‹ Exposition universelle 1889;Chapitre 11 sur 40 · PftvilloD du · texte numérisé non relu

PftvilloD du

notamment une reproduction d'une ville japonaise avec ligures en cire, mœurs, habitudes, etc.

Mentionnons aussi, but le terre-plein du palais des Arts libéraux, les pavillons du Lota, de San-Salvador et de Nicaragua. Ce dernier pavillon, d'une certaine élégancesobre, construit par H. Sauveslre, l'architecte de la grande tour, renferme, outre tous les produits du

pays, un très beau plan du canal projeté de Nicaragua. Consiructions à droite, le long de l'avenue de Suffren. — Si maiotenant nous parcourons la limite droite du Champ-de Mars, eu remontant vers rÉcole-MilitaiTe> nous passons devant le déme Villard et Coutard, qui renferme un globe terrestre au millionième, ayant par conséquent lâ^.TS de diamètre et 40 mètres de circon-

féreoce. Paris occupe, sur ce globe, environ un centimètre. On y a marqué toutes les voies de communications terrestres et maritimes de 1789 à 1889.

Nous visitons ensuite successivement les pavillons de l'Uruguay, de la République Dominicaine, du Pa-

raguay, de Guatemala, d'Haïti, le grand pavillon indien qui renferme des produits d'Orient et quelques autres aussi, l'exposition de Saint-Marin, le pa\iilon chinois, le restaurant roumain, le bâtiment du Maroc et enfin l'exposition égyptienne qui occupe une superficie de 3,000 mètres carrés. Cette exposition se diiveloppe Jusqu'à l'extrémité du palais des Machines.

CAUSKRIBS SCIENTIFIQUES.

On a construit plusieurs types de maisous en bordure du Cbamp-de-Mars à droite; à gauche, on a empranté

- I^ Marrhauil d'Orai

de grands espaces au palais des Industries diverses et élevé sur ce point des façades orientales. Là, tout

est égyptien. C'est la fameuse rue du Caire qui a eu le même succès que la rue des Nations de 1878. L'expo-

sition égyptienne a été oi^anisée par M. le baron Delort de Gléon, commissaire général; les travaux ont été exécutés par M. Gillel, architecte.

12 CAUSERIliS SCIENTIFIQUES.

La rue Égyptienne est une représentation exacte

d'une rue du Caire avec ses boutiques, ses cafés, ses maisons à moucharabis et un superbe minaret. Elle

est habitée par 200 Égyptiens, fabricants de vitraux, tourneurs, musiciens, etc. Derrière les maisons, on a installé une écurie renfermant 100 petits ânes qui, luxueusement barnachés, promènent les enfants et surtout les grandes personnes dans les allées du parc.

Ift Sociét« g6ni^nkle des Ttili^phon.

Enlin, on a aménagé successivement plusieurs grands cafés ; la porte principale est ornée d'une tente d'une extrême richesse empruntée au palais du Khédive. Pendant les premières semaines de l'Exposition on s'écrasait littéralement dans cette petite rue étroite; le Parisien voulait voir les E^'ptiens au travail et les fameux ftniers, un peu trop indépendants, qu'il fallut mettre à la raison plus d'une fois. C'est dans ce

petit coin qu'on entendait sans répit du matin au soir la musique égyptienne; c'est là aussi que les amateurs vont voir la danse du ventre et les alniées. La concurrence s'en mêle, et plusieurs entrepreneurs exhibent des aimées de plus en plus authentiques. Passons.

Constructions à gauche de la tour. — A gauche.

après avoir franchi le pont d'iëna, les maisons Garnier, on voit successivement le pavillon des Manufactures de l'£tat, le pavillon de l'exposition spéciale Eiffel, dont la coupole est un fac-similé de la grande coupote de l'Observatoire de Nice, la maison modenie où l'on rencontre toutes les applications possibles du gaz, tous les modes d'éclairage anciens

FiQ. se. — Povillou de Mouua.

et modernes, les principaux moyens de chauflage.

