‹ Exposition universelle de 1855 beaux-artsChapitre 9 sur 22 · PÉROU · texte numérisé non relu

PÉROU

Comme nous l'avons fait pressentir dans notre introduction, les États-Unis n'ont pas d'école originale, par la raison, sans doute, que leur population, formée d'un mélange de plusieurs nations, n'a ni religion, ni littérature, ni philosophie qui lui soit propre.

Cependant, ils exposent, sous leur pavillon, quelques portraits qui ont du mérite, qui comptent même parmi les bons de l'Exposition, et il faut citer le nom de leur auteur, M. Healy.

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L'un de ces portraits, celui de M. Goodyear, est peint sur caoutchouc, dit le livret. Disputez-lui donc son origine et sa patrie après cela 1 à coup sûr voilà vraiment qui est américain! Aussi ne suis-je pas bien sûr que la place de ce portrait, bon du reste, nous l'avons dit, ne soit pas plutôt à l'exposition de l'industrie qu'à celle des beaux-arts. Malheureusement M. Healy ne nous dit pas s'il a inventé pour son caoutchouc, une fois peint, une préparation qui lui ôte ses propriétés ordinaires , et s'il ne l'a pas fait, n'y a-t-il pas de quoi frémir pour la physionomie dudit M. Godyear exposée aux variations chaudes et froides de la température, et s'allongeant en se rétrécissant suivant l'influence du soleil ou de la gelée?

La Bouquetière et la Jeune fille à la fontaine de M. Hunt sont de très bonnes études de réalisme ; un peu grises d'aspect, et rappelant celles d'Anligna, mais avec plus de distinction peut-être.

M. Rossiter expose trois tableaux qui attirent les regards : Venise, la Vierge folle et

la Vierge sage, et Vie primitive en Aynérique. Nous ne pourrions affirmer que M. Rossiter a trouvé de vrais effets de soleil, mais à coup-sûr, il en cherche et s'inspire, on ne sait trop pourquoi, du passage de TApocal^'pse :

« Ses pieds étaient semblables à de l'airain très luisant embrasé dans une fournaise. «

Seulement si les pieds de ses personnages, je n"ai pas vu ces pieds, ressemblent à du bronze incandescent, leurs têtes ont beaucoup d'analogie avec du verre en fusion.

Il y a de bonnes qualités dans les deux statues envoyées par les États-Unis : Jeune berger attaqué par un aigle, de M. Greenugh, et Jeune pêcheur jouant avec un crabe, de M. Wargburg.

MM. Laso et Merino, qui représentent le Pérou à l'Exposition universelle, ont envoyé tous deux des portraits remarquables. Ceux de M. Laso sont d'une fermeté et d'une vigueur d'exécution qui frappent à première vue et promettent pour l'avenir. Outre un

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portrait et nn épisode de la vie de Christophe Colomb, M. Merino expose une Halte d'Indiens Péruviens qui est d'un assez bon aspect. M. Merino cherche des effets à la Goya, et arrive au moins à le faire voir ; mais son tabieau est trop sombre, c est-àdire que l'heure à laquelle M. Merino place sa /Jcdie n'est pas assez franchement indiquée ; ainsi son ciel annonce une heure assez avancée do la soirée, tandis que S3s personnages, encore éclairés, feraient croire seulement au déclin du jour.

Espatne^

iO.

M. Maarazo.

BSPAGNE.

L'Espagne n'a apporté de remarquable, à TExposition universelle, que les portraits de M. Madrazo, qui sont absolument du genre de ceux de M. Dubuiïe, mais en mieux. On ne se serait guère attendu à voir la patrie de Murillo et de Ribera arriver à ce genre pommadé, soyeux, coquet et sans puissance; mais, après tout, il faut se contenter des portraits de M. Madrazo, ou rayer l'Espagne sur la carte de l'Europe artistique. Après tout, ce genre de pror traits a sa valeur et les artistes ont le tort de ne pas assez l'appré-

cier ; sans doute sous cette peinture léchée, les physionomies perdent le caracti-re puissant d'une individualité; mais ch(»z M. Madrazo elles conservent la ressemblance. Pour beaucoup de gens, c'est assez , pour la majorité même, la ressemblance avec le brillant des étoffes, Tor des meubles, les dentelles de prix , c'est tout. Pourquoi s'en plaindre? Ne faut-il pas des peintres pour la majorité ?

uisse.

MM. Gros-Claude (Louis). — Gros-Claude (Frédéric). — Calarae.

SUISSB,

C'est à MM. Gros-Claude père et fils, que revient tout l'honneur de l'exposition suisse. Tout le monde connaît et admire les physionomies vivantes des Buveurs qui, au musée du Luxembourg, attirent tous les regards par la vérité de leurs attitudes, de leurs clignements d'yeux, et du sourire derrière lequel se cache le clappement de langue qui apprécie la vendange. Les deux tableaux achetés par M. J. de Rothschild obtiennent un égal succès, et il faut mettre sur

— isola même ligne beaucoup des nouvelles toiles de M. Gros-Claude.

M. Gros-Claude fils promet aux arts un riche avenir par sa Famille indigente, et surtout par son portrait de M. A. S., qui est excellent.

Les paysages suisses, qui ont une réputation, n'ont pas, à T Exposition, le succès qu'on attendait peut-être ; presque tous se rattachent à l'ancienne école, et refont éternellement Calame, qui se refait lui-même.

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