ALLEMAGNE
Bade — ^assaw. — IVurtemîîorg. — Staso. ea^icre. — Hesse. — Viî!eç «Mséatiq«ca.
L'Allemagne a toujours aimé l'art et favorisé les artistes. C'est même actuellement le pays du monde où le peuple entend !e mieux le beau et laime dune sympathie plus réelle. L'intelligence artistique de la bourgeoisie et du peuple en Allemagne est remarquablement au dessus par exemple de celle des mêmes classes en France. Cependant la France tient par ses artistes un rang bien plus élevé dans larl que lAllemagne ;
mais en France Fart n'est point accessible à toutes les classes : il faut pour le sentir ou une vocation particulière ou une éducation supérieure, tandis qu'en Allemagne le sentiment artistique est pour ainsi dire une faculté native. C'est ainsi que les Allemands sont musiciens d'instinct et que, dans les familles de la plus humble bourgeoisie, on trouvera des harmonistes habiles et des dessinateurs originaux. En France, on ne trouvera guère dans les mêmes conditions que des exécutants ou des copistes.
Le caractère général de la peinture allemande est une sorte de poésie diaphane et sans consistance, qui semble promener des ombres sur des toiles transparentes. On regarde avec étonnement, quand on sort des salles de peinture française, ces portraits fins et étudiés, ces compositions d'un grand goût où s'arrangent des personnages correc^ tement dessinés ou spirituellement compris, mais qui semblent des ombres ou plutôt des réalités fluidiques. Du reste, un type pur pour les sujets nobles et une expression bien ac-
centuée pour les épisodes dramatiques ou grotesques.
C'est surtout à la Prusse que se rattachent aujourd'hui les principaux artistes des écoles allemandes. Cependant quelques-uns sont restés attachés à leur patrie, et nous devons citer au premier rang MM. Kraus et Frédéric de Kaulbach.
M. Kraus, qui a eu, au dernier Salon, un si beau succès avec son tableau : le Matin après une fête de village, o\x les personnages sont d'une expression si fine, dune physionomie si vraie, d'un sentiment si bien compris, expose cette année, avec sa Matinée, deux autres tableaux, dont l'un, un Campement de Bohémiens clans ane forêt, mérite un succès égal et de pareils éloges. Ajoutons même que les personnages ont plus de réalité et de vie, et qu'avec l'affluence des œuvres d'élite à l'Exposition universelle, le Campement de Bohémiens compte encore parmi les plus remarqués. N'en disons pas autant de C Incendie, du même artiste, qui renferme toujours d'excellentes qualités,
car M. Kraus est un artiste de premier mérite, mais dont les personnages manquent de relief et de vie, et dont les différents plans sont confondus ou trop rapprochés. Ses maisons en flammes avancent trop sur le premier plan. Le groupe des y'ûhgeois s enfonce dedans ; et ce n'est pas le moyen de fuir Fincendie.
Les portraits de M. Frédéric de Kaulbach comptent parmi les meilleurs du Salon, et sauf le défaut commun à toute Técole allemande, ce manque de solidité dans la peinture que nous signalions tout à l'heure, nous n'avons rien à y reprendre. Celui de M. Guillaume de Kaulbach est particulièrement remarquable.
L'Allemagne compte encore parmi ses meilleurs envois, une Nymphe, de M. Diirk, coquette peinture du genre de Dubuffe ou de Vinterhalter ; un Paysage en hiver, Voyageurs arrêtés devant une ferme, de M. Richard Zimmermann, peinture prodigieuse d'étude et de détails , harmonieuse, mais molle, vaporeuse et sans réalité, qui semble
comme le reflet d'un rêve. L'n Coucher de Soleil, de M. Zwengauer; une Desdémone^ de M. Bohn, dont la poésie suave et un peu corrégienne fait rêver ; et Roméo et Juliette, par M. Paul Mûller, qui manifeste les.raêmes qualités de sentiments dans une moins bonne peinture que M. Bohn.
aneroarcKj âueoe^ iiorwegfe.
PKfiXTSjRE. — MM. Schiott. — Gertner. — Schleisner ]
- Momès. — Melbye. — Jensen. — Kïorboe. - Tide- '
mand. :
SCULPTURE. — M. Peters. \
DANEMARCK, SUÈDE, NORWÉGB,
Les envois de TEurope du Nord tiennent dignement leur place à l'Exposition, quoiqu'ils n'attirent point immédiatement le regard. C'est qu'au premier abord, la peinture un peu sèche de ces artistes repousse par des tons noirs, ou par une dureté qui fait ressembler leurs portraits à des découpures. C'est pourtant par les portraits surtout que le Danemarck mérite une mention, et le Danemarck est la plus riche des trois contrées du Nord. Certes, les portraits de MM. Schiott et Gertner n'ontpas l'ampleur de
ceux de Chaplin, l'expression de ceux de Léon Cogniet, la noblesse de ceux de Cabanel ; mais, si l'on s'approche de cette peinture si froide à distance, quelle vie on voit se manifester tout à coup dans ces têtes étudiées jusqu'à l'impossible, dans ces rides qui semblent mobiles et dont chacune apporte une illusion de plus ; dans ces yeux surtout, humides, transparents, lumineux, dont la pupille s'agite et vous regarde. Mais si les accessoires un peu négligés ne venaient pas apprendre, à qui se laisse un instant fasciner devant ces visages vivants, que c'est bien réellement de la peinture qui est enfermée dans ce cadre, on serait épouvanté ! On n'a pas assez regardé ces portraits, je crois, peut-être parce que la plupart sont à contrejour ; et cependant, s'ils ne comptent point au nombre des choses les plus remarquables de l'Exposition, à coup sûr, ils comptent parmi les plus extraordinaires l
Citons surtout le portrait de M. Lund, par M. Schiott et celui de Mme Gertner, par M. Gertner fils. Certes, les admirateurs fou-
gueux du portrait de Denner, ce chef-d'œuvre unique d'un peintre jusqu'alors inconnu, peuvent faire partager leur admiration aux œuvres de MM. Schiottet Gertner.
Les petits tableaux de genre de MM. Schleisner et Momès, regardés de près, offrent quelques-unes des qualités des portraits de MM. Gertner et Schiott ; à un fini hollandais, ils unissent une vie que les Hollandais n'ont point atteinte, mais la dureté et la sécheresse peu harmonieuse de l'ensemble nuisent à l'aspect plus qu'on ne saurait dire. Peut-être sommes-nous seul à les avoir regardés !
Ce n'est pas d'aujourd'hui que nous connaissons les marines de M. Melbye, et que nous admirons ses eaux transparentes et limpides, qui viennent avec tant de vérité se briser aux flancs des navires. M. Melbye est un des artistes aimés qui n'appartiennent pas seulement au Danemarck, mais à l'Europe et surtout^à la France.
Citons encore, comme marquants dans l'apport du Danemarck, les tableaux de
fleurs et fruits de M. Jansen, et deux excellentes statuettes de M. Peters.
Faisons honneur à la Suède des animaux de Kïorboe ; et à la Norwége du tableau de M. Tidemand, intitulé : Funérailles dans les campagnes de la NOrwége ; costumes du siècle passé.
laîs^liîiis d^iwériûiîe,