POUDRES DE GUERRE. M
« rerélu; en effets l'ennemi ne se doute pas de ce qui est c^cbc « sotu ce déguisement qui oflre, pour ainsi dire, un objet d'une « Mfuïe pièce. C'est une ressource précieuse pour quiconque veut I « recourir à ce stratagème. Mais, d'abord, il est indispensable de • iamiliariser son cheval avec un équipement si étrange; autre-
> ment, le cheval s'cfTaroucherait et renverserait son cavalier.
> Voici le moyen qu'on emploie : On bouche les oreilles du cheval
> avec du coton, on tient prêtes les fusées... avec les sonnettes,
> lesma»ues et les lances : on fait détoner un petit madfaa sur le «cheval, on fait fuser les fusées...; ensuite on débouche los
> oreilles du cheval, Tune après l'autre. Cet essai se fait dans un « liea isolé, pour qu^on ne soit vu de personne. Même quand l'essai « est terminé^ on ne revêtira les chevaux du caparaçon que dans
* on lieu à part^ et loin de tout regard. Étant ainsi habitués, si
* Ton veut s'avancer au combat, les chevaux savent où on Ie4 « mène, et s'animent à rattaquc.S*ils sont poussés contre un corps ■'darmée, quel qu*il soit, ils le rompent. Mais il faut que, devant f chaque cavalier, un homme marche à pied muni d'une massue « tasperger. Ce fut le moyen le plus efficace qu'on employa pour «repousser Houlagou. lies rois doivent- entretenir dans leurs
* arsenaux ce qui est nécessaire pour en assurer TelTet, surtout
< coDtroles ennemis de la religion; si quelques-uns ont négligé cc
* moyen, c'est qu'ils n'eu ont pas connu la puissance. Quanil I" « cavalier s'avance vers rennemi, les troupes doivent marclin
* derrière lui : c'est une raison pour qu'il évite de revenir mii
* ses pas; autrement le désordre se mettrait dans les rangs, d « il s'ensuivrait une défaite. Qu'il marche sans crainte; personiic
< n'osera s'opposer à lui, ni avec l'épée, ni avec la lance, n
« Il est dit, à la fin du passage, ajoutent MM. Rcinaud et Fa\i'*. quclonvpie l'arlincier s'avance vers l'eimcmi, toute l'armée d"il se Illettré en mouvement après lui. C'était pour profiter du dôsordro qui ne tardait pus à se mettre dans les troupes ennemies, i-'ne autre chose que l'auteur arabe ne dit pas, et à laquelle il fallait veiller, c'est que les matières incendiaires qui devaient jeter la terreur chez rennemi devaient être assez bien ménagées pour qu'on eût le ti'mps de produire l'etTet voulu avant qu'elles fussent consumées. Pour cela on mesurait la distance que l'artificier avait ù francliir; et si l'on avait des raisons de croire que l'ennemi épargnerait une partie du chemin, on tenait compte de la différence. En pareil cas, latactique di^ l'ennemi consislait à déjouer les calculs. Eu conséquence, il fallait que le général
3i4 DÉCOUVERTES SClENTinQUES.
(|ui machinait celte espèce de surprise mit le plus grand mystère '. dans l'opération. C'est ce que fait entendre l'écrivain arabe, quand il dit quc^même après que les chevaux étaient suffisani-: ment dressés, on ne devait les revêtir du caparaçon chargé d'artiûce que dans un lieu dérobé à tous les regards.
