L’ANTIQUITÉ DU COMMERCE INDIEN
Les renseignements les plus anciens, les plus précieux, et les plus complets qu’on possède sur le commerce de l’Inde se trouvent dans la Bible ; et la collection des produits du pays, végétaux, animaux, minéraux que le Gouvernement indien envoie à l’exposition actuelle, confirme de la manière la plus intéressante les preuves fournies par la Bible, sur l’immense antiquité de ce commerce. Environ l’an 1500 avant notre ère, Moïse dit, dans la Genèse (ii. 12), en décrivant le premier lieu marécageux qui était à la source de la rivière de l’Eden : “ C’est lui qui entoure “ toute la terre de Havilah, où l’on trouve l’or, où l’on trouve le “ bdellium et la pierre d’onyx.” Le bdellium est la gomme résine du Balsamodendron Mukul et B. pubescens de Stocks, tous deux originaires du Scinde ; et si le mot Hébreu bdolach , traduit par bdellium dans ce passage, signifie réellement musc, comme le prétend Lassen par des arguments tirés de la description du bdellium | bdolach ], au ckap. xi. par. 7, des “ Nombres,” et d’après l’affinité du mot Hébreu “ bdolach ,” avec le mot Sanscrit madalaka qui, d’après lui, signifie musc, mais qui à mon sens veut dire Bdellium, le mukul et le gugul des Arabes et des Hindoux, le musc, n’en est pas moins, comme le bdellium, un produit indien, puisque le daim musqué est originaire de l’Inde Centrale et du Thibet. Le rapprochement du mot “onyx” dans ce passage avec le mot bdellium fait penser à la description que fait Pline du bdellium Bactrien (Indien) quand il dit : — “ Il est brillant et sec, et couvert “ de nombreuses taches blanches, ressemblant à celles qui se voient “ sur les ongles des doigts.” Ce bdellium semblerait être le BheXXvj owtj de Damocritus, obscur écrivain médical cité par Saracenus dans ses “ Scholia in Dioscoridem, ,” et celui de Galien, cité par Salmasius dans ses “ Plmianœ Exercitationes .” Salmasius
établit clairement, 200 ans avant la découverte de Stocks, que les mots Arabes molochil et mukkul dérivent des mots grecs (AotüeXKw et /xaXa^. Nous savons maintenant que les mots Grecs dérivent du Sanscrit, par l’Arabe et le Phénicien ; ue qui, cependant, ne fait que fortifier notre argumentation contre l’identification admise par Lassen, et confirme d’une manière concluante l’exactitude de l’identification de bdolach avec Bdellium, dans la version autorisée de la Bible anglaise. Dans le passage en question, le mot “ onyx ” est le shohem hébreu, et non le sheche leth hébreu ; et bien qu’il n’y ait dans le texte à cet endroit ou ailleurs ancun passage où l’on fasse mention de shohem , (Ex. xxviii., 9, 20; 1 Chron. xxiv. 2 ; Ezek. xxviii. 13) et qui puisse nous permettre de déterminer sa signification, bien qu’on éprouve généralement la plus grande difficulté à identifier les pierres précieuses mentionnées dans la Bible, on ne peut douter, en réunissant tous les passages dans lesquels on fait mention d e shohem, qu’on n’ait voulu parler de l’onyx, et que ce ne soit l’onyx Indien du Nerbudda, de Cambay, et de Broach. D’après l’Exode (Ch. xxx. 22-38) nous voyons que l’on employait la myrrhe, le “roseau doux,” et la casse dans la préparation de “ l’huile sainte ” destinée au Tabernacle des Juifs ; on faisait également usage du stacte, de l’onyx, du galbanum mêlés avec de l’encens pur, pour la préparation des parfums sacrés.
