OBSERVATIONS GÉNÉRALES
L'industrie du papier peint se divise aujourd'hui en deux branches bien distinctes qu'il est indispensable d'examiner séparément, si l'on veut rester dans une appréciation juste des progrès accomplis et des difficultés vaincues. Le travail à la mécanique, qui, dans les précédentes Expositions occupait un rôle très-secondaire, se trouve aujourd'hui avoir pris une importance exceptionnelle, surtout au point de vue industriel. Il est fort douteux (nous n'osons pas dire impossible), que la machine puisse jamais arriver à cette perfection de coloris que nous remarquons dans quelques-unes des expositions de papiers imprimés à la planche, et, cela se comprend aisément, quand on songe que pour faire un panneau ou un sujet, il faut quelquefois employer 500 ou 600 planches, et plus; c'est par ces impressions successives, c'est par le nombre aussi grand de ces planches, qu'on arrive à fondre les couleurs d'une façon aussi complète, et à obtenir industriellement et matériellement des effets de coloris pouvant rivaliser quelquefois avec la meilleure des aquarelles. Dans fim-
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pression à la machine, au contraire, il a été impossible jusqu'ici d'obtenir plus de trente couleurs, et il faut qu'elles se superposent, encore fraîches, les unes sur les autres. On doit donc reconnaître que dans l'industrie du papier peint, la supériorité doit être maintenue au travail à la planche, parce que c'est le seul moyen d'obtenir, pour les papiers de luxe, ces dégradations de teintes, ce fini d'exécution et cette harmonie de tons, qui sont si remarquables dans la plupart des papiers français exposés. Mais, grâce à l'impression par la machine, on a pu produire des papiers à très-bas prix, et apporter dans l'intérieur des habitations un luxe et un confortable accessibles à toutes les classes de la société ; il en est résulté un écoulement beaucoup plus considérable, et, par conséquent, une production plus grande.
Les machines n'ont pas fait diminuer le nombre des ouvriers en papier peint, au contraire ; seulement, la plupart travaillent dans des conditions différentes, ainsi qu'il sera expliqué ci-après.
On ne peut encore assigner une limite aux améliorations qui seront apportées à l'impression du papier peint par la machine; mais, au point de vue industriel, on ne peut nier que ce soit là le plus grand progrès accompli, et c'est même une transformation complète de l'industrie. Il a été facile de constater, à l'Exposition de 1867, la supériorité et l'excellence des papiers ordinaires, le bon goût et le soin apportés dans le choix des dessins, surtout pour ce qui concerne les papiers à bas prix.
La fabrication du papier peint exige un très-grand nombre d'opérations successives, et le concours d'ouvriers dont voici l'énumération : 1° dessinateurs; 2° metteurs sur bois; 3" graveurs sur bois; 4° fonceurs; 5° tireurs de fonds; 6' imprimeurs; 7° tireurs de châssis ; 8° velouteurs; 9° doreurs (ou plutôt doreuses, car ce sont généralement des femmes qui sont employées à ce travail) ; 10° peintres ; 41° satineurs ; 12° lisseurs; 13° vernisseurs. Dans le travail
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à la mécanique, beaucoup des opérations énumérées ci-dessus sont faites par la machine elle-même.