PREMIERS TRAVAUX - PARCS ET JARDINS
Nivellement général du Champ-de-Marj». — Tcrrassoracnts. — • Réseau d'égouts. — Le sous-sol. — Chaussôes, allées, trottoirs, dallages. — Eaux et lavage. — Service do nettoiement. — Enlèvement des ordures. — Conduites souterraines. — Canalisation pour les eaux, pour le gaz; contrôle du service d'éclairage électrique. — Les passerelles. — Construction du chemin do fer de l'Exposition. — Établissement des paratonnerres. — Puits et perd-fluides. — Salubrité. — Réfection des ravins, des rivières et des bassins. — Fondations et soubassements. — Les jardins : au Trocadéro et au Champ-dc-Mars. — L'ancien parc. — Los nouveaux jardins. — Les arbres transportés. — Los pelouses et les lampes électriques. — La terrasse du grand dôme. — Les jardins latéraux. — ^numération des fleurs. — Énumération des arbres.
E projet de nivellement général du Champde-Mars et de construction du réseau d'égouts fut dressé dès le 23 décembre 1886; il fut approuvé par le Directeur général des travaux le 18 février 1887. Les travaux de terrassement ont été commencés immédiatement par les entrepreneurs Huguet, Versillé etAppay. C'est donc en février 1887 que les premiers chantiers apparurent au Champ-de-Mars.
Toullcservicedestcrrassements, de la voie publique, des constructions de gaz, d'électricité, de sun-eillance de contrôle du chemin de fer.dupersonnel desgardiens aétéplacé sousiesordresde H. Lion, sous-ingénieur des pontsetchaussées,inspecteurdespromenade3delaVille. 11 a eu pour l'aider dans cette tâche laborieuse MM. Le-
vel et Villevcrt, conducteur des ponts et chaussées. Les premiers travaux ont été menés de façon à faciliter l'exécution des fondations des palais. Le cube total des déblais a été de 178,700 mètres cubes; celui des remblais.de 139,730 mètres cubes. Les déblais ont été conduits aux décharges publiques. Ce dernier cube comprend les déblais faits pour l'établissement des chaussées et des trottoirs. La surface totaledurèglement
du sol sur remplacement des palais, des jardins et des voies a été de o63,i00 mètres carrés, y compris 49,900 mètres cubes pour les galeries de l'Agriculture et diverses parties de l'esplanade des Invalides. Le réseau des égouts du Champ-de-Mars comprend .
Met. c.
10 Le i-.'soau ancien qu'il a fallu raccorder, réparer ou modifier sur une longueur de. . . . l,19o 00
2° Le réseau nouveau comprenant un type n" 1 avec banquette, et ayant 1«»,80 de haut sur 1™,60 de large, destiné à recevoir, outre les conduites d'eau ordinaire, une conduite de 0»,60 de diamètre o47 80
Un type n® 2 de 4», 80 de hauteur, sur l™,iO de largeur 2,H0 84
Total 3,8.j3 64
Ce qui nous donne pour le réseau d*égouts un développement de près de i kilomètres.
La longueur totale des branchements desbouches et des regards est de 832 mètres pour 62 bouches et 1 7 regards.
Un tronçon d'égout, le long de l'avenue de La Bourdonnais, a été établi avec cuvette et réservoirs de chasse pour recevoir le tout à Tégout.
Sur les quais et sur Tesplanade des Invalides, il aété établi 19 bouches recevant les eaux et les conduisant aux égouts municipaux existants, à Taide d'une longueur de branchement de 290 mètres.
Les travaux de \'iabilité en dehors des trottoirs et des surfaces bitumées comprennent :
Mètre» carré».
Chaussées pavées 13,100
Chaussées empierrées 40,600
Allées, sentiers et parties sablées 38 JOO
Surface totale 92,400
Ils ont été exécutés par l'entrepreneur Manoury.
Il ne s'agit dans ces chiffres que de la viabilité du Champ-de-Mars, sur lequel rien n'existait et où il a fallu tout créer.
Indépendamment des surfaces précédentes, il a encore fallu entretenir et arroser:
M^'tres carréA.
