POUDRES DE GCEIIRE. SOS
CHAPITOE PREMIER.
CiDplol des feux de gaerre chez les Orientaui. — Leur introduction en Europe au septième siècle. — Composition du feu grégeois. — Moyens employés par les Grecs du Bas-Empire pour l'emploi du feu grégeois dans les combats maritimes.
La plupart des grandes inventions qui commencèrent, au moyen âge, Taffranchissement moral de l'humanité tont originaires de TOrient. Ëcloseis sous le ciel de TAsie, elles y demeurèrent des siè'cles entiers dans un état d'enbnce; mais une fois établies sur le sol de l'Europe, secondées dès lors parTaclive imagination et le génie des Occidentaux, elles ne tardèrent pas à s'y perfectionner et à recevoir des applications étendues. Toutes ces créations nouvelles, qui devaient transformer les forces actives de la société, et changer ainsi la destinée des peuples, existaient en germe dans l'orient de l'Asie. La nature, si riche et si féconde sous le beau ciel de ces contrées, offrait spontanément à l'observation de l'homme certains faits qui, pour ainsi dire, apportaient avec eux leurs conséquences visibles. L'esprit des Orientaux les saisit de bonne heure, mais il fut impuissant à rien ajouter à ces données élémentaires. Arrêtées dès leur naissance, ces premièies notions sommeillèrent pendant dix siècles. 11 fallait les facultés actives des nations européennes pour en retirer tout le parti que l'on devait en attendre. Telle est l'histoire de l'invention «le l'imprimerie, de la découverte de la boussole, de la fabrication du papier; telle est aussi l'histoire de ces mélanges incendiaires qui, en usage chez les Orientaux dès les Icmps les plus reculés, ne reçurent qu'en Europe lesmodi-
■■ «:» l's i\ jf-^ ler-ertionnemeols divers qui devaient donne T. :->><Mi».-; 1 il 7«;ûidT* i câDon.
,• r.i,if! ■• '.'L-zi'jt ce napbte et quelques autres combiu
: :.»î> ?: .:. ZL^-Hii r^îur>p, sont, en Asie, des produit
!.:, i:'^> i:«r; i^:»^iiit> : il est donc tout simple que le
*-';h niA ixr.'i.: i^ Il pensée de les employer comm
n« '*.> .ifeiis-îs^ Mcaluures avec des substances grasse
a ■^^4Jn:*£?9^^w cc iv-adroD. des huiles, et autres corp
/" »!•<• îi.«f$^ ..^ s.'rrairnt à préparer diverses composi
^ .j.lijiimii^'f^ rsir les Chinois, les Indiens et les Mon
^ ^ ■! ,•* iisaKrï^s Cf ruis des temps reculés aux usage
.» ^r^: — f -.^^iK n^e^i^^it? combustibles avaient la pro
.• ■:■■: : l; !«f'-^' iz\ . *;'tis oontrc lesquels on les projelail
.'.'7^ r.iT'T* .•:*>£ u:: nwven dangereux d'attaque. 2:
î . ■ s : : - • j.. , .;^rs eue Ja Si'cheresse et la chaleur d
> ^, ».s: -fr.-jLtn: ces aeents de guerre plus el
. • r^ .- *:• *,s ::Sii{s:r:u\. on comprendra que les compc
-- -.*>:- :v i-er:-: v:<çn: birntiM devenues d'un usag
^•: .-'-n :><: «^< «.'iirjik les Indiens el les Mongols.
rit'ici : :c i S;±i:c\v:p exagéré le degré de perfer . ..' •-•-:■; .^> •^..x /e f;u'rTt? seraient panenus chez le - :• iv l* r^r-ï Xn.'fcv:: I . le savant Abel Rémusat (ï .:. \-.\:'u eîi:^::* cu^:' t.as :e5 emplois actuels delapoudr i -fL»: ^:ri '::iyc<cjz<\e Céleste Empire, et que dèsl y*./. r'-'^K! si^-vlc c:! \ îaisatt usaiie de canons. MM. Reinau ei K.tvé oi:: ;\i/âuemeal prouvé que toutes les connais >.tMce> p>rouch!Mi]«es des Crinois se réduisaient à Temph .:u pétard et ^îe l.i fusée, dont ils tiraient parti dans les feo »i .i:titice. et que 1-. urs moyens de guerre se bornaient au îiielanges combustibles. Le ptTC Amyot nous a laissé un
! P MttHH''f< encornant ht arrt et ten sciences ties Chinais, t. VII
(î Hi»iaHo/i\' tlijii"fmtti»jue^ «tes /./i/icc*.* rftré tiens avec /es rinx * fWte (MéfH'iitr* fte rAcitfférMie*tef inscriptions, i. VII, p. 410).
