‹ Exposition précise de la nouvelle doctrine médicale italienne, ou considérations pathologico-pratiques sur l'inflammation et la fièvre continueChapitre 15 sur 20 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Distinction de la prétendue malignité dans les inflammations , déduite de différences très-importantes.

§ 54. D’après l’analyse que j’ai essayée, de cet état, que dans certaines inflammations on appelle malin , et qui inspira à certains pathologistes l’idée de l’état putride , nerveux , adynamique et asthénique ; après avoir bien considéré les différentes conditions pathologiques qui peuvent donner à une inflammation l’aspect, lui imprimer la marche, et la conduire aux suites de la malignité; on peut, pour la règle des médecins praticiens , dans des momens aussi pressans, distinguer les conditions susdites parles suivantes. Première condition de V inflammation appelée maligne. — Quand une inflammation s’allume dans un tissu ou un appareil d’organes de misérable complexiqn, qui était tel originairement, ou qui s’est appauvri par une succession de maladies précédentes. — Nous ignorons en quoi consiste cette condition secrète de l’organisme, ainsi que la force de sécrétion; d’élaboration, de régénération, par laquelle, dans le scorbut, le sang est si peu coagulable, les os si faciles à se rompre, les plaies si difficiles à se cicatriser, et sur lesquelles au contraire, 011 remarque une végétation d’une substance fongueuse, où les lèvres memes de la plus légère et la plus récente blessure se réunissent difficilement, et

que, d’une inflammation la plus aiguë il se développe si subitement un état gangréneux. Ce serait une prétention de théorie très-inconsidérée dans Fétat actuel des connaissances pathologiques, que de vouloir restreindre le scorbut aux limites d’une simple diathèse d’excès ou de défaut de stimulus. Il y aurait trop de phénomènes sans explication, la physionomie de cette maladie étant trop singulière. On serait à la vérité tenté de regarder le scorbut comme une maladie hyposthénique , ou par défaut de stimulus, plutôt que de la croire d’un génie opposé , par tous les caractères qui se présentent, d’une tonicité amoindrie dans les vaisseaux et les divers tissus; ainsi que par la langueur excessive des contractions musculaires. Mais, si cette maladie n’était uniquement qu’un défaut de stimulus, ou de contre - stimulus , pourquoi ne la traiterait-on pas par l’usage prompt et courageux, ou bien par l’emploi lent et graduellement augmenté des remèdes excitans; comme les aromats, le musc, l’opium, l’éther, l’ammoniaque, ou bien par les viandes succulentes , les gélatines , les boissons spiritueuses et le vin? Pourquoi au contraire obtient-on plus de succès par l’usage du suc de limon, une nourriture végétale, les acides minéraux, comme l’acide muriatique et autres semblables, dont l’utilité est reconnue dans une foule de maladies décidément phlogistiques ? Si, d’une autre part, le scorbut est une maladie purement hypersthénique, ou par excès de stimulus, pourquoi ne la combat-on pas par la saignée, les émétiques , les antimoniaux, les purgatifs et le nitre? Quelle

force supérieure à celle des excitans et des dépn ma ns ordinaires peuvent avoir le quinquina , l’acide muriatique, l’air ambiant des collines , et le suc des plantes crucifères ?

§. 55. En pesant bien les observations des autres médecins, relativement à cette obscure condition morbide ( puisque le véritable scorbut est si rare parmi nous, que l’on ne peut multiplier, répéter ni varier les observations et les tentatives qui serviraient si bien à la connaissance de cette maladie ) ; en pesant bien, dis-je, les observations des autres médecins, je me suis vu contraint de la placer dans un des coins de mon cadre nosologique, jusqu’à ce qu’une connaissance plus précise de sa nature ait pu me mettre dans le cas de lui assigner une place convenable. Je pense que cette maladie importante se traite ( autant qu’il est possible de la traiter radicalement) par des moyens dont nous connaissons mal la valeur. Je pense enfin que cette condition, parce qu’elle est en elle-même, ne peut pas tranquillement se réduire à la simple idée de l’une ou l’autre diathèse, et que personne ne la connaît autrement que par le défaut de coagulation du sang, la difficulté de cicatrisation et de régénération, la fragilité des os, par la couleur livide de la peau, la mauvaise odeur des plaies, et enfin par sa facilité à dégénérer en gangrène. Mais tout delà n’empêche pas qu’un tissu si mal composé, une trame si fragile, ne puisse s’enflammer. En effet l’inflammation s’allume quelquefois aussi chez les scorbutiques, et nous sommes obligés de les traiter par la saignée