1*» Les chaussées et les sentiers du quai d'Orsay. 18,600 2° Les chaussées et certaines parties sablées de
l'esplanade des invalides 15,600
Les chaussées du Trocadéro 13,900
Total 48,10»
Au Ghamp-de-Mars,les chaussées ont été terminées rapidement de façon à permettre le transport des matériaux à pied d'œuvre, condition indispensable pour mener rondement non seulement la construction des palais, mais encore celle des nombreux édifices et pavillons élevés dans l'enceinte de l'Kxposition. Sur les parties les plus fréquentées, il a été fait des chaussées pavées pour lesquelles il a fallu 393,000 pavés. Sur d'autres points moins fréquentés, il a été étabU des chaussées empierrées à l'aide de 8,990 mètres cubes de cailloux, comme première couche, et de 5,420 mètres cubes de meulière cassée, pour former la couche supérieure. Enfin, pendant la durée de l'Exposition, il a été répandu 1,570 mètres cubes de gra\âllon.sur les parties sablées où roulent journellement les nombreuses voitures d'approvisionnement.
Il a été en outre répandu dans les allées des jardins et sur les diverses parties en terre un cube de sable de rivière de 6,800 mètres cubes.
Le service d'entretien, d'arrosement et de nettoie-
ment aétéfaiCpar 65 cantonniers sous les ordres de . quatre chefs.
La quantité d'eau employée par jour est, ea
moyenne, do 730 mètres cubes, dont 700 pour le lavage
des caniveaux et 30 mètres cubes pour i'arrosement.
Indépendamment de ce ser\'ice de netloiement,
d'arroscment el d'entretien, il a^lé établi un service d'enlèvement des ordures ménagères et des produits
do balayage. Neiil tonibercaus avec charretiers et rct rousseurs font le service et ontèvenl journellement 80 mètres cubes environ, tant d'ordures ménagères que de détritus de diverses espèces. Commencé à
quatre heures du matin, renlèvement des ordures est terminé à huit heures.
Il a été établi des trottoirs en bitume avec bordures en ciment encadrant les palais.
Mètres carrés
Ces trottoirs ont une surface de 9,910
Il a été également construit des dallages en bitume :
Galerie Rapp 3,530
Galerie Desaix 3,500
Galerie des Beaux-Arts 8,580
Galerie des Arts libéraux 7,200
Galerie de 30 mètres du palais des Industries diverses 4,340
(f aleries extéi-ieures du palais des Industries diverses 4.500
Galerie de 15 mètres du palais des Industries <U-
verses 3,170
Dôme de la paierie des Machines 790
Surface totale 45.520
Tous ces bitumes ont été exécutés en location par Tentrepreneur Roux.
Le service de M. Lion a posé aussi 6,032 mètres de conduites en tôle et bitume de 0",054 à 0"*,216 de diamètre pour le gaz; 1,886 appareils sont k l'intérieur pour l'éclairage des voies. L'éclairage électrique n'est dans ce service qu'à titre de contrôle; il comprend 1,093 lampes à arc et 8,839 lampes k incandescence alimentées par 4,000 chevaux-vapeur.
Les passerelles qui relient les diverses parties do l'enceinte relèvent du môme service. Leur établissement avec les plates-formes et les escaliers a coûté 162,803 francs. Ces passerelles, sauf celle du pont de TAlma, ont été fournies par des constructeurs exposants. Les culées, les plates-formes et les escaliers ont
été établies par l'Administration avec des bois en location. Pour le pont d'iéna, traversée de l'avenue de Versailles, on a fait usage des bois de M. Poirier; celles de la tranchée du quai d'Orsay sont composées l'un du système de pont démontable de M. A. Schryver,
l'autre du système de pont démontable de M. Eiffel. Pour la traversée de l'avenue de Latour-Maubourg, il a été employé également deux systèmes de ponts démontables, l'un de M. Seyrig, l'autre de M. Brochoçki. Enfin la passerelle du pont de l'Aima a été construite d'après les dessins de M. Gautier, architecte : pour son établissement, on a alloué à la maison Moisant, Laurent, Savey el C" une somme de 28,000 francs.
Lalongueur tolaledeces passerelles est de 326 mètres. Nous laissons de côté le chemin de fer Decauville,
dont nous avons parlé précédemment. Le même service a eu à en préparer le projet et k contrôler les travaux d'établissement.
En dehors de ces entreprises multiples, c'est encore au service de M. Lion qu'incombaient divers travaux, notamment l'enlèvement des matériaux, déblais pour le jour de Tinauguration. Dès le mois de mars, le Directeur général des travaux a fait prendre les mesures nécessaires pour assurer le déblaiement des voies et des galeries en vue de l'ouverture. Il a été enlevé un cube total de 40,958 mètres de terre, paille, papiers, copeaux, détritus, etc. Ht il a fallu 2,700 journées d'hommes. Dans ces chiffres, les i et 5 mai, entrent pour 3,031 mètres carrés et pour 1,264 journées.