le n'ignore, d'un nuire cùtd, que, chP7 1rs Inf«UK d'artiiice élaienl connus depuis un Umps ial «l raisairril pnrlîe des riijouissunces publiques, ré. dans des coolMes Irés-reculées des Indes. 0(1 lécns n'avaient jamais pénétré, des espaces de kntes que les nalnrcls employaient Si la piieiTr'. hes les Indiens, de mélanges de ce genre renionlc 3UX temps les pins rcrulés. Un commentaire iles I livres sacrés des Hindone, attribue l'invenlinn th feu k un artiste nnmmé Visvacarma, teVulcnin 18, qui Tabriqua, selon les livres sacrt^s, les haits dans In guerre des bons el des mauviiis génies. •ode dcsOentouidiïrend l'nsage des armes à fen; s rassemblées dans celle compilation dale'nl de ule aritiiiiiili^, el se perdent m*>mc dans la nnil
:es mélanges combusliltlcs, qui plus tard, en se
devaient donner naissance à noire pondre h
^1 origin-iive.* de l'Asie, bien qu'il soil impossible
wec exanlitude la dale preniièri' dci leur riiiplni.
3 08 DÉCOCVEaTES SCIENTIFIQUES.
le nom de feu grégeois^ et qui devaient exercer une influei si puissante sur les destinées de l'empire d'Orient.
ialiinique se trouvait en Syrie lorsque, en 674, peD( la cinquième année du règne de Constantin Pogonat, Arabes, sous la conduite du calire Mouraîra, vinrent m( le siège devant Conslantinople. Galli nique, passant secfè*] lement dans le parti des Grecs, se rendit dans la capil lie l'empire, et vint faire connaître à Constantin les prietès et le mode d'emploi des compositions incendi dont il se dit Tinventeur. Grâce à ce secours inattendi^l tVmpereur put repousser Tinvasion des Sarrasins, (vud.int cinq années consécutives, revinrent avec des fortU: pou\«'lleset des flottes considérables, mais furent chaqil : u^ ivntraints de lever le siège.
IVpuis le neuvième siècle jusqu'à la prise de Constant ix^V-^ P*' i*^* croisés eu 1204, les Byzantins durent aufei i:.-\*3y\Hs de nombreuses victoires navales qui retardcren !i vhuie de lempire d'Orient. Aussi les empereurs appoi . ( V /.: ;U b vlu^ ^^^'èi e attention à réserver pour leurs seul *'\.t:s id tHVi^5«sion de cet agent précieux. Us ne confiaiec M prvivintton qu a un seul ingénieur qui ne devait jamai V, : :* v'\* OonsîAnlinople, et, selon M. Lalanne, cette fabr , .i.;v:t v\uti exclusivement réservée à la famille et aux de ^v.Mjtit^èv* C-illiuîque.
l4 j»rv"*tV*r;Atio:i du feu grégeois fut mise au rang des s( > v;^ vt K;Àt j\jir Constantin Porphyrogénète, qui déclar :' ,iîtu' vt uuii^ne du nom de chrétien celui qui violera v^^ o:vhv.
