‹ Exposition et histoire des principales découvertes scientifiques modernes (volume 5)Chapitre 16 sur 59 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Travaux de Joseph Niepce. — Sa méthode pour la ûxaUon des images de la chambre obscure. — AssociaUon de Niepce et Daguerre. — Mort 4fr Joseph Niepce. — Travaux de Daguerre. — Communication de li découverte de Daguerre à TAcadéniie des sciences de Paris.

La création de lapholographieapparlientàdeuxhonuûes dont les travaux et le rôle respectifs, dans cette grande découverte, sont nettement établis : Niepce a, le premier, trouvé le moyen de fixer, par l'action chimique de la lumière, l'image des objets extérieurs; Daguerre a perfectionné les procédés photographiques deNiepce, et imaginé dans son ensemble la méthode générale actuellement eu usage.

Né â Chalon-sur-Saône, en 1765, Joseph-Nicéphore Niepce était fils de Claude Niepce, écuyer, receveur des consignations au bailliage de Châlon. Élevé dans une certaine aisance, il avait atteint l'âge de vingt-sept ans sao: trop se presser de choisir une profession. La carrière de armes ofirait seule alors aux âmes tranquilles et aux espril philosophiques le moyen d'éviter le triste spectacle de désordres qui bouleversaient la patrie ; Niepce chercli dans la vie descamps cette paix morale que la guerre civi avait chassée du foyer. 11 fit, avec le grade de sous-lieuU nant, une partie de la campagne d'Italie. Au bout de dei ans, les fatigues d'une maladie robligèrent de quitl

Bces élendues, mais d'un curaclère aventureux et Se dernier revenait en France après avoir couru it visité les deux bémisphôrf s. Il ne rapiiorliiit de

voj'ages qu'un riche tribut de savoir et un goût ipourles travaux de l'industrie. Doués des mômes iDs, animés des méme&vues, les deux iVèresse .pourlirer parti deleursmutucllescoDUaissanees; ircut sur le domaine patrimonial, dans une petite « campagne située aux bords de la Saâne, aux lie Châlon, et s'adonnèrent en commun k des re-

de science appliquée. Entre autres machines blés ou utiles, les friires Niepce construisirent, un appareil mécanique qu'ils désignaient sous le i^-^/<i/)Aori>, dans lequell'air brusquement cbuulfé oduire les ellets de la vapeur. Pon dé sur le prinne de la machine £ric»tim, qui a beaucoup occupé lurs l'attention des mécaniciens, et dont il a été dans le premier volume de cet ouvrage, cet appa- Dbjel, à l'iiistitul, d'un rapport flatteur de Iter-

dcCarnot. Les frères Niepce s'occupèrent plus i construction d'une inacbinc bydrostatiquc nou-

Nicpce. Là lithographie venait d'être importée en France, et cet art curieux fixait au plus haut degré l'attention générale. Partout on fouillait les carrières pour y trouver du calcaire lithographique. Saisi pour cet art nouveau d'uD engouement qui dura plus de dix années, le public recherchait avec empressement les produits, encore fort imparfaits^ sortis des mains des artistes. Les amateurs eux-mêmes s'essayaient à ces procédés intéressants, cl jusque dans les châteaux on trouvait des presses lithographiques. Nicpce ût divers essais de reproduction sur quelques pierres d'un grain délicat destinées à être jetées sur la roule de Lyon. Ces tentatives ayant échoué, il imagina de substituer à la pierre un métal poli. 11 essaya de tirer des épreuves sur une lame d'étain avec des crayons lithographiques, et c'est dans le cours de ces recherches qu'il conçut l'idée d'obtenir sur une plaque métallique la représentation des objets extérieurs par la seule action des rayons lumineux.

Par quelle série de transitions mystérieuses Niepce futil conduit, en partant de simples essais lithographiques,! aborder le problème le plus compliqué, le plus inaccessible peut-être de la physique de son temps? La question serait bien difOcile à éclaircir. Niepce était fort éloigné d'être ce que l'on nomme un savant. Il appartenait à cette classe d'infatigables chercheurs qui, sans trop de connaissances techniques, avec un bagage des plus minces, s'en vont loin des chemins courus, par monts et par vaux» cherchant l'impossible, appelant l'imprévu, invoquant tout bas le dieu Hasard ; Niepce, pour tout dire, était un demisavant. La race des demi-savants est assez dédaignée, l'ignorance surtout aime à l'accabler de ses mépris; cependant il est peut-être bon de n'en pas trop médire; les demi-savants font peu de mal à la science, et de loin on loin ils ont des trouvaiUes '\v\e^i^&vGf^%. ^t^ciaément parce

