‹ Exposition et histoire des principales découvertes scientifiques modernes (volume 5)Chapitre 14 sur 59 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Découverte de rélectro-cbimie. — Volta. — Brugnatelli. — M. de la Rive. — Travaux de M. Thomas Spencer et de Jacobi.

Lii métallurgie électro-chimique a eu la singulière destinée d'être découverte à la fois par deux physiciens placés aux deux extrémités de l'Europe, qui n'avaient eu mutuellement aucune connaissance de leurs travaux respectifs. Dans l'année 1837, M. Thomas Spencer en Angleterre, et le professeur Jcicobi en Russie, découvraient, chacun de soncAté, ses principes essentiels, et réalisaient ses applications les plus délicates.

150 DKGOUYSRTBS SCIENTIFIQUES.

Volta avait à peine accompli, au commencement de notre siècle, la découverte de la pile électrique, quil observa une de ses propriétés les plus remarquables, c'est- 1 à-dire la décomposition chimique que cet appareil fait éprouver aux substances soumises à son action. Ce physicien célèbre constata, dès l'année 4800, que la dissolution d'un sel métallique, soumise à l'influence de la pile, se trouve aussitôt réduite en ses éléments, de telle sorte que le métal vient se déposer au pôle négatif. Ce grand phénomène devint bientôt l'objet d'un nombre considérahle d'études et d'expériences théoriques qui devaient largen)cnt agrandir le champ de nos connaissances dans le domaine de l'électricité.

llrugnatclli, élève et collaborateur de Volta, qui professait à Pavie, sa ville natale, s'occupa dès la fin de l'année 1800 de l'étude expérimentale de l'action du couranl clecttiqiic sur les dissolutions méUilliques. En iSOt et 180:2, il publia dans un recueil srienlifique italien Annali di<himica di Pavie(\), divers mémoires concernant les précipitations métalliques provoquées par rélectricilé. Drugnalelli, dès l'année i80I, avait réussi à dorer l'argent au moyen de la pile en conservant à l'or tout son brillant métallique. Le procédé de Brugnalelli est décrit entre autres recueils, dans un ouvrage intitulé Bibliotheca di C(h gliardo^ publié en 4807. Dans un Journal de chimie et de

{!) Voici le passage original de Bragnatelli :

a Prenex une partie saturée d'or dissous par Tacide hydrocbloroni- « trique, ajoutez-y six parties d'ammoniaque liquide; la dissolution s'y « décompose et il se précipite un themioxyde d'or qui se dissout aussitôt « en partie pour former l'ammoniure d'or. On rec^ieille ce mélange dans « un Yase de verre. Les objets destinés à être dorés sont fixés solidement « à un fli d'acier ou d'argent, que l'on fait ensuite communiquer au pôle « négatif d'une pile voitaîque. L'objet d'argent qui doit être doré plonge « entièrement dans le liquide contenant l'ammoniure d*or; le courant « galvanique est fermé par une grosse bonde de carton mouillé, qui de « l'i.mmoniaque passe au pôle positif de la pile. En quelques heures

GALVANOPLASTIE. 1 5 1

physique^ Van Mons, de Bruxelles, consigne le fait observé par BragnatelH.

« La méthode la plus expéditive, dit Brugnatelli, de réduire à Faide de la pile les oxydes métallicpies dissous, est de se servir, à cet effet, de leurs ammoniures : c*est ainsi qu'en faisant plonger les extrémités de deux fils conducteurs de platine dans de Tainmoniure de mercure, on voit en peu de minutes le 01 du pôle négatif se couvrir de gouttelettes de ce métal ; de cobalt, si l'im opère avec du cobalt ; d'arsenic, si l'on op^e avec de Tarsenic, etc. Je me s(>rvis de fils d*or pour réduire de celte manière Tammoniure de platine, que j'ai dernièrement obtenu et examiné. Le platine ainsi réduit sur l'or a une couleur qui tourne vers le noir; mais étant frotté entre deux morceaux de papier, il prend l'éclat de Tacier. Je fis usage de Ois d'argent pour réduire l'or, ce qui réussit promptement (1). »

On trouve, dans une autre livraison du même recueil, le passage suivant qui fait partie d'une lettre adressée par Rrugnaielli à Van Mons :

« Voila travaille toujours sur l'électricité; il a dernièrement construit différentes piles composées de seules substances salines de différentes matières avec les solutions desquelles il imprégnait des disques d'or. Lorsqu'il aura terminé son travail, je vous le communiquerai.

« J'ai dernièrement doré d'une manière parfaite deux grandes médailles d'argent en les faisant communiquer à Taide d'un 01 d'acier avec le pôle négatif d*une pile de Voila, et en les tenant l'une après l'autre plongées dans les ammoniures d'or nouvellement faits el bien saturés (2). »

Les faits de précipitation métallique observés et publiés

• l'argent m trouve entièrement doré par l'action galvanique. La dorure « peut être mise en couleur par les moyens ordinaires, et on lui fait « prendre le plus vif éclat avec la gratte-bo^sse des doreurs. • {Bibliothèque de campagne, publiée à Milan, t. X, p. 18S et suiv. ) -

fli Journal de physique et de chimie, de Van Mons, 1802, t. V, p. 80.

(î) lbid.,p,Zbl

15i DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES.

par Brugnatelli établissaient nettement la possibilité d'ob< tenir des dépôts métalliques d'or et d'argent. Mais il y avait loin de là encore à la galvanoplastie, c'est-à-dire à la^ reproduction d'un objet par le dépôt d'une couche de cuivre plastique et malléable. Rien n'indiquait alors que la réduction des métaux par le fluide électrique pût devenir susceptible de quelques applications dans les arts. En effet, la substance qui se déposait sur les fîls de la pile n'avait aucun des caractères physiques qui distinguent les métaux; c'était presque toujours une poudre noire ou grise, sans cohérence, sans continuité, dépourvue d'éclat, et privée, en un mot, de tout caractère métallique. On ne découvrit que longtemps après que, dans certaines ci^ constances, les métaux formés par la voie galvanique peuvent présenter l'éclat, la cohérence, la continuité et tous les caractères propres aux métaux obtenus par fusion. Cette observation devait donner naissance à Télectrométallurgie.

La galvanoplastie aurait pu prendre peut-être naissance à l'époque delà découverte de la pile voltaïque imaginée par M. Daniell, et qui porte le nom de ce physicien. Lorsque M. Daniell fit les premiers essais de cette nouvelle disposition de la pile, il remarqua, en enlevant un fragment de cuivre qui s'était déposé au pôle négatif, que les éraillures du conducteur de platine se trouvaient fidèlement reproduites sur le cuivre précipité. Cette observation aurait pu conduire à la découverte de la galvanoplastie; mais, comme M. Daniell portait alors toute son attention sur la marche et la construction de son instrument, il ne poussa pas plus loin l'examen de ce fait.

Une remarque du même genre peut s'appliquer à M. de la Rive, qui, de son côté, eut plus tard entre les mains le faitprimitif qui sert de base à la galvanoplastie, et néanmoins le laissa passer sans soupçonner son importance.