Un peu plus loin on pénètre en foule aussi dans le

pavillon de la Société générale des Téléphones. C'est 1&

que tous les soirs, dans quatre grands salons, on entend

rOpôra, rOpéra-Comique, l'Eden, etc. Ces auditions ont un véritable succès. On entend les artistes absolument comme si l'on se trouvait sur la sct-ne. A l'étage supérieur on a exposé li gauche des types perfectionnés de bureaux téléphoniques, consiruils sous la direction de M. Berthon, les appareils les plus nouveaux, et ù droite H. Lazare Weiler a installé une exposition

ITINÉRAIRE A TRAVERS LENCBINTE. 91

très réussie de ses fils silicieux et des c&bles téléphoniqiies. Pour la première fois on a mis à la disposition du public le Théâtrophone de HM. Szarvardy et Marinowitch, appareil automatique qui vend de la musique. On jette une pièce de 50 centimes dans l'appareil et aussitôt bn saisissant les cornets téléphoDÎques

et en les portant à l'oreille on perçoit pendant cinq minutes des airs transmis adistance. Comme l'appareil doit fonctionner le jour, on a installa dans les sous-sols de l'Administration des Téléphones, rue Caumartin, des pianos mécaniques. Ce sont ces pianos que l'on enteuddansleTiiéâtrophone, Au pavillon des Téléphones, on a aussi placé un phonographe perfectionné Edison en sorte que le public peut apprécier les merveilles

SS CAUSERIES SCISNTIPIQUES.

de la transmission et de la production directe des sons.

Près des Téléphones, &. citer encore : le chalet finlandais, le chalet norvé^en, le pavillon Brault en céramique, la taillerie de diamants de M. Boas frères, etc. ; enfin, le thé&tre des Folies-Parisiennes. Ce thé&tre, construit par M. de Schryver, est complètement en acier, fondations et couvertures comprises : on peut dire qu'il est incombustible. Les murs, les cloisons,

Fia. 0«. — Mowius k veni aur la berge do lu Sel no.

les planchers sont formés de panneaux de tôle mince d'acier de un millîmèlrc dVpaisseur auxquels un emboutissage convenable a donné le maximum de résistance. Les parois dun même mur, distantes de Iti centimètres, constituées par les tùles, sont réunies au moyen de larges plats boulonnés sur les bords supérieurs dn chacun des panneaux .

Ce théâtre, après l'exposition, sera démonté et envoyé dans l'Amérique du Sud où il servira de bibliothèque. C'est, au fond, un type de maison en acier qui pourra quelquefois être employé par suite de

ITINÉRAIRE A TRAVKRS L'ENCEINTE. 99

la facilité du montage et de l'extrême légèreté de la construction.

Enfin, n'oublions pas le pavillon céramique de

M. Perusson, l'isba russe, le pavillon Toché destiné k

? une exposition de fresques, le pa%-illon des Tabacs turcs

Fio. 70. — Panorama des Transailnnti<|uea M Pavillon do U Marine.

et, sur le terre-plein du palais des Beaux-Arts, le pavillon de Uonaco et le pavillon des Pastellistes. Au pavillon de Monaco, te prince héréditaire Albert de Monaco a exposé notammentune collection des engins de pécbe dont il s'est servi dans les campagnes successives de ['Hirondelle, avec les cartes et les résultats sclentiGquesdessondagesopérés dans l'Atlantique Nord et dans le voisinage des Ai^orcs.

Constructions d gauche, le long de l'avenue de La Bourdonnais. — Immédiatemont après les bureaux duCom-

missariatet du Directeur de l'exploitation, on passe devant le pavillon des Atpiarellistes qui fait en quel-

ITINÉRAIRE A TRAVERS LENCEINTE. 101

que sorte pendant à celui des Pastellistes élevé en face ; puis devant le pavillon de la Presse et le bureau qui lui est adjoint des postes ctdes télégraphes. Le pavillon de la Presse, très coquet et très orné par divers exposants, a été construit, sur les plans de M. Vau-

Fio. 7î. — P&Iaïi de l'Espagne.

doyer, par M. Favaron.'direrteur de la Société des ouvriers charpentiers de la Villette ; il est le rendez-vous de toute la presse française et étrangère. Tous les soirs on avait quelque peine à trouver de la place sous la grande tente de son restaurant illuminé à la lumière électrique et entouré de son parterre de fleurs.

Après les Postes et Télégraphes l'élégante station d'électricité de la Compagnie continentale Edison, puis

iOï CAUSERIES SCIENTIFIQUES.

saccessivemeot les forges du Nord, les broderies anciennes, les écuries de MM. Milinaire frères, lès charbonnages de Mariemont et de Bascoup, la commission

belge et l'exposition Solvay, la Colonie du Cap, les mines de diamants de Kimberiey, les forge»! de l'Horme, les établissements Cail, avec l'énorme canon Bange de 13 métrés de longueur, les pavillons Royaux, Lacour, l'Union céramique cbaufourniëre, l'exposition

ITINERAIRE A TRAVERS L'ENCBINTE. 103

de Hontchanin, les forges de Saint-Denis, le pavillon Goldemberg, la Compagnie générale des asphaltes.