IR^ul

Dissout mathabilott à apprécier d'uvaDce-lEs élémeaU bUnis d'un problème &ciei)liD(|ue, ilssu jeltent riupiemiei IMipluiit .111 tnversrles diriicullés les pltis ardues, ils lou- Aeul inlril'pidcment aux questions les plus élevées cl les ^us graves, comme un L'Èiranl insouciant tl curitus louldit,en sejouani, aux ressorts d'une machine immense. iMparrois ils arrivent ainsi ii des rd^aullals si élrau^os, à de « {tfodigieuses ÎDventions, <]uc les véritables savants en [Rllciiteux-mémes confondus d'admiration et de surprise. 'O n'est pas un savant qui a découvert la boussole, c'est un booffeois du royaume de Naplcs. Ce n'eH pas un sa- 'QUI qui a découvert 1g télescope, ce sont deux enTants ■loi jcinaicQt dans la boutique d'uu lunttîer de MiddUbearg. Ce u'est pas un savaut qui a R'alisê les npplicaâosB pratiques de la vapeur, ce -sont deux ouvriers du rteTonsbirc, lu serrurier Thomas Newcomen et le vitrier JttaCawIey; et l'illastre James Watt, qui porta la macfaiocli vapeur iiun si baul degré de perfection, n'était, liTïqu'il commeni;a de s'occuper de son étude, qu'un t»mte fabricant d'instruments de la ville de Glasgow. Ce n'est pas un «avant qui a découvert ia vaccine, ce sont des iivgcrs du Lauj^uedoc. Ce n'est pas un savant qui a imaifiné ti litliographie, c'est un chanteur du théiltrc de Munich. Il 0)1 donc prudent de ménager uu peu cette r.icc utile des dtmi-savants. C'wl parce que Niei>ce n'élait, qu'un demi- Htm Dt que la photographie existe. Assurément, s'il eût iit un savant complcl, il n'eût pas ignoré qu'en se proposât de créer des images par l'action chimique de la lumière, il »e posait en face des plus graves diflicullés de la Kience; il ne fui rappelé qu'en Angleterre l'illustre llumpbryDavy, le patient Wcdgcwood, nprès mille essais iubdaeiix. Avaient regardé ce prohlcmo comme insolulile. U Jour 011 cette pensée audacieiiseentra dans son esprit, il c rclégntienussildl Ji cAlédeArôterics de WilkUAs ou

1 1 i IJBISirCEasZ» «S£ia!B^LiC£&.

■: t -l^rLii: o^l•tirccru : L eiii imu au iiluf- poussé uo sou- :»ir w riîÇtG f^pitaw oicre.. fifniraisifabeiti pour la science * : jt^ tr.t. y»fç«if X -fliai: seruxd qu'a nxàtié, D d^ s'effi-fiTi C'.iK ;4ti ir>c:> d<^ âifbr.nhâs ^ ]'Btif!Z>àjdenL U ne pou- TV. r^«* pt«ct:i:t qof ^ffae •goesbcoi. en apparence si ^.rLpL*. ]c: c-:iciHnii"i Tinrî liidi»» et rachcDches, el qoe ia :L.--.r: > «iT;;««jdr*i: uvac»! çs ij otî jwu li T^êcompense el i^L ^èdf£art::^i«QlizDf ôf s£:s iraT^m.

I>-t e**ai* pi<i5'MTï rijOTfs et \5epfse memontenl à Finii*:f: ÎHÎZ:c't*i ciiis3es jc«n5TrsiDM5 de 1814 quil fils« pr^mît-re? d^^^^onTeiles. 1^14 1 f<>lte dale ce solfit-elle pu â elle Mruie pour in*>iitiex arec qaelie passâoo ardente iU Mji\i u ftérie de ses travaux? LVsipire est menacé, le [>ap frn feu. le >o\ enproieànDT^s^oaêtraiieère. toute l'Europe >4: réunit pour nr>u^ accabler: cependant il t a quelque ptrt, d'.'iTiere la Saune, un homme que le bruit de ces agitations immense!» e^t impuissant à détourner de sa tâche. Que loi font à lui et les nations qui s'ébranlent et Tempire qui tombe; il a de bien autres sollicitudes : sur sa plaque il t aperçu aujourd'hui les premiers linéaments d'une image. Autour de lui tout s'agite, partout le trouble et Tanxiété, nul lie sait ce que -la France sera demain. « Le soleil de d^ '( main i'iclairera-t-il le triomphe ou l'asservissement de It " patrie? » Voilà ce que tous les cœurs se demandent avec mili(ï au^oiss(\s. Lui, tranquille au sein de tant d'alarmes, il Ml (lit srulemenl: « Le soleil de demain impressionnera- « l-H la combinaison nouvelle que j'ai trouvée hier?» Dans une nolicj; qu'il a publiée sur cette 'queslioD, M. Niepce fils a pris la peine de prouver que les recherches de Hon père remontent li l'année ^813. Gardez >os preuves, elle» sont inutiles ; il fallait bien que les travaux de ce terrible inventeur fussent antérieursà 1814, puisque même IcHévénemenls de cette année néfaste ne suffirent point à suspendre sa marche •

