‹ Exposition et histoire des principales découvertes scientifiques modernes (volume 5)Chapitre 19 sur 59 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Photographie sur papier. — BÎ. Talbot. — M. Blanquart-Evrard. — Dscription des procédés de la photographie sur papier. — Photographii sur verre. — Papiers albuminés. — Côllodion. — Ëtat présent de b photographie sur papier.

Lorsqu'un amateur de Lille, M. Blanquart-Évrard, publia, au commencement de Tannée ^847, la description d*an procédé pour la photographie sur papier, cette communication fut accueillie par les amateurs et les artistes avec un véritable enthousiasme, car elle répondait à un vœu qni avait été formé depuis longtemps et qiii était resté jusque là à peu près stérile. On comprend sans peine les nombreux avantages que présentent les épreuves phologi^aphiques obtenues sur papier, et leur supériorité sur les produits de la plaque. Elles n'ont rien de ce niiroitage désagréable qu'il est impossible de bannir complètement dans les épreuves sur métal, et qui a Tin convénienl de rompre toutes les habitudes artistiques

PIIOTUGHAI'IIIK. în

iCQlenl l'.i|)p.ir€i]ce ordinaire d'un dessin : une ireuve sur papier ressemble à une iépia faite par arlisic. L'image n'est pas simplement déposée, à comme dans les épreuves sur argent, elle fait iqu'à une certaine profondeur avec la substance \ ce qui lui assure une durée indéfinie et une rëcomplète au frottement ; le trait n'est point rcnioife dans les dessins du daguerréotype, il est au parfaitement correct pour la ligne, c'est-îi-dirp jet est reproduit dans sa situation absolue au mola pose. Kn outre, un dessin-type une fois obtenu, en tirer un nombre indéfini de copies, ce qui un avantage extraordinaire et sufllrait pour supiîriorité de celle méthode sur celle qui l'a prtcédée. Entia, la faculté de pouvoir substituer une feuille de papier aux plaques métalliques, d'un prix élevé, d'une dtiérioralion l'acile, d'un poidïi considérable, d'un trans- JWt incommode ; l'absence de tout ce matériel embaruamfaè baijage daguerrien, qui rendait difficiles aux TOyKgeursIesopéralions photographiques; lasimflicilé du procédé, le bas prix des substances chimiques on fait usage, loul se réunit pour assurer à lapholotifi sur papier une utilité pratique véritablement sans Baito».

Beat donc facfltf de comprendre l'intérêt avec lequel le (Hndc des savants et des artistes accueillit en fS-tl les premiers résultats de la photographie sur papier. Le nom lie M. Blinquarl-Ëvrnrd, qui n'était qu'un marchand de dnp de Lille, conquit rapidement les honneurs de la célélifitd. Ccpcndaut, il faut le dire, il se passait là un fait i, «t qui compte peu d'exemples dans la science. Icsproci^Jé'i publiée (wr M. Hlaniuart-Ëvrard n'étaient, il cela pr^idc quelquen modillcalions utiles dans le manuel BfaàhWt que la reproiluclion littérale d'une mélUude

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fiiutoghapiiie. î39

lémèreb que dans l'ubiicurilO, eii saiilHcil de lii le himpe.

|He d'un dessin, dès qu'elle csL oblcuue, dil Humphrj

1 Ôlrc cooservée dans un lieu obscur. On peut biuii

à l'ombre, mais ce ne doit êlrc que pour peu de Icmps.

I moyens <]ue nons avons mis en œuvre pour em-

M parties incolore» de noircir à la lumière n'a pu léus-

ni aux images de la chambre obscure, elles se sont

p faiblement tfclairées pour Torraer un dessin avec

bd'argogt, mâmc au bout d'un temps asseï prolongé.

i cependant l'objet principal des expériences. Mais tous

' Il dté inutiles (I), »

lement M. Talbot n'eut point connaissance des Wedgewood et de navy; il ignora l'édiec que !s chimistes avnieul éprouvé daus leur k'iiUilive ; ijnc devanll 'insuccès do leU maîtres, il eût imméiiband<inué ses rethcrcheti comme une pourtttitii chimérique. Gependant, par un travail de plusieurs Uoées, il {jiiirvint <i surmonter tous les obslacleii. II résolul 'wnpKtctaenl la double difilcultô de fixer sur le papier les nugcs t\e In ctiambi-e obscure et de les préserver de toute dliration consécutive. F.a 18^U, il se disposait k nieltresa <Ucsa*ert« nu jour, lorsqu'il Fut surpris par la publication (Its travaux de Uaguerre. Gopeudant, quelques mois après, iiflt cotinattre en Anglclerre l'ensemble de sa mélbode, cl Iii7jut» ItUI, dans uue IcUrc adressée h M. Biot, cl pK:- Mnlée par ce savanl ii l'Aciidémie des sciences de Paris, 'ildoniia l'analyse de sou procédé pour obtenir des ruproductions photographiques sur papier. Mais ralteiiliùu éUil dirigée d'un autre cûtô, et l'annonce du pbysicicn anglus oc Ht, en France, aucune sensatiou. Quelques per-

