‹ Exposition et histoire des principales découvertes scientifiques modernes (volume 2)Chapitre 6 sur 45 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Travaux de Dufay. — Première étincelle électrique tirée du corps de l'homme. — Expériences des physiciens allemands. — Perfectionnement et formes diverses de la machine électrique : Machine de Boze, de Haiïsen, — Winkler, Watson, etc. — Machine de l'abbé Nollet en France. — Inflammation des substances combustibles par l'étincelle électrique.

L'Angleterre seule avait encore été le théâtre d'expériences importantes sur l'électricité. Les physiciens français entrèrent plus tardivement dans cette carrière; mais leurs premiers essais furent marqués de ce caractère de généralisation et de méthode

(1) Dans son Histoire de l'électricité, Priestley donne, a propos de? faits qui précèdent, des détails intéressants que nous allons reproduire :

« La plus grande erreur que M. Grey paraît avoir adoptée, dit Priestley, fut occasionnée par des expériences qu'il fit avec des balles de fer, pour observer la révolution des corps légers autour d'elles. L'article qui regarde ces expériences étant le dernier que M. Grey ait écrit, je le rapporterai tout au long, comme une chose curieuse :

« J'ai fait dernièrement , dit Grey , plusieurs expériences nouvelles » sur le mouvement projectile et d'oscillation des petits corps par l'élec- »» tricité , au moyen desquelles on peut faire mouvoir des petits corps » autour des grands, soit en cercles ou en ellipses , qui seront concen- » triques ou excentriques au centre du plus grand corps, autour duquel » ils se meuvent , de façon qu'ils fassent plusieurs révolutions autour * JViix. Ce mouvement se fera constamment du même sens que celui

LA MACHINE ÉLECTRIQUE. Si

igue à un si haut degré l'esprit scientifique de notre Les faits observés jusque-là étaient déjà nombreux, • multiplicité même portait la confusion dans la science , Un système général d'explication pour l'ensemble des

uel les planètes se meuvent autour du soleil, c'eat-à-dire de gauche ou d'occident en orient ; mais ces petites planètes, si je nommer ainsi, se meuvent beaucoup plus vile dans les parties gée, que dans celles du périgée de leurs orbites ; ce qui est lent contraire au mouvement des planètes autour du soleil. » ey n'a songé à ces expériences que fort peu de temps avant e maladie , et n'a pas eu celui de les achever ; mais la veille t , il ût part des progrès qu'il y avait déjà faits au docteur

alors secrétaire de la Société royale. 11 dit que chaque fois 'épétait, elles lui causaient une nouvelle surprise, et qu'il si Dieu lui conservait encore la vie quelque temps , pouvoir, » que promettaient ces phénomènes, porter ses expériences s à la plus grande perfection. 11 ne doutait pas qu'il ne fût eu

fort peu de temps, d'étonner le monde avec une nouvelle sorte lire, auquel on n'avait jamais pensé jusqu'alors, et que d'après iences il pourrait établir une théorie certaine pour expliquer îments des corps célestes. Ces expériences, toutes trompeuses mt, méritent d'être rapportées, ainsi que celles que l'on ût en ice après la mort de M. Grey. Je les rapporterai, dans les rmes de M. Grey, telles qu'il les donna à M. Mortimer au lit t.

;z, dit-il, un petit globe de fer d'un pouce, ou un pouce et demi lètre, faiblement électrisé, sur le milieu d'un gâteau circulaire te, de sept ou huit pouces de diamètre, et alors un corps léger lu par un fil très fin, de cinq ou six pouces de long, tenu dan.» , au-dessus du centre de la table, commencera de lui-même à roir en cercle autour du globe de fer, et constamment d'occi-

orient. Si le globe est placé à quelque distance du centre du circulaire, le petit corps décrira une ellipse qui aura pour exté la distance du globe au centre du gâteau, gâteau de résine est d'une forme elliptique et que le globe de placé à son centre , le corps léger décrira une orbite elliptique ême excentricité que celle de la forme du gâteau, globe de fer est placé auprès ou dans un des foyers du gâteau ne, le corps léger aura un mouvement beaucoup plus vite dans e que dans le périgée de son orbite.

globe de fer est fixé sur un piédestal, à un pouce de la table, Ton place autour de lui un cercle de verre, ou une portion de

phénomènes électriques fut bientôt imaginé en France. Cette théorie remplissait si heureusement son objet, qu'elle a suffi jusqu'à notre éj)oque pour l'explication et la systématisation des phénomènes électriques. C'est à Dufay, naturaliste et phy-

» cylindre de verre creux électrisé, le corps léger se mouvra comme ;> dans les circonstances ci-dessus et avec les mêmes variétés. »

» Il dit de plus, que le corps léger ferait les mêmes révolutions, mais seulement plus petites, autour du globe de fer placé sur la table nue, sans aucun corps électrique pour le soutenir ; mais il avoue qu'il n'a pa* trouvé que l'expérience réussît, quand le fil était soutenu par autre chose que la main, quoiqu'il imagine qu'elle aurait réussi, s'il eût été soutenu par quelque substance animale vivante ou morte.

» M. (Irey continua de faire part à M. Mortimer d'autres expériences encore plus erronées que je me dispenserai de citer par égard pour sa mémoire. Que les chimères de ce grand électricien apprennent à ceux qui le suivent dans la même carrière , qu'il faut être bien circonspect dans les conséquences que l'on lire. 11 ne faut pourtant pas que l'exemple décourage personne d'essayer ce qui pourrait ne pas paraître probable; mais il doit engager du moins à différer la publication des découvertes, jusqu'à ce qu'elles aient été bien confirmées , et que les expériences aient été faites en présence d'autres personnes. Dans des expériences délientes une imagination forte influera beaucoup môme sur les sens extérieurs ; nous en verrons des exemples fréquents dans le cours de cette histoiro.