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Ici, l’oynx ou “onycha” est le sclieclileth des Hébreux, l’écaille odoriférante, V opercule d’une sorte de “ Strombus ” ou écaille légère, bien connue autrefois en Europe sous le non de “ Blatta Byzantina,” qui se rencontre à la fois dans la Méditerranée et la Mer Rouge, et que j’ai eu la bonne fortune de voir une fois à la Douane de Bombay, où elle avait été importée pour être brûlée dans les temples avec de l’encens, non pas tant à cause de l’agréable parfum qui s’en dégage, que parcequ’elle fait ressortir la senteur des autres parfums. Le galbanum ( chelbonalt ) est un produit de la Syrie et du Kliorassan. Le stacte ou Storax ( nataf ) était, aux époques classiques le produit du “ Styrax officinale ,” originaire de la Palestine, de la Syrie, de la Grèce et du Levant, mais en Europe, on l’obtient maintenant du Liquidambar orientale seulement, originaire de Chypre et de l’Anatolie. La Myrrhe (de l’Arabe mor : voir aussi Psaumes xiv. 8 ; Prov. vii. 17 ; Cantique de Salomon i. 13, v. 5; Esth. v. 12 ; St. Matt. ii. 11 ; St. Jean xix. 39 ; St. Marc xv. 23 ; et lot Gen. xxxvii. 25, xliii. 11) et l’encens ( lebonah ) de l’Arabe luban (Ex. xxx. 34-36 ; Cantique de Salomon iii. 6; iv. 12, 15 ; Isaiah xlviii. 23, 24, lx. 6, lxvi. 3; 2 Chron. xxvi. 16-24 ; Lev. xvi. 12, 13; Jer. vi. 20, xvii. 26) sont toutes deux des produits du sud de l’Arabie. La Cannelle ( kinnamon ) (voir aussi Prov. vii. 17 ; Cantique de Sal. iv. 14; et Rév. xviii. 13) est originaire de Ceylan, tandis que le “ roseau doux,” ( keneh bosem , la “ canne odorante,” le kaneh hot teb de, Jer. vi. 20 ; et le roseau ( kaneh ), du Cantique de Sal. iv. 14, et Ezech. xxvii. 19), V Andropogon Calamus- Aromaticus de Royle, est une plante exclusivement indienne, le Roosa grass des Anglo- Indiens, étroitement unie au A. muricatus, dont les racines odorantes servent à faire des éventails de Cuscus. Le Calamus aromaticus des anciens pharmacologistes est la racine de VAcorus Calamus , l’Algue douce. Le mot hébreu que nous traduisons ici Casse est kiddah ; dans le Psalmiste, xlv. 8, et se nomme Ketzioth ; et sans avoir doute, on entend ici par Cassia lignea (ou aloès) un produit de l’Inde et de la Chine.
Dans les Nombres xxiv. 6, Balaam compare le camp de Itraul à u un jardin sur le bord d’une rivière,” comme les aloès ( ignaloes ) que le Seigneur a plantés et comme les cèdres près des eaux.
La meilleure espèce d’aloès (de l’Hébreu ahalim , ahaloth ; voir aussi Ps. xlv. 8 ; Prov. viii. 17 ; Cantique de Sal. iv. 14, et St. Jean, xix. 39) est produite par l’arbre légumineux Aloexylon, originaire de Cochinchine ; et l’aloès de qualité inférieure provient de /’ Aquillaria Agallocha , originaire de l’Inde au-delà du Gange, dont le nom Malais sert de racine à la plupart des synonymes de ce parfum, le plus précieux de tous, soit le sanscrit ( agaru ); l’Hébreu ahalim et ahaloth , le Portugais, Poa d'agila, 1’ “ Eagle wood ” des Anglais, et l’aloès, et bois d’aloès, ainsi que les vieux noms commerciaux et pharmacologiques .Lignum Aquilæ, Agallachum, et Agallage. Ce produit se nomme aussi Calambac, de Kalambok, le nom Malais spécifique servant à désigner le bois de Alœxylon Agallochum. Balaam n’avait probablement jamais vu d’arbres d’aloès ; mais il s’en forme une idée d’après le renom de leurs parfums et les maux qui en sont le résultat, et il les voit, dans leur gloire, pareils aux cèdres du Liban.
