‹ Exposition universelle de 1855Chapitre 7 sur 16 · MEXIQUE. PÉROU. ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

MEXIQUE. PÉROU. ÉTATS-UNIS

Partout où Fart n’est pas considéré comme un moyen d’exprimer les croyances religieuses en s’inspirant des dogmes de la foi, il est privé de l’élément essentiel à son développement; il n’existe qu’à l’état latent, ou comme le reflet lointain des civilisations qui n’ont pas méconnu ce principe. Aussi chercherait-on en vain autre chose que des réminiscences dans ces pays neufs qui n’ont eu pour agents civilisateurs que des spéculateurs entreprenants, des indigènes barbares et des émigrants démoralisés. —Il ne faut donc pas se laisser étourdir par tout cet appareil d’armoiries qui s’étalent fastueusement pour satisfaire le programme de l’Exposition universelle. Le Mexique, par exemple, n’est représenté que par un seul artiste : encore, est-ce là un Mexicain bien authentique? Nous n’oserions l’affirmer. Le Pérou compte deux exposants, M. Mérino, né à Lima, et M. Laso, né à Jaqua; mais tous deux ont été enlevés dans un âge encore tendre aux contrées qui leur ont donné le jour.

L'un est élève de M. Mon voisin, l'autre de M. Gleyre; si bien que les deux Péruviens se sont parfaitement acclimatés sous la zône tempérée de la rue des Martyrs et de la rue de Grenelle. Nous ne savons pourquoi M. Géré me est venu renforcer ces bons Péruviens, mais assurément son petit tableau des Musiciens russes est l'œuvre la plus remarquable de ce compartiment exotique. —Il en est de même à l'exposition des Etats-Unis, mais on s'en étonne moins. Lepuff américain est toujours prévu, cependant nous étions loin de nous attendre à trouver dans cette pléiade dépaysée un jeune Lyonnais, M. Régis Gignoux, que nous avions perdu de vue depuis que nous avons quitté les bancs de l'école; encore paraîtil le plus américain de tous, tant à cause des sujets qu'il peint, puisque ce sont des paysages faits sur nature dans le New-Hampshire, à l'Hudson et ailleurs, que parce qu’il est le seul qui ne donne point son adresse à Paris. Et tandis que notre blanc compatriote promène sa tente parmi les peaux-rouges, les peintres américains peignent des bouquetières, font des portraits'sur caoutchouc, et, s’implantant sur le sol du vieux monde, tendent visiblement à rajeunir l'ancienne académie de Montmartre.

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