‹ Exposition méthodique des principes de l'organisation sociale: --théorie de Krause,--précédée dChapitre 8 sur 17 · II. Le second but de l'homme, compris dans le · texte numérisé non relu

II. Le second but de l'homme, compris dans le

but générai de rHumanîté, consiste à développer son intelligence dans la Science, — L'homme par sa pensée a la mission de représenter l'ordre uni- ▼ersel des choses dans un système compleli dé Vérité, de sdence universelle. C'est vérîtablementune seconde création que rintelligenoe q[>ere, quand elle reconstruit dans la Science 4q monde teljqa*il existe en réalité; et c'est alors '^seulement qui^ le monde existe véritablement pour rhonimey car ce qu'il ne connaît pas n'existe pas pour lui. L'esprit doit donc s'approprier le monde dansia Science, et embrasser en elle tous les êtres et tous fes modes principaux de leur existence. Or, il n'y a qu'un Être infini et absolu, lequel contient trois Etres principaux dont chacun est encore infini dans son genre. Il y a donc quatre sciences principales : la science de Dieu comme Ëtre-Suprèoie qui, bien que contenant tout, est cependant distinct des Etres du monde; lascience de l'Esprit, la science delaNature et celle de l'union de l'Esprit et dé la Nature ou de l'Humanité. Cette division de la Science a'est paç nouvelle; àtoutes les époques du dévelof>pementphi^ losophique, la Science a connu la Théologie ou science de Dieu, la Physiologie ou science de la Nature, la Pneumatologie ou science de F Esprit, et l' Anthropologie ou science de l'Humanité. Au-dessus de ees quatre sciences, il faut placer la Science reUgieuse qui est la science de la liaison vivante de Dieu avec les Etres contenus en Dieu, c'est-à-dire avec l'Esprit, la Nature et l'Humanité. Cette science religieuse est la Science dans son unité totale et suprême. Comme il y a deux modes fondamentaux sous lesquels les êtres existent, le mode temporel et le mode éiernel,>^\e mode étemel qui comprend la na-

périeiirc d'harmonie dans rhommeet danf

manité. Toutes les facultés de Fesprit sop* * "J

Misées entre elles par la pensée et pp' fj

divin ; tous les hommes, tous les peuple ■ ' J*

sont frères en Dieu ; toutes les instl^, . ^ J*

sont pénétrées d'un même but ré' ' ,"jj ®"

tionnent en unité sous ilnspire' .' iObscr-

commune et d'un besoin comF ', '^^ ^^

rapproche incessamment de T . . , ?^ ordra

ment de ce rapprochemeD', .'^ " J^^^ tÂ

divine efface un nombre • ' ' ^ i^ Humanité,

runivers.-.LaRellglr .. . de la vie de char

humain, elle n'est in' ' .;, « une seienœ de la

tation de l'activité • ^'^ ^>^" ^^^ ^* > histoire

plane au-desBua^" ^^^ ^^ l'histoire religieuse.

considère sous ^doivent être rapportées Tune

leiws rapport' ^^^es ensemble pour former une

mouvemen^ .»^^^' ^^**® troisième science qui

elle les èl^ ^f^^S^^^ qiunid les deux autres sont

pénètre ^^<&iie de son côté, à un haut de^ré de

à tous Âii^Zàa^f barmonise Fidée et Tidéal avec la

vie ir ^Sf!^p^fS^^ 1^ ^'^^ ^^^ quelque domaine

tiè> jSSff^^^ d'après son idée, et pour in-

r Jfi^^woy^^ V^^ lesquels la réalité peut être

M^^^Svageo^ perfectionnée et se rapprocher de

g^^fçjfl^ science harmonique peut être appelée

rf^^^^ général de philosophie de Vhistoire. Mais

<j"Jjj^ut entendre par histoire toute science du

'J^^ppement passé et présent dans toutes les

hMéhe» de TactlAÎté bumaine. Ainsi il y a une

MIOBOP^^'^ de l'histoire religieuse qui expose les

g^rents degrés du développement religieux, en

miiDot, les tendances justes et les aberrations, et

ipdlgufl 1m nrogrès qui, d'après l'ordre du dévelop*

nenty peaventêtre réalisés dans le temps le plus

^ain. n en est de même de toutes les sciences ;

