‹ Exposition précise de la nouvelle doctrine médicale italienne, ou considérations pathologico-pratiques sur l'inflammation et la fièvre continueChapitre 8 sur 20 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Importance de l’étude de l’inflammation. Idée première et plus simple , déduite des faits. Conditions morbides d'une partie enflammée.

§ i . La partie la plus étendue , îa plus importante et nous pouvons le dire, la plus connue de la pathologie, est sans contredit celle qui comprend Pexamen et le traitement de l’inflammation et des maladies inflammatoires. Si l’ordre que je me suis assigné dans mes leçons pratiques , et le cadre nosologicoclinique que j’ai adopté, ne me forçaient pas de traiter avant toute chose de la nature de l’inflammation, je m’y trouverais naturellement conduit par la nécessité de parler d’abord, dans l’intérêt de votre instruction , de ces maladies qui , par des caractères positifs, se manifestent aux sens, et que l’on peut suivre de l’oeil et de la main dans leurs différens progrès , avant que de fixer votre attention sur celles qui sont moins connues et dont la

nature est souvent obscure et problématique. Mais, pour vous disposer autant qu’il convient à cette partie si importante de l’étude pratique , afin que le processus morbide d’une affection si dangereuse ne puisse pas se soustraire à vos recherches , quand malheureusement il s’établit d’une manière occulte; enfin pour que le moyen utile pour le vaincre ne soit pas vacillant dans vos mains , quand la nature des parties qui en sont affectées peut en masquer les phénomènes ; j’ai cru nécessaire , avant toute chose , de faire dériver des faits que l’observation peut nous présenter, la nature de V inflammation en général. C’est par les faits que nous pourrons en démontrer le genre et la marche, en étudier les influences et les produits , et , par les résultats des observations anatomico-pathoîogiques , en constater l’existence, même dans les affections que les nosologistes ont l’usage de rapporter à toute autre classe de maladies. Par cette étude nous pourrons prétendre à une thérapeutique plus rationnelle et plus constante , chaque fois que nous aurons la certitude de l’existence d’une phjegmasie ; nous aurons lieu de la redouter où l’on ne soupçonne souvent pas qu’elle existe, et nous éclairerons ainsi l’étiologie de beaucoup de maladies qui dépendent principalemeut de son existence ; enfin , nous résoudrons une foule de questions qui se rattachent à ce point de doctrine si essentiel. Quel sujet plus que celui - ci , pourrait intéresser davantage les pathologistes et les praticiens , s’il n’existe pas , comme je l’ai dit depuis quinze ans , et comme je

Fai affirmé dans mon introduction à la nouvelle doctrine , une seule maladie soit aiguë ou chronique, et surtout fébrile, qui ne soit dépendante d’un état inflammatoire quelconque ? Et quel sujet serait plus digne de notre attention, quand sur cent cadavres , à peine en retrouve- 1- on deux dont les lésions organiques ne puissent constater les résultats des progrès de phlegmasies , qui d’une manière si funeste ont fait terminer la maladie ?

§ 2. L’importance que j’attachai déjà en i8o5 , dans mes recherches sur la fièvre jaune d’ Amérique , à l’étude de l’inflammation, et l’immense influence que j’indiquai devoir exercer ce processus , dans la formation du plus grand nombre des maladies , produisirent l’effet que je m’étais proposé. Le processus inflammatoire fut étudié en Italie beaucoup plus qu’il ne l’avait été avant l’apparition du système de Brown , et bien certainement encore plus qu’il ne l’a été pendant toute l’époque du brownianisme. On l’observa dans des circonstances où à aucune des époques de là médecine , on n’aurait même jamais cru pouvoir le soupçonner. Ces con sidérations pathologico-pratiques qui , d’après le prospectus que j’en ai donné , devaient voir le jour il y a huit ans : les principes (qui aujourd’hui ne sont plus nouveaux pour les élèves de notre école) qu’une longue série de patientes méditations et d’observations constantes m’a mis dans le cas de professer, paraîtront aujourd'hui sous des auspices d’autant plus favorables qu’ils ont été précédés par plusieurs de mes écrits, qui furent accueillis