Berge de la Seine. Hive gauche. — En retournant vers le Trocadéro, à. droite et à gauche du pont d'Iéna,

nous signalerons l'exposition de l'industrie du pétrole organisée p<ir M. Deutsch. Dans un des énormes réservoirs en fer de 1 8 mètres de diamètre et de 8 mètres de hauteur qu'utilise cette industrie, on a installé un panorama représentant les principaux gisements pétrolifëres d'Amérique et de Russie, A côté, dans un pavillon spécial, figurent les industries de l'éclairage,

du .chaniTage et de la force motrice par les huiles et essences minérales. On voit notamment dans ce pavillon une voiture mue par une machine à pétrole.

Dehors on a placé divers appareils d'éclairage intensif connus sous le nom de lucigénes et qui lancent leurs clartés blanches sur l'eau de la Seine. Un peu plus loin, sur le bord de la Seine, la station

ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE. fOS

de la Société « l'Éclairage électrique », puis le bâtiment des macliinDB motrices pour l'élévation des eaux.

Là eDcore, en avançant le long delà berge, on trouve & droite les expositions des pompes de toute espèce,

l'exposition des moteurs pour agriculture, une belle machine à gaz de 100 chevaux, de petits moteurs à pétrole depuis 1/8 cheval jusqu'à 3 et ^ chevaux. A gauche, on entre dans le pavillon spécial où MM. SerpoUet ont placé des types de leur petite chaudière à tube aplati en cuivre, foyer, chaudière ne tenant pas plus de place qu'un petit poMe roulant. On a attelé le

système à une dynamo de façon à montrer son application à l'éclairage domestique. Un grand tricycle figure aussi au milieu du bâtiment; il est mû naturellement à l'aide d'une chaudière SerpoUet.

A droite du pont, l'exposition maritime et fluviale. On a créé un petit port de refuge où sont groupées de nombreuses embarcations, yachts, canots à vapeur, etc. Mais c'est le grand b&timent de la berge qui attire avec raison les curieux. On y a placé tout ce qui se rapporte à la navigation, des modèles de grands vais-

seaux, de navires blindés, de croiseurs, des intérieurs de paquebots, des salons grandeur nature, des cabines ; puis l'artillerie de marine, les bateaux de sauvetage, les bouées, les fusées porte-amarres, les scaphandres, etc. Trios curieux ce bâtiment.

Plus loin.oD trouve le pavillon du Gaz à l'huile et le grand panorama de ta Compagnie Transatlantique .

Le visiteur se trouve en raiie du Havre sur le pont de la Touraitie, paquebot en ce moment en construction qui dispose de 11,000 chevaux - vapeur . On voit au loin la pleine mer et, autour du spectateur, les plus grands paquebots de la Compagnie. L'illusion est

complète. Ce panora- ^ ... — ""^

ma est l'œuvre très

, . , ^ Fio. TH. — Enlrée do 1 Expoiilion

réussie de H. Poilpot. dcg Invalidex au.quBt d'Uraay.

A l'étage inférieur, un

diorama montre l'intérieur des cabines, le salon de

i" classe, la rade de New-ïork, etc.

lOS CAUSERIES SCIENTIFIQUES.

Enfin, toujours sur la berge, les bâtiments de l'ostréiculture et de la pisciculture, bâtiments trè? fré- ^ quentés. On voit des

parcs d'huîtres ; et l'on s'initie à tous les procédés d'élevage, etc.; dans certains aquariums à glaces verticales, le FI0.7B.- Dovflni reairée dea invaiidos. public s'amuse & Suivre les mouvements des truites, des saumons, etc. Au delà, on pénètre dans le superbe bâtiment des Chambres du com-

merce maritime. On y a exposé des plans en relief des principaux ports modiQés depuis quelques années, porls de Calais, de Boulogne, de Dunkerque, de Dieppe, du Havre, de Marseille, etc. Ces plans sont

extrêmement remarquables. C'est plaisir d'entendre les gens du pays s'écrier avec satisfaction : « Mais c'est cela, nous voilà chez nous; voici la jetée, voilà ma rue... »

L'exposition des Chambres de commerce est une des plus rOussies.