«-» LVABOPUSTir. 151

ips après la défoUTerlc de la pilt- île Itiinifill, Ql quelques expérieiires sur cet npparcil. Bonplicle insi^ré dans le Pkilosophical Magazine, ve IjsicirD. Nprvs avoir décrit une rorme particulière de la le de Daniell h liiquelle il donne la préfâi-ence, fuil l'ubmlion suivanle : nLa plaque de cuivre est recouverle i'aoe couche de cuivre à l'élal métallique, qui s'y est in- Kssamtnent déposée pur molécules, et telle est la perfection d« la reuilie de métal ainsi Tormée, que lorsqu'elle tat enlevée, elle offre une copie fidèle de chaque érnillare de la plaque méUiltique sur laquelle elle leparatt. n L de la Rive ne semble p.is avoir songé aux résultais relirquables auxquels devait conduire plus lard l'exauien e«e fail en apparence si simple. Ce n'est que dix ans prés, qae cette observation, faite de nouveau en Angle- Irrf et étudiée cette roi;i avec toule l'attention qu'elle MÏrititil, eut pour conséqui-nce d'amener la création de la il tRiuo plastic.

\laliD du mois de septembre 1837, un jeune physicien Iglais, M. Thomas Spencer, s'occupait àLiverpOol à rééteretit vérifier les expériences de M. Becquerel sur la innalîon arliflcielle des espèces minérales à l'aide de OorantA électriques d'une faible intensité: c'est dans le Durs de ces essais que le hasard lui fournit l'occasion de DDKlaterlc fait qui devait donner naissance à la galvanoiasUe. M. Spencer agissait avec un seul couple voltaïque troié d'un disque de cuivre uni par un fil métallique à iD disque de zinc. L'élément cuivre plongeait dans une tistolution de sulfate de cuivre, l'élément zinc dans une istululion de sel marin; les deux dissolulions, placées luisdeava»es de terre, élaient séparées l'une de l'autre fer une cloison poreuse de plâtre. C'est là, comme le sarnl lea physiciens, le petit appareil construit par M. Itecpour produire un courant électriqne fnihie et ron-

linii : c'est une pile voUaîquc réduite, pour ainsi dire^ à son expression la plus simple. Le fil de cuivre qui, dam le petit appareil de M. Spencer, réunissait les deux métaux, était verni avec de la cire à cacheter ; or il arriva qu'en recouvrant ce fil de cire à cacheter, quelques goutlM de cire tombèrent sur le disque de cuivre et y adhérèrenfy de telle sorte que, lorsque l'appareil fut mis en action, le cuivre réduit, en se déposant sur l'élément négatif, riol s'arrêter sur les bords des petites gouttelettes de dn tombée sur la plaque. Le métal précipité avait d'aillenn l'éclat, la cohérence et toutes les propriétés du cuivre obtenu par fusion, a Je compris aussitôt, dit M. Spencer, qu'il était en mon pouvoir de guider à mon gré le dépôt de cuivre et de le couler en quelque sorte dans les sillons creusés avec une pointe sur une plaque de cuivre verni.

M. Spencer prit donc une plaque de cuivre, il la couvrit d'un vernis résineux; sur ce vernis il creusa des lettres avec un burin, et soumit la lame de cuivre ainsi préparée à l'action d'un courant vollaïque. Le résultat fut tel qu'il l'avait prévu : le métal réduit vint remplir les sillons tracés sur le vernis et forma de véritables caractères typogra* phiques de cuivre en relief. M. Spencer parvint à rendre ce procédé assez pratique pour qu'une planche de cuivre recouverte de ces caractères en relief pût être soumise à la presse. Dès l'année 4838 , des épreuves sur papier obtenues avec cette sorte de cliché d'origine électrique furent distribuées dans le public.

Cependant, si les recherches de M. Spencer n'avaient pas .eu (le résultat plus utile, il est probable que la galvanoplastie n'aurait trouvé dans la pratique que de rares applications. Heureusement un autre accident lui fit entrevoir sa découverte sous un aspect nouveau. Un jour, comme il avait besoin d'une plaque de cuivre pour former un do ^cs pcîils cou|)les vrl(aYqucs, ne trouvant point sous sa

SALTAROPLARTie. isS

la main de disque Ji.' ctiivrr, il prit une pièce de cionnaie l|u'îl réaiiil par un HI mâtalHquo b une rondelle de zinc. Ce fnuple fut disfwsé comme il l'ordinaire, et le dépôt «"effecluer. Mais, comme après quelques écouléts l'expérience ne mnrchait pas suivant son il ilémontn son appareil et se mit à arracher par le cuivre rCdtiit qnî recouvrait l'élément négatif. e tal pns alors peu surpris dL' voir Ions les accidents et I IfS détails de In pii>ce île monnaie reproduits sur ces imeol» de cuivre avec une lldélilé extraordinaire.

Je résolue alon, dit M. Spencer, de répéter la mdme eipéce en ftlsant usage d'une médaille de cuivre dont le relier il conaldérahte. J'en formai, comme auparavant, un couple : j'j fis di^iKiscr une croûte de cuivre d'un millimètre iTffatâaear environ ; puis je détnchai avec soin, mais nou §ans peine, le dépÀl f'irmif. J'examinai le ri^ultal ù la coupe, rtjevis loiulea dclaiU de la médaille reproduits avec une merwllease Adéliié sur la contre-épreuve voltaïque. *

AprJs une telle obsenation, la galvanoplastie élait créée; il eil inutile de dire, eu elfel, qu'après avoirainsi moulé en tffox des médailles et des pièces de monnaie, M. Spencer K «rvil de ces moules pour en obtenir des contre-épreuves qui étaient les fac-similé parfaits de l'original. Dans les premiers mois de 1838, des monnaies et des médailles j obtenues étaient chose commune à Liverpool. On en Munît quelques-unes h l'examen d*un hubile frappenr de nédaill^ de Ttirmingham, Cet expert déclara que les mMaitles soumises h son inspection étaient frappées au btlancicr: il fais.iil seulement remarquer qu'on avait

■Itéré le roers de ces médailles par l'emploi des acides, n L'ftxpertsjoutii charitablement qu'il conseillait^ M. Spencer

ae pa* compromettre sa réputation en prolongeant des tDysliflralions pareilles.

Prndnol que cette déconveric s'accomplissait à Liver-

156 DiCOUTUtTES SCIENTIFIQUES.

pool, le physicien Jacobi, en Russie, était conduit, par une autre voie, à des résultats presque identiques.