« Voici un exemple sensible de ce qui se pratiquait à cet égard. On était alors dans Tannée 699 de l'hégire (1300 de J.-C). L'armée du sultan d'Egypte en vint aux mains, aux environ^ d'Ëmèse en Syrie, avec l'armée de Gazan, khan des Mongols de Perse. Suivant l'historien arabe Makrizi, au moment où raction allait commencer, Gazan ordonna à ses troupes de rester immobiles, et de ne bouger que lorsqu'il en donnerait le signal. Tool à coup cinq cents mamelouks égyptiens, choisis parmi lesartifi^ cicrs, sortent des rangs de l'armée, leur naphte allumé, et s'élancent de toute la vitesse de leurs chevaux ; mais, au bout d'un cer* tain temps, comme les Mongols étaient restés à leur place, le naphte s'éleint, et les artificiers voient leurs espérances déçues. C'est alors que Gazan commande la charge (1). »
Ce ne fut point contre leurs voisins que les Arabes Orent surtout usage du feu grégeois. L*art des feux de guerre avait depuis trop longtemps pris racine dans l'Asie pour que les Orientaux n'eussent point appris de bonne heure à se préserver de leur atteinte. Le feu grégeois fut principalement dirigé contre les chrétiens, dont les croisades amenaient les incessantes irruptions sur le sol des infidèles. On connaît, par les récits des historiens de ces guerres, l'épouvante que ces moyens de combat semaient dans les rangs des croisés. Il est d'ailleurs facile de comprendre la surprise et la terreur que devaient éprouver les Occidentaux, habitués aux luttes loyales de leur pays, où le fer n'avait que le fer à combattre, lorsque tout d'un coup ils se trouvaient en face d'une attaque si étrange et si imprévue. Quel que soit le courage du soldat, il n'aime pas à braver les périls dont il ne connaît point la nature ; les dangers qui s'environnent d'un caractère surnaturel ou
(!) Dm feu grégeois [Journal asiatique, 1849, n* 10).
llix (çliicent les pins inlriJpidea cœurs. Ur, l'emploi sTeux ji h (guerre avait quelque chose de magique eu pueace, qui devait Irès-viveaienl agir sar l'imagiRalioii f Earopéens. Qu'on se représente ua chevalier chrétien Afioé dans son étroite armure, et qui tout à coup ilaniver sur loi, an galop de &oq cheval, un musulman ■* du feu grégeois. Avec la lance à feii, le Sarrasin dî- (e la Oitmnie ardente conlre le visage de son ennemi : M la mas3ue à a»perger, il couvre sa cuirasse du mélan^rc dbmmé, et le guerrier, tremblant, éperdu ù celle appulioo magique, se croit, avec horreur, à demi consumé 4U soa armure brillante.
JoioviUe, daniisa précieuse ubruniiue, nous a laissé de irieus t<!nioignages de l'impresMon produite par les Teux U iJarrasins sur l'armée de saint Louis, qui vint porter la urreaux bords du Ml en 112^8. On nous permettra de tprodnire une partie du récit de ce chroniqueur naïf, his- ■rieD et acteur de ces guerres loinlaioes.
• Ung MÎr oilviiil, dit iuinvllle, que les Turcs amencreni un^ Bghiqu'ili ap|ieti>ient La peiriere, uns terrible engin à malfuire : lleiBûdreQtvisàTisdeschuchaleili (t)quc m essî ru Gaultier iCurcl et mov guettions de nujt, pa.r lc'|uel engin ili noue elktlt^nt le TtiU grégeois à planté, qui tstuit la plus orrihie cho«e u oncqnn jamés je veUse. Quand le bon ctievalier messire iultier mun compsgaon vit ce feu, il s'escne et nous dist : Seininir, ngos sommes perdui à Jamais sans nul remède. Cur s'ils >nul«iil DOE chaz ebateilt, nous Wmmes ars et hrusiei; et si NU lÙMons nos gardes, nous sommes ashontez. Ptmrquoy je Miclu que nul n'est qui de ce péril nous peuat (Ittlendru, si ce
|l) Lte chat chaleiii dont parle JatnvlUe étiient |irolMti!emenl des Mn da buU lUt» lenquelli-i ■« renfermaient durant la nuit lu tuldatu m dnaloil dcfrndrd I» Irtvaiii cammencéi. Len Krincais traolllali^iil iwtrs}uunpa*ug«>uruneite<Lrioch«» orlcDlaltfSiluNII. tlsavalïul outroil una dlRuv pour Iravcrsït le fleuve ; i droite cl t ({Buche ije Wt dlgu« Ile tialeol ptdcri ces '■An: clialnli que les musulin*ii« s'cf- "t^lNitd'Inoandler pendant la nuit pour cinpMi«r le passbuede t'ai'