Au delà, on passe dans le palais des Produits alimentaires, construction immense à deux étages due à

M. Raulln. Sur la Seine on voit se profiler sa grande façade blanche.

La galerie inférieure est sur la berge ; c'est là que Von a arcumulé tous les échantillons de la production vinicole française et étrangère. La galerie supérieure se trouve au niveau du quai ; on y a placé l'exposition proprement dite des substances alimentaires. On voit fabriquer le pain, les gâteaux, les biscuits, les pastilles, le chocolat, etc.

A l'étage inférieur, dans la partie réservée aux vins, on a élevé de véritables arcs de triomphe avec des

no CAUSERIES SCIENTIFIQUES.

bouteilles, des portiques élégants, toute une série de murs et de compartiments en bouteilles, pleines ou vides d'un curieux effet. C'est là qu'on pourra s'initier k la fabrication des vins de Champagne. On voit des î soutirer le vin, emplir les bouteilles, inlro-

Fio. Bî. — PaUis de TAIgi^rio.

duire le sirop de sucre candi, enfoncer les bouchons mécaniquement, elc. Ne questionnez pas les ouvriers, car ils sont en cire et ne répondraient pas; mais l'illusion est telle qu'à quelques pas on les croirait en chair et en os. Que de visiteurs s'y sont trompésl La reproduction est parfaite. On s'arrête toujours devant ces blouses bleues et ces hautes casquettes. Plus loin, en continuant après les bâtiments de la

Dégustation des vins, dos liqueurs, on traverse le beau pavillon du Portugal avec ses vignes et ses treilles, ses deux étages de produits, bois, fruits, vins, etc. Enfin on entre dans les bâtiments de l'Agriculture. Le Trocfidéro est destiné princiiialement à l'horticul-

ture ; cette exposition occupe une surface de iO.OOO mètres carrés. On a beaucoup admiré les fleur.< du Trocadéro pendant les différents concours. L'exposition florale a été organisée par M. Hardy, le savant directeur de l'École d'horticulture de Versailles, président du groupe IX (Horticulture),

Nous relevons au Trocadéro, en dehors des collections d'arbres, d'arbustes et de fleurs, 3S serres, U pa-

ITINERAIRE A TRAVERS LENCEINTE. 113

villuns et kiosques et plusieurs grandes tentes pour l'exposition des rruits. Ici encore, les allées principales sont garanties contre le soleil et contre la pluie par des vélums en coutit blanc et rose.

Dans les parties basses et sur les côtés, ou a piaulé

les arbres fruitiers les plantes potagères, etc. L'.^dministration a même organisé sur ime petite échelle une exposition de son •< tout à l'égout ». On arrose avec de l'eau d'égout les terrains artificiels imités de ceux de la presqu'île de Gennevilliers. On voit pousser des légumes sous l'influence de cet arrosage à outrance. On voit l'eau sortir des terres tout à fait limpide après la flltralion à travers le sol ; ceux qui sont

11* CAUSERIKS SCIENTIFIQUES.

partisans du « tout à l'égout « pourront même y goûter; les autres les regarderont faire. Tout est sujet à exposition.

A mentionner un abri mexicain en maïs, le pavillon du Gouvernement de Victoria, le pavillon des Travaux publics, enfin le bâtiment des Forêts. On s'est servi, pour ériger le b&timent des Forêts, de toutes 3 qui croissent en France ; on a employé

l,iOO mètres cubes de bois. La façade est formée de panneaux obtenus par la juxtaposition et l'assemblage de bois de formes cl de couleurs diverses; les colonnes sont constituées par dos arbres séculaires non écorci's. La salle principale du bâtiment a 42 niiHres de longueur sur 18 mètres de largeur; on y a réuni une collection d'échantillons de bois unique au monde.

C'est au Trocadéro que sous deux immenses tentes on a installé les diverses expositions, horticoles, fleurs.

fruits, arbrisseaux, plantes vertes, palmiers, etc. Les flears des parterres ont été renouvelées périodique-

ment. Véritable mosaïque aux >-ives couleurs el aux suaves parfums. Derrière le pavillon des Travaux, OD a disposé un curieux jardin composé de plantes

japonaises. Dans des grands pots, on a plnct: des arbres de centans, deux cenlsansquel'indtistrie spéciale

des Japonais a rûduitsà la grandeur de potils arbustes d'appartement. Les branches sans cesse rabattues et tordues n'ont pas plus de 30 centimètres. Les coni-

ITINKRAIRE A. TRAVERS L'ENCEINTE. 117 es ainsi travaillt^s mesurent au maximum 40 cen-

FiG. K9. — Pagod.: il'ADgkor. — (Fabre, i

timètres de haut. Ces petits arbres rabougris n'ont rien d'agréable ; on dirait d'organismes difformes

et chélifs; ils ont été déformés. Ce sont des objets de curiosité très en vo^ue au Japon, où ils

ornent les potiches et les jardinières des salons.