et de prévenir par ce moyen la funeste dégénérescence des parties enflammées; ayant débarrassé la première condition de la complication phlogistique qui lui était survenue, le reste de cette condition est cependant toujours le meme, quand, par l’usage simultané et successif des moyens ordinaires dont nous ne connaissons pas la manière d’agir, on ne réussit pas à la vaincre. Il est donc toujours vrai que, lorsqu’un tissu d’une complexion scorbutique viendra à s’enflammer, que l’on verra paraître les conditions, l’aspect et la tendance à la prétendue malignité, s’il y a un peu de couenne sur le sang, elle sera légère. Il y aura moins de réaction et de sensibilité que dans l’inflammation ordinaire ; le pouls sera moins vif et la fièvre moins forte ; la couleur de la partie enflammée sera plus obscure; il y aura une très-grande tendance à la gangrène. Il est vrai cependant que celui qui est atteint d’une pareille maladie pourra moins facilement tolérer qu’un autre, qui n’aurait qu’une simple inflammation pourrait le faire, les évacuations; qü’alors on devra être trèscirconspect sur la saignée, et préférer les contre-stimulans non évacuaris, comme sont précisément les acides minéraux ou végétaux. Et il est encore vrai que l’inflammation même dans cette circonstance, comme les faits et l’observation nous le démontrent, ne permettra pas l’usage des remèdes excitans, tels que l’éther, l’opium ou le vin; on devra la traiter dans les premiers momens où elle sera susceptible de l’être, et avant qu’elle ne passe à l’état de gangrène, par la méthode anti-phlogistique. Ce qui est

encore une preuve que l’inflammation, considérée en elle-même, quoique combinée à ce genre de malignité, est un processus de stimulus augmenté. Deuxieme condition de la prétendue malignité . — Inflammation profonde et idiopathique du système nerveux. Ce mode ou cette marche de l’inflammation

n’a point été, que je le sache, observé jusqu’aujourd’hui autant qu’on aurait dû le faire pour se rendre raison des différences immenses qui se présentent dans les affections nerveuses aiguës. On confond l’encéphalite et la névrite quand la phlogose attaque les méninges ou les enveloppes des nerfs et des filamens nerveux avec la phlogose qui attaque la pulpe cérébrale même, ainsi que la substance pulpeuse des nerfs. Dans le premier cas, la phlogose se limitant à la superficie externe des enveloppes, occasione une irritation, du trouble, par la pression ou la distension de la substance cérébrale ou nerveuse; et enfin des convulsions, des soubresauts des tendons , des mouvemens irréguliers du cœur et des artères, ainsi que les contractions spasmodiques des muscles des articulations. Mais dans le second cas l’inflammation étant plus profonde et ayant attaqué la pulpe nerveuse même, elle tarit sur-le-champ la source de la vitalité des fibres musculaires dans lesquelles les nerfs affectés se distribuent, et annule bientôt toute l’énergie et tous les moyens de réaction du cœur et des vaisseaux. Dans le premier cas, la turgescence phlogistique des enveloppes enflammées augmentant, et enfin une compression nuisible en étant la consé-

quence, il en résultera une semi-paralysie des organes de la circulation, ou bien une paralysie des muscles des articulations, selon la portion cérébrale ou la série de nerfs des membranes qui seront atteintes du processus pblogistique. Mais il n’en résultera pas aussi facilement, ni aussi nécessairement la gangrène des nerfs mêmes ou des parties externes comprises dans l’inflammation comme dans le deuxième cas ou la substance médullaire est idiopathiquement enflammée. Dans le premier cas, Finflammation ne s’éloigne pas de ses formes ordinaires; elle est encore susceptible de se terminer de diverses manières, capable de manifester suffisamment ses phénomènes, pouvant aussi se transporter des enveloppes nerveuses sur d’autres membranes ou sur d’autres viscères, susceptible aussi d’être domptée par une méthode curative hardie comme peuvent l’être les autres inflammations. Dans le second cas, au contraire, Finflammation étant idiopathique dans la pulpe nerveuse, la maladie à une marche non-seulement très-rapide, mais encore particulière, qui fait autant par les motifs que nous avons déjà énoncés, que par ce que nous observerons plus bas, qu’elle est incapable d’une terminaison ordinaire, et est seulement susceptible de la fin la plus rapide et la plus fatale de toutes; enfin, si je ne me trompe , elle est incurable par sa propre nature.

§ 56. La méningite ou la phrénite , la spinite, la peurite, à quelque série de nerf qu’elles appartiennent, dépendent du premier genre ou mode d inflammation du système nerveux, quand l’inflamma-