' lu ôois j\«r dt's«^us tv>utes choses, dit Tempereur à son fil ; \:»x x\ .M liAUv" vW V \Jtntm;stration de l'Empire, porter tes soir x\ A'ii tUcnVu'n Mir W tou lii]uide qui se lance au moyen dt i.\s\ ^ et M iv'u vvk' le le demander comme on Ta fait soumet 1 >«%mx *iH^\u\ tu dois wjvusser et rejeter celle prière, en rêpoi x^t:«i ^^^ \V icu A Ole iiHuUré et révélé par un ange an grand i
POUDHES D£ GUERRE. SOU
nÎDt premier empereur chrétien Constantin (1). Vàr ce message Il par l'ange lui-même, il lui fut enjoint, selon le témoignage Mrthentique de nos pères et de nos ancêtres, de ne préparer ce fm que pour les seuls chrétiens, dans la seule ville impériale, et iMttis ailleurs ; de ne le transmettre et de ne l'enseigner jamais ^ncane autre nation, quelle qu'elle fût. L • Alors le grand empereur, pour se précaulionner contre ses [accesseurs, fît graver sur la sainte table de l'Eglise de Dieu des Imprécations contre celui qui oserait le communiquera un peuple Éringer. H prescrivit que le traître fût regardé comme indigne èi nom de chrétien, de toute charge et de tout honneur; que s'il Hait quelque dignité, il en fût dépouillé. 11 déclara anathèmc tes les siècles des siècles, il déclara infâme, n^importe quel ftû fût, empereur, patriarche, prince ou sujet, celui qui aurait CHyé de violer une telle loi. 11 ordonna en outre à tous les hommes ayant la crainte et Tamour de Dieu, de traiter le prévarinteur comme un ennemi public, de le condamner et de le livrer i an supplice vengeur.
• Pourtant une fois il arriva (le crime se glissant toujours putout) que l'un de nos grands, gagné par d'immenses présents, communiqua ce feu à un étranger; mais Dieu ne put supporter le voir un pareil forfait impuni, et un jour que le coupable était {trb d'entrer dans la sainte église du Sauveur, une flamme descendue du ciel IVnveloppaet le dévora. Tous les esprits furent Mbis de terreur, et nul n'osa désormais, quel que fût son rang, projeter un pareil crime, et encore moins le mettre à exécution, y»
On observa ces injonctions sévères, et le secret de la préparation du feu grégeois resta fidèlement gardé. Quand les princes d'Occident obtinrent de Conslantinople le secours lu feu grégeois, au lieu de leur communiquer les recettes le sa préparation, on leur envoyait les navifes tout appareillés du produit.
Quelle était la composition du feu grégeois ? Sous quelle orme, par quels artifices particuliers était-il employé à la
(1) CepeiKlaut l'empereur se contredit plus loin lorsque, dans un Dtre pasMse de son livre, Il rapporte à Callinique l'invention du feu régeoia. H Juatifle ainal le Jugement de Lebcau, qui appelle ce prince
an grand conteur de fables •.
:ilO . DKCOUVEUTES SCllLVnFIQUES.
guerre? Le feu grégeois était simplement formé de la réunion de plusieurs substances grasses ou résineuses j d*une conibuslibilité excessive. Le naphte, le goudron, le \ soufre, la résine, l'huile, les graisses, les sucs desséchés de certaines plantes, et les métaux réduits en poudre, formaient ses ingrédients ordinaires. Selon des recherches particulières, publiées en 1849, par MM. Reinaud clFavé, dans le Jouimal asiatique, le salpêtre n'entrait point dans la composition du feu grégeois préparé chez les Grecs da Bas-Krapire. Ce n'est que plus tard que lés Arabes apprirent à relirer ce sel des terres où il se forme naturellementi et qu'ils eurent l'idée de l'ajouter aux matières primitives. Voici quelques recettes pour la composition du feu grégeois citées par MM. Reinaud et Favé d'après un manus** crit arabe de la bibliothèque de Leyde, qui remonte à l'année 1225, et qui a pour titie : Traité des ruses des gutrres^ de la prise des villes et de la défense des dé fi lés j d'apriê les instructions d* Alexandre, fils de Philippe.