Plus haut, il droite, sur le coteau, on entend retentir

la musique des Dames hongroises du Restaurant de

France. Partout, sous les vélums, à l'abri du soleil

OU de la pluie, des expositions diverses relatives à l'horticulture, des foyers pour serres, poêles, kiosques

vitrés,outUs,ustensilesdivers, sécateurs, tondeurs, etci Rien de joli et de frais comme cette oasis de verdure

{ormée par les pentes du Trocadéro, rafraîchie par la grande cascade centrale et les petites rivières qui suivent leur cours paisible entre les rives fleuries, les gazons et les rochers.

Quai d'Orsay. — Le quai d'Orsay est réservé aux produits et appareils agricoles.

A l'extérieur les interminables bâtimentsde la viticul-

ture et de l'agriculture n'ont rien de séduisant ; ils se prolongent sur deux lignes parallèles jusqu'aux Invalides. A l'intérieur, l'œil est plus satisfait. MM. Chaperon et Jambon ont exécuté sur les plafonds des peintures ornementales qui se marient agréablement aux feuillages naturels, aux vignes et aux fruits. M. Toché a orné la façade de grandes compositions où sont représentées les scènes de vendange, de foulage, de la mise en fût. On passe successivement en revue le matériel agricole, la viticulture, le^ machines agricoles en mouvement et les sections étrangères.

Les ji;alerips, en effet, sont divisées en deux grandes sections. La première va de l'avenue de La Bourdonnais il la me Malar, couvrant une superficie de 15,98i mètres. On y a rassemblé les produits français et les machines agricoles ; dans la seconde, qui s'élève h la suite et dont la superûcie couverte atteint !),377 mètres, on à groupé les expositions étrangères :

Portugal, Italie, Espagne, États-Unis, Suisse, Luxembourg, Pays-Bas, Roumanie, Russie. Danemark, Autriche-Hongrie, Norvège, Belgique, Colonies anglaises, etc.

Sur le quai, aussi, en face du palais des Produits alimentaires, se trouvent la cïarda hongroise, une boulangerie hollandaise, une laiterie anglaise, une benrrerie suédoise. La czardaavec ses musicien s attire la foule. Son restaurant est très fréquenté ; nous traversons ensuite l'exposition françaiseduGarde-Meuble

et des marbres du gouvcrnemenl ; au delà du pont de rAlm3,audébouchéde la passerelle, les Magasins ceotraux militaires ; sur la berge, en face des Invalides, le pavillon do laBalnéothérapie.

Esplanade des Iftvalides. — Nous pénétrons enfin sur l'Esplanade par une large avenue centrale qui va du quai à l'hôtel des Invalides. On a groupé sur l'Espla-

nade une exposilion dans l'Exposition avec de véritables palais. A droite, le pavillon d'exposition du Ministère des Postes et Télégraphes, l'exposition bien remarquable du Ministère de la Guerre, avec le pavillon de l'Aéroslation militaire, celui des Poudres et salpêtres, la boulangerie militaire, etc.

Le bâtiment principal du ministère de la guerre mesure 150 métrés de long sur 2:2 mètres de large ; on y pénètre par trois portes monumentales. La principale est de style moyen ige, crénelée àpont-levis, flanquée de deux tours. C'est un véritable château fort. Dans

IS6 CAUSEHIBS SCIENTIFIQUES.

uae des salles du palais de la Guerre, on a placé de bien jolis modèles de toutes les machines de guerre employées depuis la plus haute antiquité ; dans une autre, on a représenté les dilTërentes phases d'un siège à toutes les époques ; dans une troisiùme, on a réuni

les portraits.lcsarmes df nos plus illustres généraux. A noter aussi le bâtiment di^s nouvelles mitrailleuses et l'immense canon de Banpe.

A côté se trouve l'exposition de l'Union des Femmes de France, avec un type d'hôpital dt-montable et portatif.