lion se borne aux membranes externes qui enveloppent le cerveau, la moelle épinière, ou les nerfs. L’inflammation de quelque partie externe que ce soit, ainsi que celle des viscères, comme le rhumatisme, les exanthèmes aigus, la métrite, l’hépatite, la pneumonite, appartient également à ce genre, quand elle devient diffuse, et propage son action sur les enveloppes ou du cerveau ou de certaines portions du système nerveux. Quelques graves que soient les phénomènes de prostration vitale ou de hémiplégie qui peuvent se développer, en augmentant comme je Fai dit, la turgescence de membranes, ou produisant ainsi une périlleuse et fatale compression de la pulpe nerveuse , les premiers progrès de la maladie seront cependant marqués par la manifestation, suffisamment durable, des symptômes inflammatoires. Le pouls se conserve fort pendant quelque temps. Le sang que l’on extrait présente encore des caractères suffisans de diathèse phlogistique. La maladie parcourt certaines périodes : elle est encore curable malgré les phénomènes les plus alarmans; et malgré les convulsions les plus atroces. Les convulsions memes, l’agitation universelle démontrent plutôt les conséquences d’une irritation et du trouble que les nerfs éprouvent, par l’effet de la compression de leur enveloppe enflammée, que la perte immédiate, ou prostration de la vitalité des parties. Quand bien meme par la phîogose compressive des nerfs appartenant aux organes centraux de la circulation, leurs mouvemens deviendraient irréguliers ou languissans , ce

qui arrive presque tout d’un coup au moment où la turgescence plilogistique devient compressive ; il peut alors naître le plus grand contraste entre la langueur vitale qui accable le malade, et l’état d’agitation et de douleur dont il était affecté les jours précédens. Il n’est pas rare de voir les malades échapper à cet état, quand l’inflammation des enveloppes nerveuses se communique aux parties voisines de moins grande importance, qu’elle se transporte, par exemple, des méninges aux parotides, ou à d’autres parties; de manière que, dans ce cas, les phénomènes phlogistiques qui d’abord avaient de la peine à se manifester, se prononcent nouvellement et même avec une plus grande vigueur. De ces considérations déduites des faits que nous avons chaque jour sous les yeux , il est trop évident que, même dans ce genre d’inflammation des viscères ou des parties externes qui se propage sur les membranes des nerfs, on peut remarquer les caractères les plus graves d’une affection nerveuse, sans que pour cela l’expression de nerveuse, dans cette maladie, exprime autre chose qu’une altération dans les enveloppes des nerfs, par l’inflammation la plus ordinaire et curable, tant qu’elle ne dépasse pas certaines limites. Mais qui ne pourrait comprendre qu’au contraire il peut arriver qu’un processus de stimulus, excédant ou plilogistique, peut attaquer directement le tissu même de la substance médullaire, ou s’y insinuer avec rapidité, transporté des parties externes? Qui n’a pas vu quelquefois passer de l’inflammation à la gangrène la pulpe cérébrale,

une portion de la moelle épinière ou des nerl principaux ? Que de causes pourront déterminer dans ces parties un processus dont la marche et les résultats ne peuvent être que funestes, précisément à cause de l’importance et de la nature de la substance qui est affectée?

§ 57. A ce second mode d’inflammation nerveuse, on doit rattacher toutes les inflammations, soit internes ou externes, qui s’insinuent profondément et attaquent la pulpe même du système nerveux. Ce second mode d’inflammation ayant lieu, l’apparition de la maladie doit être immédiatement fatale. O11 aura pendant quelques instans de très-faibles et souvent aucune apparence de symptômes phlogistiques, parce que la pulpe même du cerveau ou des nerfs importans, étant affectée, les conditions de la vitalité, et enfin les propriétés de réaction sont enlevées immédiatement aux organes de la circulation. Et, comme le mouvement artériel dépend d’elle, il résulte que dans de pareilles maladies, la fièvre est presque nulle , et la condition du sang, qui ne manifestera que peu ou point de caractères inflammatoires, sera en rapport avec cet état de langueur de réaction. Les saignées ne deviendront utiles que dans la première période ou quand il s’agit de cas très-graves dans les premiers momens de la maladie, quand la phlogose pourra être supposée ne pas s’être encore établie dans la pulpe nerveuse, d’autant mieux que les organes vitaux, à cause de la diminution de leur contractilité vitale , menacés de syncope, pourraient l’être davantage ,

si on leur soustrayait immédiatement leur stimulus naturel. Mais dans ces cas graves , où la partie interne du système nerveux , ou de quelques unes de ses portions importantes, est affectée idiopatiquement par le processus phlogistique , non-seulement les saignées ne sont point indiquées, mais à mon avis , elles sont aussi inutiles que toutes les autres tentatives , parce qu’un tel état de chose est nécessairement fatal; la maladie prévient tous les effets des méthodes de traitement les plus rationnelles. Les malades meurent inévitablement , malgré toutes les méthodes curatives, avec cette différence cependant, que dans les premiers progrès de la maladie, quand ils ne sont ni trop violens ni trop rapides , que le processus n’est pas immédiatement interne dans la pulpe vitale, qu’il est borné aux enveloppes externes, la méthode anti-phlogistique peut encore être utile, tandis qu’au contraire, l’usage des excitans précipite et décide les funestes progrès de l’inflammation. Si, comme nous l’avons dit dans le chapitre précédent , telle est la tendance de l’inflammation idiopathique de la substance médullaire à la gangrène, qu’elle ne paraisse pas susceptible d’une autre terminaison, il n’est pas étonnant que ceux qui sont atteints d’une phlogose si funeste meurent non-seulement par défaut de vitalité artérielle et d’excitation, mais encore que l’on remarque dans les cadavres , des traces manifestes de dégénérescence gangréneuse, et que toutes les parties qui ont participé à la phlogose ou à la turgescence phlogistique ne soient gangrénées. Il est à renm~