» Le docteur Mortimer semble avoir été trompé lui-même par ces expériences de M. Grey ; il dit qu'en les essayant après sa mort, il trouva que le corps léger faisait des révolutions autour des corps de différentes ligures et de différentes substances, aussi bien qu'autour du globe de fer, et qu'il avait récemment essayé l'expérience avec un glohe de marbre noir, une écritoirc d'argent, un petit copeau de bois et un gros bouchon de liège.

» Ces expériences de M. (îrey furent essayées par M. Wheler et d'autres personnes, dans la maison où s'assemble la Société royale, et avec une grande variété de circonstances ; mais on ne put tirer aucun» conséquence de ce qu'ils observèrent pour lors. M. Wheler, se donnant lui-même bien des peines pour les vérifier, eut des résultats différents; et à la fin, il dit que son opinion était que, le désir de produire le mouvement d'occident en orient était la cause secrète qui avait déterminé le corps suspendu à se mouvoir dans celte direction, nu moyen de quclqi e impression qui venait de la main de M. Grey, aussi bien e(ue de la sienne, quoiqu'il ne se fût point aperçu lui-même qu'il donnât aucun mouvement à sa main. »

LA BACHOT EUïCn:IC»nF S3

de l'icadémie d** «CMmccK. nncmuiut dn un- ■i. «4 nrédêreswïiur dV BnBcni dans mtf charo-, si h créaLkm ÔY cent- tbéarir.

rxojÈtit I7&S jvHqn'«o 17iu*. Imfa* publia imr aène es for reaertriciiê.. Il jrom a «jne un» k*s nirnK. Mm* prônent s «tortiïsfT par le fruttemem. à ia roudibofi k par va minche de v«m* on de résilie, c'em-à-dirr résultai pêuêra] effocaiî la distinct Km qm-drev a\aii re les corps êJectrts«b)<îS et les corps non <4mn*ables fcaneot. Bien que ma) iflodêe. cette distinction a* M es faits et jeJé sur eu\ une danê incooiestihlc, ApnK 1d on service réd <1 joué son rôle dans la semer. rie, devenue inutile, fut donc supprimée, ainsi qu'il ornent dans tontes les branches de nos connaissances t création on de perfectkioiieinent.

démontra encore que la conductibilité éJeclrique des s organiques tient à la présence de lYau qu'elles renoujoors. Il fit voir, par exemple, que. dans la célèbre * de Grey et IVehlcr dont nous atons rapporté K"s a conductibilité des substances organiques employées expérimentateurs, c'est-à-dire des baguettes de bois. nx et des cordes de chanvre, provenait d'une potilt* d'humidité que retiennent toujours ces matières. En mouillant une corde de clianvre, il augmenta cousidé al sa conductibilité ; en répétant avec uue corde nmuilérience de Grev et Wchlcr, il transmit li*s effets élecjusqu'à une distance de douze cents pieds, rincipal titre de gloire de Dufay fut la décomerte i principe théorique qu'il posa pour expliquer et régir Me des actions électriques. Ces régies importantes, rien français les dut moins à ses propres expériences sagacité avec laquelle il sut généraliser les observae ses prédécesseurs. La loi qu'il en fit sorUv exerça

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* J,* f *i»/'J, 'htAitw, l>;fay. m'a prt-s-rcW un autre principe ^«i« vnn*t**l H plu% remarquable que 1* précédent, et qui jette mn uwi***ê i't*tr tnr\» matière de l'éleclricité.

» ' < \n\nttyfi, ftX qu'il j a deux sortes d'électricités fort diffé- M-wl' 4 i *HU' tU' I autre : Tune, que j'appelle tlectricilé vitrrr, <•( I moIm êlfiitiitilr rn*in'H*e. Lh première est celle du verre, du 'fMul d<> m^'Im', '!'■* pierre» précieuses, du poil des animaux, du 1m \»Uitt ut de lii*Atji:fitj|i d'autres corps. La seconde est celle de

i\\ OMm il«« <iiiiirif'-k'< Mtiiit «l^j.i noté ce fait, mais il n'avait pas été i.|m/. mhuh ii |'/i|nl fin piliH-qic %i\\hi\\.

LA MACHINE ILBCTRIQUI. 35

e la gomme copale, de la gomme laque, de la soie, du 1er et d'un grand nombre d'antres substances, ractère de ces deux électricités est de se repousser les et de s'attirer Tune l'autre. Ainsi, un corps de l'élecje repousse tous les autres corps qui possèdent l'électri- , et au contraire il attire tous ceux de 1 électricité rcsiis résineux pareillement repoussent les résineux et s vitrés. On peut aisément déduire de ce principe l'exl'un grand nombre d'autres phénomènes, et il est procette vérité nous conduira à la découverte de beaucoup boses. *

; passage que nous venons de citer, Dufay établit a\ ec

le lucidité l'existence de deux espèces d'électricités :

'il appelle électricité vitrée, appartient au verre, au

; roche, aux pierres précieuses, à la laine, aux poils

aux, etc. ; l'autre, qu'il nomme électricité résineuse,

de l'ambre, de la résine, de la soie, du fil, du pa-

Le caractère distinctif de ces deux électricités est de

ser elles-mêmes et de s'attirer Tune l'autre. Un corps

Félectricité vitrée repousse tous les corps qui jouissent

me électricité; il attire, au contraire, ceux qui pos-

ïlectricité résineuse.

incipe posé par Dufay était d'un ordre tout à fait

r; il ouvrait un champ immense aux progrès de la

îlectrique. A l'époque où il fui pour la première fois

par son auteur, il rendit déj?.. un service inestimable

tdant la clarté sur le plus grand nombre des phéno-1

bservés jusque-là, et permettant de les grouper d'une

systématique. C'est grâce à ce principe et aux lois

action électrique découvertes plus tard par Coulomb,

i a pu concevoir une idée rigoureuse des phénomènes si

tes de l'électricité, et les soumettre au calcul. Enfin, la

de Dufay a permis, jusqu'à notre époque, d'expliquer

lément et avec simplicité tous les phénomène Al™:

triques. La découverte « du physicien français se recommande donc sous bien des aspects à la reconnaissance des savants.

