CHAPITRE II
isport de l'électricité à distance. — Expérience* de — Découverte de la conductibilité des corps pour 1«* et distinction des corps en électriques ri non
e connaît aujourd'hui la \itesse prodigieuse fluide électrique se transmet d'un point à un n'ignore, grâce au télégraphe électrique, que it les plus énormes distances a\ec la rapidité tout le monde ne sait pas (pie cette étonk fut découverte, au siècle dernier, à la suite d'un [d'expérience. Deux physiciens anglais Grey, et It les honneurs de cette découverte, qui conduisit ftt à une autre observation tout aussi importante, Il distinction des corps en conducteurs et non le l'électricité, ou, si Ton veut, en corps ôlectriélectrisubles par le frottement.
Ht qui servait, en 1729, aux expériences sur toit, comme nous l'avons dit plus haut, un 3 verre que Ton tenait d'une main, pendant qu'on l'autre, avec un morceau de drap. Voulant propies expériences électriques, fttienne Grey s'était ibe de verre de trois pieds et demi de long et d'un rt de diamètre, ouvert à ses deux extrémités. Afin introduction de la poussière dans l'intérieur de ce fermé avec deux bouchons de liège. Grey voulut irer si les phénomènes électriques resteraient les jue ce tube serait ouvert, ou fermé. En frottant le rement ouvert ou fermé, notre expérimentateur ne aucune différence dans l'intensité, de l'attraction g corps légers.
(Test dans le cours de cette petite expérience, que Grey observa le fait qui le mit sur la voie de sa découverte. Il s'aperçut qu'un duvet déplume, qui se trouvait par hasard dans le voisinage du tube électrisé fermé par ses bouchons, courut vers l'un des bouchons, qui l'attira et le repoussa ensuite, absolument comme le faisait le tube lui-même. Ainsi, l'électricité s'était transmise du tube au bouchon, c'est-à-dire du verre au liège, et la vertu électrique se communiquait au bouchon de liège par le fait de son contact avec le tube électrisé.
Cette observation fut pour Etienne Grey un trait de lumière. Généralisant le fait, il comprit que l'électricité pouvait se communiquer d'un corps à l'autre par le simple contact, et pour vérifier cette conjecture, il se mit aussitôt en devoir de rechercher si des substances autres que le liège pourraient acquérir aussi l'attraction électrique par leur contact avec le tube de verre électrisé.
Grey prit donc une baguette de bois de sapin, longue de quatre pouces, et il fixa à l'une de ses extrémités une petite boule d'ivoire ; l'autre extrémité de cette baguette fut enfoncée dans le bouchon de liège qui servait à fermer le tube.
Le petit appareil ainsi disposé, Grey frotta le tube de verre, et approcha quelques corps légers de l'extrémité de la baguette de sapin : les petits corps furent aussitôt vigoureusement attirés ; l'électricité s'était donc transmise du verre au bouchon de liège et du bouchon de liège à la baguette de sapin.
Ravi de cet heureux résultat, Grey s'empressa de substituer à sa baguette de sapin de quatre pouces, des baguettes plus longues, qui produisirent le même effet. Des iils de cuivre, de petites tiges de fer, plantés dans le même bouchon, et mis de cette manière en communication avec le tube électrisé, remplacèrent ensuite les baguettes de bois, et transmirent tout aussi bien le fluide électrique.
Notre physicien voulut alors continuer l'expérience avec
LÀ MACHINE ÉLECTRIQUE. To
i d'une plus grande longueur. Il se procura donc
g et longs roseaux qui atteignaient d'un Ixwt à l'autre
rtement où il se trouvait. Malgré la longueur de ce
le fluide se transporta à leur extrémité, et (attraction
e se montra tout aussi prononcée qu'auparavant.
irience, comme on le voit, prenait beaucoup d'intérêt ;
ulut la pousser aussi loin que possible. Limité par
: de son appartement, il prit le parti de sus|>ciidrc ses
du haut du balcon de sa fenêtre jusque dans la cour.
cha donc à son tube de verre une petite corde de
qui servit à suspendre de longs roseaux placés bout
l termina l'extrémité du dernier roseau par une petite
roire, et se plaça sur le balcon du premier étage de
i. à une hauteur de vingt-six pieds au-dessus du pavé.
vivement son tube de verre, et la personne qui se
ms la cour, pour présenter les corps légers à la petite
ivoire terminant ce long système, reconnut qu'elle
à un degré très prononcé, de l'attraction électrique.
monta alors, du premier étage, au second : les phéno-
urent encore les mêmes, il se plaça enfin sur les toits
aison, l'extrémité inférieure des roseaux descendant
sol sans toucher au mur : l'attraction électrique jxt-
jours.
