CHAPITRE Xn
Denièie ràrie des associatûis ImaiBe^. \^
5" L'Art. — 6* Lladufllrie 1<> Le GoauneM».
I. Le but légitime, le seul but avoué, de TArt ou des Beaux-Arts, c'est la représentation du Beau. Et comme le Beau est absolu, ces arts ne sont pas utiles dans la stricte acception du mot, et ne doivent pas Tètre. On leur ùterait donc leur di* gnité, leur caractère élevé, si on les subordonnait à des buts particuliers, soit religieux, soit moraux, soit politiques.
L'influence des Beaux-Arts sur l'esprit et rame de rbomme est grande. Gomme ils sont Texpression de Tunité et de Tharmonie, et pour ainsi dire un symbole de Tordre qui règne dans tout FUnivers et qui indique un Etre-Suprème par lequel cet ordre existe, ils maintiennent et font naître, dans Tesprit de rbomme, des sentiments élevés et le préservent de cet esprit étroit qui n'accorde de Testime et de la valeur qu*à des cboses qui ont une utilité immé^ diate. Les Beaux-Arts sont, à certaines époques, presque les seules protestations contre le matérialisme et rindividualisme qui menacent alors de tout envabir.
L* Art en général est une application de la S
à un objet particulier. La Science fournit Tidée générale y la théorie; VÂri l'applique à des objets spéciaux. Par cette raison r Art et la Science sont intimement liés, n suit de là que l'organisation sociale des Beaux-Arts doit s'appuyer sur les mêmes principes que les institutions de la Science et de Renseignement. C'est par l'association libre de ttms ceux qui font des Beaux-Arts rooeupation prédominante de leur vie que cette ^hère de la vie sociale pourra accomplir les lois normales de son développement et de son progrès.
L'Etat dans ses rapports avec les Beaux-Arts n'a pas non plus à se mêler du mouvement Intérieur de cette branche de l'activité humaine. Il ne doit pas intervenir dans rexercice des arts ; il doit se borner à leur fournir k» conditions extârleures d'existence et de développement.
Il se peut qu'à certaines époques ceux qui cultivent les arts ne trouvent pas dians la société des moyens suffisants pour les faire prospérer. Alors FEtEit peut et doit même venir en aide aux artistes ^ assurant en partie le débit des productions de l'Art ; mais jamais il ne doit intervenir dans le mouvement intérieur de ce qu'on appelle les Ecoles dans l'Art. L'Etat n'est d'aucune école ni dans la Sd^ce ni dans l'Art. Il n'en doit favoriser aucune par préférence et moins encore au détriment des autres. Les écarts dans l'Art, de même que les erreurs dans la Science » sont toujours le mieux comlmttus par la Science et par l'Art même.