‹ Exposition du système naturel des nerfs du corps humainChapitre 9 sur 29 · APPELÉS RESPIRATOIRES · texte numérisé non relu

APPELÉS RESPIRATOIRES

lonne delà moelle épinière , qui n'en fournit aucun au système de la sensibilité , ni à celui du mouvement volontaire; il est prouvé en outre par l'expérience que ces nerfs excitent des mouvemens dépendans de l'acte de la respiration. On ne peut douter que les mouvemens du col , de la gorge , de la face et des yeux, qui ont rapport à l'acte de la respiration ou qui en dépendent, ne lui soient associés par le moyen de ces nerfs.

C'est ici que s'arrêtent les preuves absolues, comme j'ai toujours cherché à le faire connaître ; le reste n'est qu'une simple hypothèse. Je présume que la même coîonne qui fournit la quatrième paire, la septième, le nerf glosso-pharyngien , la paire vague , et les nerfs spinaux accessoires descend le long de la partie latérale de la moelle , et enfin qu'elle fournit aux nerfs de l'épine des racines qui les font nerfs respiratoires , aussi bien que nerfs du mouvement et de la sensibilité ; et qu'elle fournit spécialement les racines du nerf diaphragmatique et du nerf respiratoire externe.

Les nerfs de l'épine suffisent pour les mouvemens légers et uniformes de la respiration , mais non pour les actions compliquées qui en dépendent. Ainsi quand un animal crie , ou lorsqu'un homme parle ou chante , l'effort musculaire n'existe pas seulement dans les muscles du thorax , et n'est pas dirigé seulement par les nerfs intercostaux; mais les épaules s'élèvent, et le thorax se dilate sous l'influence du nerf spinal accessoire ,

et des nerfs respiratoires externes. Le larynx est excité par les branches de la paire vague appelées laryngées ; les joues , les lèvres et les narines reçoivent leur influence de la portion dure et du nerf de la quatrième paire. Il est à remarquer que dans ces recherches nous avons rendu raison de chaque nerf et de chaque branche de nerf, et expliqué leurs fonctions, à l'exception seulement de certaines divisions de la sixième paire encéphalique.

Le nerf de cette paire appartient tout-à-fait à un système de nerfs particulier , je veux dire , au système auquel on a donné jusqu'ici le nom de grand sympathique , ou quelquefois celui de système nerveux des ganglions ; et dans l'état présent de la science , nous sommes si peu instruits sur ce système ? qu'on ne doit pas être surpris de notre silence sur ses rapports avec la sixième paire.

Les idées que nous avons développées jusqu'ici, acquièrent une nouvelle force lorsqu'on examine la combinaison de tous les nerfs du corps humain , des systèmes de la sensibilité, du mouvement et de la respiration Elles présentent une série de faits sans exemple pour leur nombre et leur importance ; telles sont les fonctions distinctes des nerfs de la face ; le fait que toute la sensibilité de la tête et de la face , ne dépend que de la cinquième paire; la circonstance remarquable que la sensibilité générale de tout l'organisme résulte d une série de nerfs ganglionnaires qui s'étendent

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depuis la tête jusqu'à la plante des pieds; que l'acte de la respiration à la face , aux narines , à la gorge, etc. , résulte d'une suite de nerfs différons des nerfs ordinaires : et on ne dira pas que j'ai laissé , sans la résoudre , l'importante difficulté que je m'étais proposée, celle de déterminer la cause de la confusion des nerfs de la face , du col et de la poitrine. J'ai fait voir que la même partie, la langue, par exemple, reçoit des nerfs différens pour ses fonctions différentes, et que l'embarras Tient de l'entrelacement des branches des divers systèmes. Mais ces difficultés se lèvent facilement quand on connaît les propriétés qui appartiennent à la colonne d'où viennent ces différens nerfs. S'il n'y avait pas de faits pour prouver la vérité des vues que j'ai présentées, il suffirait pour leur mériter une grande attention, qu'un sujet qui a été jusqu'ici difficile, compliqué, rebutant même, soit devenu, à l'aide de ces idées intéressant, simple et satisfaisant.

Je vais maintenant présenter cà mon lecteur les mémoires que j'ai lus devant la Société Royale, sur ce sujet, et je suivrai l'ordre dans lequel ils ont été imprimés dans les transactions philosophiques.