quer, comme je i’ai déjà indiqué plus haut, que la pulpe de la moelle épinière ou des nerfs, pour cause d’inflammations mêmes simples et traumatiques, dans un corps robuste et arrosé par les fluides les plus purs, passe très-facilement à l’état de gangrène. C’est pourquoi je serais presque tenté de croire que, quand une partie externe quelconque, par la violence de l’inflammation, même chez un sujet bien constitué, passe à la gangrène (ainsi qu’à la suppuration ou à des végétations morbides), que l’inflammation s’était établie d’abord dans la pulpe médullaire des nerfs chargés d’apporter la vie à la partie, ou que le processus phlogistique avait pénétré, ou s’était répandu dans cette pulpe, avant qu’aucune suppuration ou végétation n’ait été formée dans la partie. De toutes manières , soit que l’on traite des inflammations internes idiopathiques de la substance nerveuse, accompagnées subitement des symptômes de la prostration et de la malignité, et que bientôt elles frappent de gangrène quelques parties; soit que l’on parle d’inflam-* mations violentes gangréneuses provenant des parties externes, dépareilles maladies, ou ne sont plus curables, dès qu’elles se manifestent, ou si elles sont susceptibles de quelque guérison , c’est seulement au moyen d’un traitement anti-phlogistique , adapte aux circonstances et destiné à arrêter, sans retard , les premiers progrès d’un processus si terrible.

Quelque soit donc le cas de l’inflammation dite maligne ou nerveuse , il est certain que ce processus tant qu’il existe, quand ce ne serait que pour

quelques instans, est toujours un processus par accroissement de stimulus. Il est constant que malgré tous les phénomènes de nature nerveuse qui raccompagnent , malgré l’aspect de faiblesse qui s’y associe , et malgré tous les obstacles qui empêchent la manifestation des symptômes phiogistiques , que l’inflammation ne cesse pas d’être toujours semblable à elle-même dans les lieux qu’elle attaque. Ou l’inflammation en effet s’allume dans des tissus mal disposés par suite de conditions scorbutique, ou autres affections semblables qui tendent facilement à la dégénérescence gangréneuse, quoiqu’il en soit, cette terminaison subite ne détruit pas la nature ni le génie phlogistique du processus qui l’a précédéé. D’un autre côté, la faiblesse de la réaction artérielle et des symptômes phiogistiques ou fébrils chez les scorbutiques , indique bien que la fibre musculaire et le tissu artériel chez ces individus , ne sont pas capables de la même action et du même feu comme ils le sont dans les autres ; mais le peu qu’ils possèdent et qui suffit cependant à conduire les parties à la gangrène est toujours un feu, c’est toujours un degré relatif de stimulus excédant. Ou l’inflammation attaque dès son principe la substance médullaire , ou les portions centrales du système nerveux, ou les nerfs d’une partie, de sorte que la vie manque : subitement aux artères, et détermine la gangrène qui suit rapidement les premiers traits de l’inflam- | mation, qui n’a pas le temps d’aller plus loin; alors i dans ce cas la gangrène pourra bien être irréparable, la maladie pourra bien résister à toutes tes

méthodes ; mais cela n’empêche pas de croire que si dans les premiers momens cette inflammation était capable de traitement, ce ne serait toujours que par la méthode antiphlogistique , puisqu’elle exprime toujours un excès de stimulus, quoiqu’il ne soit que momentané. Que si l’inflammation est accompagnée de symptômes nerveux, par cela seul qu’elle est répandue sur les membranes du cerveau et sur les enveloppes nerveuses; si par cela même, d’après la série des nerfs affectés et comprimés par la turgescence phiogistique des membranes , la manifestation artérielle des symptômes phlogistiques est totalement empêchée , cela ne change pas davantage la nature, le génie ou la diathèse de l’inflammation. Et si enfin, quelques parties du système nerveux, sans être enflammées, mais parla seule compression de quelques filamens considérables , occasionée par une tuméfaction inflammatoire d’une partie quelconque, il vient s’associer à cette inflammation des convulsions graves ou autres symptômes funestes , cette inflammation ne cesse pas d’être ce qu’elle aurait été, si certains nerfs n’avaient pas été comprimés. L’exemple de ce qui arrive par l’intumescence la plus pure, la plus inflammatoire d’une parotide ou du diaphragme , justifie suffisamment mon assertion. D’après les différentes distinctions déduites des faits, on comprendra le défaut de proportion entre les symptômes et les effets phlogistiques dans certaines inflammations , et la facilité à la dégénérescence gangréneuse , l’inconvenance des grandes soustractions de sang, quoique l’usage des