selle propriélé. Il s'occupa it'aboiii d'un ubjcl gniflanlen apparence, mois qui avait l'avantagée !*r et d'éprouver les prciciîdés pour l'avenir: il h reproduire des gravures. Il vernissailune esle wrm, pour la rendre plus Iranspa rente; el lîl sur une lame d'étain prëalablemenlrecouverle [Cbe de bitume de Judée. Les parties noires de la Triaient les rayons lumineux; au coiifraire, les nspnrentes ou qui ne présentaient aucun Irait tes laissaient passer librement. Les rayons lu- Inversant les parties diaphanes du papier, al- Dchir la couche de bitume de Judée appliquée le métallique, etl'on obtenait ainsi une rcproducdu dessin, daus laquelle les clairs et les ombres eut Icursitualion naturelle. En plongeant ensuite létalliquG dans l'essence de lavande, les poHioos le non impressionnées par l'agent lumineux isoutcs, taudis que les parties modifiées par ta restaient sans se dissoudre; l'image se trouvait iphri lie l'action ultérieure degreyoïia lomi-

s'enlre-croisenlîi I*enlrée, et produisent, sur un écran disposé à Vinlérieur de la boîte, une représentation en rac courci de ces objets. Pour donner plus de champ à Timage et pour en augmenter la netteté, on place devant l'orifice lumineux une lentille convergente. C'est donc là véritable* ment un œil artiflciel dans lequel viennent se peindre toutes les vues extérieures. Ces images, il fallait les fixer; la chambre obscure est un miroir, de ce miroir il fallail fafre un tableau.

En t8â4, Niepce résolut ce problème, au moins dan! son principe général. Le procédé qui lui permit de fixei les dessins de la chambre noire était fondé sur la mém( action chimique qu'il avait appliquée à la copie des gra vures;il reposait sur ce fait, que le bitume de Jujée, exposé pendant un certain temps aux rayons lumineux, se modifie de telle manière que les parties que la lumière i frappées deviennent insolubles dans certains liquides, el notamment dans l'essence de lavande^ tandis que les par ties non touchées par la lumière conservent la propriéU de se dissoudre dans cette essence. Quanta la pratique de l'opération, Niepce procédait de la manière suivante. Ji appliquait une couche de bitume de Judée sur une lame d( plaqué ou cuivre recouvert d'argent ; ainsi préparée, h planche était placée dans la chambre noire, et l'on faisail tomber à sa surface l'image transmise par la lentille de l'instrument. Au bout d'un temps assez long, la lumière avait agi sur la surface sensible. En plongeant alors \i plaque dans un mélange d'essences de lavande el de pétrole, les parties de l'enduit bitumineux que la lumière avait frappées restaient intactes, tandis que les autres se dis solvaient. On obtenait ainsi un dessin da«6 lequel les clair correspondaient aux clairs, et les ombres aux ombres; le: clairs étaient formés par l'enduit blanchâtre de bitume^ le ombres par les parties polies et dénudées du métal, le

niOTrifinAPiiit:. tfis

tmi-teinlcfl par les portions ila vornissur lesquelles le dis-

Imni nvait itnrtiellement agi. Comme ces dessins mélal-

ics n'ttvttîeni qu'une mëdiocrd vigueur. Niepce essaya

les rcnTorccr eu exposanl la plaque à l'évaporalion

planée de l'ioHe ou aux \apeurs (émanées ilu suirure

tpoU«>sr, HGn lie produire un Tond noir sur lequel les

lïu se délacheraient avec plus de remictti; mais il ne

asnl qii*inenm|ilé(ement à obieoir eerésuilat.

Llnccinvénient capital de ce moyen, c'était le temps

Kttiilérable qu'cxigeail l-'i m pression lumineuse. Le bi-

mii lie Judée est uiie substance qui ne se modilie par

iKtton de la lumière qu'avec une lenteur excessive ; il nu

pas moins de dix heures pour produire un dessin.

■WdftiitccL iulervalle, le soleil, qui n'attendait pas le bon

ir de cotte substance paresseuse, déplaçait les lu-

et lea ombres avant que l'imago fCil entiùremenl

Ce pi-océdé était donc fort imparfait; cependant le

^lilème photographique litait, comme on le voit, résolu

dmitioQprifieipe.

t \iepce put dt^s lurs s'occuper d'appliquer sa di^couverte MlVrldelagiavure; cartel fiait, il faut bien le remarquer, Ifl bot qu'il se proposait dans les essais que nous venons de npporler. 11 n'eut pas de peine ii y réussir ; en attaquant tt» plaques par un acTde atTaibli, il creusait le mêlai en ncpectJUit les traits abrités par l'enduit résineux; il formait ainsi des planches h l'usage des graveurs. 11 avait donc k peu près résolu le problème qu'il fi'étuit posé vingt ans

Éparavaol, et qui consistait ii créer une branche nouvelle la typographie, supérieure Ji la lithographie et h la grare, dauH Uijuelle la lutuiére i^eule produirait directement, *ur une plaque métallique, un dessin qu'il suriirait ensuite d'attaquer par uu acide, pour rendre l:i plaque inimédiatnmeiit propre au tirage typographique. Nicpce ilésigiiail ceaciuveaa procédéde gravure sous \c twtn lYftciiagra/i/iie.

