupés par aucune théorie ou opinion, nous serions forcés de conclure quelle ne suffit pas seule pour fournir l'influx nerveux à toutes les parties auxquelles elle se distribue, car toutes ses branches e joignent à des divisions de la cinquième paire.

Ici, l'on se demande naturellement si ces nerfs remplissent la même fonction; s'ils apportent un double contingent de la même propriété ou faculté , ou s'ils ne remplissent pas des fonctions différentes ? Après avoir appelé à noire secours toutes les con-

naissances que fournissent la structure du corps humain et l'anatomie comparée, nous allons décider la question par des expériences.

Expériences sur les nerfs de la face.

Ayant jeté par terre un âne, et lui ayant serré pendant quelques secondes les narines, pour le faire haleter et lui faire dilater les naseaux avec force dans chaque inspiration, nous coupâmes la portion dure d'un côté de la tête : le mouvement de la narine du même côté cessa instantanément , tandis que l'autre continua à se dilater et à se contracter, d'accord avec les mouvemens de la poitrine.

Lorsque nous coupâmes le nerf, l'animal ne donna aucun signe de douleur , et il ne fit aucun effort ni aucun mouvement dans le moment où le nerf fut coupé.

Ayant délié l'animal , nous lui présentâmes du foin et de l'avoine, qu'il mangea sans le plus léger empêchement (1).

(ï) La répugnance que j'éprouvais à faire plus d'expériences que je ne croyais nécessaire pour prouver la conclusion sur laquelle je désirais fixer l'attention , c'est-à-dire , la différence de la cinquième paire et de la portion dure de la septième , m'empêcha pendant quelque temps de reconnaître toute l'importance de ce nerf. Si j'avais coupé le même nerf de l'autre côté , j'aurais vu facilement combien le mouvement était dérangé.

Sur un âne qui avait été lié et renversé , on mit a découvert le nerf maxillaire supérieur , branche de la cinquième paire. Lorsqu'on touchait ce nerf, l'animal éprouvait une vive douleur. On en fit la section ; mais on ne put remarquer aucun changement dans he mouvement des narines : les cartilages continuaient à se dilater régulièrement , et avec les autres parties qui contribuent à l'acte de la respiration. Onobserva, du reste , qu'un des côtés de la lèvre était pendant et entraîné de l'autre côté. On coupa la même branche de la cinquième paire du côté opposé , et l'on délia l'animal. Il ne lui était plus possible de ramasser son avoine ; il avait perdu la faculté d'élever et d'avancer la lèvre, comme il le fait en ramassant sa nourriture. Pour séparer les lèvres, l'animal appuyait la bouche contre la terre, et parvenait ainsi à lécher avec la la langue l'avoine qui y était répandue. La perte du mouvement des lèvres dans la manducation était si évidente, que l'on regarda comme une cruauté inutile de couper les autres branches de la cinquième paire (1).

La section du nerf respiratoire ou de la portion dure , occasionna si peu de douleurs , qu'on répéta

(1) Ce que j'attribuais à l'effet de la perte du mouvement par la division de la cinquième paire , était réellement le résultat de la perte de 3a sensibilité ; comme on le démontrera plus bas.

plusieurs fois cette expérience sur l'âne et sur le chien, et toujours avec ie même effet. Le côté de îa face sur lequel on avait opéré restait en repos et sans mouvement , pendant la plus forte excitation des organes respiratoires.

Lorsqu'on eût tué l'âne sur lequel le nerf respiratoire de la face avait été coupé , ce qu'on fit par la saignée, il s'offrit une occasion non-prévue de s'assurer de son influence , par l'absence de cette influence du côté de la face où il avait été coupé.

Quant un animal devient insensible par une perte de sang, l'impression que reçoit le cœur s'étend sur tous les muscles de la respiration par de violentes convulsions : non-seulement l'air est précipité dans la poitrine par un effort subit et puissant, mais au même instant, les muscles de 3a bouche, des narines et des paupières, et ceux des côtés de la face entrent dans un violent état de spasme. Chez l'âne sur lequel nous avions coupé le nerf respiratoire de la face , nous vîmes le contraste ie plus remarquable entre les deux côtés : car, tandis que l'un était dans une contraction universelle et puissante, celui sur lequel on avait coupé le nerf restait dans un repos complet.