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Dans le Cantique de Salomon (environ l’an 1000 avant J.C.), il est fait mention, outre la myrrhe, l’aloès, la cannelle, l’encens, et le calamus, du camphre, du safran, et du nard. Ici, ainsi que dans le Cantique, i. 14, le camphre, copher en Hébreu, n’est autre que l’Egyptien hennah , Lawsonia inermis , originaire des Indes Orientales ; mais il est cultivé, dès l’origine des temps historiques, dans l’Inde, en Egypte, dans le Nord de l’Afrique, en Syrie, et dans le Levant. C’est le Cyprus Egyptien de Pline, et les femmes en Egypte ainsi que dans d’autres contrées de l’Orient emploient sa couleur rouge-vermeil pour se teindre les mains et les pieds, et c’est de là que vient probablement cette épithète 66 aux doigts de rose,” qu’on donne à l’Aurore. En Egypte, l’une des nuits qui précède les fiançailles, on applique le hennah sur les mains et les pieds de la fiancée au moyen de bandelettes de toile jusqu’à la matinée suivante, et ils prennent ainsi une couleurs d’un rouge vermeil céleste qui est proprement la couleur de l’amour; et cette nuit prend le nom, dans l’ordre des cérémonies du mariage, de nuit du hennah . Le safran Crocus , en Hébreu karkam> le karkum et le zafran des Arabes, en Sanscrit kunkuma^ le KpoKoç des Grecs, est originaire de Cachemire ; et comme le nard (C. de Sal. i. 12, et vapüoç, St. Marc, xiv. 3, St. Jean, xii. 3, 7), la racine du Nardostachys Jatamansi, est exclusivement un produit du Nepaul et de Bhootan, où il se trouve à de grandes hauteurs, ainsi que le Costus, le Ketzioth hebreu, Ps. xlv. 8, qu’on traduit dans le Bible anglaise par “ Cassia,” et quelquefois par “ Orris root” dont les Grecs et les Romains faisaient un si énorme usage en parfumerie, et pour lequel la Macédoine, l’Elide et Corinthe étaient si renommées) ; en Sanscrit, Koot, la racine de VAucklandia Costus deFalconer, originaire de Cachemire exclusivement; ces trois fameux produits des Monts Himalayas, ainsi que le Safran des montagnes de l’Hindu, Kush, et du Caucase, avec le Bdellium, le Grenadier, l’Aloès, le 66 Galep,” le Chanvre, le Musc, le rubis, le Lapis Lazuli, et la Turquoise, ont, je crois, été connus dès les temps les plus reculés où la race Aryenne s’est trouvée en rapport avec l’Inde, d’où le Safran et le Chanvre ont suivi le cours de leurs migrations dans toute la zone tempérée, et dans tout le cercle du globe. Sir William Jones est le premier qui ait constaté l’identité du nard avec la racine de N. Jatamansi . Il trouva que le mot “ nard ” était Persan, et que les Perses, comme les messagers par terre de Jatamansi entre l’Inde, Gerrha et la Mésopotamie, avaient communiqué aux Hébreux le nom donné par eux à ce produit en “ nerd ;” aux Grecs, en vaphoç, et aux Romains en nardum . Spieanard vient de Spica nardi. Il est étrange que cette similitude soit si longtemps passée inaperçue : en effet, Avicène emploie le mot “ sumbul ” comme synonyme de vaploq ; et les livres Persans donnent parmi les synonymes de Sambul , le mot Arabe sanbul ; le mot Grec, narden ; le Latin nardoom ; et l’Hindu, jatamansi et balchar . Ualgum , arbre du Liban (II. Chron. ii., 8 et 9, 11, 12), et l’Almog d’ophir, (1 Rois, x. 11, 12 (ces deux références sont de l’an 500 environ avant J.C.) ont généralement été assimilés avec le véritable bois de Sandal, Santalum Album , des montagnes de la péninsule indienne