216 ' DÉCOCVfiHTES SCIENTIFIQUES.

M. Lemaitre, graveur à Paris, à qui Niepce avait confié le tirage de ses planches, possède encore quelques gravures de ce genre que nous avons pu examiner; elles sont d'être imparfaites.

Cependant, à l'époque où Niepce voyait réussir de cette manière ses travaux photographiques, il y avait à Paris un homme que le genre tout spécial de ses connaissanees et la nature de ses occupations habituelles avaient conduit < à s'occuper de recherches analogues : c'était Dagucrrc. J Peintre habile, il était depuis longtemps connu desartis- { tes, bien qu'il ne se fût guère occupé que de décorations 1 de théâtre. Les toiles remarquables qu'il avait composées pour l'Ambigu, et plus lard pour l'Opéra, lui avaient Wl en ce genre une sorte de célébrité. Mais il avait surttml fondé sa réputation par l'invention du Diorama. On connaît les effets remarquables qu'il avait réussi à produire en ^^ présentant sur une même toile deux scènes différentes, qoi apparaissaient successivement sous les yeux des spectateurs par desimpies artifices d'éclairage. La Messe de ninuity VÈboulement de la vallée de GoldaUy la Basilique dt Sainte-Afarie, et quelques autres toiles qui furent consumées dans l'incendie du Diorama, en 1839, ontlaisséde précieux souvenirs dans la mémoire des artistes. Ces études si spéciales du jeu et des combinaisons de la lumière avaient amené Daguerre à entreprendre de fixer les images (le la chambre obscure. Toutefois, malgré des recherches persévérantes, il n'avait encore rien trouvé, lorsqu'il apprit que, dans un coin ignoré de la province, on avait résolu ce difficile problème.

Voici comment s'établirent les premiers rapports enirc les deux inventeurs de la photographie. Les difficultés que Niepce rencontrait dans l'exécution de ses empreintes photographiques tenaient surtout à l'imperfection des lentilles de chambre obscure que l'on possédait à celte époqae.

PHOTOGRAPniF. t 1 t

En I8â5, MM. Vincent et Charles Chevalier ayant inventé le pn'ime ménisque^ perfectionnement important de cet appareil optique, Niepce chargea l'un de ses parents qui traver* sait Paris,, de faire pour lui l'acquisition de ce prisme, qn'il destinait à former l'objectif de la chambre noire.

■ Dans les premiers jours de janvier 1826, dit M. Isidore ?liepcc, dans la courte notice qu'il a consacrée en 1841 aux tra- Tiox de son père, un de nos parents^ M. le colonel Niepce^ appelé an commandement de Tile de Ré, fut obligé, pour aiîaires relatives à son service, de se rendre à Paris. A son départ pour la apilale, il se chargea d'acheter pour mon père un prisme néoisqae de l'invention de MM. Vincent et Charles Chevalier, oplidens. Ce prisme fut promis sous peu de jours. Dans la con- Tenalion qui s'établit entre M. le colonel Niepce el^M. Chevalier, quelques mots furent prononcés sur la découverte de mon père. Grande fut la surprise de M. Chevalier, auquel le colonel fut cooiraint d'assurer que la chose existait réellement, et qu*i] en était d*autant plus certain qu'il avait lui-môme vu des épreuves. Le lendemain de cette communication, M. Dagucrre se présenta chei M. Chevalier, qui s*empressa de l'instruire de ce qu'il aîait appris. M. Daguerrc se montra d*abord incrédule; puis, sur les détails positifs de Topticien, il le pria instamment de lui procurer le nom et la demeure de l'auteur d'une aussi curieuse ioTention. M. Vincent Chevalier accéda au désir de M. Daguerrc, et quelques Jours après mon père reçut une lettre signée par le directeur du Diorama (i). »

Les provinciaux de la boqne roche nourrissent à l'endroit des Parisiens certaines défiances instinctives ; Xiepce accueillit assez mal les ouvertures de Daguerre : «Don, disait-il, voilà un de ces Parisiens qui veut me tirer les vers du nez ! » Il jugea donc utile, avant de s'engager en rien, de recueillir quelques renseignements sur son correspondant inconnu, et voici ce qu'il écrivait, le 2

(I) Historique de la découverte improprement nommée daguerréoffftft par Isidore Mepçe û\», p. 20.