>nt leur côté idéal, absolu, et leur côté réel,

^^ *^ ^^'^^ ^^^^ combiner par la philosophie

. \ oire,

*A 'îe harmonique commence seulement

^, mais elle n'a donné lieu jusqu'ici

^^ ¥ ort incomplets. Ce qu'on appelle

*^^^ ^toire ne s'est pas encore appli-

^Jm^ iit à toutes les branches du dé-

l'L-^ ' .main. Cette science est eu outre

il^ en ce qu'elle se fonde sur une méta-

.. incomplète et peu développée ou qu'elle -tClèreraent dépourvue de la partie idéelle ; enfin .iC manque totalement de la partie pratique qui indique les progrès qui restent à faire, ceux surtout qu'on peut et qu'on doit réaliser dans l'avenir le plus prochain selon la loi de la continuité qui constitue l'ordre du développement. Il ne suffit pas de reconstruire le passé et de le soumettre à certaines lois générales ; si on connaît véritablement par la métaphysique la loi générale de tout développement, il est aussi facile d'mdiquer en général les termes ou les degrés qui sont encore à parcourir dans l'avenir que de tracer les lois du développement passé. Mais l'apparition de cette science nouvelle est au moins le témoignage que l'Humanité sent, plus que jamais, le besoin de se comprendre dans son passé , pour savoir comment et jusqu'à quel point elle a réalisé sa destination, et pour opérer, avec la conscience de ses forces acquises, les progrès ultérieurs réclamés par Tordre du développement.

De même qtie rHumanité cherche à exprimer

dans une religion une et absolue son intimité avec TEtre- Suprême, de même tousses efforts dans la Science tendent à la construction de l'organisme un et entier de la Science. Cette science ne saurait être, comme on Ta dit, la Science universelle; car toute science a un objet spécial, il n'y a point d'objet unlvei*sel ; mais ce sera la Science une et entière, renfermant dans une totalité harmonique comme parties subordonnées toutes les sciences particulières. Ce sera la reproduction dans rintelUgeoce humaine de l'organisme complet de l'être et de toutes ses déterminations. L'unité de la Science» tel est sous le rapport de la pensée le dernier mot de l'Humanité.

III. Le troisième but rationnel de l'homme, compris dans le but général de l'Humanité, consiste dans la culture de VArt, L'Art comprend ïeûr semble ou le système des créations humaines qui cherchent à donner un corps ou une forme à l'idée. ll)i mouvement naturel y pousse Thomme; chacun de nous crée avec son imagination ce qu'il conçoit avec son intelligence. Nous réalisons la vie dans un objet comme Dieu la réalise dans le monde, comme l'Esprit et la Natm*e la réalisent dans leur double sphère. L'Art se fonde sur un procédé de l'intelligence tout difféi*ent de celui de la Science. Si, dans la Science, le particulier, l'individuel, les faits sont subordonnés à une idée générale de manière que la science se présente comme un ensemble d'idées générales, dans l'Art au contraire, c'est l'individuel , le particulier qui prédomine ; l'idée qui existe dans une œuvre d'art ne s'y manifeste que dans la richesse du détail. « La Science, a-t-on dit avec juste raison, marche à travers l'individu vers

l'idée ; par un mouvement contraire, T Art marche à travers Tidée vers l'individu. »

L'Art se distingue, selon le point de vue sous lequel l'œuvre est considérée, en Art du Beau et Art de V Utile.

\^ L'Art du Beau comprend l'ensemble des mis qui se posent pour but la reproduction du Beau dans l'œuvre individuelle, et qu'on nomme habituellement arts libéraux ou heaux-^rts. Le Beau est la forme divine des choses. De même que le Bien est le fond de l'essence manifestée dans la vie, le Beau en est la forme universelle, elle est l'apparition de l'essence divine dans la sphère du fini. Pour qu'une chose ait la forme du Beau il faut qu'elle reflète dans son individualité finie les attributs principaux de la Divinité. Or, ces attributs sont, comme la métaphysique le démontre, l'unité, l'opposition ou la variété intérieure, la totalité, la spontanéité et l'harmonie. Par cette raison, l'esprit dont l'essence renferme les mêmes propriétés est saisi et touché immédiatement de la beauté. L'âme répond à l'allocution muette du Beau par un sentiment de satisfaction dont elle est pénétrée entièrement; ce sentiment est spontané, absolu, parce que l'Être divin se manifeste sous cette forme, et c'est par cette raison que le sentiment du beau est , dans tout esprit non corrompu, entièrement désintéressé. On s'en réjouit comme d'une belle lumière, le désir de la posséder en propre reste éloigné; l'amour peut bien s'éveiller; maisFamour n'est pas un sentiment égoïste, c'est un désir d'union dans lequel un être confond sa personnalité avec celle de l'être aimé.

