CHAPITRE XL
Deuiène série des assoeUtioBS huiaiBes.
4"* La Soienoe et IXnieîgnenieiit.
La culture et renseignement des sciences est un des buts les plus importants de la vie humaine. C'est la Science qui donne à Fhonmie la possession de la vérité , et c*est la possession de la vérité qui peut seule régner sur les intelligences et rendre les hommes vraiment libres, en leur enseignant Yeniploi rationnel qu'ils doivent faire de la liberté. Les plus vastes problèmes 4e la destinée, humaine , ^ grandes questions sociales qui se sont posées. oe nos Jours , celles qui surgiront -encore dani^ l'ave* nir; toutes ces questions , leur sort et leur soh|«tion, sont iÉlimement liés à la qplture. indépendante des sciences, et de celles en pasmulier qui, comme les sciences morales et poÛtiqifes , OMt la mission de rechercher et de développer les principes généraux , d'ouvrir des vues nouvelles dans le monde moral et social, et de proposer sans cesse à l'activité humaine des problèmes plus vastes et plus nettement détermina.
Les sciences sont cultivées et professée^ individus, isolés ou réunis, qui eiifSnt^b
prédominante de leur vie. Les découvertes se fout toujours par le génie individuel; mais elles sont préparées, inspirées et développées par des travaux communs, des associations scientifiques , qui mettent les intelligences dans des contacts plus ou moins fréquents ou réguliers. Partout où l'histoire nous signale un mouvement fort, rapide et étendu dans les sciences , nous nous trouvons toujours amenés à quelques centres, à quelques réunions d*hommes, liés entre enx par les rapports de l'amitié ou par les relations intimes de maître et d'élève. Ainsi, dans l'antiquité, tout le développement de la philosophie et des sciences a, pour point de départ, quelques foyers constitués par une succession d'individus, dont Tun s'était inspiré et fortifié dans le commerce de Tautre, et qui, bien qu'appartenant à la même école, conservaient néanmoins leur liberté dans un développement plus méthodique et plus étendu des principes communs. C'est cet enseignemeut , à la fois libre et intime , qui ft donné à la science une culture si élevée et li rapide. De même les progrès des sciences et des lettres, depuis le Christianisme, sont dus à des réunions dliommes, adonnés à des études analogues et poorsuivantupbutficientifique commun.Dans le Moyen- Age, des communautés religieuses se livrerai spécialement à des travaux philosophiques et littéraires. Plus tard , pénétrés vivement du besoin de concentrer les efforts intellectuels pour la recherche de la vérité, des hommes formèrent des sociétés savantes, des académies indépendantes tout à la fois du pouvoir ecclésiastique et du pouvoir politique. Les universités s'établirent ensuite, et toujours les doctilues nouvelles trouvèrent une propa-
gation rapide et un succès certain, quand ceux qui te adoptèrent purent former et fortifier leurs convictions, par un échange incessant de leurs idées ou par des relations intimes avec le créateur d*un •ystème.
^ L'association des esprits, pour des travaux intel- Mtnels communs, peut donc seule opérer et soute^- ^Ar les progrès des sciences. Cette association est fQrtout nécessaire aux époques comme la nôtre , M des principes nouveaux , dans Tune ou l'autre ÉS^è^de l'activité humaine, tendent à remplacer )(ki à compléter les principes anciens ; car il est de la nature des principes anciens d'offrir toujours une pliis ou* moin» grande résistance, et cette résistance be peut être yédncue que par les efforts des partisans des idées nouvelles , réunis pour les dé* f^dre et les propager.