î 1 2 DECOUVERTES SCIENTinQllîS.

février i827, ù M. Lcmaître, Thabilc graveur de Paris qui s'était chargé du soin de terminer ses plaques photogiiphiques.

« Connaissez-vouSy monsieur, un des inventeurs du Di^aiM» M. Daguerre? Voici pourquoi je vous fais cette question. Ce monsieur ayant été informé^ je ne sais trop comment, de Tobjet de mes recherches, m'écrivit l'an passé, dans le courant de janvier, pour me faire savoir que depuis fort longtemps il s'occupait du même objet, et pour me demander si j*avais été plu heureux que lui dans les résultats. Cependant, à l'en cmire, 3 en aurait déjà obtenu de très-étonnants ; et malgré cela il ne priait de lui dire d'abord si je croyais la chose possible. Je ne toi» dissimulerai pas, monsieur, qu*une pareille incohérence d'idées eut lieu de me surprendre, pour ne rien dire de plus. J'en foi d'autant pkis discret et réservé dans mes expressions ; toutelbb je lui écrivis d'une manière assez honnête, assez obligeante pour provoquer de sa part une nouvelle réponse. Je ne la reçois qu'ao* jourd'hui, c'esl-à-dire après un intervalle de plus d'un an, et il me l'adresse uniquement pour savoir où j'en suis, et pour oie prier de lui faire passer une épreuve, bien quil doute qu*il soà possible d'être entièrement satisfait des ombres par ce procédé di gravure ; ce qui le fait tenter des recfiercfies dans une autre dïrwtion, tenant plutôt à la perfection qu'à la multiplicité. Je vais le laisser dans la voie de la perfection^ et par une réponse laconique, couper court à des relations dont la multiplicité, comme voos pouvez bien le penser, pourrait me devenir également désagréable et fatigante. Veuillez me mander si vous connaisseï personellement M. Daguerre, et quelle opinion vous avez de lui. »

D'après les renseignements favorables que son correspondant lui fournit sur le peintre du Dioraraa, Niepcesc détermina à répondre à Daguerre, mais il le fil avec toute la prudence d'un homme qui craint de compromettre son secret. Daguerre désirait ardemment avoir entre les mains une gravure exécutée par les procédés de Niepce. Ce dernier, après avoir longtemps éludé celle demande, se décida enfin à lui adresser une de ses planches photogra-

PliûTOGBAPUlE.

I arwrUfir.nïiiie sur piipior qu'elle avHÎl fournie. I îbpagna cet naval de la lellrc suivante :

in-S*nxe, lo 1 juin iSîî.

oMonsitim,

i-eccvrcz presque en mi^rnc temps que ma kltre une cnnreniiiit une planche d'>!tain giavL'e d'après meii proli^l|ngniphii)ue3, el une é|irt-uvc de ccUu même planche, If rcciueuse el beaucnup trop Taible. Vous jugerez par ih que ibcsnin dclnulf! votre iudulgence, et que si je me suis diacide h adrcMcr cet envol, c'est uniquement pour rdpoiidre au que tuuj avei bien wula mu témoigner. Je crois, maigri' . que ce genre d'application n'eat point .\ di!d;iign[.T, puisque JU fo. quoique étranger h l'art du dessin et de la gravure, bh- Imlrun seaibinble réjullal. Je voua prie, monsieur, do me dire nqu vous en pcnsei. Ce résultat n'est pas même riicent, il date ilaprîatcmpspaseé; depuis lors J'ai ^1^ déluiirn<ï de mes recherlUm par d'autres occupations. Je vais les reprendre aujourd'hui, quia campagne est dnns tout l'éclat de sa parure', et me livrer ôduiivement à la copie des points de vue d'api î^s nature. C'est un iloute re que cet uhjet peut olTrir de plus inli^ressant; mais tt M me disiiiniule point non plus les dirtlcullés qu'il pn^senle au tnvtil de la gravure. L'enlrcprifte est donc bien au-ilcssus de BM Ibfci-s ; uu<si toute mou ambition se bornc-t-elte \ pouvoir Mamilrcr par des résultats plus ou moins salisfuisanls la possiijim d'une ri^tissite complète, si une main haliileet exercée au;i tntiâés de Vaqua Unla coopterait par ta suite ï ce travail. Vous tUt demonderea probablement, monsieur, pourquoi je grave sur ^iiin au lieu de graver sur cuivre. Je me suis bien servi égale- Ownlde ce demii^r métal, mais pour mes premiers essais j'ai di] préférer l'éliiln, dont je m'élaii d'ailleurs procuré queljuus planches destinées à mes C)q)ërlences dans la chambre noire ; la hlantlJcar iklataNle de ce dernier métal le rendait bien plus pmpri. à rtHich\t l'image des objets représentés.