JNous pouvons conclure de ces faits que la portion dure de la septième paire est le nerf respiratoire de la face; que les mouvemens des lèvres, des narines et du voile du palais dépendent de son influence, lorsque les muscles de ces parties agissent conjointement avec les autres organes de la respi-

ration. Ces organes , qui transmettent l'air aux poumons, so.)t des tubes membraneux, mis en mouvement |>ar des muscles , qui servent à les étendre et à les dilater, afin que l'air puisse pénétrer librement dans les poumons. 11 est évident que , pour obtenir cet effet , ces muscles doivent être d'accord avec les autres muscles de la respiration , et se mouvoir simultanément avec eux. Tel est l'effet de l'influence du nerf respiratoire de la face. Il sera prouvé, par la suite , que la gorge, le col , les épaules et la poitrine reçoivent des nerfs semblables à celui-ci , semblables par leur structure et leur fonction, et qu'ils servent à unir tout le vaste appareil de la respiration et de la parole.

Les actes de l'éternument et de la toux dépendent entièrement de l'influence des nerfs respiratoires. Lorsque Ton présentait du carbonate d'ammoniaque à l'àne dont le nerf respiratoire avait été coupé, le côté du nez et de la face où le nerf était entier éprouvait cette rétraction qui est l'expression propre de l'éternument; mais de l'autre côté, où l'on avait pra/iqué la section du nerf, la face restait dans un relâchement complet , quoique les branches du grand s)rmpathique et de la cinquième paire fussent entières. On obtenait le même effet en coupant le nerf respiratoire d'un côté de la face sur un chien ; l'action de l'éternument était entièrement bornée au seul côté de la face non opéré.

Ces dernières expériences prouvent crue Fex-

pression particulière dans l'éternument résulte d'une impression sur les nerfs de la respiration , et que les muscles de la face n'obéissent à la sympathie que par l'influence du nerf respiratoire de la face.

De toutes les parties du système nerveux , c'est le grand sympathique dans l'étude duquel l'anatomie a été consultée avec le moins de soin. Les connexions de ce nerf, ou plutôt de ce système de nerfs, étant universelles, on la regardé comme îe moyen qui établit les rapports de l'œil , du nez , de la face, de la gorge, du diaphragme, etc. , tandis que cette combinaison n'a lieu que par les nerfs que j'ai nommés nerfs respiratoires , d'après leur grande et principale fonction.

On a regardé l'acte du sourire comme particulier à l'homme , et on a dit que chez aucun autre animal, on ne peut rencontrer cet état de jouissance qui fournit ce caractère distinctif de la face humaine, l'expression de la bienveillance, ou le sourire moqueur ; mais il n'est personne qui n'ait observé combien se rapproche de cette expression le chien qui flatte son maître : il saute , plie le corps et agite la queue , tourne en dehors le bord des lèvres, et imite le sourire, autant que le lui permettent ses organes. Lorsqu'on coupe, d'un côté de la tête , sur un chien , le nerf respiratoire de la face, ce mouvement des lèvres n'a plus lieu, quoiqu'on l'observe encore de l'autre côté , où le nerf est entier.

Je coupai le nerf respiratoire d'un côté de la face sur un singe, et aussitôt la vivacité particulière de ses traits disparut ; les mouvemens des paupières et des sourcils avaient cessé ; il ne pouvait c%ner de ce côté , et toutes les fois qu'il montrait les dents, dans la colère, ses lèvres étaient entraînées comme chez un paralytique dans l'ivresse. Nous avons des preuves équivalentes à des expériences, que, chez l'homme, les actions des muscles qui produisent le sourire et le rire dépendent de l'influence de ce nerf respiratoire. Chez un homme , le tronc du nerf respiratoire de la face fut lésé par un abcès qui se forma devant l'oreille , et que traversait le nerf pour se rendre a la face. On remarqua que , pendant le rire et le sourire, la bouche était tirée d'une manière singulière du côté opposé. Lorsqu'il voulait siffler, les lèvres présentaient une grimace risible; si, après avoir pris du tabac, il éternuait, le côté ou le nerf était lésé restait en repos , tandis que l'autre présentait les contorsions ordinaires. Ainsi, il paraît que toutes les fois que l'action d'un des muscles de la face est combinée avec l'acte de la respiration, elle dépend de l'influence de ce nerf. f

En enlevant sur un cocher une tumeur qu'il avait devant l'oreille, je coupai une branche du nerf qui se rend à l'angle de la bouche : quelque temps après, il vint pour me remercier de l'avoir débarrassé d'une affection formidable, mais il se plaignit qu'il ne pouvait plus siffler ses chevaux.