Le principe établi par Dufay n'eut pas seulement une importance théorique, il eut encore son utilité pratique : il donna le moyen de reconnaître facilement par expérience à laquelle des deux électricités appartient un corps quelconque, animé d'un état électrique inconnu. Il suffit, pour s'assurer immédiatement de l'espèce d'électricité que renferme ce corps, d'en approcher un fil de soie éleclrisé résineusement. Si le fil est repoussé, le corps et le fil ont la même électricité, c'est-àdire la résineuse. Si le fil est attiré par le corps, celui-ci est doué de l'électricité vitrée. On aperçoit ici la première trace de Y électromètre, instrument précieux qui sert à la fois à dévoiler la présence de l'électricité, à en déteruûner l'espèce et à en mesurer la force.

Mais ce qui contribua surtout à rendre le nom de Dufay célèbre parmi les physiciens et à le populariser dans le gros du public, ce fut l'expérience dans laquelle il montra pour la première fois que l'on peut tirer des étincelles électriques du corps humain. Grey, en Angleterre, avait déjà prouvé que le corps de l'homme peut devenir électrique. Comme nous l'avons dit, le physicien anglais avait suspendu sur des cordons de soie un jeune garçon, et, le touchant avec un tube électrisé par le frottement, c'est-à-dire avec la machine électrique de cette époque, il avait constaté que le corps de la personne aiusi isolée avait acquis la vertu électrique, car il attirait les corps légers. Il avait même cru reconnaître que les pieds n'agissaient pas'dans cette circonstance avec autant d'intensité que la tête. Mais Grey, (Mi raison de l'insuffisance de l'appareil électrique qu'il avait à sa disposition, n'était pas allé jusqu'à tirer une étincelle du corps humain. Dufay obtint ce dernier résultat, qui causa une \ive impression sur l'esprit de ses contemporains.

Axant attaché au plafond deux cordons de soie destinés à pro-

LA MACHINB ÊLtCTftlQCB. 37

lolcment électrique, Oufaysc coucha sur une petite plateiipporlée en l'air par ces cordons, et il se fit électriser intact d'un gros tube de Terre frotté. L'abbé Nollet, qui ; alors dans la carrière des sciences, lui servait d'aide te tentative intéressante. Lorsque Nollet vint à approcher (t à une petite distance de la jambe de Dufay, il en partit une vive étincelle: c'était le fluide électrique qui, pour tère fois, s'élançait entre les corps de deux philosophes, bultat causa aux expérimentateurs une douce surprise, ous dit, dans un de ses ouvrages, qu'il n'oubliera jamais ment qu'il éprouva en voyant la première étincelle ue émanée du corps humain (1). Cette étincelle occaune impression de douleur très légère, semblable à celle qûre d'épingle, et qui se faisait sentir à la main qui tirait le aussi bien qu'à la personne d'où s'élançait le fluide, on opérait dans l'obscurité, le corps de l'individu élec- )andait une émanation lumineuse qui étonnait beaucoup tants. Aussi cette expérience occasionna-t-ellc une grande n dans le public : on s'empressait d'accourir dans le de Dufay pour être témoin d'un phénomène qui ouïe carrière inépuisable aux discussions de la philosophie physique de cette époque. On croyait, en effet, voir se ter physiquement à l'extérieur cette matière subtile, ts corps, ces esprits animaux qui, depuis Descartes, ient toutes les discussions scientifiques, et servaient à rétous les problèmes relatifs aux êtres vivants-ou aux êtres is, les problèmes de la physique aussi bien que les is de psychologie.

ravaux de Dufay venaient de jeter beaucoup d'éclat sur nts français. Les physiciens de l'Allemagne, qui n'avaient :ore qu'une très faible part aux recherches concernant

eçons de physique expérimentale, t. VI, p. 452.

M DICOUVttTIS SCUirriFlQLES.

l'électricité, entrèrent alors dans cette voie. Ils reprirent la suite des importantes études dont leur compatriote, Otto de Guericke, avait donné le signal en construisant h première machine électrique que la physique ait possédée. L'intervention des expérimentateurs d'outre-Rhin ne fut pas inutile ; elle amena des perfectionnements importants dans la disposition et l'emploi de la machine électrique. C'est grâce aux modifications apportées par eux à la construction de cet instrument que l'on parvint bientôt à donner aux phénomènes électriques une puissance, une intensité jusque-là sans exemple.

Nous avons déjà dit que les machines électriques d'Otto de Guericke et de Hauksbée, c'est-à-dire celles qui se composaient d'un globe de soufre ou de verre, avaient été abandonnées, après Hauksbée, par les physiciens, qui s'étaient contentés d'un simple tube de verre pour développer l'action électrique. C'est un physicien allemand, Boxe, professeur à Wittemberg, qui eut, vers Tannée 1733, ridée d'en revenir au globe de verre dont Hauksbée avait fait usage. Boie forma sa machine électrique au moyen d'un globe de verre creux, c'est-à-dire d'une simple bouteille sphérique. Ce globe de verre, traversé de part en part d'une tige de fer, était mis en mouvement de rotation à laide d'une manivelle) la main, bien sèche, servait à frotter le globe pour y développer l'action électrique.