kJepunïi-, monsieur, que vous aurvx donné suite à vos preniiers fssals; vous étiez en trop-beau cbi}min pour en rester là ! Nons occupant du mJ^rac objet, nous devons trouver un éjçnl inidril dans la réciprocité de nos eCTorts pour atteindre lu Imt. ,^^ij(W'4<i:<tral donc avec bien de la sntisTaclion que tu nouvelle

■ ■ I Juk

i 1 4 dIgOUVERTES SCIENTIFIOUES.

expérience que vous avez faite à l'aide de voire chambre noii perfectionnée a eu un succès conforme à votre attente. Dam cas^ monsieur, et s'il n'y a pas d'indiscrétion de ma part Je ser aussi désireux d'en connaître le résultat que je serais flatte pouvoir vous offrir celui de mes recherches du même genre vont m'occuper. w

En adressant à Daguerre un échantillon de ses prodailii \ Niepce manifestait le désir assez naturel de connattrebj résultat des travaux de son correspondant sur le m^ sujet ; mais rien ne lui fut envoyé. Deux mois après, il Ait j obligé de se rendre en Angleterre, auprès de son frète \ dnngereusement malade à Kiew ; à son passage à Paris, 3 ' vit Daguerre pour la première fois. On s'entretint longtemps de l'intéressante découverte, mais Daguerre ne montra rien qui se rattachâtà des essais photographiques.

Arrivé à Londres, Niepce présenta à quelques-uns des membres delà Société royale divers échantillons de lei produits, et, sur leur invitation, il écrivit à ce sujet un mémoire qui fut adressé à cette Société savante, le 8 décembre 18i7. M. Bauer, qui a fait connaître ce fait dans une lettre adressée au rédacteur de la Gazette de littérature do Londres, affirme «quelesspécimensapportés par Niepce, « et exposés en Angleterre en 1827, et dont quelques-uns (I sont encore entre ses mains, étaient tout aussi parfaits « que les produits de M. Daguerre, décrits dans les papiers « français de 1839. » Cependant, comme Tinvcnteur se refusait à rendre ses procédés publics, le mémoire et les échantillons lui furent rendus, et la Société royale ne s'occupa plus de cet objet.

A son retour de Londres, Niepce se présenta de nouveau chez Daguerre, mais il n'emporta que le regret de n'avoir rien acquis sur ses travaux. Cependant la correspondance ne fut p«is interrompue entre eux. Daguerre assurait avoir découvert de son côté un procédé pour la Qxation dos

nioTOon.iPitiE. nh

le in chambre obscure, ptocéAé tout di/fcrent de Niepet, et qui avait même sur lui un deyré de il parinît aussi d'un perfectionnemenl qu'il Jriéà la construction de la chambre noire. it par celle assurance, el estimant que ses procû- 'Maient pnneuus à un point tel qu'il lui serait diffi- "restanl livré à ses seules ressources, tic les Taire avancer, Nicpce proposa à Daguerre de s'as- Inl pour s'occuper en commun des perfeclionaele réclamait son invention. Un traité fut passé à CbAlon, le li décembre 1H%); après la signal'acte, Nieiice cominnniqua U Dagnerre tous les llî&hses procédés photographiques.

)îs inititS au secret de la découverte de Niepce, Da- Rappliqua sans relâche à la perfectionner. 11 rembïtiime de Judée pai- la résine que l'on obtient en it l'essence de lavande, matière qui jouit d'une sensibilité lumineuse. Au lieu de laver la plaque te huile essentielle, il l'exposa h l'aclîon de la valie parcelle essence h la température ordinaire, laissaîl intactes les parties de l'enduil résineux par la lumière, elle se condensait sur les parties dans l'ombre. Ainsi le métal n'élait nulle part mis clairs étaient repi-ésentés par la résine blanchie, !s par la résine dissoute dans l'huile essentielle, rtlpî formai! îi la surfaco du niélal une sorle de vernis llnsparent. L'uppuMtion de teinte entre le mat des parlifuks blanchies par la lumière et la diaphanéité des autres («rtics de la plaque produisait seule les elTels du dessin. Il importe du remarquer que celle méthode de Du(;uerre «iilTérailen un point rapHal du procédé primilifde Niepce. I* Iireniier inventeur ne formait une image sur sa plaque "Tai^enl qm>. dan» le but de s'en servir pour obtenir une lelypofjniphi'pie qui, soumise ensuilcawlirïifte.AoR*

il 6 DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES.

uerait des épreuves sur papier ; Daguerre changeait corn* plétement la nature de l'opération. La plaque métallique n'était plus un moyen intermédiaire pour arriver à la gravure; elle constituait l'épreuve définitive ; c'est sur le métal même que le dessin devait demeurer, et il ne pouvait servir, comme dans le procédé originel de Niepce, à lirer un grand nombre d'épreuves sur papier. Daguerre eut donc le premier la pensée de former directement les images photographiques sur une plaque de métal, selon la méthode usitée de nos jours. Ce fut sans doute un progrès pour la perfection des produits, mais le défaut de ne pouvoir donner qu'un seul type à chaque opération rendait cette méthode inférieure sous un côté important au procédé primitif de Niepce.