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On s'était demandé si la cinquième paire était un nerf musculaire : une expérience décida la question. Ayant irrité le tronc de ce nerf sur un âne récemment tué , nous vîmes les mâchoires se fermer avec violence : au contraire , chez un autre âne , sur lequel nous coupâmes la cinquième paire, la mâchoire tomba, les muscles n'étant plus capables de la tenir fermée. C est ce que Ton retrouve encore dans les symptômes des maladies : on voit la paralysie des muscles de la face , sans la paralysie de ceux de la mâchoire. Thomas Barret , l'un des malades de l'hôpital ( Middlesex ) , a la bouche tirée vers l'oreille gauche , et les paupières du côté droit restent ouvertes ; mais le muscle temporal et le masseter conservent leur force.

Ainsi, il paraît que la portion dure de la septième paire est le principal nerf musculaire de la face; qu'elle anime les muscles de la joue, des lèvres, des narines et des paupières , c'est-à-dire, que c'est ce nerf qui préside à toutes les actions qui ont le rapport le plus éloigné avec l'acte de la respiration. 11 est possible que ces rapports ne soient pas apparens au premier abord; mais, en continuant nos recherches sur ce sujet , nous découvrirons l'enchaînement des anneaux qui unissent les organes respiratoires avec les actions des traits.

Des fonctions du Trijumeau ou cinquième paire, prouvées par ces expériences.

Nous ayons vu que quand le nerf de la cinquième paire ( le nerf de la mastication et de la sensation) était coupé sur un âne, l'animal ne pouvait plus ramasser sa nourriture. Chez l'individu dont la face était paralysée d'un côté pendant l'état d'excitation des organes respiratoires , on ne pouvait observer aucune faiblesse ni paralysie dans les mêmes muscles , lorsqu'il mettait un morceau dans sa bouche, et qu'il commençait à mâcher.

Dans une expérience qui fut faite, le 16 mars, on trouva qu'en coupant la branche sous-orbitaire de la cinquième paire du côté gauche , et la portion dure ou nerf respiratoire du côté droit , sur un âne, le côté droit, où la portion dure de la septième paire avait été divisée , resta sensible à la douleur, tandis que le côté gauche fut complètement insensible après la section de la cinquième. Nous pûmes encore facilement voir dans cette expérience combien furent différentes les douleurs qu'éprouva l'animal lorsqu'on coupa ces deux différens nerfs. La section de la cinquième paire lui fit éprouver une douleur qui se rapporta bien aux idées que nous avons de la sensibilité des nerfs ; mais en coupant la portion dure , il ne paraissait pas que l'animal éprouvât aucune douleur.

Indépendamment de la différence de sensibilité

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dans ces nerfs, tontes ces expériences nous en firent reconnaître une grande entre leurs pouvoirs sur les muscles. En touchant le plus légèrement possible la portion dure ou nerf respiratoire , on faisait entrer en convulsion les muscles de la face, tandis que l'animal ne donnait aucun signe de douleur ; au moyen des branches de la cinquième paire , il était plus difficile de faire entrer les muscles en action, bien que le nerf, comme je l'ai dit, éprouvât une grande douleur lorsqu'on le touchait. Je coupai la branche de la cinquième paire qui va au front , chez un homme qui me le demandait à toute instance pour un tic douloureux ; cette opération ne fut pas suivie de la paralysie des muscles du sourcil ; mais sur un individu chez lequel un ulcère et un abcès placés devant le pavillon de l'oreille , avaient détruit la branche supérieure du nerf respiratoire , le sourcil tombait et ne suivait pas l'autre lorsque les traits étaient animés.