L'exposition de l'Hygit^ne occupe un palais à trois grandes coupoles de 20 mètres de hauteur et de 1 0 mè-

CAUSKRIES SCIENTIFIUUES.

très do diamètre. Ce palais est s|)t'>diileinent affectij à l'hygiiïne de l'habitation ; à côté, on visite le bâtiment

de l'Assistance publique avec une exposition du matériel et des appareils employés dans les établissements de l'Assistance, tiApitaux, asiles, etc. ; plus loin, lo pa-

Fn>. IOI. — Musicien javanais jouiPl du Ang-klong.

FiQ. lûï.— DaMeuso jav

Villon des Eaux minérales, le pavillon Gcneste et Herscher, où l'on a rruniles applications du génie sanitaire: ventilation, cliaulTago, assainissement, désinfection.

Tout au bout de l'Esplanade on a installé l'exposition d'économie sociale qui comprend les meilleurs types de maisons ouvrières, un cercle d'ouvriers, une bibliothèque, im restaurant populaire o(t l'on dtne

ITINÉRAIRE A TRAVERS L'EXCEINTK 133

pour dix centimes, etc. Grand succi's aussi pour celle exposilîon. M. Léon Say, sénaleur, présidail le groupe de rillconomie sociale.

Nous revenons sur nos pns, dn mfme côW de l'allée

centiale, et nous recommençons maintenant notre examen à partir de la Seine, côté gauche de l'Esplanade.

C'est tout d'abord l'exposition de l'Algéiic. Encore un palais entouré de toute une petite ville arabe avec

13f CAUSERIES SCIENTIFIQCES.

ses ininarels,seg kouba?, ses terrasses, ses U

pénètre dans le palais par un grand porche à quatre colonnes, comme on en voit à Alger; au porche est

ailossi3 un minaret de 33 mètres de hauteur; puis une grande kouba abritant le vestibule où se dresse la statue de l'Algérie, de M. Gauthier.On adevant soi une galerie bien éclairée renfei-mant les produits d'Alger, d'Oran, de Constantine. A gauche du minaret, on a élevé un bâtiment spécial pour les beaux-arts et les arts Ubt-raux de l'Algérie. Au centre de l'exposition.

. luii. — I.C Souk ti

on peut se reposer dans un beau jardin présentant tous les spécimens de la flore algérienne et où des indigènes vendent des produits de l'Afrique.

Quelques pas encore, et nous voici devant le palais de la Tunisie précédé d'un portique qui rappelle celui du palais beylical du Bardo ; à droite, un bâtiment à terrasse reproduisant le Souk-el-Be y ; à gauche, un bâtiment à toit quadrangulatre, fac-similé du tombeau de Sidi-Arrouz h Tunis. A l'intérieur, une cour carrée ou patio avec ses élégantes colonnades conduisant aux salles d'exposition. Dans les jardins, des restau-

131 CAUSERIKS SCIKNTIFIQUKH.

rants, des boutiques, des cafés et des concerts a

musique et les danses tunisiennes. N'oublions pas un type de maison d'6cole d'enfaats arabes.

Après la Tunisie, un palais toujours, un palais plus grand encore que les précédents, le palais des Colonies entouré de villages néo-calédoniens, alfourou, cochinchinois, sénégalais; c'est immense. A pnuche du palais central, le pavillon de l'Annam et du Tonkin. au milieu duquel est pincé un Bouddha gipantesque: le pavillon de la Gocliinchine, reproduction dun tem-

ple du désert des Tombeaux, construit en bois de save aussi dur que le bois de teck ; la pagode de Villenour, le pavillon de Madagascar. A droite, le grand bâtiment de rindo-Chine : puis, ceux de la Guadeloupe, de la Martinique, Tallëc du Sphinx, la pagode d'Angkor, curieux spécimen architectural représentant un fragment d'un monument colossal de l'art Kmer, connu des missionnaires dès lexvi° siècle. Le temple d'Angkor occupait près de 6,000 mètres carrés de superficie et était entouré par un fossé de 200 mètres de large. Au

las CAUSERIES SCIENTIFIQUES.

cenlre, s'élevait une tour de 80 mètres de hauteur, analogue à celle que l'on a érigée aux Invalides et dont la hauteur atteint déjà 40 mètres. Ce monument rappelle une des phases de la vitalité d'une aggloméra-

tion humaine considérable, comprenant vingt races an moins, qui a luttii puis disparu entre Mékong et le Grand Lac. On a relevé dans les inscriptions d'Angkor la date du ii" siècle, ûge des plus anciens monuments de l'Inde. Des causes peu connues, parmi lesquelles les plus vraisemblables pourraient fitre l'assèchement de la région et la transformation du golfe en lac, ont

ITINKRAIRB A TRAVKRS L'ENCEINTE. 139

annihilé l'œuvre de tant de civilisations successives. Seul Angkur a subsisté et l'on ne saurait trop se féliciter de voir cette page de l'histoire et ses légendes reproduite avec coniiaissance et talent h l'Exposition.