Dans les 1,264 journées, 500 environ ont été employées an sablage, c'est-à-dire que 250 hommes ont été occupés pendant deux jours au répandage et au ratissage du sable et du gravillon.
En même temps il a été construit, au parc du Trocadéro, 24 soubassements et fondations de serres, aux frais de l'Administration, les exposants n'ayant eu à installer à leurs frais que les parties métalliques.
Enfin toutes les constructions métalliques de l'Exposition ont été reliées à la nappe d*eau souterraine au moyen de câbles et perd>fluides. Il a été creusé pour cet objet 24 puits d'une profondeur moyenne de 10'",60 de façon à avoir 1 mètre de hauteur d'eau dans chacun des puits. Les câbles ont été reliés aux pieds des piliers à l'aide de boulons. Du côté de l'avenue de Suffren, chaque fois que cela a été possible, le système des puits a été abandonné et les conducteurs ont été reliés à l'aide de colliers à la conduite de 0"',60 qui conduit en Seine les eaux de canalisation du palais des Machines.
Il n'y a pas de petits détails en pareille matière. On
m CAUSEllIES SCIENTIFIQUES.
a construit 233 stalles d'urinoirs qui, ajoutées k celtes de la concession Gontier des urinoirs gratuits, ont donné un total général de 383 stalles pour l'enceinte de l'Exposition.
Le même service a encore fait installer ou modifier la canalisation d'eau et forer toutes les bouches
de l'ancien parc du Champ-de-Mars et de l'histoire de l'habitation. Il a fait réfectionner les deux tiers des rivières et des pièces d'eau des parcs du Champ-de- Mars et du Trocadéro. A son actif encore les sondages pour l'établissement des fondations de la galerie des Machines.
Ce sont là tous travaux modestes, mais qui, en définitive, ont été le point de dépari et le complément de
PARCS BT JARDINS.
l'œuvre d'ensemble. Leur complexité a fini par leur donner une véritable importance et nous avons cru
devoir en conserver le souvenir dans cette esquisse générale de la grande œuvre de 1889.
En dehors des terrassements et des allées, le service du parc et des jardins a été placé sous la direc-
lion immédiale de H. Laforcade, jardinier en chef de la ville de Paris.
Le jardin de l'Exposition peut 6tre considéré comme divisé en quatre parties :
1° Le jardin du Trocadéro, dont les dispositions gé-
nérales ont été peu modifiées; 3° l'ancien jardin du Champ 'de-Mars de l'exposition de lâT8, sur lequel on a édifié la tour EilTel; 3° le jardin central, entre les palais des Beaux-Arts et di^s Arts libéraux ; 4° la grande
terrasse précédant^le grand dôme d'entrée du palais des Industries diverses.
Il faut encore ajouter à ces quatre parties principales des massifs de verdure au milieu desquels s*élèvent de nombreuses constructions.
L*ancien jardin du Ghamp-de-Mars a été beaucoup sacrifié; il a fallu faire de la place aux diverses constructions, maisons Garnier, restaurants, kiosques, etc. Cependant, on a conservé beaucoup des anciennes plantations pour dessiner de nombreuses allées ombreuses qui serpentent entre les divers pavillons. On a d'ailleurs rapporté un grand nombre d'arbres.
Au premieï'plan,à droite et à gaucbede la tour, des arbres, un véritable parc. Sous la tour, im jardin rectiligne, une pelouse avec nombreuses fleurs en bordure, illuminées le soir pardes cordons de lampes électriques piquées dans les gazons. Au milieu, avant les fontaines, grande pelouse ornée de fleurs et de plantes vertes, d'arbustes. Au delà des fontaines, sur le terre-plein précédant le dôme central , une plantation de platanes ; enfin, sur les côtés en bordure des terrasses des palais des Beaux-Arts, des jardins avec massifs de plantes rares et de fleurs d'un très bel effet.
