DESSINS.— GRAVURE.— LITHOGRAPHIE
MM. Saint-Jean. — Philippe Rousseau. — Bissoii. — MUc llaulier. - Mme de Saint-.Vlhiu. - MM. Viila!.
— Bida. — Goddé. — Maréchal. — Traviùs. — Chcnavard. — Uenriqucl Dupont. — Calamatta. — Blanchard.
— Bléry. — Paul lluet. — Lou'S Leroy. — Prévost. — Bein. — Alphonse Leroy. — Mouilleron. — Leroux.
— C. Nanteuil. - Soulanae Tessier.
MM. Saint-Jean et Philippe Rousseau sont toujours les maîtres de cette école qui refait, après les patients génies de la Hollande, le velouté du fruit mûr, le pétale transparent des fleurs, la pulpe appétissante du légume savoureux, et le pelage fauve du gibier. A ces noms devraient, .si Ton pouvait citer tous les talents, s'en joinrlro nno foule
d'autres, qui signent, sur la toile ou sur la porcelaine, de véritables bijoux. Mais nous avons à peine le temps de dire que M. Bisson et M"^ Hautier partagent, avec M. Philippe Rousseau, le succès de la nature morte, et que W^ Hortensius de Saint-Albin expose un guéridon en porcelaine, qui est le plus bel envoi de la manufacture de Sèvres.
Comme tous les ans, MM. Vidal, Bida, Goddé, Maréchal et Traviès exposent, dans différents genres, les meilleiirs dessins.
M. Chenavard renvoie les dix-neuf compositions destinées à la décoration du Panthéon, et à côté du magnifique carton de la Tour de Babel, de Kaulbach, les siens gardent le rang qu'ils avaient conquis au dernier Salon. On sait que cette vaste épopée contient l'histoire tout entière, et que, par une idée aussi ingénieuse que poétique, M. Chenavard a imaginé, pour mieux différencier les époques et faire, pour ainsi dire, de Y harmonie imitatire, en fait d'art plastique, de graduer son stvle d'après les pro-
gWîs des siècles, et de passer, suivant les sujets et les époques, de l'école Bysantine à l'école Romaine Selon nous, l'œuvre de M. Chenavarda un grand tort; c'est celui de se terminer par une synthèse obscuro-mystico philanthropique , destinée sans doute à servir de pentacle à nos modernes faiseurs de systèmes, et de hiéroglyphes auxChampollion de l'avenir; mais dont les prétentions palingénésiques sont tout à fait en dehors du domaine de l'art.
De tous les graveurs français, M. Henri quel-Dupont, seul, nous paraît un grand artiste, unissant à un dessin intelligent et correct une grande souplesse et une grande aisance de travail. Le cadre, contenant sept gravures à l'eau forte et à la pointe, renferme plusieurs chefs-d'œuvre. M. Paul Delaroche est heureux d'avoir un tel interprète:, et l'hémicycle du Palais des Beaux- Arts gagne encore à la reproduction de M. Henri quel-Dupont. Nous préférons de beaucoup cette gravure au lord Strafîord du même artiste, bien qu'il ait d'excellentes
qualités, mais moins de largeur magistrale que dans l'hémicycle. Le portrait de M. le marquis de Pastoret, d'après M. Paul Delaroche, et celui de Berlin, d'après M. Ingres, sont deux fort belles œuvres.
M. Calamatta est un habile artiste, consciencieux et même un peu précieux, un peu étroit ; plus fort dans son métier que grand dessinateur. M. Blanchard a envoyé une vignette charmante, d'après Meissonnier : Les fimieurs; M. Blery une eau forte d'après FHobbemadu Louvre, qui rend bien ce tableau. M. Paul Huet, ses anciennes eauxfortes romantiques, qui nous ont fait plaisir à retrouver; M. Louis Leroy, une grande eau forte d'une pointe pleine de verve : Une avalure dans la baie des Trépassés.
Les Noces de Cana, d'après Paul Véronèse, par M. Prévost, sont assez largement traitées. Des gravures fort remarquables, et qui présentent de grandes difficultés, parce qu'il faut, à chaque instant, varier les moyens jusqu'à tromper l'œil le plus exercé pour rendre chaque procédé différent qu'on co-
pie : ce sont les fac-similé des dessins des maîtres, que fait faire la calcographie du Louvre, par MM. Bein, Alphonse Leroy, Lefman, Rosotte.
MM. Mouilleron, Leroux et C. Nanteuil restent à la tête des lithographes. M. Soulanges-Teissier rend surtout bien les Rosa- Bonheur.