Le Beau est absolu. Par cette raison, l'Art,

pour objet le Beau , possède aussi un caractère absolu, et on ne pourrait lui assigner aucun but. On s'est récrié contre la doctrine de Tart absdn; mais c'est qu'on n'entendait, par le principe de Vart pour l'art, qu'une liberté vague et indéterminée de l'artiste dans la pensée et l'exécution de son œuvre. Le fait est que Thomme, imitateur du poète éternel /n'est pas entièrement libre. Il n'y a pas d'art indépendant dans le sens vulgaire du mot, et toute doctrine qui proclame l'indépendance de l'art est radicalement fausse. Qu'est-oe donc que la liberté dans l'Art? Elle consiste à réaliser librement et dans la forme du fini l'idéal divin de la beauté, et à le faire avec désintéressement, sans arrière-pensée d'utilité.

Le Beau et les beaux-arts, en participant de l'essence absolue de Dieu, inspirent un sentiment absolu , divin , religieux , au-dessus de toute considération de rutile ; ils élèvent l'bomme dans une sphère absolue, et leur mission est de maintenir, de fortifier Thomme dans le sentiment du fini et de l'absolu, en lui faisant reconnaître Dieu même dans les formes du fini. Toutefois il faut remarquer que le Beau doit toujours être en accord avec le bien général et avec le bien moral en particulier^ tout étant essentiellement en harmonie en Dieu, il ne peut y avoir désaccord entiie le Beau et le Bi^n ou la MoraUté. Bien de ce qui est mal ou immoral ne peut donc être beau ; la beauté vraie n'existe pas sans le bien parfait.

Gomme la Science, l'Art, qui a pour objet le Beau, se divise, suivant les différents ordres des êtres et de la vie, en art divin et refigieux , art spirituel, naturel et humain, et, de même que dans

— asla Science, il y a un art qui s'occupe davantage à représenter la réalité sous la forme du beau , un art qui a pour objet ï idéalité, et enfin un art qui combine l'idéalité et l'idéalité, et qui a pour objet Yharmonie,

2^ L'Art de l'Utile comprend l'ensemble des arts connus vulgairement sous le nom d'Industrie, Ce genre d'arts n'est pas moins essentiel pour toute la vie de l'homme que le précédent. Le fini n'est pas seulement en rapport avec l'infini et l'absolu , tout ce qui est fini est relatif, c'est-à-dire que tous les êtres finis existent les uns pour les autres, et sont entre eux dans le rapport du but et du moyen. Il résulte de cette relativité ce qu'on appelle utilité; car une chose est utile à une autre quand elle se trouve avec cette chose dans un rapport tel qu'elle en est un moyen ou une condition d'existence et de développement. Or, comme tout ce qui est fini est aussi conditionnel , dépendant dans son existence et son développement d'autres choses ou êtres finis, tout le domaine des êtres finis se trouve compris dans la notion de l'utilité.

Mais dans ce système général d'utilité, c'est toujours une chose inférieure qui doit servir de moyen à un être plus élevé dans l'échelle des êtres ; et, pour bien comprendre en quoi consiste l'utilité, il faut connaître l'ordre d'infériorité ou de supériorité qui existe dans les choses. Sans cette connaissance, on risque d'intervei-tir cet ordre, et de considérer comme but ce qui est moyen et ce qui est moyen comme but. La conscience vulgaire des hommes a rarement une idée claire sur Futilité ; elle sacrifie généralement les buts plus élevés à servir de moyens à des intérêts secondaires. 11 est

d'ailleurs difficile d'établir un vrai système d'utilité, quand on ne connaît pas les rapports qui existent entre tous les êtres. Une telle connaissance ne s'obtient pas par la réflexion ordinaire, par le simple bon sens , mais par une recherche approfondie de la nature des choses, ce qui est l'œuvre de la philosophie. Gomme règle générale, on peut cependant établir que : tous les êtres qui sont avant tout buts pour eux-mêmes, ne doivent pas être traités comme de purs moyens. C'est ainsi que l'homme, étant but pour soi, ne doit pas être traita comme un objet utile; les services qu'il rend il doit les rendre librement. Il est d'autant plus nécessaire de se bien pénétrer de ce principe , que dans l'Industrie on parait Tavoir fréquemment méconnu : attacher un homme à une roue, en faire un ressort, un rouage de machine, est certainement un intervertissement de cet ordre naturel qui veut que l'homme, but pour lui-même, ne soit pas traité comme moyen.