Les faits se multiplient tous les jours , lorsque notre attention est fixée sur cet objet, par la connaissance de l'anatomie de ces nerfs. On apporta à l'hôpital un malheureux qui s'était tiré dans l'oreille droite un pistolet chargé d'une petite balle; l'oreille avait été mise en pièces, et il y avait une plaie avec déchirement des parties derrière la branche droite de la mâchoire; la dissection nous apprit ensuite que les branches de la portion dure ou nerf respiratoire de la face qui se rendent à la joue , au nez et à la bouche,

avaient été détruites , et que les branches qui vont aux paupières , avaient été laissées intactes : la balle était entrée par le conduit auditif externe , et avait fracturé la portion mince de l'os qui sépare le tympan du crâne. Quoique Ton ait retrouvé la balle arrêtée dans la dure- mère, audessous de la saillie de la petite aile du sphénoïde , les divisions de la cinquième paire étaient entières et sans lésion. Pourquoi , demanderai-je , ce fait ne pourrait-il être admis comme une expérience? Si les règles de l'art n'ont pas été suivies , il présente aussi l'avantage d'avoir été observé sur un homme. Dans le rapport fait pendant la vie du malade , on trouve ce passage. « La face , les lèvres et la langue ont conservé toute leur sensibilité , mais il ne peut tirer la bouche du côté droit , quoiqu'il le puisse faire à gauche. Le mouvement de la paupière droite est entier. »

Ainsi les expériences et l'observation pratique > ne laissent aucun doute sur la distinction des fonctions des deux nerfs de la face. Il y a bien un point obscur dans leurs fonctions : c'est ce qui regarde l'acte de la mastication , nous en allons voir l'explication. Le fait suivant est arrivé à un homme très-instruit , et de beaucoup d'esprit. Eprouvant un grand mal de dent, il prit subitement la résolution de faire arracher sa dent , et se confia à une main peu expérimentée ; une molaire de la mâchoire inférieure fut arrachée. Gomme il portait un verre d'eau à ses lèvres, pourquoi, dit-il >.

^2 DE JLA STRUCTURE.

m'avez-vous donné un verre cassé? et il remarqua aussitôt que le verre était entier, mais qu'il avait perdu la sensibilité d'un côté de la lèvre inférieure. Il avait cru n'appuyer sur ses lèvres que la moitié d'un verre, parce que la lèvre n'en avait éprouvé la sensation que dans la moitié de son étendue; il conserva la faculté de mouvoir, mais non de sentir avec la lèvre: et maintenant, que plusieurs années se sont écoulées, il ne sait pas quand quelque chose de solide ou de liquide repose sur ce côté de la lèvre , quoiqu'elle n'éprouve pas îa moindre difficulté dans ses mouvemens.

L'examen de la IVe. planche , nous explique cette circonstance , car il y a un rameau de la cinquième paire nommé mandibulo-lalralis , qui sort de la mâchoire inférieure par le trou m entonnier , pour se distribuer à la lèvre. Ce nerf a sans doute , été lésé à l'endroit où il commence à sortir de dessous les racines des dents , et la perte de la sensibilité du côté de la lèvre que fournissait ce rameau , en a été le résultat. Il est aussi important d'observer que la lèvre conserva son mouvement par l'influence de la portion dure, quoique la sensibilité eût été détruite par la lésion d'une branche de la cinquième paire.

Ces faits sur les nerfs des lèvres, sont difficiles à expliquer, tant que l'on n'examine pas ce qui est nécessaire à l'acte simple de la préhension des alimens. Lorsqu'un cheval ramasse l'avoine dans la main qui la lui présente , ou sur la terre , il doit

sentir la nourriture , ce qui est la fonction des branches de la cinquième paire; et faire mouvoir ses lèvres d'après la direction de ce sentiment , sinon, il ne pourra la ramasser. Les expériences nous ont démontré que lorsqu'on coupe soit la septième, soit la cinquième paire, si l'opération est pratiquée des deux côtés delà face, l'animal est privé de la faculté de saisir ses alimens,mais par différentes causes ; car , dans la première expérience, c'est à la perte du mouvement qu'^n doit l'attribuer, et dans la seconde , c'est à la perte de la sensibilité.

Je ne puis décider absolument si les branches musculaires de la cinquième paire se rendent exclusivement aux muscles des mâchoires. J'ai trouvé chez un individu, que, quand les joues et les lèvres étaient rétractées par la paralysie , il pouvait encore serrer avec les lèvres , d'une manière qui indiquait une force indépendante de la septième paire : mais nous pouvons prouver de toutes les manières que toute la sensibilité de la tête , dépend delà cinquième paire (1).

