‹ Exposition rétrospective des œuvres de Théophile ChauvelChapitre 3 sur 9 · AC LATE AR ES · texte numérisé non relu

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venue; une foule d'artistes aimables, féconds en improvisations lé gères, apparaissaient : mais, volontairement >

limités, ils restaient avant tout des dessinateurs ; l’eauforte, entre leurs mains, ne donnait guère qe des Cro-

t 1 fon Œe LÉ LAS si forts en lui, par ses une +.

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grignotis des tailles, par l’accident. Théophile Chauvel vit et conçut l’eau-forte comme l’on voit et l’on conçoit la peinture, — un moyen d'exprimer des valeurs. Il s’en fit une palette, il noya les amusements secondaires du trait, les élégantes joliesses de la pointe, il leur substitua une expression exacte de la qualité d'ombre et de la qualité de lumière. Que l’on regarde attentivement une de ses grandes pages, et l’on verra que la marche de l'outil y est indifférente. Elle n’y paraît pas. Elle se subordonne étroitement à l'effet.

Ainsi naquirent ces planches admirables où, grâce à cette discipline personnelle, à ce savoir qui assouplit la matière, rayonne splendidement la poésie des campagnes, des grèves et des bois. Les étangs immobiles sous le désordre des cieux, la barque plate qui file sur l’eau grise, les cachettes d'ombre qui se creusent entre les rameaux tordus des végétations basses, les soirs amers . qui resplendissent tristement sur les marécages, tout ce qui croît, tout ce qui s’agite sourdement dans le mystère des bois, toute la mélancolie passionnée de la grande nature et du grand art frémit dans ces pages inoubliables. À une époque où les préférences de certains nous ont peu à peu accoutumés à une vision de plates banlieues, il n’est pas inutile d’aller prendre ici une leçon de lyrisme. Dans le journal L'Art, dont il devint le directeur artistique, Chauvel publia une serie d'eaux-fortes d’après les maîtres de Fontainebleau, égales à la majesté des œuvres mêmes. Il est eux tous, et 1l est Chauvel. Il

dépasse à ce point les limites d’un procédé, il fait parler

le blanc et le noir avec tant d’éloquence qu'il semble que ces peintres seraient incomplets, s'il ne les avait gravés. Plus tard, après avoir, dans des planches comme Soleil couchant, Ville d'Avray, La Saulaie, Solitude et tant d’autres, ajouté, s’il se peut, un charme

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