AUXILIAIRES DES COMMERCANS, CH. VI
les routes de terre. U est pareillement évident que, si les taxes perçues sur des canaux devaient rembourser en peu d'années la dépense faite pour les ouvrir, il n’y aurait aucune de ces entreprises qui fût possible, ou celles dont on aurait fait l’avance, chôme» raient à cause du péage excessif qu’on aurait dû imposer. Il ne faut pas convertir en charges ou eu dépenses inutiles ce qui peut être une source féconde de prospérités. Ce n’est pas pour étaler sans fruit un luxe de beaux et savans travaux qu’on doit y mettre la main. 'Un système de long amortissement par un péage modique , dont la modicité même grossirait bientôt la perception et le revenu , est le seul convenable; mais il faut pour l’établir, que les capitalistes, dont les fonds suppléeraient ceux du trésor, ne se livrent pas à l’impatience de les reprendre , et que l’état lui-même ne se hâte pas de se porter pour héritier des concessionnaires. Au reste , quand les canaux sont à lui , il doit à peine les distinguer de ceux que la nature a creusés sans frais : qu’importe que les uns aient été dispendieusement construits, et que les fleuves n’aient rien coûté à creuser? Si l'intérêt public est que ces communications servent au commerce intérieur, ce grand mobile de la prospérité publique, il n’y a point de motif d’attacher un impôt. plus fort à l'une des deux navigations, par souvenir de ce qu'elle a pu coûter. 5i l’on voulait d’une telle spécialité, pour être conséquent il faudrait , en laissant les rivières libres , remettre la taxe des barrières sur les grands chemins.
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