« Feu qui brûle sur Veau, — Tu prendras de la résine aiiid que de la paille et delà poix noire, et tu les feras cuire ensemble; quand le mélange sera fondu, tu y verseras du naphle blanc; ensuite tu le répandras dans de l'eau quelle qu'elle soit. Si lu veux que la ilamme soit bien pure, il faut ajouter du soufre et de la colophane. »
M Drapeaux qui servent aux amusements. — Tu peux faire usage d'une lance dans la forme que je t'ai décrite, et de la grandeur que tu voudras. Tu prendras de Tétoupe, à pi-oporlion de la grosseur de rinslrumeiit, et tu en envelopperas la base des fors do lance eu recouvrant toute la surface. Tu te procureras des morceaux de peau crue, n'importe l'espèce de peau, pourvu que ce ne soit pas une peau de menu bétail; tu découperas cette peau en vue des drapeaux que tu veux faire, et tu la couvriras d'un enduit : suivant un auteur, l'enduit est inutile ; ensuite tu y attacheras de l'étoupe. Les morceaux de peau auront des boutunnièies, à l'aide desquelles on les fixera au bâton de la canne, sur une étendue de quatre coudées ; ensuite tu arroseras le tout
li naphlË i-l lu versei-dï dessus du soufie, puis lu y mettras le ,, el lu difploieras cet appitruU en présence des liuupi'ii. Tu , » dlvcr»i>s clitoeï du mËiue genre, selon les Indications que Àiouttéûi, s'il plait à Dieu. ■
pMtmitre dtfrapptr l'ennemi avte dn ifritiguea. — l'reiuls la '•creuse d'un roseiiu, quu tu coupera? empin pat' enipau. c garde que tu puisses empoigner, ml au drapeau, à la Uuce et aux matières dont on le» ■ dans lesamusk-ntents, tu prendras une longue liaguclkl'une pointe, et cette pointe sera accompagnée de crocheta . Ensuite tu prendras de l'étoupe, et tu la dUpo- ! tiirrsce; lu arroseras eur ta surface de naphte, et l4ri$ dessus du sourre, puis tu j mettras le Teu, et lu ■ talanccenananl. Si ta Trappes l'adiersaire, tu lebles- (In lu brûleras ; si la pointe n'entre pae, tu ulleindras du idvKrsaire, lu le saisiras avec les crochets, lu l'attireras i le Terss prisonnier, s'il plnlt à Dieu. «
t recrtte de préjiariition dv feu grrgeoi: — Tu prendras Bphle, la <|uantit(! que lu voudras, lu le distilletus, de ma- I ittrc (|u'ii n'y reste ni di^pilt, ni bois, ni impureté, ni rien, en m mot, qui soit dans le cas de boucher le tube et son ouverture ; I Mtods ensuite une marmite de première qualité, et creuse daus I h terre un fourneau au-dessus duquel tu placeras la marmite ; l.lBtoduiras la marmite d'argile, de mauiêre qu'une ëlinccllc I M {misse en atleindre le s<immetet y mettre le feu ; dispose, si^r I kbjcr, un iKiuclier qui intercepte la flamme. Tu verseras dans I h marmite la quantité que lu voudras de naphte distilli! ; tu cou- |>rifwUlMu deb marmite avec une ûtoiïe gio^sicrc. Pivnds eule du gitlbanum, qui n'csl autre clioae que de la poiK liquide ; IfOorctiaque cent cinquante-cinq rotls (livres) de naphte, tuemi huit livres et demie de galbanuni, avec quinze livres « dv graines ; à défaut d'huile de' graines, sers-loi de poii. orter un grand pot de fer dans lequel tu verseras pfu à nlbanum et des graines, mets en dissolution le gallia- Vaide des graines, de sorte qu'il ne reste plus quu la Rossièi'e du galhanum : s'il te reste un peu d'buile du I. Jette-la sur le 8all>anum en État de diasoluliun ; lu veiïwraa le tout sur le naphte dans la marmite; tu couvriras lamar- Inite avec uue éliilTe grossière, tu allumeras un feu dou^ I tn foUaiit brûler des roseaux un h uu, et d'aprc&\i\ t^unnWV^ &ù.-
•>t m .itteindras ainsi ton ennemi, s'il plaît i DîeQ (I
[î '■ernit inutile «1»^ ri ter «i'.intrps formules. L ■■■ nr 1.» :iren;iraiion -ii*^ ■■'■i!r^)-n:j;?i^ n«.'i'!i«i:.i.:' irrfMs ^e r»*^iiiiieîU ti iiii'urs. .••■niriiiî ..-d Itr vî^i iiit'i.àna»' 'it* :5*.iifr»* et *Ui «ii verses -ju butant' es ■iri\y^f* on :'^i^îiaellse. »i»>iu [-^^ pn^portiims v;jrie maiiirTrr^.