ET

Mémoire lu devant la Société royale , le 1 2 juillet

Au milieu de l'essor graduel et général que depuis quelques années , les sciences ont pris dans notre patrie , l'anatomie n'est point restée stationnaire; nous en trouvons la preuve dans le grand nombre d'observations qu'elle a successivement recueillies dans les écoles de la capitale.

Le système nerveux , jusqu'ici la partie la plus ingrate des études du physiologiste , a pris un nouveau caractère, Les difficultés que présente ce système ? ont été débrouillées , et Ton s'est assuré de la structure et des fonctions de chaque nerf en particulier : de sorte que l'on ne retrouve plus la confusion absolue dans laquelle était enveloppé le sujet, et que l'ordre simple et naturel , est aujourd'hui découvert.

En voulant rendre compte de ces nouvelles ob-

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servations, l'auteur de ce mémoire avait cru d'abord que s'adressant à un corps savant, il devait offrir son système comme il s'était présenté à lui-même dans ses recherches , et rapporter ses observations et ses expériences dans l'ordre suivant lequel elles avaient été faites ; mais quelques membres de la Société lui ont conseillé de changer cette forme , et de présenter son système comme il le fait dans l'enseignement de ces doctrines; ajoutant même, que cette marche serait plus facile pour l'intelligence d'un sujet nouveau (1).

Confusion du Système Nerveux»

Les anatomistes, non-seulement de ce pays, mais d'Allemagne et d'Italie , ont depuis peu fait faire de grands progrès à l'anatomie et à l'étude des nerfs ; mais tant que les doctrines qui ont été reçues jusqu'ici seront maintenues , la découverte de nouvelles branches de nerfs , ou de nouveuux ganglions , ne fera qu'envelopper ce sujet d'une obscurité plus profonde ; tant que l'on supposera

(i) Je craignais que l'attention générale ne put être fixée sur ce sujet, par la simple exposition d'un système fondé sur l'anatomie et les distinctions minutieuses dans les origine* des nerfs > je pensais qu'il fallait l'annoncer par quelques faits tranchés et remarquables.

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que les nerfs viennent d'un grand centre commun , qu'ils ont la même structure et les mêmes fonctions, qu'ils sont tous sensibles, et que tous ils contribuent à porter ce que l'on a vaguement appelé l'influx nerveux , ces découvertes de nouveaux nerfs et de nouveaux ganglions , ne seront pas seulement inutiles, elles seront nuisibles ; elles ne feront qu'augmenter l'embrouillement, et empêcher les recherches. Le médecin arrêté par la confusion qui règne perpétuellement sur ce sujet, au lieu d'appuyer sa pratique sur le système nerveux ? comme sur une base certaine , est obligé d'en abandonner l'étude , parce qu'il y trouve trop d'irrégularité.

Lorsque le physiologiste voit deux nerfs distincts distribuer leurs branches à toutes les parties de la face , trois nerfs d'origine différente aller à la langue, quatre à la gorge, et les nerfs du col présenter une disposition très-compliquée, lorsqu'il [remarque qu'un nerf a plusieurs ganglions , tandis qu'un autre n'en a aucun , quand enfin après une dissection minutieuse du système nerveux , il le voit se répandre par tout sous la forme d'un réseau , il n'est pas étonnant que cet embarras et cette confusion apparente , le fassent désespérer de pouvoir continuer ses recherches.

Mais l'auteur de ce mémoire étant forcé par les devoirs de sa place, à donner chaque année une démonstration exacte du système nerveux , sans que l'obscurité du sujet pût lui être une excuse

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suffisante pour l'abandonner, et remarquant que les faits qu'il devait exposer dans ses leçons d'anatomie , étaient tout-à-fait en opposition avec les opinions reçues , arriva par degrés après beaucoup d'étude à pouvoir déchiffrer et lire cette langue , dont les caractères avaient été jusqu'alors imparfaitement connus : et aujourd'hui, les étudians même les moins avancés, peuvent si facilement en acquérir la connaissance, qu'ils n'ont plus besoin de supposer de hasard , d'accident ou de confusion réelle parmi ces branches nombreuses. Les succès de nos premières recherches nous font regarder ce qui n'a pas encore été expliqué , comme digne d'une plus grande attention , convaincus que l'étude de l'anatomie la plus minutieuse nous conduira tôt ou tard, à l'aide d'un raisonnement sûr et prudent, à la connaissance du système tout entier.