Ce fut à Dorpat, en février i837, que M. Jacobi découvrit, de son côté, le fait capital de la plasticité du cuivre, qui devint l'origine de tous ses travaux sur rélectro-chimie. U trouva imprimées sur une feuille métallique quelques traces microscopiques de cuivre du dessin le plus régulier : c'est en recherchant le mode de formation do ces empreintes et en essayant de les reproduire qu'il découvrit le fait de la plasticité du cuivre obtenu par la pile. 11 soumit à l'actioD de courants électriques des plaques de métal sur lesquelles on avait tracé au burin des Ogures et des caractères; la décomposition du sulfate de cuivre donna naissance à des dépôts de cuivre qui offraient, en relief, l'empreinte exacte du dessin gravé en creux sur l'original. Par l'emploi de piles d'une faible intensité et d'un courant continu, il réussit bicnlôt à obtenir en relief l'empreinte d*une plaque de de cuivre gravée au burin et de dimensions assez considérables. Cette plaque, premier résultat satisfaisant des travaux de M. Jacobi , fut présentée à l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, le 5 octobre 1838 (47 octobre de notre style). Le ministre de l'instruction publique la présenta à l'empereur, qui s'empressa de mettre à la disposition de M. Jacobi les fonds nécessaires pour poursuivre ses études. La découverte du savant académicien acquit dès lors en Russie un très-grand retentissement.

M. Jacobi reconnut, comme M. Spencer et en même temps que lui, que la condition indispensable pour obtenir des dépôts réguliers et plastiques, c'est d'employer un courant d'une faible intensité, et d'agir sur des dissolutiom toujours saturées; mais l'académicien russe laissa bien loin de lui l'expérimentateur anglais par la découverte qu'il fit, en 1849 , du système connu aujourd'hui des physiciens sous le nom d*anodes ou d'électrodes solubies.

tonqutf M. Jncobi commi^nça ^ opérer, l'iibJM à cofiinr hiuit luî-mâoie parla- de la pile galfaiui]ue, il formait lèlénicnl négatif et plongeait daDs la diuololioo de ïulble , ilf enivre; mais la dissolution ^'épuisait peu à peu, cl il ' Mail Déccssjiire de retitretenir nu di'gré de sulnralioi), en i lai foumissAnl de nouveaux cristaux de sel au fur et k melon do leor réductioD. Or, Jacobi Irtiuva, en 183U, que ■i l'on attache le moule aa pâle néf^Ur. et que l'on diMj^/U M pôle fAoïiiif tittf tante du mêlai même qui eti en diuoluliiM itau U 6ain, celte lame, qui porte aJon le nuni iVanode uu fltrlrode totutik, enire ciic-mâuse eu dissolution daos le bain en quanlité à peu près égale à celle qui se dépose dans le moute. Si. par exemple, on opère avec une dissolution de inlfiile île cuivre, et que I'od allaebe au jH^e jiosilif de b pile une lame de cuivre, l'oxygène mis en liberté par la dénmposîtion de l'eau se porte au pôle posilil; 1^ ilrcneuotrele cutueelt'uxyde, c'est-à-dire le Tait passer à l'étal d'un composé susceptible de se dissoudre dans l'acide libn eùïlant dans la liqueur, et parcelle action continue, 4 neeure qu'il se fait au p6le négalirun dé|>û( de cuivre aux dépens de la dissolution saline, le cuivre métallique attaché an pAfe posilif se dissout dans le liquide à peu près dans ' le» moines proportions.

La découverle des anodes exerça une influence immense sur les progrès delagnlvanoplaslie. Elle permit de séparer le couple vollatque qui engendre le courant de l'appareil dans lequel l'enipreinle s'elTcctue. Le procédé galvanoplaslique devint par là beaoroup plus simple, le succès plus assuré-, et le lemps dans lequel les résultats peuvent être oblenus infiniment plus court. Enlin on put obtenir des dépdU métalliques de luule forme et de toute dimension.

Cependant la galvanoplastie ne pouvait recevoir encore iplicalions bien étendues, car on ne pouvait opérer

1!S8 DÉCOUVERTES SaBlfTIFIQUES.

qu'avec un moule de cuivre; les moules non métalliques ne pouvaient être employés en raison de leur défaut de conductibilité pour le fluide électrique. Mais une obse^ vation faite en France par M. BocquilIon,en ÀDgleterre par M. Murray, et bientôt aussi par MM. Spencer et Jacobî, permit d'effectuer les dépôts métalliques à la surface de presque tous les corps indifféremment Ou reconnut que les corps qui ne conduisent pas Télectricité, et qui jusque-là n'avaient pu se prêter aux opérations de lagalîi* noplastie, peuvent recevoir le dépôt métallique, si l'on recouvre préalablement leur surface d'une couche pulvérulente d'un corps conducteur de l'électricité. La plombagine, ou mine de plomb, est la subslauce qui remplit le mieux cet objet. On put, dès ce moment, au lieu d'opérer uniquement sur un moule métallique, se procurer des empreintes de plâtre des objets à reproduire, et effectuer le dépôt sur ces moules rendus conducteurs par la plombagine. Ce dernier résultat obtenu, la galvanoplastie put recevoir les applications variées et étendues qui lui assurent une place si distinguée parmi les créations de la sriencc moderne.

Le plâtre a été, avec la cire à cacheter, la seule substance qui ait d'abord servi à la confection des moules galvanoplastiqucs. On a découvert ensuite dans la gélatine, coulée à chaud et retirée du moule après le refroidissement, une matière plastique se prêtant très-heureusement à cet objet par la fidélité avec laquelle elle conserve l'empreinte des objets à reproduire, et par son élasticité, qui permet de retirer le moule sans le déchirer. Enfin une dernière substance, bien supérieure aux précédentes, la gutta^percha. a été appliquée à la confection des moules galvanoplastiques. Celte matière, qui se ramollit par la chaleur, est appliquée à chaud sur l'objet, dont elle reproduit tous les détails avec une lidélilo étonnante; après le refroidis-

G*I.T«m)PL\STIB.

^^^Bon la ditUche aaiis diflicullé. La gtiUa-porclia i^sl WK^^fris la seule maliére plastique employée aujoiiiâwu poar la cunr^clioii des moules dans la gBlvanopla;- IW^ c'est df la découverle de l'emploi de cette subsbnce ^n date l'essur important qu'a pris la galvanoplastie indnttricUv.

Ajoutons, pour It^rmiiier ce tableau abrégé des progrès ie 11 galvanoplastie, que l'nn a réu&M, dans ces derniers temps, h (iblenir en argent précipité par la pile les ddp6ts qoe l'on n'avait pu former longtemps qu'avec le cuivre. Du cyanure d'argent dissous dans le cyanure double de potassium el de Ter, Torme un bain galvanoplastique, qui, dteoni|w>ii^ par la pile de Voila, Fournit un dépôt mélalliqnc d'argent pur. Tuul annonce qut l'art de l'orfèvrerie tirera un parti très-î m portant de relie belle application de U pdranoplasiie.

On voit, par es résumé rapide, que la galvanoplastie n'eït mire chose, en définitive, qu'une série d'applications des découvertes de la pliysiqiie et de la cbimie; c'etl li; propre des sciences bien affermies de tenir, contenues dans leurs principes, une longue sériL- de conséquences el d'applications qu'il appartient au lemps de développer, et qu'il ne e jamais de développer.