'avait pas encore inventé les ballons aérostatiques, il able, sans cela, que notre physicien se serait élevé dans afin de continuer, dans les limites les plus étendues, érience dont le succès le remplissait de joie, avait pourtant une manière de pousser plus loin ces ints essais, sans être obligé de s'élever en ligne perpen- 3 : il suffisait de replier le conducteur plusieurs fois sur 3e dans l'intérieur de l'appartement. C'est ce que fit Grey. Il attacha à son tube de verre mie longue corde vre, et pour la soutenir en l'air, il tendit horizontale-
meut des ficelles qui furent attachées à des clous plantés < les deux faces opposées du mur. Ces ficelles donnaieul appui suffisant à la corde de chanvre qui devait servir de < ducteur électrique ; avec un certain nombre de ces ficelles pouvait soutenir en l'air. une corde assez pesante, et menu on le voulait, la replier deux ou trois fois sur elle-même < l'intérieur de l'appartement.
Les choses ainsi disposées, Grey frotta le tube de verre { y développer la vertu électrique, et il s'empressa de rcconn; si l'extrémité de la corde attirait les corps légers comrr l'avait observé précédemment avec ses roseaux tenus du 1 du balcon.
Mais, ô surprise ! aucun phénomène électrique ne se m; festa: les corps légers ne furent point attirés : ainsi l'électri ne se transmettait point jusqu'à l'extrémité du conducteur a soutenu; elle se perdait par les ficelles qui supportaien corde (1).
Ce dernier résultat donna beaucoup à réfléchir à notre ej rimentatcur. Il eut heureusement le bon esprit de ne pas il giner de théorie pour se tirer d'embarras, et résolut d'e conférer de cette difficulté avec un sien ami, nommé "Weh physicien de mérite, et spécialement versé dans les expérieï électriques.
Le 30 juin 1729, Grey alla donc trouver Wehler. Il a mença à répéter avec son ami toutes ses expériences, qui r< sirent parfaitement. Du sommet des toits de la maison
(1) Le lecteur s'explique facilement les résultats obtenus par ( dans ces deux expériences. Dans la première, la corde de chanvre é attachée au tube de verre et ne touchant ni le sol , ni les murs de 1 partement, se trouvait isolée par le manche de verre auquel elle fixée. L'électricité transmise à la corde ainsi isolée devait donc maintenir. Mais quand la corde était placée sur des ficelles tendue travers de l'appartement,. l'électricité pouvait s'échapper dans le soi l'intermédiaire de ces supports et des clous fixés dans le mur.
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ine corde de chanvre, attachée à un tube de verre mira très bien les corps légers par sou extrémité pendessus dit sol. Mais quand on la disposait horizontar des ficelles de chanvre fixées par des clous contre le ippartement, tout effet électrique disparaissait, ment de répéter une fois de plus cette dernière expérey proposa à son ami de remplacer par un cordonnet i ficelle de chanvre qui servait à soutenir la corde. Le le guidait dans celte substitution était d'ailleurs fort «a corde qu'il s'agissait de soutenir était très lourde, 'avait pas moins de quatre-vingts pieds de longueur, ésumant que de simples ficelles ne supporteraient pas ûds, voulait leur substituer un cordon de soie, en î la plus grande solidité de cette matière. Ce fut l'eme cordon de soie, choisi par une circonstance bien fori amena l'importante découverte de la distinction des conducteurs et non conducteurs de l'électricité. juillet 1729, Grey et "Wehler procédèrent ensemble à lérience. ils opéraient dans une longue galerie tapissée g. On tendit au milieu et au travers de cette galerie un et de soie, sur lequel on fit porter une corde de chanvre re-vingts pieds de longueur. L'une des extrémités de rde venait s'attacher au tube de \erre; l'autre extréai atteignait au bout de la galerie, se terminait par une joule d'ivoire. Tout se tiouvant ainsi disposé, Grey ! tube de verre, pendant que "Wehler approchait de l 'exlibre de la corde de chanvre quelques menus coq)s, î des plumes ou de minces feuilles de métal. Les coq» urent vivement attirés. Ainsi l'électricité se transmettait rat à l'autre de la corde, et la même expérience, qui houé quand on supportait la corde au moyen de ficelles ivre, réussissait parfaitement quand on remplaçait ces es par un cordon de soie.