826 DÉCOUVERTES SaËNTlFIQtîES.
ifest Dieu notre berioist créateur. Si vous conseille à toas,qit toutes et quantes foiz qu*ilz nous getteront le feu grégeois, <|il chucun de nous se getle sur les coudes, et à genouls, et criiM mercy à nostre Seigneur, en qui est toute puissance. Et taotairt que les Turcs getterent le premier coup du feu, nous nous oA* mes à coudez et à genoulz, ainsi que le prcudoms nous vék enseigné. Et cheut le feu de cette première foiz entre nos M chazchateiiz, en une place qui estoit devant, laquelle avoientM nos gens pour estoupper le fleuve. Et incontinent fût estainlli feu par ung homme que nous avions propre à ce faire. La nu* nière du feu grégeois estoit telle, qu*il venoit bien devant nd gros que ung tonneau, et de longueur la queue en durcit M comme d'une demye canne de quatre pans. 11 faisoit td bnli venir, quil sembloit que ce fust fouldre qui cheust du cîfll,il me sembloit d*un grant dragon voilant par l'air, et getloitii grani clarté, qu'il faisoit aussi cier dedans notre ostcommek jour, tant y avoit grant flamme de feu. Trois foys cette nuytéi nous getterent le dit feu grégeois avec ladite perriere et quaU foys avec i'arbaleste à tour. Et toutes les foys que nostre bon Roy saint Loys oyoit qu ilz nous gettoient ce feu, il se gettoili terre, et lendoit ses mains la face levée au ciel et crioit à hasii voix à nostre Seigneur et disoit en pleurant à grans larmes: Beau sire Dieu Jésus-Christ, gSirde moy et toute ma gent;etcio| nioy que ses bonues prières et oraisons nous eurent bon mesUtf El davantage, à chacune foiz que le feu nous estoit cheu devant, il nous envoyoit ung de ses chambellans, pour savoir a quel point nous estions, et si le feu nous avoit grevez. L*ui» des foiz que les Turcs getterent le feu^ il chcut de cousté le du chateil que les gens de monseigneur de Corcenay gardoieat,c fei'iten la rive du fleuve qui estoit là devant^ et s'en venoitdroi àcul'i, tout ardant. Et tanloust veez cy venir courant versmo ung chevalier de celle compagnie qui s'en venoit criant: Aide nous, sire, ou nous sommes tous ars. Car veez cy comme u grant haie de leu grégeois, que les Sarrazins nous ont traict, qi vient droit à nostre chastel. Tantoust courismes là, dont besoin leur fut. Car ainsi que disoit le chevalier, ainsi estoit il etcsta gnismes le feu à grant ahan et malaise. Carde Tautre parti Sarrazins nous tiroient à travers le fleuve trect et pilotz io ilous estions tous plains (1). »
(1) Joioville, Uisfoirt du roynaint Loys^ 1068, p. 39.
l-OUIlHCS DE tiUlïllIlt. Ml
Le feu ^réfceois, dont il est rpieslion dans ce curieux [HiKï«ge, était lancé par ilifTi^rcnfes inacliînes, telles que les orbalèleM à tour, les jfècfiex à mongotincnu, elc, dont Ml. Reinaud et Favé ont restitué avec beaucoup de bonknr les descriptions et les figures. Joinvillc parle plus Imn àa Teu grégeois lancé directement à la main par des Mldnlsoii des vilains.
■ Devant nous avoit deux heraulz du Bo;, dont l'un avoit nom GmitauiuedeBron, et l'autre Jehan r!e Gaïmaches, auxquels les nirrs ()ui e»loient entre le ru et le llcuvc, comme j'ay dit, ame- HRntloiit [ilain de villainsA pië.gensdu pais,<]ui li^urgelloienL kanâ mottes de terre, et de grosses pierres à tour de brux. Et H damier ils amenèrent ung autre villain Turc, qui leur gecta tndl fuii le Teu grégeois, et à l'une des Toiz il i^rint h la rolie de Gnillaumc de Bron et l'estaignit lantost, dont besoing lui Tut. Car tilt w fiisl allumé, il Tust loul brusié.