Le vrai domaine de l'utilité pour l'homme c'est le domaine organique et inanimé de la Nature; c'est là que les arts utiles trouvent leur application. L'art ou l'Industrie doit approprier cette partie de la nature aux différents besoins et buts de l'homme. Aussi cet art fait-il des progrès à mesure que l'homme avance dans la science des forces de la nature et des moyens de les combiner et de les diriger. Le but de l'Industrie est d'affranchir l'homme du travail purement mécanique, de faire exécuter les travaux les plus durs par des machines, enfin de faire de l'homme le directeur intelligent des forces aveugles. Les progrès de l'Industrie sont aujourd'hui tellement rapides qu'on peut

déjà prévoir un temps où la plupart des tnivaux matériels seront exécutés par les forces de la Nature domptées par Thomme. C'est en cela que consiste Tutilité de Tindustrie : elle sert les buts plus élevés de Thomme, en mettant l'Humanité dans la position de s'adonner à la culture de ses focultés supérieures. Aujourd'hui la plUs grande partie du genre humain est encore accablée par le travail matériel, l'esprit est l'esclave de la matière, tandis que la matière devrait senir l'esprit. Mais cet état disparaîtra successivement; les changements, opérés par les arts utiles dans les travaux physiques , conduirontà une réforme des rapports matériels des hommes. Un nouvel et légitime esclavage, basé sur l'exploitation des forces de la nature, organisé sur une vaste échelle dans la société humaine, amènera des résultats analogues à -ceux que T antiquité avait obtenus par la plus injuste oppression des hommes. Ck)mme les citoyens libres de l'antiquité qui abandonnaient aux esclaves les travaux matériels, les hommes, libérés de ce qu'il y a de plus rude dans ces travaux , pourront se livrer à la culture de leur esprit, aux sciences et aux arts , à tout ce qui est digne de l'hitelligence humaine.

rv. Le quatrième but particulier de l'homme, compris dans le but général de l'Humanité, consiste dans la culture ou la pratique de la Morale. La moralité ou le bien est un but pour tous les hommes. Tout homme doit vouloir et réaliser le bien , tout homme doit se soumettre habituellement à la loi morale et s'efforcer par là de devenir vertueux; en outre tout but doit être accompli librement par l'homme, et dans tous les buts

l'homme doit slmprégner du sentiment de la moralité. Cependant il doit y avoir dans THumaDîté mie classe d'hommes qui se pose la Vertu, pour eux et pour leurs semblables, comme le but prédominant de leur vie. Uexistence d^une telle classe d*hommes est nécessaire à toutes les époques.di| la vie de THumanité; mais elle l*est bien plus ea?. core aux époques qui, comme la nôtre, marqnqirtfle passage d'un ûge à un autre âge, et sont par oo»« ' séquent plus exposées que les autres à perdre éB vue r idéal du bien. Ce sont ces hommes qui, mf tous les temps frappés de dissoluUoD morafey.^nl: sauvé les sociétés des désastres qui en sont lairile inévitable. Aiyourd'hui plus que jamais,il eat à désirer que le nombre s*en accroisse et qu^ih réunissent leurs efforts par Tassociation. L'état moral de la société actuelle est, en effet, très-propre à foire décourager des destinées de l'Humanité les esprits dont la foi est faible et la raison chancelante. La volonté s*est émancipée, en même temps que Tiatelligence, des langes d'une religion oppressive et incomplète; mais elle s'est jetée dans l'extrèmey et a consacré le principe immoral de Tégoïsme et de l'intérêt propre. L'égoisme règne aujourd'hui dans toutes les sphères sociales : les grandes idées dont on le couvre ne sont que le masque de l'intérêt le plus vil. Le prêtre ne cherche plus le bien de la religion, il se fait raccoleur et séducteur. Le savant fait trafic de la science et abandonne les principes les plus absolus, quand ils sont en opposition avic les intérêts de la classe qui Tap- [Maudit et qui le paye. L'artiste a mis son pinci'ïiu au service de la richesse ; apri's avoir longtemps œclamè la liberUs il s'est fait l'esclave du goût le

plus ûaa, et a perdu jusqu'au sentlinent de la beauté diviue. L'industriel ne se propose pa£ poor bnt l'affranchiseenient du genre humain ; c'est au contraire htl qui s'est iâlt le champion da principe de l'e.vploîtution de. l'homme par l'homme,

f plutôt (le la soumission de l'homme aux I aveuples de la nature. L'anarchie règne 'e commerce , livrée an donble fléau de la irencë et du monopole; la mauvaise foi, di- £îeux, le vol est devenu, dans cette branche âël'activité humaine, la L'ëgiedeconduitegénéralemeut adoptée. Quant ù la moralité, elle s'e§t édipBéedansledébQi-dementvniverBel des passions, et on a a^seK Justement comparé notre époque À l'âge qui précéda i'avénemeat da Christianisme et qui signala la chute de l'empire romain.