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remèdes excitans soit pernicieux, et l’avantage des acides végétaux et minéraux, ou autres remèdes contre-stimulans , quoique la saignée repetée soit nuisible , et dans d’autres cas l’inutilité des efforts que l’on peut faire, et l’irrégularité des phénomènes ; ainsi que celle' des effets et des caractères phlogistiques du sang, selon le lieu où l’inflammation existe et où elle transmet ses effets ; ainsi que la série immense de symptômes et de formes différentes, le passage visible ou la transmutation de la diathèse , la réunion apparente de contradictions pathologiques, dont il n’a pas encore été question. Comme il est reconnu, et si je ne me trompe, comme il est prouvé, que l’inflammation considérée en ellemême dans les lieux qu’elle affecte, tant qu’elle est sui generis avant ses suites et abstractions faites , précisément tant de conditions souvent opposées, qui la firent naître, que des simptômes divers qui d’après les raisons que nous en avons données peuvent s’y associer, est toujours un processus par excès de stimulus ; c’est par cette raison qu’étant inflammation , elle ne peut pas être et n’a jamais été une affection par défaut de stimulus.

§ 59. Et ne croyez pas , par les motifs et les maximes que je vous ai exposés sur la nature toujours identique du processus phlogistique, malgré l’appareil de faiblesse pathologique grave ou de malignité dont il s’entourent malgré sa transformation aussi terrible que rapide à l’état de gangrène, que j’aie été conduit spontanément à ma manière de voir, par quelque prévention contre les maximes généra-

lement adoptées. J’avais aussi adopté comme mes contemporains, d’après les principes des meilleures écoles, l’idée à laquelle la pathologie d’alors ne permettait pas d’apporter aucun doute ; que l’inflammation pouvait avoir plusieurs figures, et être parfois curable par la saignée et les anti- phlogistiques, et d’autres fois par le vin, le musc et les alexipharmaquês. Plusieurs ouvrages des auteurs classiques de médecine pratique, ceux même dont la philosophie moderne, ce fruit de la progression nécessaire de l’esprit humain qui nous a enseigné à mieux connaître les valeurs; ces ouvrages, dis-je, semblaient confirmer la distinction que nous avions admise. L’appareil symptomatique de l’inflammation appelée maligne semblait encore nous forcer à souscrire à une pareille maxime, il devait sans doute la dicter entièrement dans un temps où les symptômes avaient aux yeux des médecins autant de valeur pour déterminer la nature d’üne maladie, qu’aujourd’hui ils en ont peu. La doctrine de Brown , qui nous aveuglait par une lumière trop vive, ne nous permettait presque plus de sentir ni d’apprécier ce que contenaient de grand et de vrai les livres des médecins anciens, elle confirmait sous d’autres noms èt avec un despotisme plus grand l’idée pathologique des deux inflammations. Ce ne fut pas, dis-je, par un mouvement spontané ni par prévention que je voulus sortir de la foule, et tenter, il y a déjà quinze ans, l’entreprise audacieuse de démontrer la nature toujours identique du processus phlogistique. Je fus , malgré moi , forcé de douter de la vérité

des maximes communes envoyant périr nnè grande partie , ou pour mieux dire , tous les malades affectés de pneumonites ou d’angines malignes traitées par les remèdes excitans, ou par une méthode mixte et contradictoire. C’était pourtant bien par la méthode contradictoire que l’on traitait ces maladies avant l’époque brownienne. Cullen cependant disait : « Fere omnes quos angina maligna afficiatmo- « riuntur ». Et Guillaume Dangers dans sa dissertation inaugurale de angines maligriœ Ætiologia, publiée à Gottingen en 1 782 déclarait ouvertement que: « Quidquid ad hujus morbi curationem prædicave- « rint varii, evasisse quidem nonnullos ægrotantes « putamus, tam leviter adfectos, ut etiam sine ullo « remedio evasuros fuisse credendum sit , graviùs « vero adfectos plerumque interiisse ».

La méthode exclusivement stimulante, adoptée dans le traitement de ces inflammations, d’après les préceptes de Brown, me confirma dans mes doutes ; car je proteste n’avoir jamais vu guérir une seule pneumonite ou une angine, ayant les caractères assignés à la malignité, par l’emploi de cette méthode ; tandis qu’à l’opposé; dans les mains des médecins attachés aux anciens principes , j’ai vu guérir quelques-unes de ces affections par l’usage, à la vérité , du quinquina ; mais en même temps du tamarin , des acides végétaux et minéraux, à grande dose, ainsique de l’émétique, dans beaucoup de cas, répété plusieurs fois. C’était un contraste qui ne pouvait pas être indifférent pour quiconque se proposait d’étudier d’une manière particulière cette partie impor-