Toutefois cette modification du procédé de Niepce ne diminuait que faiblement la durée de l'exposition dans la chambre noire : sept à huit heures étaient encore nécessaires pour obtenir une vue. Cette méthode avait d'ailleurs un inconvénient fort grave : au bout d'un certain temps l'image s'effaçait en partie.

Heureusement le hasard amena les inventeurs dans la bonne voie. On a vu qu'avant son association avec Daguerre, Niepce avait essayé de donner plus de vigueur à ses dessins en renforçant les noirs à l'aide des émanations sulfureuses ou des vapeurs de l'iode. Or, il arriva un jour qu'une cuiller laissée par mégarde sur une plaque d'argent iodurée, y marqua son empreinte, sous l'influence de la lumière ambiante. Cet enseignement ne fut pas perdu. Aux substances résineuses on substitua l'iode, qui donne aux plaques d'argent une sensibilité lumineuse exquise. Ce fut le premier pas vers l'entière solution d'un problème qui avait déjà coûté vingt années de recherches.

Mais il n'était pas réservé au premier inventeur de voir s accomplir le triomphe définitif dans lequel il avait placé

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les espérances de sa vie : Niepce, alors ilgé de MÎxaiite-truis ans, mourut h Châlon le 5 juillel 1833. Il loourut pauvre el ignoré. L'auteur de lu plus curieuse 4écoaTerte de noire siècle s'éteignit sans gluire, ignoré de ses coDCitoyens, avec la pensée désolante d'avoir perdu riogt annéi^ï de sa laborieuse cnrrière, dissipé son palrimuiàu el compri^ruis l'avenii- de sa ramiile à la poursuite il'uoe chimère.

Uesté seul, Daguerre coDiinua ses recherches avec ardeur. C'est alors qu'il réalisa l'admirable découverte de rûtlueucv ((u'cxercent les vapeurs de mercure pour faire apparaître l'image photographique. Daguerre reconnut le piraiier ce fait étonnant, que l'image formée par l'action lit kiumière sur une plaque recouverte d'iodure d'argent ot innsible dans les conditions ordinaires, mais qu'elle iptaraU subitement si l'on expose la plaque aux vapeur^ du mercure. Ce phénomène, absoluaicnt ignoré jusque-lfi, dooDa une valeur immense aux premiers résultats obtenus pur Niépce ; et en même temps qu'il fournissait les moyens . di! créer la photographie, il ouvrait à la physique tout uu diamp nouveau d'observations et de recherches. Avec une habileté remarquable, Daguerre sut tirer parti de ce bit pnur la formation des images pholographiques, et, ciuq aaiapri^n la mort de Niepce, il avait imaginé la méthode idcniniblc qui inmiorlalisera son nom.

La découverte de Niepce et de Uaguerre fut connue pour Il première fois en France par l'annonce publique qu'en fit -trago k t'Acailémic des sciences, le 7 janvier 1839. tliacuti se souvient de l'impression extraordinaire qu'elle ptodaisît en France et hienlAL dans l'Europe cutiôre. Le MPI de Daguerre acquit en quelques jours une célébrité iininease. Tuuleslesvoîx delà presse célébi'éreut^rcnvi ce Dura presque inconnu lu veille ; mais du modeste et înfurtpcc, pa» un luol: dans cet élan g(iQ^vu\ d>*^\v

218 DEGOUV£ET£S SGl£MTIiriQU£S.

Ihouâiasme et d'admîralion, il n'y eul pas une parole de reconnaissance pour le pauvre inventeur mort à la tâcbe.

Dans sa communication académique^ Arago s'était borné à faire connaître le principe de la découverte et I | présenter les produits de cet art nouveau ; il avait dû se |. taire sur les procédés employés par Thabile artiste. Ce- < pendant une telle découverte ne pouvait rester secrète, j Concentrée entre les mains d'un seul, elle serait demeurée ^ longtemps stationnaire ; devenue publique, elle devait, aa | contraire, grandir et s'améliorer par le concours de tons. | 11 était donc nécessaire qu'elle devînt une propriété po- '3 blique. •

Dans la séance du 15 juin 1839,' le gouvernement présenta à la chambre des députés un projet de loi portant la demande d'une récompense nationale accordée aux inventeurs de la photographie, qui consentaient à rendre leurs procédés publics. A la suite des rapports d'Aragoàla chambre des députés, et de Gay-Lussac à la chambre des pairs, la convention provisoire conclue entre le ministre de l'intérieur etDaguerre et M. Niepce fils fut convertie en loi. On accorda une pension viagère de 6 000 francs à Daguerre, et une pension de 4 000 francs à M. Niepce fils. Le chiffre mesquin de cette rémunération s'efface devant la pensée qui l'avait dictée. Nul, dans le gouvernement m dans les chambres, ne prétendit payer la découverte à sa juste valeur. Le titre de récompense nationale témoigne suffisamment que c'était là surtout un hommage solennel de la reconnaissance du pays au talent et au désintéressement des inventeurs.