* Vous dira; tout premier de la bataille du conte d'Anjou,
^ni [iut le premier assaill j, parce qu'il leur esloit le plus proucite du Cuuslé de devers Babilone. Et vindrent à lui en Taçon de jeu iTefchetï. Car leurs gens à pié veaoient cuurant sus k leurs )(nu, et les lirusloient du feu grcgeoîs, qu'ils gectoient avecques iMlnifueufii qu'ilz avoient propices... tellemeni qu'ilz deconlinnt la lulaille du conte d'Anjou lequel esluit à pie entre ses dinahctsà moult grant malaise. Et quant la nouvelle en vint U Roj, et qu'on lui eut dit le meschier ou estoit son frère, le bw Roi n'eut eu lui aucune tempérance de aoy arresler, ni! d'iltendre nullv ; mais soudain Terit des espérons, et se boule Hnal la bataille l'eapiie au poing, jusques au meilleu ou esluit WB trae, et ire* asprement Trappoil sur ces Turcs, et au lieu ou iltiuil le plus de presse. Ï.I 11 endura-t-il maints coups, et lui a)[ilircDt lesSsrratins la culliËrede son cheval de feu grégeois... hl'mtre bataille estuil maître et capitaine le preudoms et liÉrfjnwwireGuTMalvotsiUflequeiruirorlliléciâeQson corps. Et tUuit le* Sari-uiina la grant uonJuile et hardiesse qu'il ovoitxt toiiolt en M tiulaille, ili lui tiioienl le feu grégeois sans lin, («llemeot que une foli tul, que a gruni peine le lui peurent plaindre ses gens; maU nonobstant ce, tint-il fort et terme, sans i^>l<r vaincu des Sarrasins (I). ■
LftutltUI- UulK- iiirtoilci-» oui l'iillvovetlrlmidccv» t):<'\V<:V\\Kv
:t2K l»ËCOUV£KTËS SCllUtTmuUi^*
Gomme tous les chrétiens, dont il partagea les périls, Joioville avait conçu une grande épouvante des effets ài feu grégeois, et cette impression est clairement recoDDaii* sable dans l'exagération de ses récits. Il faut bien le recoo* naitre» en effet, le feu grégeois, qui avait exercé de grands ravages dans l'origine, et quand ou l'employait à ioceodier des navires ou à détruire les travaux de défense des cités, était peu redoutable dans les combats corps à corps. Ce irétait, à vrai dire^ qu'une sorte d'épouvantail. ÉmineiDment propre à incendier des barques, de petits bàtimeots, des tours de bois, des palissades, objets trés-combusli* blés, il était moins redoutable pour les hommes que le fer des lances ou l'acier desépées. Dans toutes les chrooiqnes qui parlent du feu grégeois pendant les croisades, il n'est pas dit une seule fois, selon M. Lalanne, qu'on doive hri attribuer la mort d'un homme. Comme on le voit dans les récils de Joinville, Guillaume deBron en reçoit un pot sur son bouclier, saint Louis en a la cuUière de son cheval touU remplie^ Guy Malvoisin en est tout couvert, sans qu'il eo résulte pour eux aucun accident sérieux. On voit, d'aprè> cela, dans quelles erreurs sont tombés les historiens, qui, d'après les récits de Joinville, ont si démesurément grossi les effets du feu grégeois ; et combien il y avait loin deref projectiles qui, c( lancée à la face de l'ennemi et leur brûiônt a la barbe^ leur faisaient prendre la fuite (1), » à ce feu qui» selon Lebeau, « dévorait des bataillons entiers. »
M. Liilanne fait remarquer avec raison que si le feu grégeois eût élé aussi puissant dans ses effets que l'on! dit \e^ écrivains modernes, il aurait indubitablement opéré Qoe
incendiaires dont les Arabes tirèrent un si grand parU dans toute l^ durée des croisades; mais nous avons cru pouvoir nous en tenir au' récits de Joinvitle, dont la fidélité comme chroniqueur est si \Àti
établie.