d’une manière favorable par d’illustres rivaux , nonseulement en Italie, mais encore au delà des Alpes. Ce qu’à une époque j’osais à peine avancer , quand les cerveaux étaient encore |tout remplis des principes de Brown, et lorsqu’on regardait l’inflammation comme un produit secondaire et semblable à la diathèse, ou pour le moins tellement subordonnée à la diathèse , qu’elle était soumise à toutes les couleurs de l’hypersthenie ou del’hyposthenie, ce que , dis- je , j’osais à peine dans un temps avancer , je puis le dire aujourd’hui avec la plus grande confiance, parce que l’esprit des jeunes étudians y a été préparé ; qu’en outre les principes que je soutiens ont été adoptés par un grand nombre de pathologistes ; que ceux-ci les reconnurent et les déclarèrent tellement appuyés par les faits , qu’aujourd’hui il n’est plus possible de donner le nom de principe qu’à ce qui peut soutenir la démonstration. Il ne paraît plus à l’époqne actuelle aucun livre qui en traitant de l’inflammation n’en parle précisément dans le sens qui correspond à mes principes ; partout l’inflammation est reconnue toujours identique et accompagnée des caractères qui lui sont propres, quels que soient le degré auquel elle soit arrivée , l’aspect des phénomènes qui l’accompagnent , ou les dégénérescences qui lui succèdent. L’inflammation aujourd’hui est considérée comme cause et comme aliment de certaines infirmités dans lesquelles pendant un temps elle n’était considérée que comme conséquence et dernier résultat : on l’a de plus reconnue comme cause es-

sentielle de maladies avec lesquelles antérieurement on ne soupçonnait pas même qu’elle pût avoir aucun rapport. Les adversaires de quelquesuns des principes qui sont relatifs à l’inflammation, ne sont qu’en très-petit nombre ; cependant, comme quelques-uns d’eux sont des hommes distingués, pour lesquels j’ai la plus haute vénération, j’ose me flatter qu’ils trouveront dans le cours de ces considérations uue réponse satisfaisante aux objections qu’ils ont pu faire. Parmi ces adversaires, il en existe quelques-uns qui , n’étant pas plus satisfaits des anciennes doctrines que de la nouvelle, gardent le silence, ou veulent bien ne pas contrarier les principes que je professe sur la phlogose. Il en existe un surtout, parmi les modernes, qui, assignant h l’in flammation une étiologie aussi nouvelle que bizarre, et en soutenant des principes en grande partie contraires à la doctrine du jour, qui tout à coup est cependant devenu le champion des maximes dont nous nous occupons relativement à la diathèse, ou la nature toujours ident ique de Vinflam « mation . Quelques autres , se servant d’une arme plus faible , ont recours au doute pour combattre ce que les ouvertures de cadavres démontrent de la manière la plus positive; ne pouvant cependant pas combattre entièrement la diathèse inflammatoire que j’ai reconnue être invariable, ils doutent, disentils , que l’inflammation puisse réellement exister dans certains cas. Quelques auteurs enfin , par dissimulation , et pour ne point accorder à la nouvelle doctrine italienne tout ce qu’on lui doit, ne parlent

des nouvelles maximes établies sur l’inflammation , que d'une manière à faire croire que ces vérités auraient été admises sans opposition même dans les temps antérieurs à cette époque , et comme si l’on ignorait les entraves dans lesquelles cette portion de la pathologie a été jetée dans le temps de Brown, et comme si on ne savait pas que la phlogose à double couleur figure dans tous les écrits pathologiques et cliniques du temps.