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tante de la pathologie, quand on voyait que malgré l’usage de l’éther, du musc, du laudanum et du vin dans toutes les fièvres ou affections exanthématiques qui avaient l’apparence nerveuse , il survenait une malignité qui ne paraissait pas, ni préexister, ni être préparée; que beaucoup de malades devenaient angineux, avec aridité de l’arrière-bouche , qui bientôt était recouverte d’une épaisse mucosité , ou d’apthes gangréneuses ; enfin que l’inflammation s'établissait à la région sacrée, et dégénérait bientôt en gangrène, s’accompagnant de l’appareil le plus redoutable, tel que les tremblemens nerveux, et les soubresauts des tendons, tandis que beaucoup de fièvres, qui, à leur début, avaient manifesté les mêmes symptômes , traitées par d’abondantes boissons aqueuses, la crème de tartre, les antimoniaux, le nitre, le tamarin, les sangsues et les purgatifs , ne dépassaient pas dans leur cours les bornes dans lesquelles elles semblaient s’être restreintes dès le début, et ne présentaient jamais, ou du moins que rarement les métamorphoses et la succession de phénomènes des malignité dont nous avons parlé. Cependant l’ouverture des cadavres, après ces fièvres nerveuses malignes ou asthéniques, comme on voudra les appeler, convertissait le doute en certitude. En s’en rapportant à l’idée reçue de la malignité ou de fhyposthénie de Brown, îanécropsie devait présenter les produits de l’atonie ou de la dégénérescence gangréneuse : et cependant on retrouvait fréquemment les caractères du processus inflammatoire , ainsi que ses produits , aussi sailians

que Ton pourrait prétendre les rencontrer dans le processus !e plus récent, par accroissement de stimulus. Quand enfin de jour en jour l’expérience affermissait l’opinion de l’action contre-stimulante de beaucoup de remèdes, cela me fit comprendre comment le tartre stibié, lenitre, l’acide sulfurique, la myrrhe et le vinaigre devenaient utiles par l’emploi que l’on en faisait, dans les angines malignes, la variole confluente , et dans toutes les phlogoses réputées pestilentielles par les médecins le plus en réputation; c’est alors que l’idée de la phlogose asthénique perdit à mes yeux tout le reste de sa valëiir , que je reconnus l’erreur, et que je m’appliquai à rechercher par quels moyens l’inflammation pouvait rester cachée sous l’aspect d’une hyposthénie : par quelles conditions elle dégénérait facilement en gangrène, quoique n’étant dans son origine qu’un processus de stimulus; et par quelles circonstances la guérison pouvait en être impossible ou du moins très-difficile, même par les moyens antiphlogistiques , sans que cependant on ait pu conclure en faveur de la méthode excitante. La décoction de quinquina dont les anciens firent souvent usage dans l’angine et la pneumonite maligne, et que l’on applique en substance sur les plaies qui menacent de dégénérer en gangrène, présentait encore un doute, que des observations ultérieures ont enfin dissipé depuis quelques années dans nos contrées. Déjà le mélange que les anciens médecins faisaient de la décoction de quinquina avec les remèdes reconnus aujourd’hui être sans aucun doute contre-stimulans, offrait bien.

parmi tant d’exemples, celui d’un traitement contradictoire, mais ne pouvait pas servir à démontrer l’avantage de la méthode stimulante dans les affections gangréneuses.Ces anciens praticiens, qui avaient tant de confiance dans le quinquina , employaient simultanément l’acide sulfurique et les acides végétaux intérieurement; à l’extérieur, ils faisaient usage du quinquina, auquel ils ajoutaient la myrrhe, ou lui substituaient l’écorce de chêne ou le sel ammoniaque ; et ils proscrivaient sévèrement l’usage du vinetdesalexipharmaques, ainsi que l’usage externe des, remèdes stimulans ou échauffans. Les idées thérapeutiques sur la manière d’agir du quinquina ont été poussées plus loin, quand on a vu (et j’ai souvent eu l’occasion de le démontrer dans ma clinique), que les effets de cette écorce sont nuis ou insensibles, quant à ce qui concerne l’accroissement de l’excitation, et que son action mystérieuse se borne à interrompre le phénomène également caché des retours périodiques d’affections décidément intermittentes; et cette inefficacité du quinquina pour accroître le stimulus est journellement et de plus en plus démontrée dans ces fièvres pernicieuses qui dominent principalement dans la campagne de Rome , avec des caractères tels , que pour sauver les malades , il font avoir recours à des saignées copieuses. Ce fébrifuge à l’aide duquel on parvient à rompre la périodicité, n’exerce pas une action excitante, ou , s'il en exerce une , elle est si faible , qu’elle ne trouble pas Faction non équivoque, ainsi que les effets des déplétions sanguines., Sarcone employait