On demandera pourquoi un nerf appelé respiratoire , se rendrait à l'œil et à l'oreille. Mais dé-

fi) M. Shaw, dit à cette occasion, dans un mémoire: « nous avons vu distinctement l'effet de la blessure du côté droit de la portion dure chez une petite fille ; quand elle rit de bon cœur, la joue droite et le même côté de la bouche restent immobiles, tandis que les muscles du colé gauche sont mis en convulsion par le rire. Mais lorsque l'on dit

mandons d'abord si les corps des animaux sont organisés de manière à présenter les signes des passions. Si l'on admet qu'il en est ainsi , nous savons d'ailleurs , que comme la portion dure est le nerf de la respiration , elle est aussi le grand nerf de l'expression , non-seulement chez l'homme , mais aussi chez les animaux. Toute cette excitation qui se remarque sur la tête d'un chien, dans ses yeux, dans ses oreilles, lorsqu'il combat, disparaît , si l'on divise ce nerf. Sur un basset, chez lequel le nerf respiratoire fut coupé , le côté de îa face opéré fut privé de toute expression, soit qu'on le flattât, soit qu'on l'excitât contre un autre, et qu'on -lui fît montrer les dents. Lorsqu'on approcha un autre chien et qu'il commença à gronder

à celte enfant de rire du côté droit , elle élève l'angle de la bouche, et par une action qui est évidemment dirigée par les branches de la cinquième paire. Cet effort pour rire donne à sa figure une expression tout-à-fait singulière. » Mais avant de nous décider à ce sujet, nous devons déterminer si la portion dure peut perdre une faculté et conserver l'autre. Je soupçonne que l'influence de la passion, comme celle qui préside au sourire , est détruite par les affections qui ne privent pas le nerf de tout son pouvoir.

J'ai observé chez un malade la perte des mouvemens des paupières, tandis que ceux de la joue avaient encore lieu. Chez un autre? au contraire, les mouvemens de la joue n'existaient plus, tandis que ceux des paupières étaient entiers. Ces symptômes tendent encore à prouver que la portion dure Beut perdre une fonction et conserver l'autre.

et à montrer les dents , la face qui était auparavant également partagée, commença à se gripper d'un seul côté , du côté où le nerf était entier , et les paupières dans cet état d'excitation étant trèsdifféremment affectées, présentaient une expression sinistre et singulière.

En coupant le nerf respiratoire de la face chez les animaux carnivores , nous n'avons pas vu que l'acte de la nutrition restât aussi complet que chez les animaux herbivores. Cela nous porte à réfléchir sur la nature différente des deux classes. L'animal carnassier se procure sa nourriture par l'influence d'un appétit sanguinaire , et éprouve une excitation universelle ; il saisit sa proie et la met en pièces; et, surtout chez les plus grands animaux de cette classe , le moment du repas est accompagné des sons d'une joie effrayante, et d'un violent état d'excitation des organes de la respiration. Chez les animaux herbivores au contraire , cette action est un exereice simple et sans passion des organes de la mastication (1).

(l ' [Vais comme ceci n'était pas une preuve satisfaisante de la différence de ces deux nerfs, et que l'on mettait en doute que la cinquième paire fût un cerf musculaire, (les découvertes de l'auteur ayant été tournées contre lui-même) d'autres expériences eurent lieu, qui démontrèrent le fait tel qu'il est établi plus haut — que la sensibilité qui appartient à un nerf, et la motilité dont jouit l'autre, sont également nécessaires à l'acte de la nutrition chez tous les animaux qui respirent par des poumons.

L'auteur espère que ces expériences seront considérées comme concluantes ; quoiqu'on regarde cependant comme une méthode de recherches plus agréable , celle qui est basée sur l'anatomie comparée. Il n'en va plus offrir ici qu'un seul exemple. 11 a déjà été dit que quand on examine un palpe ou une antenne , si elle n'est destinée qu'à la sensibilité, on n'y trouve qu'un seul nerf; l'auteur a pensé que si sa théorie était vraie , la trompe de l'éléphant étant creuse et continue avec les organes cle la respiration , devait avoir deux nerfs , tandis que d'après les observations de Cuvier, il n'y en existerait qu'un.