^j\ïA eUit !e Qio«ie «l'emploi «ie ces composi iiii>lihli-'i pour le^ us;i:res lie la :iuerre? Le feu u -iirtoul employé chez les Grens du Bas-Empi L'iiPire de siége> et les oombats maritinjes >ir'jfr>s, on lanç.ûl le f^u grégeois avec des b man^'onn»:aux ou des arbalt-tes, contre les truv l'iTise, les tours de bois, etc.. que l'on voulait Dans les batailles navales, on disposait des brùl 1 de cette matière enflammée, qui, poussés par
• I vorahie, allaient consumer les vaisseaux ennen
•j ! ' ^ fKjsait aussi sur la proue des navires de grand
1 f:uivre ou d*airain, à laide desquels on lançait
geois dfiTis rint^ricur des vaisseaux; en outre.
POUUllES L-E GUËHIIË. SIX
ifltion dans sod mémoire sur le feu grétjeois, uel()ues passages de ces lexles curieux. piTCur l-éon le Philosophe, qui écrivit vers l'an 900 rc des /fittitutiotiê fniYiVaifvs, donne en ces termes
lîls précis sur l'emploi du Teu grégeois dans les
( maritime»:
tenons, tant îles onciens que des modernes, divers expé- Hir détruire les yaisaeaux ennemis ou nuire aux l'ijuiieliMnlcL-E Teux prépaies dans des lubcs, doii ils parlent bmil de tonnerre et unuriimèe cnllaininécqui va brûler
lus sur le9<)nela on les envoie
Vous mettrez sur le devant de lu proue un tube couvi>rt J&mr Uncer des i'i;ux sur les ennemis ; au-dessus vous ïlite plale-formc de charpente enlourdu d'un parapet lers. On y placera des soldais pour combattre de lii r des traits.
IIÙVG dans les grandes drotniines (1) des châteaux de Imli; Ulleu du pont. Les soldats qu'on j met jettent dans lus t eniiciois de grosses pierres, ou des masses de fer poin- 1« chute deà'fuclles ils brisent le navire DU tic rasent ceux Irouvcnl dessous, ou bien ils jettent des feux pour les
Il font préparer surtout des vases pleine de matières écs, nui, en se brisant par leur chute, doivent mellre te I se servira aussi de petits tube* à main, que 1 portent derrière tes boucliers et que nous ruisunstabrijf-mèines : ils renterment un Teu préparé qu'un lance e des cnDcmis.... On jvtle aussi avec un mangonneau I liquide et brillanle, ou iiuelque autre matière pré-
U V a ulusieurs autres movcns uui ont été donnés nar
314 DECOUVERTES SGIENTIVIQUES.
Marcus, auteur grec dont la personnalité est fort ince^ taine, mais qui, selon MM.. Reinaud et Favé, a écrit dau la première moitié du treizième siècle, fait connaître dan son Livre des feux pour brûler les^ennemis (Liber ignium d comburendos hostes), les moyens employés par les Grecs di Bas-Empire pour incendier les vaisseaux. .
« Prenez, dit Marcus, de lasandaraque pure une livre, duid \ ammoniac dissous, même quantité ; faites de tout cela une pâle j que vous chauflcrczdans un vase de terre verni et luté soigneme- j mcnl. Vous continuerez à ctiaufl'er jusqu'à ce que la matière lit i acquis la consistance du beurre, ce qu*il est facile de voir en istrodutsanl par Touverture du vase une baguette de boisa laqoeOe ' la matière s'attache. Après cela vous y ajouterez quatre livrei ■ de poix liquide. On évite, à cause du danger, de faire celte préparation dans l'intérieur d une maison.