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dans les fièvres pernicieuses de fortes doses de quinquina, en même temps qu’il faisait pratiquer la saignée ; et moi-même , je me suis servi avec un grand avantage d’une semblable méthode dans différens cas de fièvres périodiques soporeuses. Ainsi on peut bien soutenir que le quinquina employé dans les cas d’angine maligne, la variole, ou dans la pneumonite de pareille forme, quel que soit l’avantage que l’on en retire , n’exerce aucune action stimulante , ou du moins elle est si faible , qu’elle ne saurait l’emporter sur l’action déprimante des autres remèdes qui sont employés simultanément. L’illustre de Haen avait aussi reconnu que le quinquina agissait comme fébrifuge dans toutes les conditions et dans toutes les diathèses , sans rien déranger à l’action des autres remèdes. Le célèbre Ramazzini a été plus loin, en démontrant que le quinquina était nuisible dans les maladies où la fibre avait besoin

d’être excitée ; et qu’il était au contraire utile dans les constitutions épidémiques , où les excitans et le vin étaient nuisibles.

§ 60. Puisque vous vous dédiez à une étude aussi utile qu’elle est agréable, il ne vous sera pas difficile, jeunesse studieuse, d’apprécier conibien la lecture des anciens praticiens a pu m’être utile, tant pour concevoir les maximes les plus importantes que je vous avais déjà exposées sur l’inflammation, que pour me convaincre davantage de leur vérité. L’idée d’inflammation, comme processus de stimulus toujours identique, quel que soit le fond où elle s’allume, le cours des symptômes qui l’accompagnent et la dégé-

nérescence qui lui succède, avait soutenu l’opinion que je crois avoir confirmée par les faits , que ce n’est pas parle processus phlogistique même , mais à cause de la texture du fond où il s’établit et des parties qu’il occupe que dépend la plus ou moins grande manifestation des phénomènes qui appartiennent à un processus phlogistique. Nous savons du reste que l’existence de certaines fièvres et inflammations n’échappa pas à Àetzius, comme l’a fait remarquer Brendel en disant : « Quum æstus phlogisticus inte- « riora teneat, febrisexigua est, pulsus marient aut « naturales, aut debiles, et externa phenomena aut « minima sunt aut nulla ». Mais Aretée explique bien plus clairement certains phénomènes et est à mon avis bien plus d’accord avec les maximes que nous avons exposées quand, en parlant de l’angine maligne il dit : « Est anginæ species qnæ locis collapsis « et submissis efficitur, sed interius compressio ma- « jore stranguiatu discrutiat, ut interna inflammatio « ad cor usque pertinere videatur, huicquecelerrime « occurrendum est, nam ceîerrime ægroti rapiun- « tur ». Et que n’a pas dit avec toute la clarté possible, notre immortel BaMivi afin de détruire dans la masse

du vulgaire des médecins, la fausse idée de malignité par laquelle on s'autorisait à employer les remèdes stimulans. « Abusus accusandi fictam quamdam in « morbis malignitatem medicis fréquenter impo- « nit...... errores hinc in methodo curativa commit-

« tunt per quos morbus graviter exacerbatur.... Mate lignitatem medicamentis calefacientibus aggre- « diuntur, quibus non solum non submovetur, sed

« viscerum inflammatio magis magisque adaugetur ». Le grand Sydenham prit à tâche, comme on le sait, de démontrer comment la peste même ou le bubon pestilentiel réputé comme la plus maligne et la plus gangréneuse des inflammations, dérivait de l’état phlogistique du sang, malgré les phénomènes externes par lesquels elle était masquée ou restait équivoque. Les invectives même de Sydenham lancées contre l’idée de la malignité comme étant une maxime d’autant plus funeste au genre humain qu’elle faisait substituer dans le traitement de beaucoup de maladies les remèdes alexipharmaques à la saignée et aux réfrigérans, avaient le même but. Telle fut aussi la tâche de Dehaen, de Stoll, et de tant d’autres profonds et célèbres praticiens qui ont amplement démontré que la condition profonde de certaines fièvres et inflammations typhoïdes, parce qu’elles manifestent à l’extérieur les phénomènes de la faiblesse, n’en est pas moins phlogistique.

§ 61. Si enfin il est question de la méthode curative des anciens , dans les prétendues fièvres malignes, on la voit comme je i’ai déjà dit, composée en grande partie des remèdes évacuansouanti-phlogistiques, considérés déjà depuis long-temps comme tels, ou reconnus depuis, comme ayant une action contre-stimulante ou dépressive. La méthode de traitement déclarée comme excellente par l’illustre Bossiéri, qu’employait le célèbre Méad dans l’angine maligne, consistait d’abord en quelques saignées; ensuite venaient les clysteres émoliens, les boissons abondantes, ainsi que l’application fréquente du garga»

