L’AUTEUR
A ses illustres Collègues composant la Société des
Sciences d’Italie.
Messieurs ,
Lorsque , par votre suffrage, je me vis admis au sein du premier corps scientifique de V Italie, mon âme fut pénétrée tout à la fois et par V importance d'une pareille agrégation, et par le besoin de donner un témoignage public de ma vive reconnaissance. Quel lien, à la vérité, aurait pu me paraître plus noble et me flatter davantage que celui qui munissait à des hommes illustres, qu'il m 'était déjà si glorieux d'avoir pour concitoyens. Toutes ces considérations devaient me faire rompre le silence pour payer la dette que je venais de contracter envers ceux de mes collègues qui, d'une voix unanime, m'avaient élevé à un si grand honneur? Quel autre sujet plus convenable aurais je pu choisir pour manifester mes sentimens à la société, si ce n'est celui d'un ouvrage dont le but est précisément défavoriser les progrès d'une doctrine qui a pris naissance en Italie? Les productions qui doivent fournir de nouveaux èlèmens aux sciences et aux arts , ainsi que celles qui peuvent les conduire au plus haut degré possible de la perfection ne sont point étrangères à cette terre classique. Puissé-je trouver en moi assez de moyens pour aborder un sujet aussi difficile , et parle développement des faits dont ces considérations sont l’objet, répandre quelques lumières sur les
argumens les plus arides de la médecine . Si je ne puis atteindre le but que je me suis proposé J' ose croire au moins qu’il n aura pas été inutile que je Vaie essayé ; et si , Messieurs , vous ne pouvez pas accueillir mon ouvrage comme capable d’être utile aux progrès de la science , ni suffisamment digne de la société, veuillez bien au moins le recevoir comme gage de ma sincère reconnaissance .