(I) IMiieriptiOH rf'u» procédi pour eof l>r Itt veiiiliatK tur oen-c i-l aâiu^gif» et» tilhanellet par l'aelio» de la lumiirt mir le nili'ole fl'nrttdtlliulitMtiiM rvifohdt Lomirei. IDOî.l. VV- 11«t'

2 40 l»ÉCOrVERT£S SCIENTIFIQUES.

sonnes essayèrent d'obtenir des images en suivant les ind cations fournies par M. Talbot ; mais elles ne réussireu qu^imparfaitement. ce qui fit croire que l'inventeur n*âm dit son secret qu'à moitié ; la photographie sur papie tomba donc parmi nous dans un délaissement complet Seulement quelques artistes nomades, munis de quelquei renseignements plus ou moins précis, parcouraient li province, vendant aux amateurs le secret de cette nouvelle branche des arts photographiques, et dans Paris circo* laient un certain nombre d'épreuves très-remarquables i«présentant des modèles inanimés, obtenues par un employé du ministère des finances, M. Bayard, qui toutefois cachait avee grand soin le procédé dont il faisait usage. C'est dans ces circonstances que M. Blanquart-Évrard tit paraître son mémoire. Ce travail reproduisait avec peo de changements la méthode de M. Talbot ; les description» quil renfermait étaient néanmoins beaucoup plus précises et plus complètes que celles qu'avait données le physicien anglais dans sa communication à l'Académie des sciences de Paris, car après leur lecture chacun était en état de mettre en pratique le procédé nouveau (I).

Tel est l'historique fidèle de la découverte de la photographie sur papier. C'était pour nous un devoir que de bien établir à ce sujettes droits méconnus d'un savant étranger,

(1) 1^8 changements apportés par M. Blanquart-Évrard au manoe) opératoire de M. Talbot consistaient: 1» à plonger le papier dana 1^ liquides impressionnables, au lieu de déposer les dissolutions sur le pf pier à Taide d'un pinceau, comme le faisait M. Talbot ; 2o à serrer enlR deu\ glaces le papier chimique exposé dans la chambre obscure, aulici de l'appliquer contre une ardoise. Tout le reste de ropëration : l'empi» fle Tiodure d'argent comme agent impressionnable sur le papier po^itii et du chlorure d'argent sur le papier négatif, l'action si importante <1 l'acide galliquc pour fjiiro apparaître l'image, l'addition de IVide aeê lique aux liquides photographiques, l'idée capitale de préparer un image négative, et de s'en ser\ir pour obtenir une image directe; en u mot, tout l'ensemble de l'opération de la photographie sur papier api» lient Incontestablement «a physicien anglais.

tllOTOGa^I'lllf. lU

llbcureux déjà d'avoir été devancé danii sa décou- 4^ par Uii({uerre, pour que l'on respecte au moins les ts incontestables qui l'ecommaudent son nom à la n:juissance da public.

ITant de faire connaître les procédés pratiques de la ifographic sur papier, exposons la théorie générale de . MratioD.

Tout le mondi^ sait que les sels d'<irgenl, naturellement otores, parLiculièrement le chlorure, le bromure et l'ioredVgCDlélantexposésàractiondelaluDiièi'esulaireou Fmic, noiri'issentpromplemenl par suite d'unedécompost- Dchiiniqueprovoquéepai l'agent lumineux. D'après cela, ,'on place aufojer d'une chambre obscure unereuille de pier iaipré^née d'une dissolution de chlorure d'argent, ntge formée par l'objectif s'imprimera sur le papier, me que les parties vivement éclairées noirciront la Jcbe sensible, tandis que les parties obscures, restant u action, laisseront au papier sa couleur blanche. intcnanl. si, grâce à l'action dissolvante de l'hyposultite loude ou du sel marin, on débarrasse le papier de tcèi du chlorure d'argent non impressionué par la lu- ^Tt!, on obtieuilra une sorte de silhouette dans laquelle parties éeliiiri'esdu niodiile seront représentées snr l'éme par une teinte noire et les ombres par des blancs, )t ce que l'on nomme une image inverse ou négative, mrwtpressioii consacrée. Enfin, si l'on place cette image une feuille de papier imprégnée de chlorure d'argent [u'on expose le tout k l'action dii-octe du soleil, l'épreuve alîve laissera passer la lumiéreàtraversles parties Iransîules du dessin et lui fermera passage dans les portions (joes. Le rayon solaire, allant ainsi agir sur le papier iible pinceau contact de l'épreuve négative, donm ice à une image sur laquelle les clairs cl les i

s ombres J

iii d£cOC?£ETES SCIE5TIFIQCES.