usine anti-phlogistique. Non-seulement Sydenham recommandait la saignée dans les inflammations pestilentielles , mais encore à l’exemple de Botal il provoquait courageusement les déplétions sanguines , par lesquelles au milieu de la plus grande postration des forces, une grande quantité de malades avaient été retirés des bras de la mort, où ils auraient indubitablement été précépités par l’usage des excitans. Alexandre de Tralles et Settaîa, qui observèrent autant les fièvres exanthématiques et les inflammations revêtues du pernicieux costume de la malignité, et qui de leur nature^ ont une si grande tendance à la gangrène , reconnurent par le fait de l’expérience , et recommandèrent comme très-utile, la saignée faite avec d’autant plus de promptitude que l’on s’apercevait que la marche de l’inflammation était précipitée, et s’accompagnait d’un caractère de malignité. L’illustre Quesnay, dans son important ouvrage sur la gangrène , quoiqu’il se soit montré incertain sur la continuation de la méthode anti-phlogistique , parce qu’il se trouvait entraîné par les diverses suppositions qui découlaient de la pathologie humorale du temps , ne dissimulait cependant pas, que la saignée était de tous les moyens, le plus convenable pour prévenir le passage des inflammations malignes à la gangrène. Huxham dans son traité de l’angine maligne, malgré toutes les contradictions et le mélange de remèdes opposés qu’il nous offre dans sa méthode curative, ne laisse cependant pas de recommander comme remèdes approuvés par l’expérience et très-avanta-

geux, les émétiques, les purgatifs, les mixtures salines et les gargarismes de propriété anti-phlogistique. Le célèbre Boissier de Sauvages recommande les saignées répétées même coup sur coup , les émétiques antimoniaux, le nitre, la scille et les boissons anti-phlogistiques. Que pourais-je vous dire de Maximilien Stoll , pour démontrer la conformité de ce praticien illustre avec les principes pathologicopratique que je soutiens? En parlant de l’angine maligne et des symptômes qui semblent justifier une méthode de traitement propre à relever les forces, «optimum (dit-il), optimum cardiacum emeto catharticum est : stimulantia nihil emmendant, sed mirum quantum fictitiam hanc debilitatem adaugent. »Vogel même, dans le traitement des angines malignes, ainsi que des péripneumonies, de même caractère, déclare non-seulement utiles, mais même indispensables, les cathartiques et les vomitifs. Gri~ maud en parlant du traitement propre à détruire cette tendance à la malignité dans les maladies aiguës , conseille d’après sa propre expérience et celle de Simps , l’application du froid. Hunter, dans l’inflammation maligne et gangréneuse, déclare ouvertement, comme étant hors de toute voie médicale , tout médecin ou chirurgien qui pour relever les forces, accroissent par les applications internes ou externes de remèdes alexipharmaques , ou excitans, l’activité morbide et le stimulus. Grandt en soumettant l’idée d’inflammation maligne, à quelques distinctions, n’exclut pas le cas où cette terrible maladie réclame la saignée; Chomel plus courageux

que Grandt la rend indispensable : et l’illustre Borsiéri assujettissant cette matière difficile à l'analyse profonde qui caractérise ses ouvrages , et en s’éclairant de la lumière des anciens et de sa propre observation , non-seulement n’exclut pas la saignée dans l’angine maligne, mais il la regarde comme nécessaire, et recommande ensuite l’usage des émétiques et des cathartiques, les acides végétaux et minéraux, et enfin les remèdes reconnus comme ayant une propriété anti-phlogistique. Et quels documens pourais-je rapporter à cette occasion , qui soient plus démonstratifs que ceux qui concernent la fièvre jaune d’Amérique? S’il existe un phlogose qui dégénère rapidement en gangrène , s’il y a au monde une inflammation maligne , c’est certainement la phlegmasie gastro-hépatique qui dans les accès de la fièvre jaune dégénère le plus souvent en gangrène dès le quatrième jour, et quelquefois dans les 24 heures. Cependant si la maladie fournit le temps convenable pour que l’on puisse la traiter, s’il est possible de prévenir cette dégénérescence maligne , on l’obtient par la méthode anti-phlogistique , et meme par des applications réitérées de la saignée, comme nous l’apprenons par les écrits des meilleurs médecins anglais , et par les cures merveilleuses obtenues par Rush en Amérique , et par beaucoup d’autres, à l’aide des saignées copieuses.

Tant d’observations , tant de faits et tant de préceptes ne pouvaient pas avoir une grande influence sur la marche de la doctrine, dans les temps antérieurs au système de Brown : parce que à cette épo-

que les faits étaient considérés détachés les uns des autres, et l’isolement et le défaut des principes généraux de la diathèse, empêchaient de les voir dans leurs relations générales. Ces faits ne pouvaient avoir ni valeur ni crédit dans le temps de Brown 7 parce que le langage auquel ils étaient soumis, et la théorie qui venait s’y mêler les faisaient rejeter sans examen, et indistinctement. Il fallait tout le calme qui a succédé à l’enthousiasme de la doctrine de Brown, ainsi que la comparaison tranquille de l’observation et des doctrines de tous les âges , les progrès d’une saine philosophie, et le temps, pour pouvoir mettre tant de faits en rapport.

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