Boxe imagina en même temps de munir sa machine d'un conducteur de fer-blanc, qui servait à conserver et à emmagasiner le fluide électrique une fois produit par le globe. L'expé* rimentateur allemand n'avait pas d'abord trouvé de moyen phfts commode pour isoler ce conducteur métallique, que de le faire porter sur les mains d'un homme, placé lui-même sur un gâteau de résine qui servait à l'isoler. On voit encore dans quel* ques ouvrages de cette époque le dessin de cette singulière machine électrique, où le corps de l'homme entre comme élément de l'appareil. On eut pourtant bientôt l'idée, toute naturelle, de

LA MACHINE ÉLICTIIOUI. 39

t le conducteur de fer-Manc k des cordons de soie fixés ftd; Mi conducteurs, qui constituaient un réservoir lié» communiquaient avec h nuchbie par une tige *.

constractkm de cette machine, le profcsMur de Witrendit à l'électricité on senrice dont on comprendra ix, ri Ton réfléchit que les sciences physiques ne peubnner et s'agrandir que par le perfectionnement des its qu'elles mettent en œuvre, chine de Bon ae répandit très protnptement en Aileaile revêtit diverses formes entre les mains des physiîifius fit construire à Leipzig, par le célèbre mécanicien , une machine qui ne différait seulement de l'appareil le Hauksbée qu'en ce que le globe de ferre tournait ver nt, au lien d'être placé dans une situation horizontale, n, professeur à Leipzig, construisit une machine peu e de celle de Wolfius et qui se trouve représentée par \ suivante dans un ouvrage de cette époque, Expert observations sur l'électricité, de Guillaume "Wat- On voitdans cette machine, queWatson appelle machine 'cité dans le goût de celle de M. Bauksbée^ à Londres , , ffaûsen, à Leipzig, un jeune clerc ou abbé tourner la i imprime à un globe de verre un mouvement de rota- } frottement du verre contre la main développe, à la du globe, de l'électricité vitrée, tandis que l'électricité ie passe, de la main, à travers le corps de la dame, et dans la terre. Un personnage suspendu en l'air par des le soie qui l'isolent» joue le rôle de conducteur, selon le primitif de Bon. L'électricité développée à la surface a est recueillie par ses pieds, et, le traversant tout en-

* Expériences et Observations de Wallon forment la seconde t la collection publiée à Paris, en 1748, sous ce titre : Recueil à* •r VelecirieUé, trad. de V allemand et de l'anglais. 1 \oU la-

Lt MACHINE ALECTUQUI.

e par l'extrémité de sa main droite dans le corps de la !, qui est placée elle-même sur un bloc de résine faisant s tabouret isolant Celle-ci, tenant le jeune homme de proche, attire avec sa main droite des feuilles d'or léacées sur un guéridon isolant. On voit que l'électricité i travers le jeune couple, comme a travers une chaîne ice, du globe de verre jusqu'aux feuilles d'or (1), n donne encore la figure suivante, qu'il accompagne légende : * Autre machine à électricité fort mitée en \de, et principalement à Amsterdam. L'homme II Jarone; le globe de verre C est frotte parla main de l;i ne I). EE est un tuyau de fer-blanc, une barre de fer nu

&2 . DBCOOVIRTES SCIENTIFIQUES.

» un canon de ftisil qui repose sur des cordons de soie, montés » sur les guéridons ou supports FF (fig. 4). »

Dans les figures qui précèdent, c'est toujours la main qui sert, en frottant le globe, à dégager l'électricité. Winckler, professeur de langues grecque et latine à l'université de Leip» zig, modifia ces machines en substituant un coussin à la main de l'expérimentateur. Il changea aussi le mécanisme destiné à imprimer la rotation au globe de verre, en adoptant pour cet usage l'archet du tourneur en bois.

Winckler expose en ces termes comment il fut amené a perfectionner de cette manière la machine électrique de Boze et de Hatisen :

« Cette machine, nous dit-il, ne laisse pas d'avoir ses imperfections, car : \° l'effet ne réussit pas si la main qu'on applique au globe électrique n'est pas bien sèche ; 2° on ne peut pas donner assez de frottement au globe, faute de pouvoir le tourner aussi rapidement qu'il serait nécessaire ; 3° il est trop fatigant de tourner la roue, surtout lorsqu'il faut accélérer et augmenter l'effet, et le continuer pendant longtemps.

» Ces réflexions m'ont fait penser à un moyen de remédier à ces inconvénients. Je visai principalement à un expédient pour parvenir à une machino avec laquelle on puisse produire l'électricité aussi rapidement et avec si peu de peine qu'il soit possible. Je travaillai l'année passée à une machine pour la démonstration des forces centrales, et, comme j'avais remarqué dans mon tourneur un génie singulier pour la disposition des machines, je lui fis part de ce que je trouvai à redire a la machine de M. Haûsen. Il y avait pensé avant moi, et, après m 'avoir dit qu'il connaissait une façon d'exciter une très forte électricité sans peine et fort rapidement, il me mena devant son tour et me fit voir son art. Je pensai alors à l'œuf de Colomb, que personne de ceux qui regardaient la découverte du nouveau monde comme une chose très aisée ne pouvait faire reposer sur sa pointe, car je voyais bien qu'il ne fallait pas beaucoup de science pour imiter une pareille machine à électricité (1). »

(1) Essai sur la nature, les effets et les causes de V électricité,

u aucinti iucTiiQoi. 65

•chine employée ptr Winckler, et dont 0 donne la dea- , consistait en un globe de verre que l'on faisait tourner m d'un archet métallique très élastique, et qui frottait un coussin de crin. Grâce à l'élasticité de l'archet, on imprimer au globe de verre une vitesse do rotation de irs par minute.