Au delà, on Iravei-se le kampong ou village javanais; onfin, dans le fond, on visite un village malgache, la case canaque, une serre renrevmant des plantes exotiques, un restaurant annamite, un restaurant créole, un théfttre annamite, etc. Nous en passons. Toutes DOS colonies sont représentées dans cette exposition, qui offre un grand intérêt de curiosité.

Il est inutile de dire tout le succès de ce coin de YExposition ; k foule y passe des journées entières à parcourir,nonseulc'mentles bâtiments, maisà voirdeprës les noirs, les Sénégambiens, les types de dos colonies,

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les Javanaises, les artistes du théâtre des Annamites, les danses, etc. Les fêles du soir, le défilé de tous ces habitants des pays d'outre-mer attirent un monde (Snorme. On ne se lasse pas de regarder, de plonger

lin œil indiscret dans les cases de voir courir les petites Javanaises , les petits soldats annamites , les conducteurs de petites voitures, les « poussepousse », etc. Un peu foire peut-être ce côté de lExposition, mais il en faut pour tous les goâls; aussi bien, rien d'amusant comme l'examen de tout ce monde, comme l'élude de leurs mœurs, de leur carac-

tère, etc. Les ethnographes auront fait lar^re moissnu. Tout à l'exlrémité, le panorama " le Tout-Paris " de M. Castellani. Le visiteur est placi-, un jour d'été, sur le réfugie de la place de l'Opéra et, de ce point d'observation, il voit passer les crlébrités parisicTines sur le boulevard, dans la rue de la l'aix, dans la rue du Quatre-Septembre, avenue de l'Opt'ra On trouve de tout dans cette galerie, des ligures les plus connues, depuis Rochefortet M. Choubcrsky jusqu'à Louise Michel et M- Henan attablé au café de la Paix. H. Renan au

café de la Paix! cela suffit pour donner une idée du degré de ressemblance des personnages esquissés sans façon par M. Castellani. Derrière ce panorama, M. Barre, ancien collaborateur de l'ingénieur Girard, a reconstitué le chemin de fer glissant de laJonchères. Une ligne de 150 mètres ; quelques petits wagons glissant sur des rails soutenus par de l'eau sous pression et entraînés par un jet d'eau venant frapper sur les aubes rectilignes installées sur le wagon propulseur. Un souvenir de 1862 (1 ) !

Chemin de fer, — Nous sommes au bout ou à peu près ; nous avons parcouru d'un pas rapide toute l'enceinte. La dislance franchie depuis le départ est considérable ; on a heureusement, pour le visiteur, établi un petit chemin de fer intérieur du système Decauville. C'est une ligne à double voie de 60 centimètres de largcuç; elle part de la porte d'entrée de Tosplanade des Invalides, suit tout le quai d'Orsay entre deux rangées d'arbres qui transforme la voie en un tunnel de verdure ; elle passe en souterrain sous le carrefour de l'avenue Rapp et de l'avenue Bosquet, puis en tranchée au Champ-de-Mars et tourne pour longer l'avenue de Suffren jusqu'à la station terminus près de la galerie des Machines. Ce chemin de fer a 3''*", 500 de développement et trois stations intermédiaires. Les trains s'arrêtent aux galeries d'Agriculture, aux galeries des Produits alimentaires devant la czarda hongroise, et à la tour Eiffel. Le rayon minimum de ses courbes est de 23 mètres; la pente maximum, de 29 millimètres. On sait ce qui caractérise le chemin

(1) Causeries scienlifi(fueSy t. 11,1862.

de fer Decauville. Au lieu de deux files d<! rails indépendantes et appuyées comme d'habitude sur des

traverses en bois, la voie Decauville est consliluée par une série de tronçons ou travées d'une longueur

comprise entre i™,25 et 5 mètres. Les rails et traverses en îicier sont assemblés en un tout rigide. La réunion de ces sortes d'échelles se fait en un instant, au moyen dédisses dont chacune, fixée à un bout du tronçon, vient s'encastrer dans le bout correspondant de l'autre tronçon. Au début, la voie avait 30 centimètres. Après l'examen du premier petit chemin de fer économique construit dans le pays de Galles, de Festiniog à Port-Madoc , dès 1832, M. Decauville adopta définitivement la voie de 60 centimètres d'écartement. La voie de l'Exposition est formée de rails d'acier du poids de 9''8,500 par mètre courant; elle porte facilement de§ voitures de 1°,70 de largeur, montées sur deux trucks articulés ou bogies avec roues en acier de io centimètres. Ces voitures légères, î\ claire-voie, renferment 8 voyageurs par compartiment: au total, 50 voyageurs.