Jhn tir» itipurctiB cinplfijés ilang la galvanoplastie, Fvpéntlang gnlviiniiplasiique». — Aiiiilii-Biiona illicrs

e propose, dans la f{ah'anopln§lic, d'obtenir à l'aide Kle vollalque. sur un objet donné, 1» préiMpilalÎMU

ut DÉGOUYEITBS SCKHTiriQUES.

d'un métal dissous dans un liquide, de manière à obtenir à la surface de cet objet une couche continue, mais non adhérente, qui reproduise tous les détails du modèle. Si le dépôt se fait à rintérieur, on obtient la reproduction tV térieure du modèle, et la couche ainsi formée est destinée à servir de moule. Si le dépôt a lieu à Textérieur, il a pour effet de provoquer sur ce moule la précipitation d'une couche métallique, qui, séparée du moule, est dès lors la reproduction extérieure du type primitif.

Donnons d'abord la description des appareils en usage pour les opérations de la galvanoplastie, nous décrirons ensuite ces opérations elles-mêmes, et nous passerons enûn en revue la nombreuse série des applications qu'elles ont reçues.

Pour provoquer le courant électrique et pour recevoir le dépôt métallique, on peut se servir de deux appareils^ Vappareii simple ou Vappareil composé. Dans le premier, l'objet destiné à être reproduit fait lui-même partie du couple voltaîque qui doit provoquer le courant. Dans le second, le courant voltaîque se produit en dehors de la liqueur à décomposer, et le moule est simplement attaché au pôle négatif de la pile par un 61 conducteur.

Vappareil simple le plus souvent employé est formé d'un vase de verre contenant la dissolution à décomposer, du sulfate de cuivre, par exemple, si c'est du cuivre que l'on veut précipiter. Au centre de ce premier vase, se trouve un second vase de porcelaine qui plonge dans le liquide et contient de l'acide sulfurique étendu de i^k 15 fois son poids d'eab; ce vase est fermé à sa partie inférieure par un morceau de vessie. On place dans l'acide sulfurique une lame de zinc que l'on fait communiquer, au moyen d'un fil de cuivre, avec le moule qui se trouve déposé au fond du vase de verre renfermant \h dissolution de sulfate de cuivre. Le couple voltaîque engendré par le contact du

GALVANOPLASTIE.

e el du zinc donne naissance a un courant électrique i el continu qui provoque lentement et graduellement Scipitaiion du métal. Le cuivre réduit vient se dépoea à peu dans le moule placé au pôle négatif, et au (le quelques jours il produit, en se modelant sur les ses inégalités de sa surface, une couche métallique »t la contre-épreuve parfaite de rorigioal. Commela lution de sulfate de cuivre s'épuise au fur et à mesure réduction du sel, on l'entretient à .un degré constant turation, en ajoutant de temps à autre à la liqueur de eaux cristaux de sulfate de cuivre, figure I i représente une coupe de l'appareil galvaistique qui vient d'être décrit. AA est le premier vase

Fig. 11.

(nanl la dissolution de sulfate de cuivre; le moule M lacé au fond de ce vase. Ce moule est attaché à un fil livre /'qui sort du liquide pour venir se réunira un ième fil </, lequel supporte la lame de zinc Z, plongée némc dans Tacide sulfuriquc affaibli qui remplit le )d vase DB. Ce vase BB est fermé, comme nous l'avons i sa partie inférieure, par un morceau de vessie qui *e les deux liquides. Le fil de cuivre et le zinc forpar leur contact un couple voltaïque, et réleclricité

t^î DÉCOrVBBtES SGIETrnriQUES.

ainsi produite décompose la dissolution de sulfale de ^.uivre placée dans le vase A; le cuivre précipité par l'action du courant vient se déposer au fil négatif de II pile. < ir, comme le moule M est attaché à ce pôle négalK i est sur lui que s'effectue le dépôt de tout le cuivre récuit : ce moule se trouve ainsi peu à peu recouvert et en- \cloppê d.ms toutes ses parties par le dépôt métallique. Ce r^:It appareil, très- commode pour la reproduction gaiva- :; Tue des objet» de petite dimension, est connu sous le nom il* .trf- •- *^fte de Spencer,

L'.:y^:r-fil comfiosé offre deux parties à considérer : le vase i!,: :.s le quel >'effectue le dépôt du métal, et la pile voUaïquc flacêo en dehors de la liqueur.

l^i :>:Ie qui sert aujourd'hui pour la plupart des applica;: iis ^:o la çaivanoplaslie est la pile de Bunsen. On fait ai:>>: .i>>rz >ou\tnt usage de la pile de Daniell dont nous a\i^^i'.s donné la description dans le deuxième volume de cet

l.o \ase dans lequel doit s'effectuer le dépôt engendré îvir Tune de ces piles n'offre aucune disposition qu*il soil ■.•k^es<Aire de sicnaîer. Il contient la liqueur saline à déi\ 'i'.roser: ùu sulfale de cuivre, du cyanure d'argent diss .:< »:a:;s du ryanure de potassium, si c'est du cuivre ou lie i argent que l\»:i se propose de réduire. La forme de cr \a<,^ est indifférente. Ou attache au pôle positif de la pile plougoanl dans la liqueur un anode^ c'est-à-dire une lame do oui\rt^ >i Ton opère sur un bain de cuivre, une lame darjionl si Ton agit sur un sel d argent. Le métal attaché an p^^!e positif se di-^sout au fur et à mesure que marche loperaiion, on quantité à peu près égale à celle qui se lixnuo roduito par lo courant.

la lljîuiv \^1 roprésenlo l'appareil composé, le seul dont ou fasse aujourdluii us;)go pour les applications indusinoilos do la galvanoplastie. A représente un couple de

Fx a-

!. et U a f«iil peram de préMr

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im aaïoanllnn. VMOoit ipTû wlift pii»il 4'calrafmm h dbaolmioo Mliat à i» /tM tmutlmt 4e «fralJiw, |<iRaiMtaoee Inè^MiUle aa «wrés^ Eafatttal once d'âé- I BMIs follalqoL-* plas oa m» trMrgifMi, ftms aa naiiB I MBilavin, oa peol obieoir on coof^ waiiai de tao» les Asii* pouibl«fl dluLeoMl^ Enfis. c^l appenQ permet •l^uipnealer auUol qu'on le TeulJr «oIvuk de* pièce» n^fmdailes. il Hillt pour cela de pbcer b liqBeor dans de» Qks d'une (limeofloa eometuble : il a*; a déa Ion pIiK de limites pour U forme ni pour l'étcndoe de l'objet que ''"" TCUl reproduire.

pIvMWplastiqttei pe^scnteiil dan» U pra-

DECOL'VEHTLS SCiËNTiFiOl'£S.

(ique quatre circonstances essentielles d'où le succès dépouil. ot qui malheureusement sont encore loin d'être bien élucidées. Ce sont : Tinlensilé de la pile pour les différonlos dissolutions, — le degré de concentration de la liqueur et sa conductibilité électrique, — sa température,— ontin la disposition et la grandeur relative entre les deux tloitrodos, cVsl-à-dire entre la plaque de cuivre attachée au pôle |)Ositif et le moule qui termine le pôle négatif. Ces quatre cîivonstances peuvent donner, en variant selon les cas« des résultats très-dilTérents, et l'habitude fournit aux expérimentateurs des règles beaucoup plus sûres que tous les principes vagues que l'on a essayé d'établir jusqu'ici.