destitution, faite par Winckler, d'un coussin fixe à la main îrateur pour opérer la friction du globe, ne fut pas uniment goûtée. On trouvait qu'en raison de sa fixité, le ne se prétait pas avec assez de souplesse aux inégalités rement que présentait la rotation du globe de verre. En particulièrement, on crut devoir rejeter l'usage des s, et la main, bien sèche, fut proclamée beaucoup plus pour dégager l'électricité. L'abbé Nollet se montra le lent à repousser la disposition nouvelle venue d'Allel'abbé Nollet était doué d'une main large, nerveuse et jue la nature semblait avoir faite tout exprès pour exerfrictions électriques. Mais le même motif n'existait pas us les expérimentateurs, qui eurent le tort de s'associer ngé du physicien du collège de Navarre (2). ; son Essai sur V électricité des corps, ouvrage qui fut pour la première fois en 1747, l'abbé Nollet donne les suivants sur la manière de construire une semblable

criptton de deux nouvelles machines à électricité, traduit do nd de M. Winckler, professeur dans l'université de Leipiif, e du HecueU de traités sur r électricité, traduits de l'allemand et ftafc, p, g, 9.

Si quelque raison, dit l'abbé Nollet, a pu faire imaginer le cousest la crainte que Ton a eue d'être blessé par des éclats de verre, be venait à se casser lorsqu'il tourne. J'avoue que cette crainte ée, et l'on doit prendre des précautions pour éviter pareils accimais celle du coussinet m'a toujours rendu l'électricité si lente, ffets si faibles, que l'impatience m'en a pris , et que je l'ai abanpour toujours. » {Essai sur l'électricité des corps, p. 28.)

I\k DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES.

machine. Ce passage du livre de ce célèbre expérimentateur donnera une idée exacte de l'état de la machine électrique, on France, à l'époque où nous sommes parvenus :

a II y a environ quatorze ans, dit l'abbé Nollet, que M. Boze, professeur de physique à Wittemberg, essaya de substituer au tube un globe de verre que l'on fait tourner sur son axe et que l'on frotte en y tenant seulement les mains appliquées. En généralisant ainsi cette façon d'électriser le verre, qu'on avait bornée jusqu' alors à quelques usages particuliers, cet habile physicien a trouvé, et pour lui et pour ceux qui l'ont imité depuis, un moyen sûr, non-seulement d'opérer avec facilité, mais encore de pousser les effets beaucoup au delà de ce qu'on avait pu faire avec le tube

» Quant aux dimensions des globes, ils sont d'une bonne grandeur quand ils ont environ un pied de diamètre ; il vaudrait mieux qu'ils eussent quelques pouces au-dessus que quelques pouces au-dessous de cette mesure ; mais je ne crois pas qu'il fut fort avantageux de les avoir beaucoup plus gros.

» Une chose qui est bien plus essentielle, c'est une certaine épaisseur, comme d'une ligne et demie au moins et autant uniforme qu'il est possible. Outre que cette condition met le vaisseau en état de résister davantage à la pression de celui qui le frotte, il n'est pas douteux (et je m'en suis assuré par des observations bien constantes) que l'électricité d'un verre épais est sensiblement plus forte et plus durable que celle d'un verre plus mince.

y> La figure sphérique n'est point absolument nécessaire, elle n'est pas même préférable ù une autre forme, sinon peut-être parce qu'on la fait aisément prendre au verre en le soufflant ; il est également bon que ce soit un sphéroïde allongé nu aplati, pourvu que la partie la plus élevée que Ton frotte soit assez régulièrement arrondie pour faciliter le frottement ; il est même d'usage dans presque toute l'Allemagne et dans l'Italie, où l'on fait présentement ces sortes d'expériences avec succès, d'employer des vaisseaux cylindriques.

» Le globe que l'on veut électriser doit tourner entre deux pointes de fer ou d'acier, comme les ouvrages qui se font au tour ; pour cet effet, il faut qu'à l'un de ses deux pôles il ait une poulie de bois dont la gorge puisse recevoir la corde d'une roue à peu près semblable à celle des cordiers ou à celle des couteliers , et

LA MACB1NB ÉLECTRIQUE. 45

pôle il soit garni d'un morceau de bois propre a recelé du tour

be, ainsi préparé, doit tourner rapidement sur son axe

pointes; il importe peu comment cela se fasse, pourvu

vement de rotation soit asseï fort pour vaincre le frot-

mains qui appuient sur la surface extérieure du verre

>ointes tiennent à des piliers ou poupées assez solides

s laisser échapper le vaisseau tandis qu'on le fait tour-

iolence : ainsi, quiconque aura un tour et une roue de

tre pieds de diamètre, comme on en a assez commune-

les laboratoires, n'a pas besoin de chercher autre chose.

faut de cet équipage, on pourra se servir d'une roue

r, de celle d'un cordier ou môme d'une vieille roue de

i laquelle on formera une gorge de bois rapporté, el

ra deux poupées a pointes sur un tréteau que l'on aura

muraille.

jne chose qu'il ne faut point oublier, c'est que Tune

pointes soit une vis qui fera son écrou dans le bois

i poupée, afin qu'on puisse serrer le globe sans frapper.

a fait les frais d'une machine de rotation exprès pour

d'expériences, on peut lui donner telle forme et telle

i qu'on jugera convenable; mais je trouve à propos

les qualités suivantes :

l'elle soit assez grande et assez forte pour servir ù toutes xpériences de ce genre : ainsi, il serait bon que la rou<» ins quatre pieds de diamètre, qu'elle fût portée sur un bâti ,e, assez pesant, et qu'il y eût deux manivelles, afin iployant deux hommes pour tourner en certains cas, on r les frottements du globe pour augmenter les effets. s. tous les jours qu'un seul homme ne su Ait pas ; lue l'axe de la roue soit à telle hauteur que l'homme qui jué à la manivelle se trouve en force et dans une situagênée; cette hauteur doit être d'environ trois pieds et dessus du plancher, sur lequel la machine et l'homme es ;

jue la corde de la roue communique immédiatement et rois avec la poulie du globe : premièrement, parce que les tels qu'ils puissent être, augmentent la résistance; il yen sez de la part d'un globe de douze ou quatorze pouces de i9 dont on fait frotter l'équateur ; secondement, des poi*-

