‹ Exposition et histoire des principales découvertes scientifiques modernes (volume 5)Chapitre 23 sur 59 · U POUDRE-COTON · texte numérisé non relu

U POUDRE-COTON

i ridicules qui sonl dt^bilés chaque jour sur e (le la poudre à canon sonl un triste et Trappaut lé- ; lies préjugés qui remplissent eiicnro l'iiisloire iences, et de l'état imparruît cl chélirdans lequel a ï jour celle brauche de nos connaissances. Ut faisloriens les plus graves continuent il iiltriljuerù 11 oger Riocin la déi^ouvcrtc de la poudre, et au moine Bertliold Sdiwarlz la création de l'artillerie. S'ils veulent cepeuâtnt témoigner de connaissances plus précises k ce sujet, ils «e bAlent d'ajouter que l'artillerie a été mise en iiufepour la première fois par les Vénitiens, au siège de Cliioiza en 13t)0, et qu'en France, un seigneur allemand lUàpréseiilà Charles VI de six pièces d'artillerie de fer ^i furent employées en 138'2 à la bataille de Kosbecque Contre les Gantoiii. Quand ils veulent enGn obtenir un breret d'érudition spéciale sur la matière, uos écrivains •bordent les récits du feu grégeois, et c'est alors qu'arri- Ytot loul«a ces belles histoires sur ce terrible feu » qui embrasait avec une horrible explosion des bataillons, des "iililice» eoliers >> (I): — " qui dévorait les soldats et 1

li| t.«li«au,

SOI racoFTOTcs socmnons.

« !eun armes n (1) ; — « qoe Teau Doarrissait au I c l*éteindre o (2) : — « que I'od ne pouvait éteind (t par le sable ou le vinaigre » (3) ; enfin, dont la c sition s'est perdue au quatorzième siècle et n'a jam retrouvée.

En vérité, on se demande, à la lecture de tant d tions erronées, comment on a pu altérer et obscure point une question aussi simple. Rien de plus sim] efTet, que la découverte de la poudre à canon ; qu mots suffisent pour en résumer les faits généraux.

De tout temps, dès l'antiquité la plus haute, le fe l'un des moyens d'attaque en usage à la guerre. Le vains latins nous ont transmis la description dec mélanges inflammables qu'on lançait à l'ennemi a^ machines, ou que l'on attachait aux flèches et aux Cette branche de l'art de la guerre fit peu de pro( Kurope, mais il en fut autrement en Asie. Les m^ incendiaires, déjà employés en Orient avant l'expo d'Alexandre, reçurent dans ces contrées un dévc ment extraordinaire ; ils devinrent l'arme princip combats. Au septième siècle, les feux de guerre transportés chez les Grecs du Bas-Empire et de : les Arabes. On connaît tous les avantages que ret les Grecs, dans leurs guerres maritimes^ de c< langes combustibles, qui prirent alors le nom de / ou de feu grégeois. On sait également que, durant riode des croisades, les Arabes d'Afrique reçurent u; sant secours de l'emploi de ces mélanges inflami qui produisaient sur les chrétiens l'impression de profonde terreur. Le feu grégeois ne fut jamais er mains des Grecs et des Arabes qu'un moyen de pro

(1) Michaud, Histoire des croùaHes, 1. 11!,^ p. 223, ëdit. 1828

(2) Gibl)on, t. X, p. 366, édit. 1828.

(3) Llbrl, Rapport du comité historique des sciettcex (^ déo. 1

POrDBES DE GUERRE. 8 03

OQ de propager Tincendie, qu'une manière de multiplier les formes sous lesquelles le feu peut être employé comme ngeot olfensif dans les combats. Mais il finit par se répandre en Europe, et dès lors une révolution complète s'oyéradans ses usages. On apprit dans rOccident à extraire - k' salpêtre des terres où il se trouve tout formé, on réussit ^ fcleparifier ; ajouté aux ingrédients primitifs des mélanges tMendiaires, le salpêtre accrut énormément leur puisnnce combustible. Enfin la propriété explosive de certÛDs mélanges à base de salpêtre fut reconnue ; on Tap- I pGqua à l'art de lancer au loin des projectiles, et c'est L ainsi que vers la moitié du quatorzième siècle, Tartilierie f prit naissance en Europe.

' Telle est, résumée en quelques mots, l'origine de la poadre à canon des temps modernes. A cette question : • Quel est l'auteur de la découverte de la poudre ?» — fiestion si souvent posée et en des termes si divers, — on ne peut donc répondre que par cette autre question de Voltaire : « Qui le premier inventa le bateau ? » Personne n'a découvert la poudre, ou pour mieux dire tout le monde Ta découverte. C'est à la suite de perfectionnements sucsesofs lentement apportés à la préparation des mélanges incendiaires, que se sont révélées, entre les mains des hommes, la propriété explosive de ces mélanges et leur force de projection. Ce n'est donc qu'après plusieurs siècles d'expériences et d'efforts que l'on a pu créer cetagent terrible qui, en déplaçant dans les armées le siège de la force, arévolutionné l'art des combats.

En retraçant sommairement l'histoire de l'origine et des premiers emplois de la poudre à canon, nous avons indiqué par cela même le plan de cetteNotice. Toutefois il est néces- 5«iro, avant d'aller plus loin, d'établir à quelles sources ont été puisés les faits qui vont nous occuper. En 1845, MM. Reinaud etFavé ont publié sous ce titre : Du feu grrgeoisetdps

3*4 IMfCOCTClTES SCrCKTinOTES.

ffux de fmriT, on ouvrage d'une excellente énidilia

rempli de consciencieuses recherches. L'interprétaliond

textes arabes el l'étude attentive des auteurs grecs \

latins qui ont laissé des ouvrages de pyrotechnie, leur oi

permis de jeter un grand jour sur la nature des mélangf

incendiaires employés en Orient, et sur Torigine de nob

poudre àcanon« Antérieurement, M. Ludovic LalaDDe,da

un mémoire couronné par l'Académie des inscriplionsi

belles-lettre&y avait su, par une heureuse combinaisoû i

textes originaux, éclaircir l'histoire du feu grégeois, (

fournir des renseignements pleins d'intérêt sur les effets d

cette composition célèbre. Enfin. M. Lacabaoe, dansoi

dissertation surr/n/ftM/iic/iVmen Francede lapoudreéemu

publiée en 1844 dans Isl Bibliothèque de f École des chartn

a mis au jour d'utiles documents sur celle dernière que

tioD. Ces travaux remarquables ont fait justice d'erreu

que les siècles avaient consacrées. Malheureusemeot lei

forme un peu aride ou certains défauts d'exposilion avaiei

empêché le public et les savanls eux-mêmes de bien aj

précier toute leur importance, et nous serons heureax

le résumé que nous en donnons offre assez de précisic

el de clarté pour dissiper les préjugés nombreux qui co(

tJDuent de régner sur cette curieuse partie de Thistoii

des sciences.

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