Les institutions, ayant pour objet de cultiver les sciences et d'en répandre la connaissance, sont les sociétés savantes et les divers corps enseignants , dont la tète est représentée par l'Université. Le but de l'Université est d'être, dans l'enseignement, la représentation vivante de l'universalité des con* naissances humaines; d'exposer librement toutes les sciences dans leurs derniers principes et dans leurs relations intimes, comme des fonctions principales de l'organisme général de la science; d'initier la jeunesse aux dernières raisons des choses; d'élever ses sentiments par les vues supérieures qu'elle puise dans cette étude, non-seulement pour la rendre capable d'embrasser une profession savante spéciale , mais pour en faire avant tout des hommes généraux , aptes à saisir les faits et les événements de la société dans leurs liens, leurs
causes et leur portée géa^le, et à se placer ainsi à la tète de tout le mouvement intellectuel, moral, religieux et politique de b société. L'Université qui ne remplirait pas ce but priverait la société du plus puissant levier de la civilisation ; en 'énarvant rinstruction de la jeunesse , elle ne formerait que des hommes à idées étroites^ sans principes,* sawi caractère, et qui, dénués de convictions sur tel grandes questions qui intéressent THumanité , ré^ pandraient rindifférence et le scepticisme jÉur toot ce qui est vrai, grand , beau ou divin, et intaifliit naître Timmoralité, suite Inévitable d*an pardH état intellectuel. ^ '
L'Université doit fi(ilrmer,^v^ tqdif lea^qgrès'de l'instruction et de réduca!ipn:'u|[-;toà^^ d'après des principes (5ommqiQ9; lesîïu^fËotibnâ enseignantes doivent constituer avec les sdÛétés savantes un corps unique, le corps savant ou VEUU scientifique de la Société , état qui comprendra, comme membres sociaux, tous ceux qui ftmtde la culture des sciences ou de l'enseignement la vocation prédominante de leur vie.
Cette unité du corps savant et enseignant, embrassant la totalité de ses membres, n'existe pas encore en réalité, et aussi longtemps qu'il y aura des divisions profondes sur le point de départ, sur les principes et sur la relation des sciences et de l'enseignement, avec d'autres domaines de l'esprit, par exemple, avec la Religion, il est impossible de réaliser l'unité d'organisation du corps savant; fictive qu'elle serait, si un pouvoir extérieur s'avisait de rétablir, elle ne pourrait être maintenue que par la contrainte, et amènerait certainement ce malaise intellectuel qui résulte de la compression
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des facultés libres de l'espirit. L'unité dans l'organisation scientifique doit être le résultat naturel du déyeloppement des sciences, du rapprochement des opinions, du triomphe de la vérité. Mais avant que ce dernier terme puisse être atteint, la science et l'enseignement peuvent se constituer dans plusieurs sphères moins larges, plusoumoinscoordonnées. De même que l'Etat politique, embrassant la vie civile d'un peuple, a été précédé de l'organisation de la cité et de la province ; de même, la science et l'enseignement se constitueront d'abord naturellement en eammunei scientifiques; puis, ces communes, après s'être consolida dans leur intérieur, s'associeront avec d'autres corps savants et enseignants, et formeront une prùvince intellectuelle pour arriver dans un développement ultérieur à l'unité d'organisation de Y Etat savant.
Mais ces progrès, poiu: être réalisés successivement, dépendent de deux conditions. Tune externe, concernant l'indépendance de la science et des corps scientifiques de tout pouvoir politique ou religieux, condition sur l'examen de laquelle nous reviendrons ;.ripitre, interne, fixant les garanties de liberté qui doivent être observées dans le sein même du corps de la seieiice et de l'enseignement. Nous allons déterminer cette condition plus en détail.
Il faut que la liberté la j^ complète règne dans les travaupc des sortes savantes, que les membres soient libres de traiter toute gestion qui rentre dans le cadre des joAcitières embrassées par la société et dans le sons qsdt^est l'expression de leur conviction. La même liberté* doit régner dans ï seignement et ses différents degrés. Quiconqn
donné des preuves de savoir, doit pouvoir ouvrir un enseignement, dans l'esprit qu'il croit conforme à la vérité et suivant la méthode qu'il juge la plus fiivorable à l'avancement des élèves. Cette liberté est surtout une condition de vie et de progrès dans l'instruction supérieure ; là, en effet, il s'agit du perfectionnement continuel des doctrines, des méthodes, de la découverte de nouveaux principes, qui renversent ou complètent les théories précédentes. Or, il est dans la nature de tous les hommes, d'abandonner difficilement la doctrine qu'ils ont professée dès leur jeunesse, et de s'opposer même à la propagation des idées nouvelle; il fout doue que dans tout corps enseignant la liberté donne entrée à des esprits Jeunes, qui, par leur activité, leur zèle, et aussi par des principes nouveaux, porte* ront une sève toute fraîche dans les institutions enseignantes rt les empêcheront de rester stationnaires ou de rétrograder ( 1 ).