M. Shaw a eu l'occasion de disséquer la trompe d'un éléphant , et il dit : « D'après le grand pouvoir « qu'à l'éléphant sur sa trompe , j'étais persuadé » que cet organe devait recevoir des nerfs sem- » blabîes à ceux des doigts dans* l'homme ; et » comme la trompe forme aussi une partie im- » portante dans le système respiratoire de cet ani- » mal, je croyais trouver, dans la dissection, la » preuve la plus complète de la justesse ou de la » fausseté des opinions de M. Bell, à l'égard de la >> portion dure. Je trouvai que la trompe recevait » non-seulement des branchée de la cinquième y> paire, comme M. Cuvier le décrit, mais aussi » une très - grosse branche de la portion dure. » cette dernière sortait , comme chez, les autres » mammifères, de la glande parotide ; elle donnait » au cou quelques branches descendantes , et pas-

» sait ensuite derrière la mâchoire pour se porter » à la trompe , ayant presque conservé toute son a intégrité et étant de la grosseur du nerf sciatique » dans l'homme. Elle n'avait donné dans son tra- » jet que quelques petites branches aux muscles » de l'œil, à ceux de l'oreille et à un petit muscle » qui correspond au peaucier. Avant de pénétrer » dans la substance de la trompe , elle s'était unie » à la seconde portion de la cinquième paire qui » sort en deux larges branches du trou sous-orbi- » taire. Les deux nerfs , après leur union intime , » se portaient entre les couches des muscles qui * forment la plus grande masse de la trompe, la » portion dure diminuait rapidement de grosseur » en donnant aux muscles des branches très- » nombreuses, mais la seconde portion de la cin- » quième paire , conservait sa grosseur, en descen- » dant presque jusqu'à l'extrémité de la trompe, » comme le font les nerfs des doigts dans l'homme. » En coupant la trompe vers son extrémité , on y » apperçut un grand nombre de branches de la » cinquième paire.

« Quelques branches de la portion dure remon- » tajent à l'appareil valvulaire dans la partie supé- » rieure de la trompe ; mais ce tissu particulier re- » cevr't principalement une branche de la cin- » quième paire qui se repliait au-dessous de » l'orbite, »

Lorsque nos recherches nous ont amenés à une conclusion , quelqu'un peut-être, fatigué de

ces longs détails, demandera à quoi doit servir cette discussion. Dussions-nous ne pas aller pl.is loin, et nous contenter de celte conséquence que les deux séries de nerfs qui se distribuent à la face ont des fonctions différentes , cela serait déjà utile au chirurgien et au médecin. Le chirurgien retirera des avantages de ces connaissances dans les opérations qu'il lui faudra pratiquer sur la face aussibien que dans l'observation des symptômes des maladies.

Si nous avons une incision à pratiquer sur la face, nous éviterons avec un grand soin de couper les branches de la septième paire, car la paralysie des muscles que fournit ce nerf en serait le résultat; tandis que si nous coupons la cinquième paire , quoique l'opération puisse être plus douloureuse , et que la perte de la motilité puisse en être la suite, on ne produira pas de distorsion désagréable. L'erreur est grave, lorsque par une opération destinée à faire disparaître une difformité , l'on n'obtient que la paralysie ; mais des conséquences encore plus fâcheuses peuvent être la suite de l'ignorance de la nature distincte de ces nerfs ; si, comptant sur les rameaux qu'envoie la cinquième paire , un chirurgien , en ouvrant un abcès , ou en enlevant une tumeui , coupait la branche de la septième qui va aux paupières, les suites en seraient funestes, les paupières resteraient immobiles, l'œil serait continuellement découvert, la cornée deviendrait opaque, et la vue serait perdue.

La connaissance des fonctions distinctes des nerfs de la face, unie à la connaissance de leurs racines ou origines dans le cerveau , nous met à même de comprendre plus facilement les symptômes , lorsqu'ils résultent d'une affection des os ou de la base du crâne ou du cerveau , comme dans le cas de plaie d'arme à feu que nous avons cité.

Les faits établis dans ce mémoire, sont aussi trèsimportans pour le médecin ; il sera plus en état de distinguer la paralysie qui vient du cerveau , de cette affection partielle des muscles de la face qui a lieu lorsque par une cause moins alarmante , ils ont été soustraits à l'influence du nerf respiratoire. Combien de fois ai-je vu prendre pour une affection du cerveau lui-même , l'état produit par la compression qu'exerçait une glande engorgée sur une branche de la portion dure , parce qu'on ne savait pas que bien que la cinquième paire conserve son action, il suffit de comprimer la septième pour paralyser les muscles de la face du même côté. Nous pouvons maintenant expliquer les différens phénomènes que nous présentent ces états pathologiques de la face , soit que la maladie de l'os affecte en mêmetemps la cinquième paire , et produise une douleur excessive de la face sans paralysie, soii qu'au contraire elle affecte la septième paire et produise la paralysie sans douleur.