serout placés dès lors dans leur situation naturelle. On aura donc formé ainsi une image directe ou positive. Tel est le principe général de la photographie sur papier.

Le procédé pratique de cette branohe nouvelle de Tart

photographique se compose, d'après cela, de deux séries

distinctes d'opérations : la première avant pour effet de

•préparer l'image négative; la seconde, de former l'épreuve

redressée.

On obtient l'épreuve négative en recevant limage de b chambre obscure sur un papier enduit d'iodure d'argent mélangé' d'une petite quantité d'acide acétique. Gomme l'iodure d'argent s'impressionne beaucoup plus promptement à la lumière quand on l'entretient à l'état humide, on place le papier photogénique sur quelques doubles de papier humectés d'eau, et pour lui donner une surface égale et parfaitement unie, on le presse entre deux glaces. Cependant l'emploi des glaces n'est pas indispensable, et Ton se contente souvent, comme le faisait M. Talbot, d'appliquer la feuille de papier photogénique humide contre une feuille d'un carton très-léger, qui adhère par son humidité à la vitre d'un châssis. Les choses ainsi disposées, on place ce système au foyer de la chambre noire. Au bout de trente à cinquante secondes, l'effet lumineoï est produit; l'iodure d'argent se trouve décomposé dans les parties éclairées, et dans tous les points sur lesquels a porté la lumière l'oxyde d'argent devient libre. Cependant la faible altération chimique qui vient d'avoir lieu n'est en aucune façon accusée à la surface du papier, qui n'offre encore aucune trace visible de dessin : mais si on le plonge dans une dissolution d'acide gallique, ce composé formant, avec l'oxyde d'argent qui existe à l'état de liberté à la surface du papier, un sel, le gallate d'argent, d'une cou* leur noir foncé, l'image apparaît subitement. Il ne reste plus qu'à enlever l'excès du composé d'argent non influencé,

FBOTOGdAPKrE. m

■éserver le dessin de l'arlioii ulKïrieure de la lu- Tfl. On y parvient en lavanl l 'épreuve avec uncdisKilulîond'hvposiilfile de soude ou de sel marin qui dissout im- LnMiiiU'ment l'iodtire d'ai^enl non altéré par la lumière. Pour obtenir l'imngeposilive.onplace répreuve négative tiilenue par les moyens qui tiennent d'être indiqués, sur m papier impréftn^ de clilorure d'argent : on les serre tous Im deux tolre deux glaces. l'épreuve négative en dessus, *IVi>n expose le tout au soleil ou à la lumière dilTitse. La itnrécde cette exposition varie depuis une demi-heure jus- <(u1i quatre heures il la lumière diffuse, et au soleil depuis i]ui[ize jusqu'à vingl-cinq minutes. Au reste, comme on pciit suivre de l'œil la formation du dessin, on est toujours Itmaltre de s'arréler quand on juge le trait suffisamment itDforcâ. Enfin pour ^xer l'image, c'esl-à-dire pouren- ItTcr l'excédant du composé chimique qui, sans celle prélïution, continuerait do noîrciren présence de la lumière, on place l'épreuve dans nue dissolution d'hyposuUitc de tKHide ou de sel marin qui dissout l'excésdc chlorure d'ar- |;enl non inHuencé. En prolongeant plus ou moins la durée de son séjuui' dans le bain d'hyposulfile de soude, on peut Commaniquer h l'épreuve une couleur qui varie, en parcourant toute l'échelle des tons bruns et des bisircs, jusqu'au violet foncé et au noir intense.

.Nous n'avons pas besoin d'ajouter que l'épreuve néis'iilive pBut servir fi donner un Irés-giand nombre d';nilrcs 6fireav«!S positives, et qu'une fois obtenu, ce type peut fonmir de» reproductions indéfinies (I).