« Si l'on veut opérer sur mer, on prendra une oulre, une peii de chèvre, dans laquelle on mettra deux livres de la composilioii que nous venons de décrire, dans le cas où l'ennemi est à proximité; on en mettra davantage si l'ennemi est à une plus grande di:>tance. On attache ensuite cette outre à une broche de fer, dont toute la partie inférieure est elle-même enduite d*une matière huileuse ; enûn on place sous cette outre une planche de bois proportionnée îi Pcpaisseur de la broche, et l'on y raêl le feu sur le rivage. L'huile s'allume, découle sur la planche, et l'appareil^ marchant sur les eaux, met en combustion tout ce qu'il rencontre (1). »
Ainsi ces bnllots n'avaient pas de mouvement propres ils devaient être dirigés par des nageurs ou poussés parle vent; la broche qui portait les ingrédients inflammable» servait ensuite à fixer, par sa pointe, le feu contre les flanca du vaisseau. Gomme le remarquent MM. Reinaud et Favé, celle disposition était fort habilement calculée pour le but qu'elle devait atteindre. Une substance enflammée, sus pendue au-dessus de la surface de Teau, protégée par son
f 1) TraducUon de M. Hoéfer {Histoire de la chimie, t. I, p. 285).
^Ire raltcinlc <les vagufs, cl qu'un veni léger
k.pODfiser vei's lei nnvires, était sans conlredil un il*înc«;ndie îles [ilus rudoulables, surtout quand on ait us»gc pour la premièiL' fois et avant que l'fnuemi ^ia k s,e prémunir coutre les attaques de ce i^enrtf urd'hui, disent MM. Hi-inuud cl Pavé, on po □jcns d'incendie qui agissent à de grandes , et l'on n'en connall peut-être pas d'aussi efncacj iistanccK rapprorhifes. »
oit, par ce qui prér^de, que thcï les Grecs du B fe.ie feu grégeois Tut employé surtout dans lescoint mer et dans les sièges; dans les combats sur terre, eçul que de rures applications. Mais son usage, dans rre marilinie, devaitavoir reçu des développements IvndUii, puisque, suivant une chronique anonyme «r Ml Luianne, le nombre des uaNires armés de feu lis B'éleva jusqu'à deu.t mille, dans une expédition lise, soui Romain le jeune, contre les Sarrasins de 1 Crète. Pour bien comprendre d'ailleurs ses effuls, ml pRS perdre de vue qu'à celle époque les navire ivaieol s'attaquer que de près, et que les c n venaient lnut de suite ^ t'abordage.
Bndnot' le feu grégeois Tul employé en quelques o » dans les combals sur terre ou pour l'allaquc des asts. Le manuscrit arabe de la bibliothèque de 1 elle par MM. Heinaud et Pavé, et que nous avons à l'orciision d'invoquer, fournil les détails suivants oiaaiôre de Taire usage, dans ee cas, des mélanges liaii-es:
ipitTt des tlratagfmti, tt manitrt d'aifirir IfrfffUdu (ru. ndf, avec la faveur lie Uieu et son secours, une turliiine à di! roufre JAunc pulvëriié, meU-le dnns Am juntis vl'i leB ilgnanE le mime poids de naphlc h1eu; tu Ijoiulierns In ■ jures avec du vieux linge, et lu les ciilenerus iIjiiis iIii
3 1*: D^GOCTERTES SCIENTIFIQUES.
iT*tîin frais: change le crottin dès qu'il sera refoidi, et cela l<rnàint quarante jours, jusqu'à la fin de Topëration. Prcnd<de il man:a>$ito jaune pilée, mets-la aussi dans les jarres vertes, el joinS'V la ménie quantité d*urine d'enfant; tu boucheras la tète de> jaries avec du vieux linge, tu les enterreras dans du crolln frais, et tu changeras le fumier, quand il se sera refroidi, pesdjinl quarante jours. Prends la marcassite en te couvnvt U KM;oho. comme je t'ai dit de le faire au chapitre de la trempe di fi r : tu retireras ensuite le naphte qui est combiné avec le soufre et qui forme une substance noire tirant sur le vert; pour U nurcd«>îte. elle est devenue noire et en partie consumée. Ta dêvd! itéras Turine et le naphte à part l'un de l'autre et en les (Visant à un tamis de crin: tu les mêleras ensuite par portions r;:iUs. et tu \ joindras le même poids d'un vinaigre fait avec i:ii wn acide et vieux. Mets à part cette composition pour leino- :rt lit où lu en auras besoin^ s'il plaît à Dieu.