Les locomotives employées sont de trois types : la locomotive Decauville, la * locomotive Mallet compound et la locomotive Pichot-Bourdon. La machine compound Mallet fonctionne depuis plusieurs années sur les chemins Decauville employés pour les transports militaires. C'est M. Mallet qui a Construit la première machine compound qui a été mise en service, il y a déjà près de douze ans, sur la ligne de Biarritz à Bayonne.Letype de l'Exposition pèse 9 tonnes et demie à vide et 12 tonnes en ordre de marche. 11 peut développer 75 chevaux-vapeur. Cette machine, pour tourner dans des courbes de 20 mètres de rayon, porte un avant-train articulé. Les deux essieux couplés sont actionnés par une paire de cylindres, tandis qu'une autre paire de cylindres commande les essieux d'ar-

rière également accouplés. C'est une compound à quatre cylindres. La vapeur travaille à 12 atmosphères de pression dans les cylindres d'arrière et se détend dans les cylindres d'avant où elle n'a plus qu'une pression de 4 à 5 atmosphères. Les deux essieux étant indépendants, la machine a beaucoup de souplesse pour passer dans les courbes. En même temps le poids total est utilisé pour l'adhérence, sans que la charge par essieu dépasse 3 tonnes, poids aisément supporté par des rails de 9 kilogr. Cette locomotive peut remorquer 280 tonnes en palier, et 76 tonnes sur une rampe de 10 millimètres.

En général, sur le petit chemin de fer destiné aux usages militaires, on n'emploie que des locomotives de 6 tonnes remorquant en palier 15 tonnes à la vitesse de 20 kilomètres. Le poids des wagons de marchandises est d'environ 1000 kilogr. On se sert, pour les pièces plus lourdes, de wagons plates-formes à pivot pouvant porter 4 tonnes et demie. Deux wagons suffisent donc pour un canon de 9 tonnes. Ces petits chemins de fer, malgré leur légèreté, peuvent transporter des charges très lourdes.

A l'Exposition, les trains circulent de 9 heures du matin à 11 heures du soir, toutes les dix minutes; toutes les cinq minutes, le dimanche. La porte de l'Esplanade se trouvant à 260 mètres du pont de la Concorde, ce petit chemin de fer emporte la foule au Champ-de-Mars et au Trocadéro en moins de dix minutes pour le prix unique de 25 centimes, quelle que soit la distance. Que de fois estait assailli d*assaul! Les trains passent généralement bondés de monde. Jamais le type Decauville n'aura mieux montré toute

son utilité et toute sa portée ; il est vraiment bien digne d'avenir. On a marché sans accident à la vitesse de 23 kilomètres à l'heure. Les trains pesaient 51 tonnes sans machine. La locomotive pesant 12 tonnes remorquait par conséquent quatre fois son poids, ce qui est un bon résultat. Le poids mort par voyageur atteint k peine iH kilogrammes.

Le service de l'exploitation est remarquable. Tout marche réglementairement et malgré la foule il n'est survenu qu'un seul accident.

Chaque station est reliée par une ligne téléphonique installée par la Société générale des Téléphones. Ou a mis en marche sur cette ligne minuscule des trainsomnibus s'arrêtant aux trois stations et des trains express ne s'arrêtant qu'à lu tour Eifl'el.

En somme, le chemin de fer Decauville a transporté 6,342,670 voyageurs, soit une moyenne par joiu' do 3j,238 personnes dans 3,708 trains, qui ont parcouru 92,520 kilomètres; il a fourni plus de cent fois le service d'un bon chemin de fer économique.

Les voies ferrées qui ont desservi le Ghamp-de- Mars pendant la durée des travaux et la période des installations et de la manutention ont été établies par M. Charton; elles présentent un développement de 7 kilomètres. Une convention spéciale a été passée avec la Compagnie de l'Ouest pour la location du matériel. Ces voies ont et/; recouvertes par des planchers ; mais elles serviront de nouveau à la fin de l'Exposition pour l'enlèvement des colis et pour les travaux de démolition.

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