Les cas de paralysie partielle doivent être familiers à tous les médecins qui observent. Il arrive

8o DE LA STRUCTURE

fréquemment de voir chez les jeunes gens une légère paralysie des muscles d'un des côtés de la face (Blight), que le médecin sait bien n'être pas formidable ; elle sera quelquefois produite par l'inflammation des glandes situées derrière l'angle de la mâchoire. Avant ces observations , on aurait dit que la paralysie ne pouvait pas être produite de cette manière, parce que les muscles de la face reçoivent un grand nombre de rameaux de la cinquième paire. Il sera maintenant facile de découvrir toutes ces affections du nerf respiratoire ; le malade peut mouvoiries muscles de la face à volonté, il peut aussi fermer les lèvres , et ses traits sont réguliers , mais le plus léger sourire est aussitôt accompagné de grimaces, et, si le malade vient à rire ou à crier, la paralysie devient évidente.

Il parait que les mouvemens respiratoires de la face produits par l'influence de ce nerf, sont exposés à être dérangés par de légères causes , par des causes qui n'influencent pas le système nerveux en général , ni même les autres fonctions de la septième paire. Nous verrons dans le mémoire qui suit , que ce caractère appartient à d'autres branches du même système dans leur distribution au tronc.

La connaissance des sources de l'expression nous apprend à observer avec plus de soin. L'auteur fut appelé dernièrement pour examiner la respiration d'un enfant qui avait été déjà tiré plusieurs fois d'un état d'insensibilité; à la fin les forces tombèrent

ET DES FONCTIONS DES NERFS. 8l

sans retour, tout le corps était insensible et sans mouvement, toutes les actions avaient cessé, excepté celles des nerfs respiratoires : alors ehaque acte de la respiration était accompagné de la rétraction des muscles de l'aile du nez, et du muscle de la joue qui fait la fossette pendant le sourire, il était donc évident que l'enfant n'en pouvait pas revenir : que tous les systèmes , excepté celui des nerfs respiratoires , avaient perdu leur influence.

Il y a des états où les poumons sont en grand danger, quoique l'inflammation ne soit pas indiquée par les signes ordinaires de la douleur et de la difficulté des mouvemens de la poitrine. On ne pourra remarquer alors que la rétraction des muscles de la face qui sont animés par les nerfs respiratoires , une dilatation extraordinaire des narines et un mouvement forcé des lèvres , qui , avec le changement de voix, suffisent pour donner l'alarme et faire reconnaître l'état du malade. On remarque souvent cet état des poumons , après de graves accidens , comme des plaies d'armes à feu , et à la suite des grandes opérations chirurgicales.

Tout ceci doit nous prouver que le sujet de l'expression n'est pas étranger aux études médicales , et certainement en examinant avec attention l'action des muscles de la face , on trouvera de nouvel» les preuves des idées que nous a fournies ici Fanatomie ; nous savons que le sourire dépend de l'influence du nerf respiratoire sur les muscles de la face, et que, quand le rire imprime des mouvemens

aux côtés , ce n'est qu'une action plus vaste et plu? convulsive des muscles produite par le même système de nerfs. Lorsqu'à la pâleur, au froid et à l'insensibilité de la douleur, se joignent le sanglot convulsif , la constriction à la gorge , et la rétraction des lèvres et des narines , nous voyons que l'affection réside dans la même espèce de nerfs, qui dans cet état ont une action plus manifeste, et produisent des contractions plus violentes.

Dans toutes les émotions intermédiaires entre ces deux extrêmes , les variétés d'expression de la face sont le résultat de l'opposition des deux forces qui affectent les mêmes muscles. L'une est celle qui transmet la volonté et par laquelle nous maîtrisons nos traits et cachons nos émotions ; Fautre est une force indépendante de la volonté , qui ne peut pas toujours être dominée, mais qui quelquefois reprendra son pouvoir et fera sentir son influen ce(i).

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