Assez surpris d'un résultat si contraire à ceJui qu'ils avaient observé la veille, nos deux physiciens s'empressèrent de varier cette expérience et de lui donner toute l'extension possible.
La galerie dans laquelle on se trouvait ne permettait pas d'opérer sur une plus grande longueur en ligne droite. On ramena donc la corde sur elle-même en lui faisant parcourir deux fois la galerie, c'est-à-dire une étendue de cent quarantesept pieds. L'expérience réussit encore très bien.
On se transporta ensuite dans une grange pour répéter le même essai sans replier la corde sur elle-même. On tendit en ligne droite une corde de cent vingt-quatre pieds de long, supportée par un cordon de soie placé transversalement : le fluide électrique se transporta parfaitement d'un bout à l'autre de ce long conducteur.
Le lendemain, 3 juillet, Grey et Wehler se disposèrent à répéter ces expériences, dans la même grange, en repliant une ou deux fois la corde de manière à doubler ou à tripler sa longueur. Mais un accident vint les contrarier. Le cordonnet de soie qui supportait cette longue corde se rompit. N'ayant pas en ce moment sous la main de cordonnet de soie plus fort, Wehler, qui ne considérait toujours dans ce support que le plus ou le moins de solidité qu'il pouvait offrir, va prendre un gros fil de laiton, et remplace par ce fil métallique le cordon de soie qui s'était rompu. L'expérience est alors reprise. Mais, résultat inattendu ! elle manque complètement. Le fluide électrique cessa d'être transporté à l'extrémité de la corde; les corps légers n'étaient plus attirés. Ainsi l'électricité se perdait par le fil de laiton senant de support, comme il s'était perdu parles ficelles de chantre et les clous dans la première expérience de Grey.
Le chantre et les métaux offraient donc un passage facile ail fluide électrique, tandis que la soie mettait obstacle à sa pro* pagation.
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périmentateurs en effet ne furent pas longs à se ron-
jue c était bien la nature de la soie, et non toute autre
ice, qui empêchait la perte de l'électricité : un fil iné-
quelle que fût sa grosseur, laissait toujours écouler le
c trique, tandis qu'un cordonnet de soie, quelque*
i'il fût, mettait toujours obstacle à sa fuite.
livant les mêmes recherches, Grev et AVehler recon-
ne le verre, la résine, le soufre, le diamant, les huiles,
s métalliques, etc., ne livrent poinl passage à l'élec-
indis que les métaux, les liqueurs acides ou alcalines,
corps des animaux, etc., lui offrent une circulation
fut ainsi reconnu que les corps dans lesquels le frotte-
?ek>ppe de l'électricité sont mauvais conducteurs de ce
andis que ceux qui ne s'électrisent pas par ce mou'ii
s conducteurs. Les physiciens comprirent dès lors (pie,
rps bons conducteurs ne s'électrisent poinl par le frot -
cela tient à ce que le fluide électrique, à mesure qu'il
igé par le frottement, s'écoule immédiatement dans le
aison de la conductibilité de ces corps.
par quelle suite de hasards singuliers Grey fut amené
wrir le fait du transport à distance de l'électricité,
anent bientôt après Grey et AVehler reconnurent
is les corps peuvent être distingués en électriques et
vtriques, c'est-à-dire en mauvais conducteurs et bons
leurs. Ces observations marquèrent les premiers pas
ants faits par la science de I électricité.
remarque à faire en ce qui concerne le transport du
électrique découvert par Grey et Wehler, c'est que ces
hysiciens ne poussèrent pas cette importante observation
CHU qu'il leur était permis et qu'il était facile de le faire.