Objet de ce Mémoire.

Les recherches de l'auteur n'auront pour objet dans cet essai, que les nerfs de la respiration; mais d'après les idées qu'il en a conçues , ces nerfs forment un système d'une grande étendue , renfermant tout les nerfs qui servent à combiner les muscles employés dans les actes de la respiration et de la parole.

Ou doit d'abord naturellement se demander

combien de muscles sont employés dans l'acte de la respiration , et ensuite , par quel moyen ces muscles qui sont éloignés l'un de l'autre , et dont plusieurs peuvent remplir des fonctions différentes , sont combinés ensemble dans cet acte.

On n'entendra peut-êtrepas sans surprise parler du nerf respiratoire de la face , du col et de l'épaule ; et il peut-être nécessaire d'expliquer dans quel sens je me propose d'employer cette expression. Dans quel état se trouve un cheval de poste qui vient de finir sa course ? La circulation est accélérée , la respiration excitée. Ne respiret-il alors que par le mouvement des cotes , à l'aide des muscles qui dilatent et compriment la poitrine ? Non : les flancs sont dans une action violente , le col éprouve aussi bien que la poitrine, de puissans mouvemens , les naseaux et la gorge marchent d'accord avec les mouvemens de la poitrine. De même si un homme est excité par l'exercice ou la passion , ou tout ce qui accélère le pouls , l'action respiratoire est étendue et augmentée ; et au lieu de ces légers mouvemens de la poitrine , à peine perceptibles dans la respiration ordinaire, les épaules sont élevées à chaque inspiration , les muscles de la gorge et du col sont violemment tirés , les lèvres et les ailes du nez, suivent l'action générale , et s'il ne respire pas par la bouche, les ailes du nez s'écartent et retombent en même temps que la poitrine se dilate et se resserre. Cet appareil des cartilages et des mus-

cles du nez (qui sont aussi curieux que le mécanisme de la poitrine , et qui servent à la dilatation de ces canaux aërifères ) éprouve une action aussi régulière que les muscles élévateurs et abaisseurs des côtes.

Il est de toute évidence , qu'une multitude de muscles qui sont ainsi employés dans l'acte de la respiration , ou dans les actes ordinaires de la toux , de 1 eternuement , de la parole et du chant , ne peuvent être mis d'accord sans des moyens de connexion ou d'affinité qui les combinent pour remplir ces fonctions. C'est aux nerfs qui remplissent cet objet , que je donne le nom de nerfs respiratoires.

Les Nerfs chez les Animaux, sont d'autant plus complexes * que les parties ont un plus grand nombre de fonctions à remplir

Lorsqu'on examine en détail et avec soin les nerfs du corps humain , et qu'on les compare avec ceux des autres animaux, on observe une coïncidence très-remarquable entre le nombre des organes , la complication de leurs fonctions , et le nombre des nerfs qu'ils reçoivent. L'organe qui ne possède qu'une seule propriété , qui n'a qu'un fonction à remplir , ne reçoit jamais plus d'un nerf, qu'elle que soit la perfection du sens ou de l'action à laquelle il préside. Mais si deux nerfs d'origine différente se rendent à la même partie y

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c'est une preuve qu'elle a une double fonction à remplir. Si une partie ou un organe possède plusieurs nerfs distincts , on peut-être certain qu'au lieu de recevoir simplement une accumulation de pouvoir nerveux, elle possède autant de pouvoirs différens , ou entre dans autant de combinaisons différentes qu'elle a des nerfs distincts.

Ce fait donne un nouvel intérêt aux recherches sur cette partie de l'anatomie.

Ainsi en repassant l'anatomie comparée des nerfs de la bouche , nous trouverons que chez les animaux qui ne respirent pas , la bouche n'ayant qu'une seule fonction à remplir, un seul nerf lui suffit. Chez certains animaux, dont la face et les narines présentent une grande simplicité de relations , ces parties n'ont qu'un seul nerf. Lorsque la gorge n'a pas une organisation compliquée , elle ne reçoit pas plusieurs nerfs différens. Mais d'un autre côté, après que l'anatomiste a passé des semaines entières à disséquer et à séparer les nerfs de la langue, de la gorge et du palais chez l'homme , il trouve à la fin qu'il a mis à découvert les branches de cinq troncs de nerfs différens ; mais il n'aura pas de fil qui puisse le conduire hors de ce labyrinthe , tant qu'il ne fera pas attention à la multiplicité des fonctions de la bouche chez l'homme ? tant qu'il ne remarquera pas qu'elle est aussi bien l'organe de la respiration , que celui de la mastication , qu'elle est aussi bien l'organe de la voix et de la parole, que celui du goût, et d'un

tact exquis ; et il serait fort étonnant , que le même nerf, qui, chez les animaux d'une organisation simple , sert à l'action de ronger et 3 la préhension des alimens , présidât aussi chez l'homme à ces opérations compliquées qui servent à interpréter ses besoins et ses sentiœens.