Arago put alors donner connaissance au public du procédé de Daguerre; il le communiqua à l'Académie des sciences, le 10 août 1839. Ceux qui eurent le bofnheor d'assister à cette séance en conserveront longtemps le souvenir. Il serait difficile en effet de trouver dans ï'his-

^^H^ PIIUTO(iUAI'IJI)i. 31!)

'SMes cnmiiHttuies savantes une plus belle, mm |)lus •noellc journée. L'Académie des benux-iiris i'CUyW aie k l'Académie des sciences. Sur les bunts iiiservf s

public, &e pressait tout ce que Paris renrermait lOtntues éminenls dans les sciences, dans les lettres, BS les bcaux-urts. Tous les yeux cherchaient l'heureux lislequiavait conquis si vile une renommée européenne; iCSpÊrait l'cnlendrc prononcer lui-même la révélation si airée. Lui, cependant, s'était modesletocnt dérobé ji v.c toOQphe si légitime ; il avait déféré cet insigne bonnenr hrago, qui avait prî^ l'invention nouvelle sous son savaul

bienveillant patronage, Si, au dedans, les ranj^sélaienl ■eues, au debors l'aniucnce était énorme; le vestibule ^rgeatt de curieux, i^ens malavisés qui n'étaient venu» ]e deux heures avant l'ouverture de la séance. Enfin, m d'un coup la porte s'ouvre, et l'un des assistants tive tout empressé de communiquer au dehors le secret

impatiemment attendu. "Le procédé consiste, dil-îi. dtufi remploi du bitume de Judée et de l'essence tie tivandul h Je vous laisse ft penser l'embarras, la ^.iir- •ii* cl les mille questions. Le bitume de Judée ! l'essence ) lavunde ! Mais que peuvent avoir de eonunun le bime de JudCc et l'essence de lavande avec ces chaindat images que nos yeux ne se lassent pas de conlemerl Attendez cependant, voici un autre orOcieux cl ieux renseigné celle fois : » 11 est bien question di: bitume de Judée) il est bien question d'essence de lavande I C'est de l'iude et puîsdn mercure, et puis de

'bypOKnIlIte de soude! n Comprenne qui pourra. Cendant le mystère Huit par s'éelaircir, et la foule se retire n à peu, encore touL agitée de ces émotions délicieuses, lireuse d'applaudir. 'i une création nouvelle du génie ilo tViiDCC, Ili>rc d'accorder li l'Europe un si magniliqu'-

Quelques heures appès , les boutiques des x opticien étaieût assiégées ; il n'y avait pas assez de chambres obs cures pour satisfaire le zèle de tant d'amateurs empressés. On suivait d'un œil de regret le soleil qui déclinait à l'horizon, emportant avec lui la matière première de l'expérience. Mais dès le lendemain, on put voir à leur feoétre, aux premières heures du jour, un grand nombre d'expérimentateurs s'efforçant, avec toute espèce de précautions craintives, d'amener sur une plaque préparée l'image de la lucarne voisine, ou la perspective d'une population de cheminées. Quelles joies innocentes, quelles ravissantes angoisses, mais quels désappointements cruels ! Lorsque après un quart d'heure de mortelle attente, on retirait la plaque de la chambre noire, on trouvait un ciel couleur d'encre ou des murailles en deuil. Cependant, dans ces tableaux informes, il y avait toujours quelque trait furtif d'une délicatesse achevée; la masse était confuse, mais on pouvait y saisir quelque détail admirablement venu, qui arrachait un cri de surprise et presque des larmes de plaisir. C'était la balustrade d'une fenêtre qui était superbe; c'était le grillage voisin gui avait imprimé sur le fidèle écran son image de dentelle. Sur celle plaque où loul paraît confus, xvous n'apercevez rien, mais regardez mieux, prenez une loupe : là, dans ce petit coin du tableau, il y a une mince ligne, c'est la tige éloignée de ce paratonnerre que vos yeux aperçoivent à peine; mais le merveilleux instrument l'a vu, et il vous Ta rapporté.

Au bout de quelques jours, sur les places de Paris, on voyait des daguerréotypes braqués contre les principal*^ monuments. Tous les physiciens, tous les chimistes, loUî» les savants de la capitale, mettaient en pratique, avec on succès complet, les indications de l'inventeur.

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