§ 3. Cependant l’approbation que de savans médecins , des praticiens aussi éclairés qu’experts, accordent de jour en jour aux principales maximes de la phlogose , devient décisive. Aussi voit-on dans les mains des médecins les moins experts , la méthode curative des maladies inflamatoires , devenir plus uniforme ; et tandis que depuis plusieurs années beaucoup de livres ou journaux fournissent en Italie une collection toujours plus riche en faits , qui confirment et affermissent les nouveaux principes , la France admet aussi comme base de sa doc trine physiologico pathologique ces mêmes principes , sur la nature, l’extension, l’identité de caractère , et le traitement des inflammations ; ce qui établit des points de contact si grands avec la doctrine italienne , que l’on peut sans inconvénient les regarder comme ^soeurs et soutiens l’une de l’autre, quelle que soit la différence d’expression et de langage qui les distingue. Il y a déjà douze ans que l’illustre Broussais, imité depuis par beaucoup de praticiens ou auteurs /français > publia son ouvrage sur les phleg jnasies chroniques , dans lequel il a professé une

grande partie des principes que j’avais déjà soutenus. Comme postérieurement à cette époque , tout en ignorant l’ouvrage de Broussais , j’ai moimême publié divers écrits où il était question de l’inflammation, je dois pareillement croire que, lorsqu’il fit paraître en 1808 son traité sur les phleg masies chroniques , il ignorait les principes que j’avais professés en i8o5, dans mes recherches sur la fièvre d’ Amérique. Cette persuasion m’est d’autant plus agréable, qu’elle justifie la bonne opinion que j’ai toujours eue des grands bommes, et je suis même flatté de pouvoir penser que Broussais, ainsi que son partisan Fournier, ait alors ignoré la pu bli cation de mon ouvrage et l’esprit des maximes que j’y avais émises ; cette conviction m’est d’a utant plus avantageuse , qu’elle consacre de plus en plus la vérité de mes maximes. Ainsi, ne pouvant pas me flatter d’avoir reçu l’assentiment d’illustres rivaux , je ne puis donc qu’attacher un bien plus gr;nd prix au hasard qui nous a pu inspiré, puisque , nous ignorant l’un l’autre , nous avons été conduits spontanément , par les faits qui nous ont servi de guide, à l’analogie ou identité de principes.

Il existe peu de maladies dont la médecine puisse aussi facilement reconnaître l’origine , mesurer et suivre la marche , prévoir enfin les effets, comme elle peut le faire pour l’inflammation , qui , rendue ostensible sur les parties externes qu’elle affecte , peut être appréciée par des caratcres saillans dès son origine , pendant son développement

dans ses résultats, et nous founir ainsi des données positives pour prévoir ce qui peut arriver quand ce processus phlogistique s’est établi sur les parties internes. C’est donc à la chirurgie que la médecine interne est redevable de ses premiers moyens d’induction , mais aussi par compensation celle-ci a-telle fourni à la première une direction précise dans le traitement dynamique des parties enflammées , direction dont il est à désirer qu’elle profite entièrement. L’inflammation externe fut le prototype de toutes les affections internes soit aiguës ou chroniques qui dépendaient d’un état phlegmasique ; et comme celles-ci occupent la plus grande partie du cadre nosologique, ainsi que nous aurons lieu de le démontrer, l’inflammation peut être considérée comme le guide principal des inductions médicales dans le plus grand nombre des maladies : les phénomènes primitifs les plus simples de l’inflammation , les conditions morbides les moins compliquées d’une partie enflammée consistent dans la chaleur f la pulsation > la rougeur de là partie , plus grande que dans l’état naturel ; la turgescence , la tension , et le gonflement également beaucoup plus grands que dans l’état de santé. De ces conditions dérivent nécessairement la distension douloureuse des nerfs , ainsi que la réaction plus ou moins violente de cette affection partielle qui donne lieu à la fièvre. Ces premières conditions me représentent un produit simple et positif d’une augmentation de stimulus et d’excitation semblable à ce qui se manifesterait chez un homme en parfaite santé, qui, en exposant une