Dans la constitution et l'organisation intérieure des sodétés savantes et des oorps '.enseignants, fl fout suivre les principes étsd)lis par le droit de so^ dété. La société scientifique, composée de tous ceux qui sont voués à la culture des sciences et à l'enseignaient, doit être distribuée en plusieurs
(1) Ce prinoipâ, d'une grande port^, «4il''réafifé, dopeis des siècles, m AUemagQe;piir l'institudoq dés Pniml4oeptètên. Voir sur cette institution et sur ses av^uitages .pour les progrès de l'enseignement, Mighaiclis, Raîsonneme(it sur les univer' sites, 1778, in-8*, et Gonsra, kdppôrt sur V Etat de Hnstruction publique dans quelque^ pays detjiHemagne et surtout en Prusse, Paris, i83t, in^^; <-.
classes et en plusieurs degrés liés entre eux. La coiAaposition de chMie classe, de chaque degré, ne pent élre le r^ultafque d*une élection à laquelle concourraient, non-seulement ceux qui font partie de la section, mais ceux qui, après avoir donné des preoies de science et de capacité, sont conai* dér4, à divers titres, comme membres du eorpa scientifique et enseignant. Ainsi, dans les sociétés savantes, Télection ne se ferait pas d*en haut, mais par les membres de tous les degrés composant la section dans laquelle serait faite l'élection. Il en serait de même dans l'enseignement. D'abord la H* berté mettrait chaque jeyne savant à portée de faire reconnaître ses talents par ceux qui veulent en profiter, c'est-à*dire, par les auditeurs qui, s'ils nb sont pas les meilleurs juges de la science, le sont au moins de la méthode et du talent qu'un professeur développe dans son exposition. Ensuite, la nomination à des postes plus élevés se ferait parmi les membres actif^du degré immédiatement infé* rieur, mais avec le concours de tous ceux qui appartiendraient, à des titres divers, à une branche d'enseignement. Les divers degrésderenseignemoit seraient mis ainsi en relation entre eux, et, bien que chacun de ces degrés demande des aptitudes spéciales qui ne se trouvent pas souvent réunies dans le même individu, chacun cependant resterait libre d'entrer dans rinstruction immédiatement supérieure, d'y faire constater son aptitude par des essais, pour se faire recevoir ensuite définitivement. En somme, le principe fondamental de la consti* tution des sociétés savantes et enseignantes, c'est que la constitution soit corporative dans le i vrai et complet du mot, embrassant dans ses
grés et dans ses fonctions diverses, tous les hommes qui font de la culture des sciences l'oocupadon principale de leur vie. L*organisati<m qui a prévalu jusqu'aux temps modernes, reposait bien sur le principe corporatif; mais elle en présentait une application très-étroite, et devenait ainsâ^ vicieuse dans son ensemble. La république des lettres, dont on a si souvent célébré l'existence, n*a été qu'une illusion, ou du mmns elle n'était calquée que sur le modèle de ces républiques de l'antiquité et du moyen âge, dans lesquelles, au-dessous d'une aristocratie organisée fortement en corps social, se trouvait la grande masse du peuple, dépourvue de droits et abandonnée à l'anar^ie. 11 en est de même du peuple des lettres, qui, en g^éral, restait en dehors de l'organisation des corps privilégiés de la science et de l'enseignement. Aucune classe de la société ne serait cependant plus fiicile à organiser que la classe lettrée: plus éclairée que les autres, adonnée à la poursuite des actes les plus nobles, des intérêts les moins égoïstes, elle est aussi la plus capable de former une association générale, comprenant toutes les fonctions scientifiques, et régie par les vrais principes du droit social. Du reste, les formes de cette nouvelle organisation, les besoins d'associations plus vastes, embrassant tous les membres d'une classe de savants, se manifestent déjà dans les congrès scientifiques. Ces réunions renferment le vrai principe que l'avenir ne manquera pas de développer et de consolider. Les voies de transport qui se multiplient et se perfectionnent de tous côtés, en rendant les communications plus faciles, contribueront aussi au rapprochement des esprits et à la fondation d'as*
sociatioDS scientiflqaes plus vastes et plus intimes. C'est aux hommes qui en comprennent la nécessité et la haute portée sociale, d'en jeter les premières bases.