Telles sont les idées qui naissent naturellement de la connaissance des nerfs du corps humain ; mais la comparaison de ces nerfs avec ceux des animaux des dernières classes , nous donne les moyens d'établir un ordre plus clair , et cela , non d'une manière arbitraire , mais ensuivant toujours la nature.

Les Nerfs peuvent se diviser en deux parties ou systèmes , l'un simple et uniforme ., l'autre irrc~ gulier et compliqué y selon la complication de l'organisation.

Lorsqu'on a mis à découvert avec beaucoup de soin les nerfs de la face , de la bouche , de la gorge et du col sur l'homme , il paraît impossible de ramener à deux classes distinctes, les nerfs nombreux qui se croisent et s'enlacent mutuellement. Puen n'est cependant plus certain que la facilité avec laquelle on peut y arriver , et cela par une méthode aisée et naturelle.

Kous obtiendrons le principe qui doit nous guider en distinguant les parties de l'organisation de l'animal nécessaires à la vie et au mouvement,

des organes qui sont surajoutés à mesure que ranimai avance dans l'échelle de l'existence , et qui sont nécessaires à des qualités et à des fonctions plus relevées et plus compliquées

Lorsqu'un animal ne possède que la simple sensibilité , et la locomotion , lorsqu'il n'a ni organe central de la circulation , ni d'autre organe de la respiration que ce qui est généralement répandu dans toutes ses parties , les nerfs sont extrêmement simples. Ils consistent en deux cordons qui suivent la direction de la longueur du corps, avec des branches qui s'en séparent sur les côtés pour se rendre aux différentes divisionsdu corps. Chez ces animaux , on ne trouve aucune confusion , on n'observe point de double emploi de nerfs , mais chaque partie de l'individu en reçoit une portion égale ; et la ligne centrale de connexion suffit pour combiner les actions des muscles, et pour leur donner l'accord nécessaire à la locomotion.

On trouve dans le corps humain, le môme système uniforme et symétrique des nerfs , qui est dans la sangsue et le ver; mais obscurci par un grand nombre de nerfs surajoutés. Ces nerfs accessoires appartiennent à des organes qui désignent l'élévation des degrés dans l'échelle des animaux , et s'accumulent graduellement , jusqu'à ce que l'on arrive à la complication de l'organisation humaine. Ces nerfs accessoires et surajoutés au système primitif, ne détruisent pas ce système,

lis ne font que le compliquer; et dès-lors, si nous laissons de côté quelques nerfs , nous retrouverons même dans le corps humain , le système primitif de la constitution simple.

Ce système primitif et symétrique , est composé des nerfs de l'épine , de la dixième paire ou du nerf sous occipital, et de la cinquième ou trijumeau de Willis. (i)Tous ces nerfs réunissent les

(i) La note que l'on va lire est tirée d'un article de M. Shawj je n'ai pas besoin de dire a ceux qui se sont intéressés à ces découvertes pendant leurs progrès, combien je lui dois, et avec quelle habileté il a soutenu mon opinion: je lui ai dû souvent d'arriver à la connaissance des faits qu'il m'excitait à poursuivre par de nouvelles recherches, et à donner au public.

Comparaison de la cinquième vaire avec les nerfs de l'épine.

i*. La tête et la face ayant plusieurs parties semblables en tout à celles du col , du tronc et des membres, doivent avoir des nerfs qui correspondent aux leurs.

2e. La manière dout les nerfs spinaux et la cinquième paire naissent par une double origine , est absolument semblable.

3°. Les deux origines de la cinquième paire sont unies par un ganglion ayant exactement la forme et les caractères de ceux qui unissent les deux origines des nerfs spinaux.

4.' Les branches de la cinquième paire se distribuent de la même manière que celles des nerfs spinaux.

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