‹ Exposition universelle de 1867 Rapports du jury internationalChapitre 57 sur 75 · CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

Les visiteurs du Salon français de la classe 25 se montrent généralement satisfaits de l'appropriation des lieux, de l'ordre et de la bonne disposition de toutes choses; enregistrons ce petit succès dans la pensée qu'il doit être agréable aux organisateurs de l'Exposition, qui ont donné cette fois à l'industrie de la parfumerie française une place digne de son importance, qui se sont montrés confiants dans l'esprit de solidarité qui anime nos fabricants, et ont laissé toute autorité aux membres des comités d'admission de la classe. Nous avons la satisfaction de dire qu'elle a été une des premières installées.

Elle tenait à honneur d'être prête la première de toutes, mais la place qui lui avait été primitivement désignée a dû être reprise, alors qu'un premier travail de répartition était déjà fait; cette nécessité administrative a occasionné une

W (i) Au nom d'une commission composée de MM. Dr Odling, Esfab-Pacha, Aubry-le Comte. Piver, Barreswil.

perte de temps que l'activité la plus soutenue n'a pu réparer.

La parfumerie de France a répondu avec empressement à l'appel qui lui a été adressé ; toutefois, on regrette l'absence de quelques maisons importantes des Alpes-Maritimes. Ces maisons avaient exprimé le désir, dans un louable esprit de nationalité, de faire une exposition collective ; leur abstention tient à ce que ce projet n'a pas rencontré l'adhésion unanime.

Quelques grandes maisons de manipulations et de détail de la place de Paris se sont également abstenues; d'autres qui s'étaient fait inscrire ont rendu leur place, préférant ne pas exposer plutôt que risquer les chances de la comparaison. Au point de vue du sentiment national, ces défections sont fâcheuses, mais elles ont ce bon résultat qu'elles permettent aux petits fabricants, à ceux qui veulent devenir à leur tour de grands manufacturiers, d'obtenir des places plus importantes et de se produire dans des conditions de développement plus avantageuses.

Les produits admissibles, suivant la nomenclature tracée par la Commission impériale étaient les suivants :

Les savons de toilette, les cosmétiques et pommades, huiles parfumées, essences parfumées, extraits et eaux de senteur, les vinaigres aromatisés, les pâtes d'amandes, les poudres, pastilles et sachets parfumés, enfin les parfums à brûler. La Commission d'admission, en conséquence de ce programme, a cru devoir exclure toute maison exploitant d'une manière spéciale et unique les teintures de cheveux et autres produits agissant chimiquement sur la peau ou sur la chevelure. Si de tels produits figurent, par grande exception, dans les vitrines, c'est sans l'aveu des Commissaires qu'ils y ont été introduits.

La place dont disposait la Commission a été partagée de la manière suivante : les côtés extérieurs du salon dont les vitrines ont ouverture sur les voies ont été donnés, l'un aux exposants des Alpes-Maritimes, l'autre aux parfumeurs des départements.

Cette répartition, que des difficultés pratiques n'ont pas permis de laisser sur le terrain aussi absolue qu'elle l'était sur le plan, a présenté le double avantage de donner aux fabricants des départements les places jugées les meilleures, et de permettre de grouper à l'intérieur la parfumerie de Paris. Celleci a été elle-même l'objet d'une classification qui toutefois n'a pas été soigneusement observée.

L'industrie de la parfumerie comprend des maisons de divers genres. Il y a des fabricants de matières premières ; ce sont, avec les manufactures de Grasse, Nice et Cannes, celles non moins importantes des départements de l'Hérault et de la Drôme et quelques fabriques parisiennes. On y prépare des graisses, des huiles parfumées, des eaux odorantes, des essences, des extraits ; les fabricants de matières premières opèrent la vente en gros et ne s'adressent que rarement au consommateur.

Il y a des parfumeurs qui généralisent, c'est-à-dire qui fabriquent tous les articles de la parfumerie, qui saponifient, distillent, manipulent, débitent, enveloppent, etc. Certains d'entre eux ont hors la ville une fabrique. Quelques-uns de ces établissements sont de grandes manufactures ; les droits d'entrée sur les huiles, l'alcool et les graisses rendant impossible la fabrication dans Paris, tous se déplacent successivement et vont porter leur manipulation au dehors de la zone militaire. C'est ainsi que M. Coudray a monté à Saint-Denis une manufacture qui est un modèle d'ordre, et que M. Clayea édifié dans le même lieu un véritable monument élevé à la parfumerie.

M. Pivcr, qui a été le premier parfumeur ayant une manufacture au dehors, est aussi à la veille d'un nouveau déplacement.

Il y a des parfumeurs non savonniers qui manipulent leurs parfums, pilent et pelottent seulement le savon, fabriquant, d'ailleurs, les autres produits; enfin, il en est qui ne fabriquent pas, à proprement parler; ce sont de simples mélangeurs

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travaillant le plus souvent de leurs mains, imitant par yoie d'assortiment les parfums naturels, ou éditant des senteurs composées.

En dehors de ces parfumeurs proprement dits se trouvent les fabricants d'un article spécial dont l'importance, comme chiffre d'affaires, égale parfois celle des manufacturiers de premier ordre, tels sont les fabricants d'eaux alcooliques odorantes, de dentifrices, de fards, etc.

Les places ont été réparties entre les maisons représentant ces diverses branches de l'industrie, en raison du besoin que chacune avait et du sacrifice qu'elle voulait s'imposer. La Commission doit de sincères remercîments à ceux des exposants qui ont bien voulu suivre les plans d'installation qu'elle avait cru devoir adopter.

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