partie saine à Faction violente du feu, ou la tourmentant par des frictions rudes et long-temps continuées , ne tarderait pas à éprouver les premiers phénomènes de l’inflammation locale. Ce qui nous prouve que l’inflammation prend naissance au milieu d’un excès de stimulus , et que les conditions morbides ci-dessus indiquées ne peuvent être occasionées que par la violence de l’excitation ou du stimulus ; aussi peut-on prévenir l’inflammation en se mettant en garde contre l’action des causes stimulantes , et la guérison de l’inflammation doit-elle être d’autant plus prompte et plus complète, que par des moyens locaux ou généraux l’on a cherché à déprimer l’excitation ou à diminuer le stimulus. Cependant il faut remarquer que ces mêmes produits du stimulus excessif, ces premières conditions pathologiques de l’inflammation pour peu qu’elles aient pris d’intensité , quoique les causes d’excitation excessive aient été éloignées , pour peu qu’elles soient abandonnées à elles-mêmes, ne sont plus d’une guérison aussi facile qu’elles l’étaient d’abord : elles altèrent en définitif et souvent d’une manière irréparable l’état des parties , en détruisent la texture , et enfin, par des moyens divers, elles en occasionnent la désorganisation. Ce processus en effet , d’après ce que l’observation et les ouvertures de cadavres nous démontrent, est la seule puissance au moyen de laquelle la structure des parties est altérée ou détruite. Ce processus enfin, considéré dans ces résultats extrêmes, comme V induration , la suppuration et la gangrène , nous

représente les parties dans l’état le plus éloigné du naturel, lin état qui , pour les parties désorganisées, devient synonyme avec celui de la mort. D’un autre côté, comme ce processus ne doit sa première origine qu’à un simple excès de stimulus et d’excitation , on doit observer que ces premiers progrès ne consistent précisément que dans l’augmentation du stimulus. Il résulte que la première rougeur , la clialeur et la turgescence qui sont produites par l’action violente mais instantanée du calorique ou du irottemen t, sont susceptibles de rétrograder, et d’être bientôt dissipées , si la cause stimulante cesse, et si par l’application prompte de l’eau froide on peut parvenir à soustraire l’excès d’excitation. Ainsi l’inflammation, qui dans ses résultats extrêmes ne nous laisse plus voir que les produits delà désorganisation, considérée à son début , n’est plus qu’une maladie sans importance, une affection qui s’éloigne très-peu de l’état naturel,

§ 4- Da ligne de démarcation, les véritables limites d’un excès d’excitation qui n’a point encore le caractère pfiiogis tique , c’est-à-dire un état tel qu’il n’existe encore qu’une augmentation dans la circulation, une turgescence des vaisseaux sans aucune

altération dans les fibres, les limites, dis-je, entre ce simple excès d’excitation et celui dans lequel

les fibres et les membranes s’éloignent de leur texture naturelle, sont difficiles à déterminer : il serait également difficile d’indiquer précisément le degré de stimulus qui seul conviendrait pour accélérer d’une manière morbide l’oscillation des vaisseaux,

ainsi que la force qui lui serait nécessaire pour qu’il exerçât sur les fibres ou dans la texture des parties une mutation dans les conditions organiques. La différence de stimulus ou d’excitaion devant dépendre d’un degré plus ou moins fort relativement à la susceptibilité individuelle, il devient impossible de pouvoir assigner le véritable point où la maladie cesse d’être une simple augmentation de mouvement pour commencer à constituer un processus ou une condition qui intéresse la forme , l’extension, et la masse des fibres, tourmentée parle stimulus. Cette différence peut dépendre non-seulement de la force, mais encore de la qualité des stimulans, dont l’action peut s’être bornée à l’excitation, et n’avoir produit qu’une augmentation de mouvement, ou bien avoir exercé une influence chimique plus ou moins active sur les fibres stimulées, une action désorganisatrice d’où dérivent un changement dans le mode de vitalité , l’altération des tissus, de leur forme ou de leur extension. Aussi voyonsnous que l’excitation excessive, en partant d’un état modéré jusqu’à une profonde altération , ne dépend pas toujours d’un degré connu de stimulus plus ou moins fort. C’est ainsi que sous certaines influences atmosphériques , où l’air sert peut-être de véhicule à des élémens inconnus , qu’Hippocrate a si énergiquement désignés par le quid divi num , nous voyons se former chez tous les malades un état inflammatoire plus ou moins grave dans certaines parties , quoique le degré de chaleur ait été modéré et que l’excitation de l’organisme n’ait pas paru