(1) Anne (Ximnène, Aiexiadt^ liv. Xlll, p. 2SJ.
v-inliilion li.ins l'.irl (le h guerre. Ur il n'en es I rien, el oiM les outrages origioaux <le celte époque monlreat que «[eugri^geois élail loin d'avoir fait abandouner les ppojtetile&, tnOme les plus grossiers, en usage de loule anlir ipùlé. Ainsi l'empereur Léon ordonne de lancer sur les Iptires ennemis, de la pois enflammée, des serpents, des icorpions et autres bétes veuimeases, > et des pots pleine
• de chaux vive, qui, en se briscint, répandent une épaisse
• famée dont la vapeur sulToque et enveloppe d'obscuriltf
• les ennemis, u
Ceil ici le lieu de relever une autre erreur accréditée ftr tous les historiens ; nous voulons parler de la prélen- (htt iwxtinijuihitité Au feu grégeois. Au dire de tous nos talears, l'eau Clait impuissante h éteindre l'incendie allumé par ce feu : le vinaigre, te sable ou l'urine pouvaient vdIs arrêter bC» rnVRgcs. Ce préjugé exisluil, en elTel, chei; 1« chrétiens, mais il n'était que le résultat de la terreur qu'Inspiraient les mélanges incendiaires. Les écrivains de l'ipoque ne font nulle part mention de ce fait, et l'examen Il moins atlenlif des textes originaux aurait suffi pour 1-^ fMuireè rajuste valeur. Il y avait dans l';irméedes croisés dti alaigneurit, pour éteindre l'incendie allumé par les Itoxdes Arabes ; c'est ce qu'indique Joinville duns ce pus- *lge : Il fui e»laijtl le feu par ung homme r/ue nous avione pro- 'fn net faire, n Joinville dit, en parlant de Guy Malvoisîn ; " «M fois fat que à i/rnnd'/jetne le lui jiurent éteindre nex "gtnt.it n ajoute nilli'urs que le feu grégeois ne leur Dl Micnn mal, parce qu'il tomba dans le Reuve. Mais un autre mie tranche la question d'une manière bien plus concluante encore. Cinname, parlant d'une chasse donnée par iti Grecs à un navire vénitien, s'exprime en ces termes :
• Les Grecs le poursnivin-n t jusqu'à Abjdos et s'efforccrenl de li: bniiler vn lançant te feu mëde ; mais les Vénitiens, accoulu- "ii'*il leur HHHite, navJKuerenl en Imilp g^curilé, ayant recovivi-rt
s Si DtaHimTEs scibutifiotes.
H enhomé leur navire d'étoffes de laine imbibées de vinaigre. Aoisi Ws Grecs s'en retoornerent ils sans avoir pu rien faire ni atteindre leur Imt : car le fea lancé de trop loin, ou ne parrenoit fosjiBqn'an bastiment, on. atteignant les eâtoffes, estoit repoussé, et s'esUigmoU en fojmbaâu éatu Veau (I). »
Os textes, empruntés au mémoire de M. Lalanne, prou* Tent qae le feu grégeois n'était nullement, comme on I^ toujoors prétendu, à Tabri des atteintes de l'eau. Oo i ti d*ailleurs, à propos des brûlots employés chez les Bjfzaatins, que le feu grégeois destiné à incendier les navires n était préserré de l'action de l'eau que par l'artiGce de I appareil qui le tenait suspendu à la surEace de la mer et bors de l'atteinte des Tagues.
il ne faudrait pas cependant conclure de celle obsera* tion que, dans certaines limites, le feu grégeois ne pûl risi$ter à Taction de l'eau. La présence du salpêtre, qui foitfnissait au mélange incendiaire assez d'oxygène pour que 5JI combustion pût se passer de l'oxygène atmosphérique, pouv^t lui permettre de brûler pendant quelque temps bors du contact de Tair. Plusieurs de nos pièces d'artifice do guerre peuvent, de la même manière, brûler quelque temps sous reau« et tous nos canonniers savent qu'ils ne peuvent empècber leur lance à feu de brûler autremcol quVn la coupant. Si, pour l'éteindre, ils meltaientlepicd sur la partie qui flambe, ils brûleraient leur soulier sansj parvenir. M.iis il y a loin de cet effet momentané à tout ce qu VHit écrit les bistoriens sur ce feu a que l'eau nourrit^it (îH liem Je réteindre. m
|i CinnamuA. P- 1^.
POUMKS DK QUEnitE.