CHAPITRE III
FONTE DE FEK.
L'application de la fonte de fer à la reproduction des œuvres d'art et à la décoration monumentale est de date récente. Les premiers essais ne remontent guère qu'au commencement de
BRONZES, FONTES d'àUT, ETC. 299
ce siècle, et le véritable développement de cette industrie semble avoir été provoqué et aidé, dans plusieurs Etats, par les Expositions universelles.
A Londres, en 1831 , on remarque le fruit de ses efforts. A Paris, en 1855, elle étend son action, en appelant à son aide des artistes de talent ; elle s'attaque aux objets degrande dimension et surmonte les difficultés du moulage. C'est surtout à Londres, en 1802, que se sont produites les meilleures et les plus importantes manifestations de cette industrie qui, à cette époque, aborde largement et hardiment la* grande décoration. Entre antres œuvres, deux fontaines monumentales d'une belle exécution et d'un grand mérite artistique y frappèrent les amateurs.
Si, à l'Exposition actuelle, rien de plus considérable ne s'est présenté , on n'en a pas moins eu à constater de nouveaux progrès qui consistent notamment dans l'application plus généralisée de tous les perfectionnements obtenus jusquelà. Il faut le dire, la fonte de fer, si oxydable de sa nature, a trouvé dans la galvanoplastie un puissant auxiliaire, qui permet de la recouvrir d'une couche de cuivre; non seulement cette opération sert à donner au métal commun L'aspect du bronze, mais encore protège le fer de manière à le conserver bien au delà de sa durée naturelle. Le temps seul fera connaître les effets de L'assemblage de deux métaux si différents dans leur priucipe. Sans chercher à prédira ce que l'avenir décidera, nous pouvons constater que du fait actuel, il résulte, pour la fonte d'art, un développement considérable favorisé par l'application sur ses produits d'une couche de cuivre à l'aide de l'électro-chiuuc. Quant à présent, l'existence de nouveaux et nombreux modèles, pour la plupart de haute qualité, indique clairement la prospérité croissante «le cette industrie. Ainsi la fonte de fer, plus qu'aucune autre matière, a contribué, dans ces derniers temps, à la vulgarisation de l'art monumental.
La maison Dueel expose un groupe de trois figures, mie
Nymphe et un Fleuve. Ces morceaux, de proportions monumentales, sont coulés d'un seul jet, ce qui constitue un véritable mérite dans les œuvres en fonte de fer, la monture et les ajustages étant d'une exécution difficile et souvent défectueuse.
Les efforts, dans ce sens, du fondeur en fer ne sauraient être trop encouragés. Quant au moulage, il est excellent partout : les maisons Barbezat, Durenne, Ducel, en offrent de nombreux témoignages.
Si, pour les grandes pièces et la qualité des modèles, la France paraît occuper le premier rang dans les œuvres en fonte de fer, il faut pourtant reconnaître et constater que la Prusse lui est égale sur beaucoup de points et supérieure peutêtre, pour le moulage des pièces très-fines, très-minces et trèsdélicates. Toutes celles exposées par le comte Stolberg-Werigerode, et ensuite par le comte Einsiedel sont, notamment dans les petits objets d'art, de la plus parfaite exécution. La partie artistique est moindre en Prusse qu'en France, mais, tout bien examiné, nous croyons juste de placer sur la même ligne la production des deux pays.
Après la France et l'Allemagne, les seuls pays qui exposent la fonte de fer sont la Belgique et les États-Unis d'Amérique. Pour le premier, nous pouvons citer la maison Requille et Pccqucur, et pour le second la maison Tuckcr et O. Les produits de M. Tucker sont remarquables par leur extrême bon marché et aussi par les procédés de bronzage qui servent à les recouvrir.