ït "Wehler n'allèrent pas jusqu'à reconnaître ce graud
ne le transport de l'électricité à distance n'admet aucunes
. Ils annoncèrent avoir transporté les effets électriques
2S MOJCTIXnè
joMfH a 9pt cm musËt^rinq pM&. et 1* n'allèrent pas pins loin. Otto de Goerkfce avak tu lefartncitê franchir seulement b longueur d'une aune; Grey et ITeMer constatèrent sa propagation jusqu'à sept cent soixante-cinq pieds anglais. Il fallait de nouvelles expériences pour constater que le transport de lelectricilé n'admet priînt de limite*. Telle est la marche lente et progresMie de l'esprit humain dans la recherche des \ entés physiques. Il ne s'élève que par degrés à la connaissance des grandes lois de la nature, et le complément d une découverte qui nous apparaît d'une réalisation facile exige quelquefois des siècles pour s'accomplir.
Etienne Grey, Fauteur des belles expériences que nous venons d'exposer, s'était fait remarquer par des observations, moins importantes sans doute, mais qui avaient pourtant leur degré d'utilité. Il fit plusieurs remarques particulières qui offrent aujourd'hui peu d'intérêt, parce qu'elles sont devenues banales, mais qui avaient une véritable valeur à l'origine de la science, lorsqu'on ignorait les moyens de développer de l'électricité dans les corps animés et dans les liquides. Grey fit le premier l'expérience de la bulle d'eau de savon électrisée par l'intermédiaire d'une pipe à fumer et attirant à elle des corps légers à la distance de quatre pouces (1). Il multiplia beaucoup les expériences sur l'électrisation des liquides. Il fit \oir qu'une goutte d'eau éleclrisée et isolée sur un plateau de verre, attire et repousse ensuite les corps légers qu'on lui présente; et qu'une masse liquide, telle que du mercure ou de l'eau, se soulève, sous la forme d'un cône, quand on en approche un gros tube de verre électrisé (2). Il découvrit encore que le corps de l'homme peut s'électriser. Il prouvait ce dernier (ait en plaçant, sur un gâteau de résine destiné à l'isoler, un
(1) Philosophical Transactions, vol. VII, p. 19 (Àbridg.).
(2) Ibifom, vol. VII, p. 23 (Abririg.).
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fil mettait en communication avec un tube de verre Il eut aussi l'idée de suspendre un enfant sur des corcrin dans une position horizontale, et constata que, avait mis en contact avec l'enfant son tube de verre tête et les pieds attiraient les corps légers (1). avoir énuméré les découvertes d'Etienne Grey, notons ion de cet observateur, erronée sans nul doute, mais le d'être signalée par son analogie avec les vues qui té précédemment émises sur le même sujet par Otto cke. Grey avait cru reconnaître que les corps légers s par un fil et attirés par l'action électrique, exécutent )lution d'occident en orient, dans des ellipses dont il a les foyers. Il s'était flatté de parvenir, par cette de mouvement, à dévoiler le mécanisme du système ers et l'essence véritable de l'attraction planétaire, isée le suivit jusqu'au tombeau. Il la communiqua/ la sa mort, au secrétaire de la Société royale de Londres, ir Mortimer, à qui il laissa le plan des expériences à pour la confirmer. Voulant se convaincre par lui- 2 l'existence du phénomène, Mortimer exécuta les e\s et partagea l'erreur de son ami. Il fallut, pour la dépie Wchler, répétant les mêmes essais, en présence des s de la Société royale de Londres, et dans le lieu consaséances, obtînt un résultat différent de celui que Clorait annoncé.
îur dans laquelle Grey et Mortimer étaient tonuVs avait e dans le même phénomène physico-mental qui rend des effets du pendule explorateur et des tables tour- C'est le désir secret, chez l'opérateur, de produire le lent d'occident en orient dans les corps électrisés, qui terminé les corps suspendus à se mouvoir suivant cette
hilosophical Transactions, vol. VU, p. 20 (Miridç.V ir. V
direction, au moyen d'une impulsion légère, et d'ailleurs tout à fait involontaire, donnée par la main qui tenait le corps suspendu. Ce qui prouve la vérité de cette explication, c'est que Grey recommande, comme condition indispensable au succès de l'expérience, de faire soutenir le fil, non par un point fixe quelconque, mais par l'expérimentateur lui-même. Les phénomènes qu'il décrit ne se reproduisaient plus quand on remplaçait la main de l'expérimentateur par un support matériel (1) .