Pour prendre une empreinte galvanoplastique, on n'agit pas en général sur l'objet lui-môme, qui courrait le ris- ({ue d*étre détérioré p«ir son séjour dans les liqueurs acides ; ordinairement on en prend un moule sur lequel on o(>ère la reproduction. Les moules employés sont faits, comme nous Tavons déjà dit, avec un métal ou avec une substance plastique que l'on rend conductrice de l'électricité en la recouvrant d'une couche très-mince de plombagine, ou d'une poudre métallique. Le métal employé pour la confection des moules est l'alliage fusible de Darcet, lu soudure des plombiers, ou l'alliage des clichés, qui est beaucoup plus dur. Mais le plus souvent on se sert de moules de pU\tre ou de gutta-percha. On commence par i*endre les moules de plâtre imperméables à l'eau en les plongeant dans la stéarine fondue. On étend ensuite sur leur surface, à laide d'un pinceau, une légère couche de plombagine destinée à la rendre conductrice. Les moules de gutta-percha, qui sont aujourd'hui presque exclusivement employés dans l'industrie électro-chimique, sont simplement mr/(i//i:fr«, t'est-à-dirc rendus conducteurs par la plomlmgine pulvérisée. Pour établir la communication

Bniaule v( le pdlc Dégatif de la pile, i "tiDe bande de cuivre ou de plooib.

1 enlourc le

^S^^l l'cu&emble des opéralions qui s'exécalent daus la galTnnuptastie. Passons mainleDant en revue les difleimites applîcalions de cci^ procédés. Nous parlerons d'à- Iwrd de la reproduclion des monnaies et des oiédailles. . Pour reproduire une monnaie ou une médaille, on peut livrer de deux manières : 1* On agit direclemenl sur la mMaille que l'on veut reproduire en la pla(,'aDt au pâle négatif, après avoir pris les précautions suffisanlcs pour empêcher l'adhérence de l'emprilntc avec l'original. Ces précaalions consistent à passer sur la médaille une couche ncesnTcmeiit légère d'une substance grasse, telle que l'iiutle, la cire, la stêaiine, le suif, etc. On obtient ainsi en erein une empreinte sur laquelle on opère de nouveau pour «ïoir la reproduction en relief. 2" On prend TemprtiiitG de la pièce avec du pl&lre, de la gutta-percba ou UDBlItage fusible; de celte manière l'opération galvanopiistique donne immédialenicnt la médaille en relief. ' t^aoA OR agit directement sur la médaille, il faut recourir de stéarine le revers, sur lequel il no doit pas exister de dépôt ; on la met ensuile en rapport avec le pôle négtlifau moyen d'un AI de mêlai fixé sur son contour. Lo fïver» est reproduit plus lard de la même manière en rc- (Dovranl de stéarine la race déjà prise. Cinquante ou ioiianle heures d'immersion donnent au dépôt une épuis- «iir convenable. L'opération achevée, on sépare la pièce do moule auquel elle n'adhère que faiblement.

On reproduit, par ces moyens, les cachets, les tinjbre" H les «ccaux, en opérant sur des empreintes prises avec le plAtre, la gulln-percha ou la stéarine.

C'c&l p-ir les mêmes procédés que l'o

B une stalnelte, un groupe, mi tout uulr<' objet

ire de

ir.8 DECOUVERTES SCIENTIFIQUES.

cuté en plàtrc. L'appareil de M. Spencer, que l'on a vendo à Paris sons le nom d*électrotype breveté ^ et dont nooi avons donné la figure en parlant des appareils simples, est très-commode pour les reproductions de ce genre. Cependant cette opération est assez puérile. Envelopper d'une couche de cuivre une statuette ou un médaillon de pifttre, ne remplit aucune vue d'utilité particulière, et n'a rien de bien heureux sous le rapport de l'art.

En recouvrant de cuivre, par les mômes procédés, da fruits, des légumes, des feuilles, des graines et d'autres produits naturels, on peut obtenir quelques ornements curieux en ce qu'ils conservent et traduisent exactement la forme et tous les détails les plus fins de l'objet galvanisé. Pour reproduire, par exemple, une pomme, une poire, une feuille d'arbre, etc., on frotte le fruit avec de la plombagine, et l'on enfonce vers la queue ou vers le germe une petite épingle ; on réunit cette épingle à un fil communiquant avec la pile, et l'on place le fruit dans la dissolution. Le cuivrage étant achevé, on retire l'épingle, qui laisse no petit trou par où les sucs du fruit peuvent s'évaporer. Disons cependant que ces espèces de cuivrage sont d'une parfaite inutilité, et ne sont guère propres qu'à donner h mesure de la perfection et de la délicatesse des opérations galvanoplasliques. Je me souviens d'avoir vu, dans le vestibule deTlnstitut, un spécimen assez curieux des produits de cet art singulier. M. Soyer avait réussi à envelopper le cadavre d'un enfant nouveau-né d'une couche de cuivre. Hien que le résuKat fût merveilleux de réussite, c'était un spectacle assez hideux. On disait autour de moi qu'il y aurait là un moyen d'élever aux grands hommes à la fois un tombeau et et une statue d'une ressemblance authentique.

La galvanoplastie fournit à l'art du fondeur des applications d'une tout autfe importance et qui sont destinées è

GALViBOPLASTlE. Ii;7

jour UD développement remarquable. Voici de& moyens qui perraeltent de former, avec ■OHTs de la pile voUaïque, les grands objels de que l'on n'avait pu jusqu'ici obtenir qu'ji l'nide Il du métal.

it que pour obtenir une slaluc de bronze, de fonte ic, le sculpteur ayant livré son modèle d'argile, on lire une ^^preurc uu inoyen du plâtre : cette dernière e serl ensuite h préparer le moule de sable où l'on le métal. Ces diverses opérations nécessitent un travail et ne sont pas sans danger il cause des exploahta qui peuvent avoir lieu pendant la coulée ; en outre, copie tnéullique e&t loin d'ûtre parfaite : elle exige, w £lre terminée, de nombreuses retouches et un travail mtMi. Par la galvanoplaslie, au lieu de faire un moule «D nKet arec du plùlre, et puis un moule en creux avec ■ sable, on commence par mouler le plûtre en creux, et i'oo rêvât ensuite de plomb:igine l'intérieur de ce moule. <ta ploiigc nlors dans une dissolution de sulfate de cuivre, ta l'un foil passer le eouraol éleclrique ; quand la coucbe déposée est d'une épaisseur sul'lisanle. on enlève le moule ^Uiffic a découvert l'objet parfaitement reproduit. S'il *'i(pl d'iiQC statuette en ronde bosse de petite dimension, <n prend le creux de chaque moitié, on les revél de plombtginc, et l'un rapproche ensuite los deux moitiés que l'on réunil avec du plAtre; on fait communiquer le tout avec l^ppareil voHnîque, en s'.irrangeaiil de manière que le li- ^de puisse pénétrer dans l'intérieur du muule, et que le iéfAl métiiUique s'y elTeclue. Si l'ori^çiiiul avait de trop grande» diniciiiùuns, les vases à employer devraient préseulcr une capacité énorme; il est mieux alors de réunir entre elles, avec de la cire, les diverses parties du moule ta cnax, de manière à en former une sorte de capacité Inquellc on pince ta dissolution même. Les parties