(I) En nptiUqnatil une gmvure, une lillioiîrapliie sur un pniiicr impri'- (dÀ lit chlorure d'argent, el rvpOMnt le tout ta soleil, on |ip>il rrpmdulre ccttft gravure, erlle lllljot^raptile d'une iiiaiit^re Ic^aimplr ri uns apparrll ctitiqu*'. Gen un» pFtIle op^rnllun qui ne manque pa» d'itilrrfi nu (toi peut iviilr ton ullllté. On ■ Jiifl<^ n^crasalrc de rn><r un inul p«ur ' 1 on l'appcUn nutniAnlinjrajihn-,

« « k DÉOOrVSItTES SCIENTIFIQUES.

Kl dêroilanl au public les procédés de la pholograph <ur papier avec an désinléressemeot et une libéralité ass( rire> parmi ses confrères. M. Blanquart- Evrard rendilan fciis pbolographiques un immense service. De toutes part on sVmpressa de mettre en pratique ces moyens si simple dans leur exécution, si intéressants dans leurs résultats, el \a pholofmpbie sur papier reçut bientôt une impulsion extraordinaire. Aussi ne fut>il pas difficile de prévoir dés ce moment qu'elle ne tarderait pas à s'enrichir de roodirioations importantes et à marcher rapidement vers te deirrê de perfection qui lui manquait

Obtenus en effet par les procédés décrits en 18^17 par M. Blanquart-ÊTrard, les dessins photographiques étaient encore fort au-dessous des produits de la plaque daguerrienne. On y cherchait en vain la rigueur, la délicatesse du traitj'admirable dégradation de teintes qui font le charme (^es éprouves métalliques. Le motif de cette infériorité esl d'ailleurs facile à comprendre. La surface plane et polie d'un métal offre, pour l'exécution d'un dessin photogranhique^des facilités sans pareilles; au contraire, la texture tibreuse du papiei;» ses aspérités, la communication capillaire qui s'établit entre les diverses parties de sa surface inégalement impressionnées, sont autant d'obstacles qu > opposent à la rigueur absolue des lignes, comme à l'exacU dégradation des lumières el des ombres. Les défauts de^ images obtenues p»ir les procédés de M. Talbot ne tenaien do^nc qu'au papier lui-même. La nature fibreuse du papier rinégatité de son grain, Tirapureté de sa pâte, son exleo sion variable et irrégulière pendant son immersion dan les différents liquides, telles étaient les causes des difl cultes que rencontraient les opérateurs. Le problème d IH'rfectionnement de cette nouvelle branche de la phoU graphie consistait donc à remplacer la surface inégale • riif^ieuse employée >k recevoir l'épreuve négative, par ur

bogène et parfiiilemt-nl pl;inf, iniiliinl le poli si s plaques ruét.illir]iies.

[troblème capital fut rdsolu par In découverte de la raphie sur verre. Comme ce nom Ae photographie sur si susceptible d'amener quelque coorusioa dans l'esj lect«iir, nous devons préciser avec soin la nature procédé.

photographie sur verre n'est, à proprement parler, e modincation de la pholograpliie sur papier. Au lieu mcp sur le piipicr l'image négative, on la forme sur tme de verre ou de glace que l'on a prtlalablement le d'une couche d'albumine; le dessin négatif produit Ile glace sert ensuite à obtenir sur le papier l'image

moyens pratiques de la photographie sur verre sont exécution fort simple. Sur la glace qui doit recevoir [e négative on étend une légère couche d'albumine eou blanc d'œuf, dans laquelle ou a dissous un peu ire de potassium. Une Toissèche, celte couche d'albu- Ibrmc une surface boniogène et d'un poli parfait, mmt-nt propre ii donner aux lignes du dessin un ïT arrêté. Ainsi recouverte d'albumine, la lame de est imbibée d'iodure d'argent ; pour cela on ini- : la plaque dans une cuvette contenant une dissolue ce sel, ensuite nn l'expose au fuyer de la ebambre re, et l'on exécute sur sa surface les opérations ordique l'on fait sur le papier quand on veut obtenir Mge négative. Celle-ci obtenue, conslilue un cliché e épreuve négative sur verre qui sert ii produire l'i- ]îrecte. Cette dernière image se forme sur une feuille tier en se servant des moyens habituels. Le verre ne 3nc qu'.^ préparer l'image négative; c'est Ifi un point mporte debien fiiue remarquer pour éviter une coiime beaucoup de personnes commettent à cet éganl.

%hG DÉCOU^-ERTES SCIENTIFIQUES.

