‹ Exposition précise de la nouvelle doctrine médicale italienne, ou considérations pathologico-pratiques sur l'inflammation et la fièvre continueChapitre 17 sur 20 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Objections qui furent faites à mon opinion sur l’identité de la

phlogose, par le chevalier Rubini et autres écrivains modernes.

§.71. L’illustre médecin clinique de Parme, mon honorable concitoyen et collègue, enlevé trop tôt aux progrès de la science et à l’honneur de la patrie, était déjà en partie décidé, parles réflexions du professeur de Turin, à soutenir à l’Académie médicochirurgicale de Parme la cause de Y inflammation hjp o sthénique. Mais je ne désespérais pas de le réduire à être persuadé de l’identité du processus phlogistique , en l’invitant, comme je me le proposais par cet ouvrage, à examiner la phîogose pour ce qu’elle est en elle-même, abstraction faite des causes ou des conditions qui l’auraient précédées , ou des désordres qui s’en seraient suivis : considérant ce processus dans toutes autres relations que dans celles où il a été considéré jusqu’aujourd’hui. Un argument cependant que d’autres n’avaient pas produit avant lui, et sur lequel il fondait en grande partie son opinion, c’était l’assertion faite par les auteurs de Y Existence des inflammations périodiques intermittentes , et cet argument ne semblait pas dépourvu de force, attendu que si ces affections, qui sont déclarées phlogoses périodiques intermittentes, appartenaient vraiment au processus phlogistique, et si le

quinquina, avec lequel elles sont guéries, ainsi que toutes les autres maladies périodiques, était vraiment doué de la vertu stimulante ( ce dont alors on ne doutait pas), on devait nécessairement en inférer que le fond de cette affection phiogistique était hyposthénique. Si ce n’est que le défaut de/cette conclusion qui a été répétée par beaucoup, consiste à admettre comme véritables, deux faits sur lesquels on peut encore établir de très-grands doutes. J’entends parler de la force très-stimulante que l’on croit que possède le quinquina , et de la nature vraiment phiogistique de ces conditions morbides intermittentes, qui ont les apparences et sont accompagnées de quelques symptômes de l’inflammation.

§. 72. Que le quinquina ait une légère action stimulante ( s’il exerce vraiment une action de stimulus), et que sa vertu mystérieuse consiste principalement à troubler la marche périodique et à prévenir le retour de certaines affections vraiment intermittentes, c’est ce que nous avons été forcés de croire depuis quelque temps par l’exemple de cent faits observés dans notre clinique, et par les avantages du quinquina dont les effets n’ont pas été contrariés par la saignée et vice versa . Il est à la vérité trop fréquent d’observer dans la pratique que le quinquina est utilement employé concurremment avec des remèdes bien décidément anti-phlogistiques, de manière que l’utilité de cette écorce sert bien peu à démontrer la nature asthénique de l’affection qui a été vaincue ou modifiée par lui. Cherchant enfin à reconnaître si ces affections intermit-

tentes, qui ont l’aspect de phlogoses (la pleurétide, l’angine, l’ophtalmie périodique des auteurs), sont de vrais processus phlogistiques; et, en supposant encore que l’inflammation soit véritable, nous sommes toujours forcés d’en exclure l’idée de l’asthénie, que l’on voudrait y faire figurer; si l’on fait attention à la nécessité dans laquelle se trouvent les praticiens de la combattre par la saignée, reconnue indispensable , surtout pendant la violence des accès.

« Quando pleuritidis phœnomena , disait l’illustre « Borsieri, lateris dolor, tussis, spirandi difficul- « tas, etc.: periodice febris vices subeunt, ideo que « ejus symptomata haberi debent; non solum cora ticis citum usum postulant, ut in aliarum curatione « febrium perniciem minitantium, verum eaquoque « omnia, quæ veræ pluritidi conveniunt, atque im- « primis iteratam sanguinis missionem, quæ adeo te necessaria est, ut sæpe ipse viderim febrim cortici « non obtempérasse, nisi sanguine prius largiter « misso, id est diathesi inflammatoria, per sectio- « nem venæ quodam modo retusa. » Je ne sais si aucun fait peut être plus convenable que celui-ci pour démontrer deux importantes vérités : i° que ces phénomènes pleurétiques , se renouvelant à différens intervalles, après une intermittence bien décidée, quand même on devrait les considérer comme l’effet tf une véritable phlogose pulmonaire, n’en seraient pas davantage phlogoses asthéniques, comme le supposait mon collègue, mais bien le produit d’un excès de stimulus, comme on le remarque dans

line pleurésie véritable et continue : c’est donc un motif pour être persuadé que l’inflammation récurrente ou intermittente est toujours l’effet ou l’expression d’un excès de stimulus ; 20 que le quinquina, bien qu’il soit doué de la propriété de prévenir par une force mystérieuse le retour d’une affection intermittente, n’est pas doué pour cela de la propriété stimulante , ou s’il l’est , ce ne peut être qu’à un degré insensible , puisque , dans une disposition aussi phlogistique que celle indiquée par Borsieri, quand pour la réduire on est obligé de recourir à des déplétions sanguines répétées, l’action d’unremède trèsstimulant ne pourrait qu’être funeste. C’est par ces motifs , qu’en accordant même l’existence d’une véritable inflammation intermittente, ce processus, malgré les intermissions et les périodes , serait toujours sthénique ou dépendant de l’excès de stimulus, et les bons effets du quinquina ne concluraient en rien en faveur de la prétendue phlogose asthénique .

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