Iô8 DEGOrVERTES SaENTlFlQUES.

séparées que Ton obtient ainsi sont ensuite soudées à l'argent ou à l\'tain. Enfin ces soudures elles-mêmes sool galvanisées à leur tour. Il suffit, pour cela de circonscrire leur surface avec du mastic, de manière à en former une espèce d'auge que Ton remplit de la solution de sulfate de cuivre ; à l'aide de la pile, on détermine un dépôt de cuine qui recouvre et fait disparaître les traces de ces soudures. Les statuettes, les bas-reliefs, les diverses figurines métalliques que l'on trouve dans le commerce, sont obtenus parles mêmes moyens. Pour faire disparaître le ton rouge du cuivre, qui n'est que d'un effet assez médiocre, od re* couvre ces différents objets d'une couche d'argent par l'action de la pile ; l'éclat et le ton brillant de ce dernier mêlai leur donnent beaucoup de relief et de valeur.

L'application des procédés galvanoplastiques à la typographie a donné, dopuis peu d'années, des résultats d'uoe hauto importance.

Les procédés électro-chimiques permettraient d'obtenir à peu de frais les caractères que le fondeur exécute an moyen d'une matrice préparée à cet effet. Dans l'étatactuel de 1 industrie, les procédés qui sont en usage fournissent les matrices d'impression avec une économie qui rendrait superllue l'intervention de la galvanoplastie, quand il ne s'agit que de matrices n'exigeant qu'un médiocre tra^til do gravure. Mais il en est autrement quand il s'agit de caractères devenus rares, ou dont la complication rendrait dispendieuse l'exécution d'une matrice nouvelle. La galvanoplastie intervient dans ce cas avec dos avantages ma^ qués. Il suffit, en ellet, de posséder quelques spécimens de ces caractères ; les procédés électro-chimiques permettent de préparer avec un seul d'entre eux une matrice à l'aide de laquelle le fondeur peut ensuite fournira très-bas prix la série de caractères nécessaires à l'imprimeur.

(ÎALVaNOPLASTIE. tD9

Allcmiigiie fl i^n France, l'art àv l'iropriiDcrie lire Idd p>irli sf^rieux de cette application de la gnlvHiiu- IphsUc. L'imprimerie impériale d'Aiilucbe, qui a tant emtrïboé à ré[taiidre et ù populariser l'emploi de la t;aluopUslie dans la typographie et daus lu gravure. Tait aujourd'hui un grand usage des procédés électro-cbimiquett r la reproduction des matrices devenues rares. L'im- I impériale de Frauve commence à cnlrer aus^î l-otfime voie.

t arrivons aux applications de la galvanoplastie qui m la plus l'atlenlioD, c'esl-à-dire à l'emploi de ces s dans l'art de la gravure. Nous allons trouver ici nble nouveau d'opérations assez importantes pour lunser toute une branche particulière des arts électroduiuiquf)-, que l'on désigne sous le liom spécial A'éleefntgpie. En Allemagne, l'électrotypie est aujourd'hui fort inncét. Longtemps négligée en France, elle a pris, dans «s dernières années, une assez grande extension pratique, et nos artistes sont aujourd'hui en mesure de réaliser kt applications les plus délicates de la galvanoplastie aux différentes brandies de la gravure.

Voici les applications principales faites jusqu'il ce jour it» procédés galvanoplastiques à l'art du graveur. L'élec- InXjrpie permet d'exécuter les opérations suivantes : t° faliriquer des planches de cuivre pur à l'usage des graveurs ; t* reproduire les planches gravées; 3° graver directement {or le courant galvanique.

Les planches de cuivre employées par les graveurs exigeni des qualilés que les procédés de l'industrie actuelle réalisent difUcilement. Le cuivre même le plus pur, livré pur le commerce, cuulient généralement de l'étatDetd'au- Iras métaux, qui rendent la gravure au burin dïOlcile et la il l'rau-rorlf incertaine dan* ses rcsultiits. Au con*

traire^ le mêlai qui se dépose sous Tinfluence du lluide électrique est d'une pureté absolue; il est donc parfaitement approprié aux besoins de la gravure.

Le procédé pour obtenir les plaques de cuivre unies i Tusage des graveurs est extrêmement simple. 11 suffit de se procurer une plaque de cuivre unie qui sert de moule, et sur laquelle on détermine, à l'aide de la pile, un dépôt de cuivre qui reproduit exactement roriginal. La plaque de cuivre unie destinée à servir de moule est d'abord soudée, par sa face postérieure, à une petite lame d'étain, de plomb ou de zinc, qui ne sert qu'à établir la communication avec la pile. On obtient ainsi une planche de cuivre unie, qoll ne reste plus qu'à polir pour qu'elle puisse servir va usages de la gravure.

Les planches de enivre gravées par la main de l'artiste ne sont pas plus difficiles à reproduire que les plaqaes unies. Telles sont, en effet, la délicatesse admirable et la prodigieuse fidélité de ces moyens de reproduction, qu'une planche où se trouve tracé le dessin le plus compliqué, le travail le plus délicat et le plus fin, peut être copiée avec la plus grande facilité, de manière à reproduire le modèle original avec une rigoureuse exactitude.

Les dessins gravés sur des plaques de cuivre sont creusés, comme on le sait, dans l'épaisseur du métal. Or le problème à résoudre consiste à obtenir une copie toute semblable, c'est-à-dire en creux. Il faut donc commencer par tirer un modèle en relief, qui sert ensuite à obtenir le même modèle en creux. On obtient cette copie de cuivre en relief, en opérant comme nous venons de l'indiquer pour les plaques unies, c'est-à-dire en plongeant directement le modèle dans le bain de sulfate de cuivre. Ce moyen est le plus parfait et doit être préféré. Mais si l'on redoute de porter atteinte à une plaque précieuse, on peut recourir au moulage à la gulta-perclia qui donne une em-

GALVANOPLASTIE.

H^pPd'unc grande fuiessi^, sans reirait bien appréciable, etqœ permel rie reprodtitre cnsaileavec une iitiélité snf- Bnole ia plandic primilive de enivre. C'est ainsi qu'opère •B (isrlicitlifr M. Coblence, nrliste babile qui a exéculé bittuioupile reproductions de oc genre pour les cartes du DépAl de la guerre. En Allemagne, on se sert de la plaque mime imincrgée directement dans le bain galvanoplastiqoe, en la recouvrant préalablement d'une légère coucbe d^io corps gras desliné à prévenir l'adhérence. Mais ce Mf6gras a l'inconvénienl de provoquer, ii la surface des pbwdies-matriees el des reproductions, un léger grain ob *ieat&e loger le noir d'imprimerie, ce qui u pour résultai, lu moment du tirage, de voiler les blancs de l'épreuve. M. Hnlol, graveur à ta Munn.ite de Paris, l'artiste le plus (q>érimenté et le plus habile de notre époque dans ce ;ennde travnux, oe fait usage d'aucun corps gras pour prévenir l'adhérence. L'opération étant exécutée dans des cradilions que l'expérience a fuit connaître, le moule se tt^are loujaurs sans diflicullé du précieux original sur lequel il b'est déposé.