DÉCOUVERTES SCIENT IFIQUES.

lies de renvoi font toujours beaucoup de bruit, el il y a des occa-

-■ —s où l'on a besoin de silence en Taisant ces sortes d'épreuveB ;

> 4" Que le globe soit le plus isolé qu'il aéra possible, car on doit craindre que les corps voisins n'absorbent une punie de sou électricité : ainsi, les poupées pour un globe d'un pied doivent avoir au moins dix pouces au-dessous des pointes ;

» 5" Que le globe soit û une hauteur convenable et se présente de manière nue celui qui le doit frotter soit dans toute sa force; il faut donc, pour bien faire, qu'il se trouve élevé de trois piods ou environ au-dessus du plancher el qu'il tourne vis-à-vis do celui qui le frotte, en lui présentant son équateur, etc. (I) ■

L'abbé Nulle t rloiiuo ensuite la ligure ci-dessus, représentant sa machine, et dont les détails se comprennent à la seule inspection (Qg. 5).

Pour continuer cet exposé des diverses modifications qu'a

reçues lu machine électrique avant de prendre la forme définitive qu'elle présente aujourd'hui, nous dirons que le révérend

(I) Essai sur l'i<ltctriciH! des eorps, p. 8- 17.

LA ftTACHHfl iLICTMQÛK. hl

on, professeur de philosophie à Krford, substitut au globe de verre, un cylindre de cette matière; qu'il employa avait huit pouces de longueur et quatre e; on le faisait tourner au moyen d'un archet ine de Gordon, très simple et très portative, se comi cylindre de verre retenu entre deux calottes de leux extrémités, et monté entre les deux poupées tour qu'on faisait mouvoir avec un archcL Le )ttait contre un coussinet, à l'imitation des machines •

ichioe produisait des effets électriques très intentes t l'un maniement facile et suppléait très avantageuscl'emploi d'un coussinet, Jk l'action de la main de '} aussi fat-elle adoptée eu Angleterre de préférence e l'abbé Nollet préconisait en France. Seulement, mécanisme employé par le père Gordon n'imprimait hdre de verre un mouvement aussi rapide, on chaniine motettr. Att lieu d'une simple roue de bois faite? une corde, on fit usage d'une roue dentée engre- !■ pignon fixé sur l'axe du cylindre, troek, dans son Court élémentaire de physique, gure suivante comme représentant une des machines i que construisait alors, à Londres, un fabricant d'innommé Adams. Il en donne la description en ces

imaginé depuis peu en Angleterre une machine élec- Je trouve fort simple et que je préfère, non-seulement mt je me suis servi, mais encore à toutes celles qu'on a jusqu'à présent. C'est ce qui m'engage à en donner la

une espèce de tambour creux A est placée une roue aarbrée sur Taxe E; cette roue est mise en mouvement is sans fin à trois filets, dont l'axe est saillant en B ; cet

fi8

axe étant tourné circulaire ment par le levier BC, à l'aide d'oie manivelle, communique un mouvement de rotation très rapide iu cylindre de verre.

» Toute la machine est solidement attachée sur une table 1 l'aide des vis I-, M ; sur la base de celte machine est établi un ressort d'acier H, auquel est attaché un coussinet de cuirGG. l'ar

le moyen de la vis K, on peut bander ou débander le ressort, et par conséquent appuyer plus ou moins le coussinet contre le cyliudre de verre qu'il doit frotter. Ce cylindre, étant mû circulàirement et étant frotté par le coussinet (i(i, devient fortement électrique, bans la base de cette machine glissent deux règles de cuivre SU, SR, qu'on fixe par des vis ; sur ces deux première! régit» s'élèvent iIl-iik autres règles SX, SY, qui en portent deui autres \Z, ÏZ, ù chaque extrémité desquelles pendent des fils de soie bleue qui suspendent un tube de cuivre OP. A la partie antérieure de ce conducteur est fixé un double Jil de cuivre doré,

s extrémités N ; ce fil, tout faible qu'il soit, est extré- £astique et reçoit toute l'électricité du cylindre qu'il

Cavallo, dans son Traité complet d'électricité, a lessin d'une machine construite également par Adams, ferait de la précédente en ce qu'elle pouvait fournir à e l'électricité négative ou positive, selon que Ton fainuniquer avec le sol les coussins ou le cylindre de . Cette disposition fut plus tard imitée par Nairne et im dans leurs belles et puissantes machines, st que vers Tannée 1768 qu'un opticien anglais, Ramsden, substitua au cylindre de verre de la ma- «trique un plateau circulaire de la même substance. m tournait à frottement entre quatre coussins de peau, rés de crin et pressant contre le verre au moyen d'un

lit que ce qui détermina l'abandon du globe de verre substituer, soit un cylindre, soit un plateau, fut un acsez étrange qui se présentait quelquefois avec les maglobe: il arrivait que le globe de verre éclatait subitetre les mains de l'expérimentateur, étails de quelques-unes de ces singulières explosions t été conservés. Le premier accident de ce genre arriva , le 8 février 1750, au père Béraud. Cet expérinr, opérant en présence de plusieurs personnes, voutriser un petit vase de verre vide d'air et contenant du e, afin de rendre ce métal lumineux par l'électricité.

ours de physique expérimentale et mathématique, par Pierre senbroek, traduit par M. Sigaud de la Fond, démonstrateur (jue expérimentale. In-4°, Paris, 1769, t. Ier, p. 353. raité complet d'électricité, par M. Tibère Cavallo, traduit de ,. In-8, 1785, p. 126.

iv. 5

Pour obtenir un spectacle plus brillant, le père Béraud fit éteindre les lumières. À peine commençait-on à frotter le globe, qu'on entendit comme une sorte de déchirement ; le globe éclata avec bruit et se dissipa en petits fragments qui furent lancés dans les endroits les plus éloignés. Deux personnes furent blessées au visage par les éclats de verre.

