‹ Exposition universelle de 1855 beaux-artsChapitre 17 sur 22 · LES PORTRAITISTES · texte numérisé non relu

LES PORTRAITISTES

Mme O'Connel. — MM. Ricard. — Rodakowski. — Chaplin. — Hippolyte Flandrin. — Giraud. — Dubufe. — Winterhalter. — Miniaturistes : Mq e Kerbclin. — MM. de Pommayrac. — Maxime David. — Mmes Berlhon. — Besnard. — Lapoter. — Mutel.

Entrons maintenant dans le domaine du portrait, celte branche si importante de l'art qui a compté comme illustrations: Titien, Holbein, Van-Dyck, ces faiseurs de chefsd'œuvre. Depuis quelques années, les portraitistes de talent se multiplient et rendent à cette spécialité trop négligée un reflet de son ancienne splendeur. Et d'abord, combien de peintres illustres n'avons-nous pas

déjà nommés, qui sont au nombre de nos meilleurs portraitistes? Mais nous ne pouvions apprécier leur œuvre en deux fois; et comme il fallait rendre compte de leurs tableaux d'histoire ou de genre, nous avons tout fait en même temps.

C'est à M""^ O'Connell qu'appartient de droit la transition, car si elle est surtout portraitiste, elle est aussi un des peintres qui savent le mieux faire d'une élude d'après nature une composition remarquable. Ainsi sa FaunessCy une des meilleures productions de l'école coloriste-réaliste, solidement pefnte, grassement modelée, est d'une belle et chaude couleur. Il est fâcheux que la Fauncssc soit si hors de vue, car c'est presque, pour M"^ O'Connell, un succès sacrifié. Ses portraits sont plus en vue et mieux éclairés, mais ils mériteraient, selon nous, l'asile d'un des grands salons. Son propre portrait et celui de son mari sont remarquablement beaux, de ressemblance et d'expression d'abord, de large et puissante exécution ensuite; nous regrettons de ne pas voir à

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côté le portrait de M. Arsène Houssaje, un des meilleurs de M"'"" OConnell.

M. Ricard, qui change de manière presque à chaque portrait , n'en reste pas moins à son rang, s'il n'est pas plus exact de dire qu'il grandit chaque année, parce qu'il s'inspire autant de l'esprit de ses modèles que de leur forme.

M. Rodakowski réexpose ce portrait de M™^ R., qui est son prodige de vie et de vérité^ et celui du général Derabinski ; il y ajoute, cette année, celui de M. Yillat.

M. Chapelin est toujours l'excellent portraitiste que l'on sait. M. Hippolyte Flandrin expose avec succès son œuvre presque toute entière. M. Giraud envoie un beau portrait au pastel de M'"^ la princesse Mathilde et un autre de M. Mélingue. M. Dubufe cherche à donner à sa peinture plus de largeur et moins de coquetterie.

M. Winterhalter est décidément le portraitiste des têtes couronnées, et il faut bien avouer, quoique sa peinture soit la plus criarde, la plus lAchée, la plus vulgaire

qu'on puisse voir, qu'il est acluellemenl, de tous nos peintres, le seul qui nous ait donné une image ressemblante de S. M. l'Impératrice.

En dépit des efforts de la photographie, la miniature ne sera jamais remplacée pour les gens de goût. La photographie est un reflet, mais la miniature est un portrait. Et puis, cette image banale, qui peut se reproduire cent fois , aura-t-elle jamais un prix réel?M'"'^Herbelin et MM. de Pommayrac et Maxime David se partagent le succès de l'exposition des miniatures. En France, beaucoup de femmes, élèves de M"^ deMirbel, ont un talent remarquable comme miniaturistes. Nous regrettons de ne pouvoir que rappeler les noms de M'"''' Besnard. Berthon, Lapoteret Mutel.

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