Ce ne sont pas seulement les plaques gravées fur enivre

qui peuvent être reproduiles par la galvanûplusiie : on

peyt obtenir aussi la reproduction des planches d'acier;

teii)ena«nt il f^nt faire usage d'un ariillcc particulier. In

plnriie d'acier ne ]K>uvaiit 6tre placée dans le bain de sul-

l^le de cuivre, puisque la dissolution de ce sel attaque

i^kiiniqueinent l'acier. Pour reproduire une planche d'a-

I cler, oa la plonge dans une dissolution de cyanure double

: de cuivre et de pulaïsium qui est sans action sur le Ter, et

l'on soumet ce bain à l'action de la pile : lorsque la plan-

1 che s'est -ainsi recouverte d'une première couche de cuî-

' vre,on la place dans un bain ordinaire de sulfate de cuivre,

ei on laisse le dépAt galvanique se terminer.

Mproduclion de« plauclies jiriivées csl l'une des plus

172 DiCOU VERTES SCIENTIFIQUES.

belles et des plus utiles applications qu'ait reçues la galvanoplastie. On comprend, en effet, que si une planche de cuivre, terminée par le burip du graveur, peut être tirée à un certain nombre de types nouveaux identiques arec le premier modèle, l'œuvre de l'artiste est ainsi rendue éternelle, et le tirage ne connaît plus de limites. L'importance des applications de la galvanoplastie à la reproductioa des gravures a fait répandre promptement en Allemagne l'emploi de ce procédé. L'imprimerie impériale d'Autriche a reproduit par ce moyen un grand nombre de planches gravées sur cuivre et sur acier, et dans le reste de l'Allemagne les moyens électrotypiques appliqués à la reproduction des planches de cuivre et d'acier sont d'un usage général. En France, on a poussé plus loin peut-être la perfection de ces reproductions galvaniques, et rien, par exemple, ne saurait être comparé à la reproduction faite par M. Hulot de la planche de M. Henriquel Dupont, représentant une Vierge de Raphaël. Aussi tout annonce que dans un intervalle peu éloigné, on appliquera industriellement, en France, ces nouveaux procédés de multiplication des planches gravées qui rendraient tant de services aux artistes comme aux amateurs.

L'art de la gravure emprunte encore le secours de la galvanoplastie pour la reproduction des clichés qui servent à obtenir les gravures sur bois. On connaît l'extension considérable qu'a prise depuis dix ans la gravure sur bois, et la perfection qu'elle a atteinte. Mais un cliché sur bois ne peut suffire à un très-grand tirage. La galvano|)lastie intervient ici avec profit pour reproduire en cuivre le cliché de bois fourni par le graveur. On prend, avec de la guttapercha, un moule en creux de ce cliché de bois, et ce dernier, placé dans un bain de sulfate de cuivre et soumis à l'action de la pile, fournit un cliché de cuivre en relief identique avec le cliché original sur bois. La dureté

GALVANOPLA^ie. ITS

dn cîtivri" perrat-t dès lors un liruge Irès-considérable.

TmtcfoU respériencc de ce procédé a mis en évidence ■niuconvi^nienl nii une dirtlculté parCicuJJère qui se raltadekson emploi. Le liois employé pour la conrecliondes dicli^s présetile. dans sa conlextitre, des inégalités, des nîlli*;s ou des pores. Ces joégalilés se Irailuisenl sur Iq tnoulc de plAlre ou de gui ta- percha, et s'exagèrent encore snr la reproduction mélallique de ce moule. Il en résulte que te cliché de cuivre, au lieu d'offrir une surrace parriiileoent plane et unie, comme les planches ordinaires des gmctirs, présente quelques rugosités qui, au tirage, rendrai U gravure imparfaite. Pour obtenir une bonne gravorc arec ce genre de cliehé.s, on e&l obligé de polir le» euÎRvs à la pierre ponce,- ce qui ajoute nécessairement m frais de l'opération ou peut cooipromcttre certains Irait» délicats de la gravure. Ajoutons cependant qu'en «nptoyanl [lour la composition du moule une substance convenablement clinisie, on peut se mettre à l'abri de celte difDcallé.

On se sert encore des procédés galvanoplasliques pour mulliplier les types des figures de cuivre en relief, qui depuis quelques années remplacent les Tigures gravées sur bois quand il s'agit de gravures trës-délicatcs. A l'aide d'na de ces clîcbés, que l'on place directement dans le bain de suirate de cuivre, et sur lequel on fait déposer le mitai, et en répétant la même opération sur le moule en creux ainsi obtenu, on peut multiplier h volonté le premier modèle. C'est un moyen tout à t'ait analogue à celui dont nous avons parlé plus liant, et qui consiste it mulliplivr le type d'une gravure sur cuivre; seulemenl ici le dessin e!>t (racé en relie! hu lieu de l'être en creuK.

Le gouvernement et l'edminislralioa de la Banque de Fmncc cunDcnt à M. Ilulot le soin d'exécuter les plancher .MTvtnl au tirage de» timbres-posle.^es cartes ii îouec

174 DÉCOUVERTES SGI ENTIFIOITES.

et des billets de banque. Les procédés électro-chimiques jouent un rôle dans la confection el dans la mulUplicalioD de ces clichés précieux qui sont exécutés en cuivre^en taille de relief. C'est grâce à la galvanoplastie que l'on peut suffire à un tirage qui, pour les timbres-poste, par exemple, peut s'élever, dans quelques jours^ à des dizaines de millions.

On a imaginé récemment en Allemagne unautre procédé extrêmement curieux pour la gravure des objets d'histoire naturelle. Ce procédé, connu sous le nom d^impression nofurelle , et qui cbnsi&le à former sur une lame de cuivre la reproduction d'un objet à l'aide de cet objçt lui-même, n'était praticable qu'avec le secours de la galvanoplastie. Il a été mis en usage avec un grand succès à l'imprimerie impériale de Vienne. Voici de quelle manière les opérations s'exécutent.