Après avoir développé les principes généraux sur l'organisation scientifique, nous avons à examiner les rapports réciproques entre FËtat, la Science, et les Institutions enseignantes. Nous diviserons nos recherches en deux parties.
I. Droits que la êciencç peut réclamer pour elle et ses institutionê de la part de VEtat.
Tous les droits qui découlent de la nature de la SdpiM^ se rémm^t en un seul, le droit d'être in- 4|Pfcndaiite de tous les pouvoirs-extérieurs, et de se développer librement dans la sphère propre qui lui est tracée par la spécialité de son but. Ce droit d'indépendance et de liberté, exigé par la théorie, appuyé par l'histoire, doit recevoir graduellement son application dans la pratique à mesure que se développent la culture d'un peuple , et le travail d'organisation auquel il se livre. Cependant il est loin de se réaliser d'une manière aussi progressive que l'exige le développement social de certains peuples. Depuis longtemps, les gouvernements ont commencé le rôle qu'autrefois l'Eglise avait joué envers le haut enseignement; devenus d'abord ombrageux, soupçonneux, il se sont faits ensuite persécuteurs contre tous ceux qui soutenaient des doctrines en opposition avec leurs vues ou en désaccord avec leurs intérêts. Depuis un demi-siècle surtout, cette scission est devenue une lutte dente dans les pays où, d'un côté, la science
une puiftsance» et comprend sa haute mtaion, et où, d'un autre c6té, le besoin de réformes politiques se ftiit vivement sentir. Partout la position de la science et de l'enseignement vis-à-vis de TEtat est également fausse, et elle le deviendra davantage à mesure que prendront de la prépondérance les questions et les intérêts purement politiques.
En France même, où lé principe de liberté a reçu, depuis vingt ans, une plus large application, on pourrait croire que renseignement se trouve dans une situation plus favorable, plus indépendante , plus appropriée aux Justes conditions de la science. Cependant il n'en est rien. Le dernier gouvernement avait d^à reconnu qu'il ne devait pas se mêler de la Religion, de l'Industrie et du Commerce; la^^publique qui vient de s'établir semblerait de^lw réduire, de plus en plus , l'Etat au domaine purement administratif et politique; cependant le haut enseignement en France se trouve encore dans une situation moins libre que dans les Etats les plus absolus. On n'a pas encore su mettre le haut enseignement à l'abri des passions politiques et des changements que l'Etat peut subir. Le pouvoir, objet de l'ambition des partis, est après la victoire partagé entre les chefs du combat; et dans ce partage on consulte bien plus les convenances person* nelles que les besoins du service. A la vérité l'instruction publique forme encore un département spéeial ; mais il arrive souvent que le chef dirigeant est.une personne peu instruite dans ces matières, et qui n'a pas même parcouru tous les degrés de l'enseignement. Un conseil permanent de T instruction publique remédie peu à ces défauts ; ses membressoni^ '"^*^més directement par legouvemement.
OU du moins sont généralement des hommes politiques, on bien encore ils sont adonnés à un système ou à une nuance politique dont ils ne manquent pas de favoriser les partisans. On se rappelle la tyrannie du dernier conseil d'instruction publique ; mattre absolu de Tenseignementjr il imposait de la manière la plus oppressive les méthodes et les doc-' trines (l).Par suite de ces circonstances, renseignement a perdu , de plus en plus , en France, la dignité due à la science indépendante. Les professeurs sont assimilés à la catégorie des employés qui fonctionnent sous la dépendance d'un minis^ tre. Le professorat, investi de la haute magistra* ture de Fintelligence, ayant la mission sociale de faire connaître la vérité sans arrière-pensée, sans considération de personnes ou de partis, est abandonné à la discrétion du pouvoir exécutif. Le ministre applique aux professeurs du haut et Ims enseignement oe principe, que le chef d'un département doit être libre de casser toutes les espèces de fonctionnaires; dès lors renseignement dégénère en un pur instrument d'influence et de domination pelrsonnelle.
Cet état de Tinstruction supérieure exige qu'elle soit dorénavant affranchie du pouvoir politique
(1) La commission d'instruction publique devra renonoar au droit que s'était arrogé Taucieu conseil d'imposer à renseignement philosophique, aussi bien que scientifique, det manuels, des programmes, et par eux les doctrines qui y sont contenues.. Cette tyrannie a été cause que notre enseignement supérieur est reste si longtemps eu arrière des progrès accomplis dans les diverses branches dé la science.