U Btt question de la réforme de l'éducation et de la création de chaires de morale. Ces institDtlom pMvent avoir leur utilité , mais elles ne porteront des fruits que quand les enfants dont le sentfaneut du blva y aura été se développer rencontverODt an sortir de ces écoles des hommes qn) Ici fmaimt persévérer dans ce sentiment du bien. Sans eda te remède proposé est presque Impraticable. L'htMome doué des pins nobles convictions, mais vtfaut en contact avec une société plus ou moins eonompne, et respirant en quelque sorte une dtinoq[>hà« Intellectuelle dont les éléments ont été TkMB, conserve difficilement la pureté dans les nnean et dans les motlh de ses actions.

Dana la Morale, comme dans l'Industrie , dans les Arts et dans la Beligloa, il faut une asaociati(Hi qui vienne an secours des individus et qui I leurs efforts Isolés de tout l'appui

qu'uue société peut et doit offrir à ses membres.

V. Le cinquième but particulier, compris dans le but général de THumanité, consiste dans le Commerce, L'homme est actif pour les différents buts qu'il poursuit, pour la Religion, pour la Science^ pour les Beaux- Arts, pour l'Industrie et pour h Morale. Il produit dans ces branches soit des œovies immatérielles , soit des œuvres matérielle^-il iif hommes vivant en communauté dqt'tfH^^ii communiquer leurs productions par VÊijSmit^ réciproque. De là résulte la néoessité «hTmSS merce. " i»

Mais par Commerce on n'entend pas seulement ici ce qu'on appelle aujourd'hui l'industrie commerciale, et qui est tout simplement l'échange des produits industriels entre eux ; ce n'est là qu'une branche subordonnée du Commerce. Par là nous entendons la communication et l'échange de toutes les conditions soit intellectuelles, soit matérielles de la vie.

La nécessité du Commerce est fondée sur l*iBH possibilité pour l'homme de se livrer également àtous les buts contenus dans la nature humaino. Tout homme, avons-nous dit, doit s'attacher au but particulier qui lui est commandé par sa vocation spéciale ; mais comme d'un c6té, en se livrant ainsi H un but spécial , il produit plus qu'il ne consomma;* comme d'un autre côté, tous les buts de la vie humaine s'enchainent de manière que chacun demande pour son accomplissement la réalisation des autres, il est nécessaire que les hommes se procurent réciproquement ce qui leur manque pour le développement de leur vie. De cette façon, tous produisant pour chacun et chacun pour tous , tout

homme peut, sans sortir du bot prédomiDant dont il a fait sa sphère ipirtieulière, jouir de tout ce qui est accompli par (^semblables dans leurs sphères particulières , et accomplir ainsi le but général de la nature humaine, réaliser Tidéal de FHumanité. Le Commerce est donc l'agent le plus puissant de la civilisation, il est le moyen par lequel Fhomme entre en contact avec l'homme, et 06 sera lui qui accomplira l'œmTe qui se prépare, l'harmonie dans toutes les sphères de la vie sociale. Il y a plus, il est cette harmonie elle-même réalisée progressivement et prenant corps à chaque instant de la durée.

C'est dans l'organisation du Commerce que se titrave le mot du problème que la société poursuit sous ces termes encore mal définis d'organisation du travail, de communauté, d'association. Si Ton veut bien y faire attention on verra que toutes les questions, posées dans la plupart des théories qui s'occupent de cette organisation, se ramènent à la question de l'échange on du salaire. Ce qu'on eherche c'est une Juste et libre réciprocité. Or, réciprocité, échange, salaire, tout cela s'accomplit dans et par le Commerce. Le problème de l'économie sociale est donc tout entier dans la science commerciale, sciencequittttra un jour ou un autre du progrès de l'éoôiKWfiie politique.

"VI. Le sixième bttteoHtq^dans le but général de l'humanité» c'est U ^illpi et l'application du DroU à toutelte iihiMMt la vie sociale. L'analyse et le dévekiiqpiâMWi'fe ftotion du Droit sont Ms-importants p0uf la. Aéorie de l'organisation de la société, j'y consacrerai un chapitre tout entier.

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