Le père Béraud, qui lut quelques jours après à l'Académie de Lyon un mémoire sur cet accident, crut devoir l'attribuer à une fêlure que présentait le globe de verra II pensait que « le frottement imprime dans les plus petites fibres du verre un » mouvement de frémissement et d'oscillation, qui doit néces- » sairement agiter la matière contenue dans ses pores. » Le père Béraud partait de là pour donner de ce phénomène une explication dans le goût de la physique de son temps.

Malheureusement pour l'explication du père Béraud» les globes non fêlés étaient également sujets à cette rupture spontanée. Dans la première partie de ses Lettre* sur l'électricité, l'abbé Nollet nous apprend qu'un globe de verre avait détoné entre les mains du professeur Boze, à AVittemberg; un autre entre celles de M. Le Cat, à Rouen; un troisième, à Rennes, sur la machine du président de Robin ; un quatrième, à Napks, appartenant à M. Sabatelli, et qu'un globe d'Angleterre avait eu le même sort entre ses propres mains à Paris.

Admettant que la rupture des globes pouvait être occasion* née par la dilatation que l'air contenu dans son intérieur éprouve par suite de la chaleur développée par le frottement, on avait cru s'en garantir en perçant un trou dans le globe; mais l'expérience démontra l'inutilité de cette précaution. Sigaud de la Fond rapporte dans son ouvrage qu'eu 1761 il éprouva un accident de ce genre : « Je faisais tourner, » dit-il, un globe bien conditionné, bien monté, percé vers un » de ses jx>les, et qui me servait depuis plusieurs années. A » j>eine eut-il fait cinq ou six tours, qu'il éclata avec la plus

u Hicimi élktmooi. SI

-Menée et que les débris s'en répandirent a m» très bstanw dans ma salle (1). • « d 'accident» Ait pour beaucoup dans U préférence ecorda en France, a partir de l'année 17fl8. aux tnattriques dans lesquelles un plateau remplaçait le globe car, si les glaces peuvent se fendre pendant qu'eHes nt d'électricité, elles ne détonent point et l'on n'a edouter les éclats.

nlere machine qui Tut construite en Angleterre par était faite d'un plan de glace, d'un pied seulement re, qui tournait entre quatre coussinets a l'aide d'une appliquée a son axe. On augmenta beaucoup les les machines en employant des glaces d'un plus grand

de la Fond, dans l'ouvrage cité plus haut, donne la

"fcit htaloriqut et expérimental des phénomènes électriques

■ »ti II i et*

U HAGHM ftLBCTlIQCL J3

re vers la face opposée. L'éieclriolé wtptin am-

ces pointes vient, en traversant l'air interposé. Beatfluide positif qui existe sur le cylindre de terre, et

Fig. 8.

ne ainsi du fluide neutre. Quant a l'électricité pnsireste confinée sur le conducteur l>, qui constitue de niùre un réservoir d'électricité positive. i fait communiquer avec le sol, au moyen d'une r haine le, le conducteur I)' et le coussin, l'électricité uégathe dans le sol et l'électricité positive reste accumulée sur Kteur I) : la machine fournit alors de l'électricité posil'on fait au contraire communiquer avec le sol le ron- D, en maintenant isolés le coussin et le conducteur !>', cité positive s'écoule dans le sol, H l'électricité négative

reste accumulée sur le conducteur D', et la machine donne alors de l'électricité négative. La machine de Nairne permet donc de conserver à volonté l'une des deux électricités développées par le frottement.

Le cylindre de verre est ordinairement recouvert, dans cette machine, d'une pièce de taffetas qui enveloppe la moitié supérieure de ce cylindre, et qui a pour effet de le protéger contre l'action de l'air et d'empêcher ainsi la déperdition trop prompte d'électricité.

L'appareil que nous venons de décrire fut proposé et construit pour la première fois dans le but de servir à administrer l'électricité comme agent curatif dans le traitement des maladies (1). Il n'est devenu que plus tard un appareil de démonstration pour les cours de physique.

La machine électrique dont on fait généralement usage aujourd'hui n'est autre chose que la machine de Ramsden> à laquelle on n'a apporté qu'un petit nombre de changements. La figure suivante (fig. 0) représente la machine électrique actuelle, qui ne diffère, on le voit, de l'appareil primitif de l'opticien anglais qu'en ce qu'elle se compose de deux conducteurs au lieu d'un seul.

Le plateau de verre P frotte entre les deux coussins C, C ; l'électricité positive du plateau de verre agit par influence sur le fluide naturel des deux conducteurs D, D'. Ce fluide naturel est décomposé, l'électricité négative est attirée vers les pointes dont est armée l'extrémité S, S', de ces conducteurs. S 'écoulant par ces pointes sous forme de petites aigrettes lumineuses, cette électricité négative vient se combiner avec l'électricité positive du plateau et ramener celui-ci à l'état naturel Comme le frot-

(1) The description' and uses of Nairne s paient eiectricai machine, wilh the additions of some philosophical eœperiments and médical observations. In-8, London, 1783.

LA MACHINE ÉLECTWQl'ï. 39

n plateau contre les coussins continue a développer de Ité positive sur ce plateau, les mîmes décompositions lit, et la charge de l'électricité positive et la surface des

Fig. 9.