• Lorsque tu voudras renverser un château^ un mur ou toute .iutre con>truotion, soit de pierre, soit d'une tout autre matière, •>:di-i.nt* aux artiticiers de tirer des vases une portion de ce naphte ainsi trailê par le soufre, la marcassite, l'urine et le vinaigre do \in : ils lanceront ce mélange sur l'objet que tu veux détruire. Aie xnn de choisir le moment où le vent est tourne contre l'en- Ut mi ; par Vx les artificiers ne se trouveront pas en face du vent, eip->sés à >e faire mourir eux-mêmes. Après cela, tu feras avancer d'autres hommes avec du feu et du naphte. En effet, le feu du naphte^ lorsqu'il a ressenti les exhalaisons de ce liquide, s'en- Il iinme, s'étend, grandit, et produit un grand bruit avec un siftleinent terrible. Le spectacle qui s'off'iira à les Jeux sera horrible : tu verras le château, s'il est bàli de quartiers de pierre, >*èbrdnlor et se fendre ; les blocs se précipiteront les uns à U suite des autres avec le bruit du tonnerre et un sifflement épouvantable. Si le château est bâti de pierres et de mortier, tu It* ven as, au Im^uI d'une heure, démoli et consumé ; s'il reste quelt|ue débris qui ne soit pasbrûlé, fais approcher les artificiers avec le liquide pn^paré et du naphte ; le naphte prendra feu, et ce q»i est dans Tinlérieur sera consumé. Il s'élèvera une fumée noire ft èiviisse, et l'ennemi périra à la fois par la puanteur et par l'incendie: il ne se sauvera que ceux qui auront pris la fuite avant (i>! sentir la mauvaise odeur, et avant que le feu les ait atteints. Pii"* s.Muu\ |HMulant ti-ois jours, ne pourra pénétrer sur le théâtre Ji' I incendie, â cause de sa fumée, de son obscurité et de sa puan*
IDftBS DE GUEttitB.
Si In v^i mettre en rtiitc les diffunscm-s Ai\ ce chAlenii^ rani»» lienucotip île bois i U porte, etallunds qu'il sourtlc uni ttnl <t)i>li-iil cuulru l'édifice; lu ordonncma nui nuviim-a eA| napiili- >li' Unrer du liquide pri'pai-i! sur le bois ensuilo ils alta
SiTOntle boU, avtc «lu reii denaphle. Quand les défenseurs di llcâu sentiront l'odeur de celle eau, ils périront, et il ne sesau- IKm qu« ceux qui auront pris la fuite. Ou ne pouiTa pas se main- 1 knir un seul instant dans le cti&teau à cause de la fumée, dafl PfllMcurilé, de l'odeur infecte et dé la chaleur. Si la porte dal titUnit est de fer et que tu veuilles enforcer l'entrée, fais-y lan- I ser de cette eâu, puis lu l'attaqueras avec du feu de napbïe ; la I porte sera bnsi'e, mise en [lièces ; elle tombera par terre à l'hci: même s'il pUit à lUen. »
^^Bpf^a U prise de Cûiistatilinople pnv les cioÎ^k^s, eii I MU, la connaissance du feu grégeois se répandit chez les I Arabes. Paiil-ll penser, nvec M. Lalnnue, que les innuè-f le» an durent la communication à quelque Grec fugitiT,! ou peal-6(rc mâiue ti l'empereur diiliâné Alexis III, qui, relira «0 1310 11 la cour du sultan d'Iconiuni, en obtint 1 une armée contre ies princes grecs do Mcée, et aurait pu 1 de cette manière chercher à payer au sultan son hospila- 1 1ilé?ll est. selon nous, plus probable que les Arabes em- [irutitàrcul aux Ctunois l'uit des compositions incert- J iliaires. En ell'et, au sepliénje siècle, certains rapporisil »»ient commencé de s'établir entre les Arabes
lis, et ce dernier peuple avait envoyé, au premier siéclQV igire, une ambassade !i la Mecque Au buili^me ela