'affraiiclifr de transi- «tte œuvrf olitique et t de cliaiionner am oute l'ins- Iqucs pré- Etat, tout iiiritienne, uisse nonbre, mais et la for- Tu'il auia ctionqiif ;iit pourque l'En h elle-
îriixeilcs .
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2° L*Etat peut prél
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ques; son caractère,
qu'il peut présenter
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questions du jour di
gion, dans l'industrit
de principes dévelop
ordre logique ; il doit
connue elle s*est affranchie autrefois de TEglise. Pour assurer à rinstruction cette indépendance, qui est son droit, plusieurs systèmes se présentent. Mais nous pensons que le meilleur est celui qui repose sur le double principe de la liberté etdeFassociation. Ullniversité doit devenir libre, indépendante du pouvoir public, et s'organiser en* suite , dans son intérieur et ses rapports avec les autres degrés de l'instruction, d'âpre les principes d'association corporative que nous avons indiqués précédemment. Mais dans ce travail d'affranchissement, r£tat a^à remiilir des devoirs de transition, propres à faciliter et à régulariser cette oeuvre d'émancipatioa sociale. Il serait impolitique et contraire aux fntérêts de l'enseignement de changer brusquement de système, d'abandonner aux efforts de particuliers ou de sociétés, toute l'instruction supérieure, sans avoir pris quelques précautions préalables. Il faut donc que l'Etat, tout en conservant le principe de la liberté, maintienne, aux frais publics, un enseignement qui puisse nonseulement rivaliser avec l'instruction libre, mais encore lui servir de modèle, la stimuler et la fortifier ainsi graduellement. Ce sera, lorsqu'il aura acquis, par des résultats<îertains, la conviction que l'enseignement libre s'est consolidé, et peut pourvoir à tous les besoins jde la société, que l'Etat devra abandonner partout l'instruction à ellemême (1). *' : '
(1) Un grand nombre des'considéradous qui précèdent sont dues à M. Abrens. Voir Cours de droit naturel, Bruxelles ,
n« ï^àits que l'Etat doit faire valoir par rapport did Science^ à l'Enseignement et aux institutions sociales de la Science et de F Enseignement.
t° L*Etat peut prétendre à ce que les hommes qui s'occupent de la Science et de FËnseignement ne soii;ent pas de leur sphère, et ne confondent pas leurs fonctions avec celles d'autres sphères sociales, parce que la Science et FËnseignement souffriraient toujours d'un pareil mélange. Cecumul des fonctions, déjà contraire à une division rationnelle du travail lorsqu'il a lieu dans un même genre de profession, aurait encore des conséquences plus fâcheuses, s'il s'exerçait par rapport à des fonctions d'un ordre tout différent. Sans doute tous les hommes doivent être instruits dans les sciences, mais pour^"" fonctionnaire dans l'enseignement, il faut posaéi * «• une capacité spéciale et la développer par une étude continuelle.
2° L'Etat peut prétendre que l'enseignement ne devienne pas un instrument pour des buts étrangers à la science et à l'instruction. L'enseignement roule sur le développement des principes scientifiques; son caractère, même dans les applications qu'il peut présenter, est celui de Ih généralité. L'enseignement ne doit donc pas se mêler des questions du jour dans la politique, dans la reli* gion, dans l'industrie, etc. ; il instruit au moyen de principes développés avec méthode et dans un ordre logique ; il doit ainsi se tenir dans une sphère élevée, au-dessus de toutes les pressions e' laisser dominer par des vues ou des circt extérieures.
3° Par rapport à rinstruction çn géàéraL:li|tat peut exiger tfe tous les membres de ^jf qu'ils soient instruits dans les premiers élémënts'du savoir humain, pour qu*fls soient à ro^e de bien connaître et de remplir leurs obligations envers la société. L'Etat doit donc rendre cette instruction obligatoire, en laissant du reste chacuQ libre de s'instruire de la façon et par le moyen qu'il préfère; seulement il faut que les connais* sances élémentaires soient acquises et publiquem^t constatées.