Pour obtenir Vimpression naturelle^ on agit de deux manières, selon la nature et la forme de l'objet à graver. S'il s'agit d'un objet à formes grêles et déliées, comme une plante sèche, un zoophyte, etc., on place l'objet sur une plaque d'acier, on le recouvre d'une lame de plomb pa^ faitement polie, et Ton soumet le tout à l'action d'un laminoir puissant. Par l'effet de la pression du laminoir, l'objet se trouve reproduit en creux avec une fidélité parfaite sur la feuille de plomb. Si le plomb n'était un métal beaucoup trop mou pour suffire à un tirage typographique, on pourrait directement se ser\'ir de cette feuille de plomb pour obtenir des gravures sur papier. Mais en raison de la mollesse extrême de ce métal, on est obligé d'obtenir sur cuivre une reproduction de cette feuille. On la place donc dans un bain de sulfate de cuivre, et l'on forme une première matrice qui reproduit en relief la gravure en creux qui existait sur la feuille de plomb. Enfin, cette dernière matrice, placée elle- même

GALVAIIOPUSTIE.

ta de salfale tlocuîvre, donne une reproduction des>in en creux, el cette dernière pliinclie, tnrée MMamifte nu tirage typographique, roiimil sur pa- 'W ita granires Irarfuisanl dnns ses détails les plus déciU l'objet Daturel qu'il s'agissml de reproduire, SiToa doit opérer sur des objets d'une surface plus cndiie, dont les détails ne se transporteruient que d'une Irés-i m parfaite sur la feuille de plomb, oq en ol>it la gravure eu faisant direclement déposer du cuivre cet objet lui-mltnic, pbicé dans un bain de sulfate de rre. Si l'on veut, par exemple, graver une traiicbc lie ou une coupe de bois fossile, on rend Hxc fngaieut de bois en l'entourant d'un mélange de sléa- ■e el lie cire. On rend ensuite la surface libre liion pJe, H altn de mrllre mieux en relief les inégalités qu'il tgttdc Induire par la graTure, oit y verse un peu d'acidi! norkjnlHqur, qui a pour elTet d'augmenter les saillies i lei creux de l'ubjet en corrodant certaines de ses nnies. Frotté ensuite avec de la plombagine, alin de le conducteur, l'objet ainsi prépare est placé dans appareil gidvano plastique simple, el donne ainsi un de caîïre qui peut servir directement à tirer des (preuves.

Parlons enfm de la gravure directe des planches de cui- Te par le courant galvanique. Tout le. monde sait que, pour Alenir une gravure k l'ean-forle, on commence par retoovrir une planche polie de cuivre ou d'aeier d'une couftedecireet de vernis. Le graveur dessine alors sur celte Mnebcavee une pointe flne de manière & mettre le métal ina. U place ensuite celle planche dans un vase plat et *r»e dessus dr l'iicidc anolique (eau-forlej étendu d'eau. -'aerde atlnqueet dissout le métal jusqu'à une profondeur urOsaDte pour loger l'encre d'impression. M. Sniée a ioé de remplacer l'eau-forte par t'aclion chimique

17« DécOCVSETES SaENTIPIQUKS.

qui s'exerce sur un métal quand on le place au pôle [ tif d'une pile voltaîque.

La plupart des opérations dont nous avons parlé jusq se forment au pôle négatif de la pile; c'est là que : corn plissent, comme on l'a vu, tous les dépôts métallîq Mais il se passe au pôle positif une autre action chim dont M. Smée a su très-ingénieusement tirer parti. Du décomposition électro-chimique d'un sel, en même te que le métal se trouve réduit au pôle négatif, l'oxygèi l'acide se rendent au pôle positif, et si, comme nous l'a dit en parlant des anodes solubles^ on dispose à ce pôk lame métallique, celle-ci se trouve peu à peu attaqu dissoute par l'action réunie de l'oxygène et de l'acid bres. Ce fait, sur lequel M. Jacobi a fondé l'emploi anodes, a servi à M. Smée à obtenir ce curieux résull graver directement par le courant galvanique une pla de cuivre. Voici comment ce physicien recommande pérer. La planche métallique, recouverte de cire o vernis sur ses deux faces, reçoit, comme à l'ordinain dessin exécuté avec la pointe par l'artiste. Cette plat est alors placée dans une dissolution de sulfate de ci en communication avec le pôle positif d'une pile; le cii voltaîque est complété en mettant en rapport avec le négatif une plaque de môme dimension que la plai à graver. La décomposition ne tarde pas à s'effect l'oxygène et l'acide sulfurique se portent sur la plaq dissolvent le cuivre dans les points où les traits on marqués.

La gravure galvanique est- elle appelée à remplacer nos ateliers la pratique habituelle? Il est difficile ( savoir, car les essais de ce genre de gravure n'ont pa core été exécutés en France.

L'emploi d'un procédé analogue au précédent a pe d'arriver à ce résultat intéressant et curieux, de tran

>e que i ai^eiii (it^ la larnc ineiHiuqiie ^i;. ur, si •e du cuivre sur ces images, prises couime nioiiiques, les reliefs deviendront des creux, et récinl; de sorte qu'en tirant des épreuves sur pa- ^es planches recouvertes de cuivre, les clairs t des ombres, et vice versa. M. Grove est arrivé ;es conditions d'une manière satisfaisante en se ! la planche daguerrienne comme anode soluble

pôle positif de la pile, et plongeant dans un me nature chimique telle, qu'il puisse attaquer e en respectant l'argent. Le liquide qui convient il délicat, de laisser l'argent inattaqué tout en

le mercure, est l'acide chlorbydrique étendu ice à l'emploi de précautions et de soins partiidiqués par le physicien anglais, on peut transfor- »lanche daguerrienne en une planche de graveur, :e de cette planche donne sur le papier une iir laquelle on peut glorieusement écrire : Desla lumière et gravée par Vélectridté.

ODS rapidement envisagé les applications diverses

178 DÉGOUVBRTBS SGIERTinQlTKS.

rôle qu'ils sont appelés à jouer dans l'industrie mo et de marquer définitivement leur place parmi le quêtes récentes de la science et des arts. Au début invention naissante, il est malaisé de raisonner sur T Parmi les procédés et les perfectionnements de la noplastie que nous voyons chaque jour se produira est qui sont destinés peut-être à opérer une rév dans la métallurgie; il en est d'autres qui ne sei mais que des jeux d'enfant. En France, jusque da derniers temps^ la galvanoplastie industrielle n'av qu'un essor assez timide. Cependant, depuis un o ans, elle a reçu une extension sérieuse. L'Expositi( versclle de 4855 a montré avec éclat l'état florissant trouvent aujourd'hui en . Angleterre et en Aliemcn] applications de la galvanoplastie. Elle a prouvé, en temps, que la France n'est pas, dans cette voie ne inférieure à ces deux pays. On a vu, dans le cours d notice, quel nombre infini d'emplois variés la galvai tic peut recevoir dans différentes branches de l'in et des arts. Ses applications à la gravure et à la t} phie sont aujourd'hui, en France, en Allemagne et gleterre, d'un usage quotidien. D'un autre côté, les dés électro-chimiques appliqués à la reproduction d d'argent sont sur le point d'apporter à l'orfévrei ressources de la plus haute importance.* La g; plastic du cuivre lui rend déjà des services notable la reproduction d'un assez grand nombre de pié elle permet d'économiser le travail si dispendieu: ciselure. L'électro-chimie est ainsi devenue, dès a d'hui, un accessoire des plus sérieux de la fonte < ciselure des métaux, en attendant qu'elle devienn rivale.

OOKOai CHIHIQOB. 179

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