Meurs D et D' augmente de plus en plus. R est un èlecpe à cadran ; l'écartement du petit corps placé à l'extrée la tige de cet électroscope indique les variations d'ini de la charge électrique de la machine.

Les appareils à plateau ou à cylindre de verre que nous venons de décrire n'ont été employés qu'après Tannée 1770, lorsque l'opticien Ramsden eut le premier adopté l'emploi des plateaux de verre dans la construction des machines à frottement. Bien avant que ces derniers appareils fussent construits, c'est-à-dire vers l'année 1740, les physiciens allemands s'étaient efforcés de donner aux machines à globe de verre alors en usage des dispositions permettant d'augmenter l'intensité des effets électriques. Watson, en 1740, avait employé dans ce but une machine assez curieuse, en ce qu'elle était composée de quatre globes de verre tournant à la fois.

Avec ces machines électriques composées de simples globes de verre, les physiciens anglais et allemands avaieut déjà obtenu de très puissants effets. L'étincelle donnée par ces machines suffisait pour déterminer à l'extrémité du doigt une ecchymose ou une espèce de brûlure. Gordon augmenta la force de ces étincelles au point qu'un homme ressentait la commotion de la tête aux pieds, et que de petits oiseaux en furent tués.

Les physiciens allemands observèrent encore que l'eau coulant d'une fontaine électrisée se dispersait en gouttes lumineuses de manière à simuler une pluie de feu. Boze parvint à faire passer l'électricité, au moyen d'un jet d'eau, d'un homme à un autre, placés tous deux sur des gâteaux de résine, à soixante pas de distance.

Nous devons encore aux physiciens allemands le spectacle de ces étoiles brillantes que fait naître l'électricité dans un disque métallique animé d'un mouvement de rotation très rapide, et muni de pointes également distantes du centre. Un instrument généralement connu sous le nom de carillon électrique est aussi de l'invention des expérimentateurs d'outre-Rhin.

Mais de tous les phénomènes qui furent découverts à cette époque, celui qui inspira le plus de curiosité et frappa le plus

Ul M AGnNB iLECTUQOB. 57

l'attention, ce fat l'inflammation, par l'étincelle Itères matières combustibles.

anier physicien qui réussit dans une expérience de ce t le docteur Ludolf de Berlin, qui alluma de l'éther avec Iles excitées par l'approched'un tube de verre élcctrisé. t cette expérience en public, dans la séance de rentrée lémie de Berlin, au commencement de l'année 17A/j. lis de mai suivant, Winckler, à Leipzig, obtint le même

en tirant avec le doigt une étincelle, il alluma non* it de l'éther, mais encore de l'eau-dc-vie, de l'esprit ; de cerf, et quelques autres liqueurs spiritueuses, en précaution de les chauffer légèrement pour en dégager urs qu'il était plus facile d'enflammer, m, en Angleterre, répéta et étendit ces expériences, a outre l'eau-de-vie, plus ou moins concentrée, divers

spiritueux contenant des huiles volatiles, tels que de lavande, Y esprit de nitre dulcifié (éther nitreux), pivoine, Yélixir de Dafty, le styptique d'Helvélius, ses huiles volatiles telles que les essences de térében- Le citron, d'orange, de genièvre, de sassafras, etc. Il d le feu à des matières telles que le baume de copahu trébenthine, qui, chauffées, dégagent des vapeurs in- Mes (1).

on, dans son mémoire relatif à ces expériences, a donné a de la machine qui lui servit à enflammer les liqueurs uses. Elle se composait de trois ou quatre globes de ue l'on frottait simultanément au moyen de coussins in amas de fil servait à communiquer l'électricité dévesur le verre à un tube de fer-blanc, ou à une épéc sus-

élire à M. Martin Folques , président de la Société royale. Recueil de traités sur V électricité, traduits de l'allemand et de t , 2* partie, p. 1 5 et suivantes.

pendue à des cordons de soie qui servaient de conducteurs isolés. Dans un flacon qui était suspendu au conducteur de ferblanc par un fil de fer, on plaçait les liquides à enflammer. D'autres fois, pour étaler ces liquides sur une plus large surface au contact de l'air, on les plaçait dans une petite capsule métallique que Ton posait à la pointe de l'épée terminant le conducteur de la machine.

La machine électrique destinée à enflammer les produits peu combustibles était, comme nous venons de le dire, composée de trois ou quatre globes de verre. Mais quand on voulait enflammer des liquides plus combustibles, tels que l'éther ou l'esprit-de-vin très-rectifiés, on se contentait d'une machine ordinaire à un seul globe. Walson, dans l'ouvrage cité plus haut, donne la figure ci-dessous comme représentant l'appareil dont il se servait pour cette expérience (fig. 10).

Le personnage B tourne la manivelle qui imprime au globe de verre C un mouvement de rotation. Le personnage O présente la main au globe pour déterminer, par le frottement, le dégagement de l'électricité. Le fluide électrique passe du globe de verre au canon de fusil ou à la barre de fer qui sert de conducteur, et qui est portée sur deux fils de soie tendus sur deux supports. Ce conducteur est saisi par le personnage G qui, placé sur un gâteau de résine servant à l'isoler, tient de la main droite une épéc. Le fluide électrique arrive à l'extrémité de l'épée : à peine a-t-on approché de sa pointe une cuiller pleine d'espritde-vin, que l'étincelle jaillit, et met le feu au liquide.

C'est aussi à Watson qu'est due une expérience connue sous le nom de danse des pantins, qui devint célèbre plus tard lorsque Volta l'eut prise comme point de comparaison dans l'explication théorique qu'il donna de la formation de la grêle. Watson a donné dans le même mémoire une figure représentant la manière produire ce phénomène.

Un petit garçon isolé au moyen d'un gâteau de résine, sur

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