Le jardin central est une œuvre nouvelle; il n'est pas très vaste, mais comme il est heureusement dessiné, bien proportionné, il paraît grand. Le cadre rectiligne et l'espace adopté pour les plantations de la terrasse devant le dôme auraient pu conduire à des lignes entièrement géométriques. M. Alphand, avec beaucoup de goût, a évité ce défaut en combinant les formes accidentées des jardins pittoresques avec les lignes géométriques des terrasses et de la pe-
louae centrale. Ces deux zones de plantations irrégulièies se raccordent agréablement avec l'ancien jardin du Champ-de-Mars; elles en sont comme le
prolongement et se fondent bien l'une dans l'autre. L'aspect général est sobre et élégant; les statues formant cadre sont bien placées, les plantes habilement choisies. Les jardins latéraux gagnent h être vus des terrasses des palais des Beaux-Arts et des Arts
libéraux. On a sous les yeux un juli paysage. Le choix et le mélange des grands arbres donnent des nuances de verdure harmonieuses el des silhouettes d'un effet
charmant. L'emploi des plantes ornementales, l'arrangement et la distribution des corbeilles de fleurs, jettent de la gaieté sur l'ensemble.
La grande terrasse du dame avec ses platanes fait
diversion. Au centre se dresse la statue de la République. Autour des pavillons de la Ville de Paris, on a placé toute une ceinture de statues qui entrent dans les décorations de THôtel de Ville. Les œuvres remarquables, dont nous reproduisons quelques-unes plus loin, se comptent là en grand nombre.
La surface générale du parc proprement dit est de 86,373 mètres carrés se répartissant ainsi :
Mètres carré«.
Surface des pcI«)iisos 52,20")
— Kiassils 10,923
— allées 23,244
Les dépenses relatives au parc et aux jardins du Champ-de-Mars s'élèvent à 57^,000 francs, se subdivisant comme suit :
Francs.
Plantations des gros arl)res en chariol 18,000
Travaux de terrassement 50,000
Travaux de jardinage , 26.'), 000
Achats de végétaux 62,000
Fournitures diverses 32,000
Entretien 70,000
Travaux de rocaillage 12,000
Fourniture de terre, terre de bi-uyère, tcrreiui,
sable.. 65,000
ToTAi 574,000
Le personnel a été :
Jardloiers.
!«' octobre 1887 au 31 décembre 1888 (moyenne). . 100
1" janvier 1889 au 31 mars 1889 (moyenne i. ... 150
1" avril 1889 au 5 mai 1889 (moyenne) 220
Pendant l'Exposition, entretien et réparation de dégâts 60
An Trocadéro, les dépenses relatives à Texposi-
tion d'horticulture se répartissent de la manière suivante :
Praor».
Travaux de jardinage 110,000
Fournitures -diverses 18,000
Fourniture de terre végétale, bruyère, terreau, etc 35,000
Entretien 35,000
ToTAi 198,000
Le personnel a été en moyenne, avant l'Exposition, de 25 hommes; pendant l'Exposition de 25 hommes.
Aux Invalides, les travaux de jardinage relatifs au raccordement des diverses expositions se divisent ainsi :
I''ranc«.
Travaux do jardinage 8,000
.Vchats de vèj^cHaux 4,000
Fournitures do tcrro, etc 4,000
Knirelicn 4.000
Total 20,000
Le personnel est réduit à 5 jardiniers.
L'eau employée pour l'arrosago dos pelouses et des massifs est par jour de 274,361 litres, dont 208,820 litres pour les pelouses et 65,541 litres pour les massifs.
Au Champ-de-Mars, pour les seules garnitures du Printemps, on a employé 32,475 plantes.
Anémones Baerias, Be-llis perennis alha, Myosotis alba, Sélénés compacta rosoa, Tulipes en variétés extrêmement nombreuses, Renoncules, "Viola aurea, etc.
A l'Esplanade des invalides, 12,500 Mvosotis alba et
PARCS ET JARDIXS. )9;
cœnilea et silène compacta. Pour les ganiilures d'Été, au Champ-do-Mars. on a planté 42,523 Achyranlhos acuminata, Alternaiithera amœna, Ageratuiii mexicanum , Galceolaria excelsa, Campanula Carpathica, Cbrysanthonium, Colous, Corcopsis, Glaïeuls,
Fio. 1 lî. — Champ-rJu-MiiR. — Train [ilaolaiioQ du prcniirr arbre.
Lobelia compacta, Mimosa lophaiitha,PeIargoiiiumde toutes espèces, Pyrelhnim aiircum. Reines-marguerites, Roses trémières, etc.
A VEsplanade, on a planté 8,700 Ageralum mexicanum, Galcéolaires excelsa, Pelargonium, etc.
En résumé.uniquement pour les garnitures de Printemps et d'Ëlé, on a employé 97,88t> plantes.