Les épreuves obtenues par l'intermédiaire de la glac< albuminée se reconnaissent aisément à la rigueur extraor (linaire, à la correction du dessin, à ses contours admini< blement arrêtés : elles peuvent presque rivaliser, sous ce rapport, avec les produits de la plaque (1).

Cependant la préparation d'un cliché négatif avec une lame de verre recouverte d'albumine était une opération assez délicate. Il fallait que l'albumine fût étendue d'avance sur la glace et séchée lentement par l'évaporation dansiùi lieu tranquille. En outre, l'enduit albumineux mélangé au sel d'argent avait l'inconvénient de diminuer notablemeal ,sa sensibilité à l'action de la lumière; de telle sorte que,, pour la rapidité d'impression, la glace albuminée laissait beaucoup à désirer. On s'efforçait donc de perfectionner ce procédé nouveau en cherchant à diminuer le temps derïmpression lumineuse, lorsqu'une heureuse inspiration viptrépondre, sous ce rapport, à tous les désirs des photographes.

Dans une brochure qui parut en janvier i85i, M, Gustave le Gray annonçait avoir fait usage, sans beaucoup de succès, du collodion, pour remplacer l'albumine, dans la photographie sur verre. Pendant la même année, un pholographe de Londres, M. Archer, publia une description trèscomplète des procédés et moyens qui sont nécessaires pour faire usage avec succès du collodion en photographie. Les procédés publiés par M. Archer furent aussitôt mis en pratique, et l'on reconnut promplement toutes les ressources que cette matière nouvelle fournil aux opérateurs.

Le collodion est le produit de l'évaporation d'une dissolution de colon-poudre dans l'éther sulfuriquc alcoolisé. En s'évaporant, cette dissolution laisse un enduit visqueux qui s'obtient en quelques minutes, et de plus celte pelli-

(1) La photographie sur verre a été imaginée par M. Niepcede Saiot- Victor, neveu de Joseph Niepce, le premier inventear de la phot*^ graphie.

:ule organique se prête merveUleusemeot aux opératioD» photogéniques. Elle s'impiègoe trè^bien du compwé d*argeDl, et s'impressionne au contact des njoas Inmineux avec une rapidité étonnante. Le collodion active à un tel point rimpression photogénique, que Ton peut reproduire, par son emploi, l'image des corps animés d*un nouTement rapide, tels que les vagues de la mer soulevées pv le vent, une voilure emportée sur un chemin, un che- Til sa trot, un navire à vapeur en marche avec son pana- . die de fumée noire et l'écume qui jaillît au choc de sesi^ nues. On comprend sans peine, dés lors, que le collodion lit été accueilli avec une grande faveur par les photographes. Le portrait, qui ne pouvait s'obtenir qu'à grand'peine sur la glace albuminée, en raison de la lenteur d1mpression de la matière sensible, s'exécute par le collodion trec la plus grande facilité ; aussi cette matière est-elle tojoardïiui partout la seule en usage pour l'exécution des portraits.

Un jeune physicien enlevé prématurément aux sciences. M.Taupenot, a donné le moyen de communiquer aux plaqoes de verre recouvertes de collodion la propriété de conserver pendant plusieurs jours leur sensibilité. Quand on opère avec le collodion, il Tant agir exiemporanément, car Il sensibilité de l'enduit disparaît au bout de peu de minutes par sa dessiccation, ce qui prive le paysagiste, le photographe voyageur, de l'avantage d'emporter au loin avec lui deslames de verre coUodionnées préparées d'avance. Cotait là un grave inconvénient pour la pratique de la photographie. M. Taupenot a parfaitement obvié à cette difficulté en conseillant d'ajouter au collodion ioduré un peu d'albumine. Grâce à cette addition, la plaque sèche con- ^t\e toute la sensibilité de la plaque humide, et on peut l'employer après plusieurs jours de préparation. 11 a été reconnu depuis que le miel et quelques autres substances

3;» DÉGOrVERTES SCIENTIFIQUES.

acgialinalives qai s'opposent au feadillemenl qu'éprouve l<ir la dessiccation la couche de collodion, produisent le mêmeelTet, c'est-à-dire permcUenl de conserver pendaul plusieurs jours aux plaques coUodionnées leur sensibilité lumineuse.

LVmploi des glaces recouvertes d'un enduit de collodion est donc le moyen le plus parfait que l'on possède aujourdlini pour la production des images sur papier. La photographie sur verre a en outre l'avantage de donoer | des images d'une finesse presque égale à relie des produis , de la plaque daguerrienne; grâce à ces résultats, elle a entièrement détrôné aujourd'hui la photographie sor plaque.

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