considérablement augmentée: tandis que d’autre fois, sous la plus ardente chaleur et malgré l’influence bien manifeste des stimulus , nous voyons l'excitation être augmentée de beaucoup , ainsi que la circulation générale, sans que pour cela l'inflammation ait lieu , si ce n’est dans un petit nombre de cas. Mais la différence la plus importante d’un pareil effet doit surtout dépendre de la constitution individuelle, ou, s’il m’est permis de le dire, d’une plus ou moins grande altération, dans les conditions moléculaires orgarniques , et peut-être encore de la nature des fluides qui font partie de l’ensemble de l’organisation. Elle doit enfin également dépendre de la difficulté plus ou moins grande que l’excès de stimulus ou d’excitation qui dépasse les limites du simple accroissement de mouvement , peut éprouver, pour déterminer plus facilement chez un individu que chez un autre l’état phlegmasique ou l’inflammation des parties ; c’est ainsi que nous voyons les contusions, les blessures, une épine, ne produire chez quelques individus que la division mécanique des parties , ou seulement une augmentation très-passagère de stimulus ; tandis que chez d’autres, une cause encore plus légère produit surle-champ une altération phlegmasique profonde , qui prend bientôt une grande étendue, et devient difficile à guérir.

§ ô. Mais , par le même motif qu’on ne pourrait pas assigner les limites ni le point véritable oü l’excès de stimulus et de mouvement commence à altérer le mode ou la condition organique des parties , et

à constituer un état vraiment phlegmasique , il devient de même impossible de pouvoir indiquer jusqu à quel degré le même processus inflammatoire , ainsi que l’altération organique qui le caractérise, laisse les parties enflammées susceptibles de reprendre leur état primitif, ainsi que leur forme naturelle, ou bien les dénature à un tel point, que, même lorsque l’excitation morbide a cessé , elles ne jouissent plus des propriétés qui antérieurement les caractérisaient. Peut-être qu’une partie vraiment enflammée, quelque bien guérie qu’elle puisse être, ne recouvre jamais sa première manière d’être. N’estil pas possible qu’une légère altération organique i lui soit restée pour toujours? L’incilabilité ou la susceptibilité morbide bien plus vive que dans les autres parties , et don t elle res te indéfi, niment atteinte, pourrait me le faire supposer. De plus, comme l’incitabilité des parties, ou la susceptibilité de répond re à l’action des stimulus , est un produit ou plutôt un effet immédiat de l’organisation ou de certaines conditions organico-dy nautiques qui sont inhérentes à l’organisation, il résulte que cette susceptibilité plus grande que dans l’état naturel, dont reste atteinte une partie qui a été phlogosée , quoiqu’elle nous semble rendue à son état primitif, indique cependant qu’il est survenu quelques chang’emens dans les conditions organiques, une altération invincible dans la nature des fibres. C’est enfin malgré les lois de l’habitude, et malgré l’épuisement de Brown , que les parties ressentent d’autant mieux l’action des stimulus même légers , et s’enflamment

plus facilement, qu’elles ont été plus souvent tourmentées par l’action des stimulus insolites , ou qu’enfin elles ont déjà été plusieurs fois enflammées . On dirait que les inflammations précédentes ayant créé un nouveau tempérament , il en est résulté une nouvelle manière d’être et de sentir, une idiosyncrasie particulière. Mais l’idiosyncrasie et le tempérament sont également inhérens à la manière d’être individuelle des fibres primitives et de la constitution organique de certaines parties, ou de quelque grand système. Considérations importantes qui m’ont fourni un nouveau moyen à faide duquel j’ai pu déferminer les conditions profondes, ainsique les relations physiologiques et pathologiques des parties enflammées. En soumettant ainsi l’inflammation aux grandes comparaisons qui jusques aujourd’hui n’avaient point été tentées , descendant du plus haut au plus petit de ses degrés , et de ses résultats les plus gigantesques à ceux qui semblent se borner à un simple accroissement d’ excitation, ou qui peuvent se soustraire aux recherches du pathologiste comme à la loupe de l’anatomiste ; profitant enfin de ce que d’excellens et profonds observateurs ont consigné dans les archives de la pathologie , sur les produits de l’inflammation, j’ai frayé une nouvelle route , et ce ne sera sans doute pas en vain que j’aurai cherché à déterminer les conditions profondes et essentielles , ainsi que les caractères véritables de cet important e't toujours terrible processus.

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