et de l’Archipel oriental, parceque l’un de ses noms Sancrits est évidemment le même que l’Hebreu algum , ou almuy ; mais si l’on considère à quel usage Salomon employait le bois de l’Algum ou Almug, le parquetage et les piliers, les instruments de musique, mon avis est que ce n’était probablement pas le bois de Sandal dont on veut parler, mais une sorte de bois dur à grains serrés, comme le sheeshem ou sissou ( Dalbergia ) bien connu sous le nom de “ Bois noir de Bombay,” ou Bois de Santal Rouge, Pterocarpus Santalinus , de la côte de Coromandel, de Paulghot et de Ceylon, avec lequel on fabrique dans les Indes beaucoup d’instruments de musique. Néanmoins, dans l’Inde, le Bois de Sandal est employé à la construction des piliers et des portes des temples : c’est de ce bois que sont faites les fameuses portes du temple Somnath, que Mahmoud de Guzin emporta dans l’Afghanistan (1025 après J.C.), et qui furent restituées aux Indes en 1842 par Lord Ellenborougli. Les Anglais ont une aversion étrange pour les trophées qui rappellent leurs succès ; ces portes gisent maintenant abandonnées dans la citadelle d’Agra, et beaucoup d’Anglais ne veulent pas croire que ce soient là les véritables portes de Somnath, fait sur lequel il n’y a pas le plus léger doute à avoir. Le bois de Sandal est probablement le (TaydXiva, du Périple de la mer Erytarée, et certainement le rfavlava, de Cosmas Indicopleustes, la chose est mentionnée dans les plus anciens écrits. L’ébène, mentionné dans Ezekiel (aux environs de l’an 600 avant J.C.) est exclusivement un produit de l’Inde et de Ceylon. Le mot “ cotton ” n’est pas employé dans la traduction anglaise de la Bible ; mais il l’est dans le passage suivant d’Esther (l’an 450 environ avant J.C.) i, 6, “où il y avait des tentures blanches, vertes et bleues le mot hébreu traduit par vert ( green ) est qui est karpas , identiquement le Sanscrit karpasa , et l’Hindou kapas , coton (dans sa gousse), produit aborigine de l’Inde. On devrait lire le passage en question comme ceci : “ où il y avait des tentures blanches et bleues en coton (rayées),” semblables aux sattrangis qui se font de nos jours dans tout l’Hindoustan. Karpasa a engendré le Grec KapKao-oç, et le Latin carbasus , lin, qui a probablement la même racine que Kapnoc,, fruit, et . carpo, je cueille, j’enlève, je recueille (c’est-à-dire, le fruit, la cosse du coton) et la même racine que Kapncç et carpus, le poignet ( os carpien ), les mains, avec lesquelles la race Aryenne récoltait et tissait le coton, dès l’aube des temps historiques. Elle importa avec elle dans tous les pays le tissage du coton, de la laine, du chanvre et du lin. Coton est dérivé de l’Arabe Kootn , et de l’Egyptien Kotn . Les Egyptiens sont connus pour avoir cultivé et tissé le coton dès les temps les plus reculés. Ils employaient aussi la Casse (Cassia), avec “la myrrhe la plus pure,” et “ toutes sortes d’épices, à l’exception de l’encens,” pour embaumer leurs morts (Hérodote, de Rawlinson, ii. 38). Le soties sacré des Indiens, Nelumbium specio sum, qu’on représente partout sur les sculptures Egyptiennes des derniers temps, ne se voit nulle part sur les anciennes, et on ne le trouve maintenant nulle part en Egypte. Le Nepenthe, le <pdpy.<xKov d’Homère (Odyssée IV., 221-29), est-il
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l’opium (le y^Kunov de Théophraste), ou est-ce le hashish , ou extrait de chanvre ? (dont aucun des écrivains Grecs ou Romains ayant écrit sur les drogues ne fait mention.) Ce produit doit avoir en tous cas été originaire de l’Inde, l’Opium de Pavot, Papaver somniferum , et le hashish , chanvre, Cannabis satirva ou indica, étant deux variétés de plantes cultivées aux Indes, dont le chanvre est également originaire, et qu’on rencontre sur les monts Himalayas, Hindu Kush, ainsi qu’au Caucase. Le mot grec et
le Latin cannabis viennent tous deux du Sanscrit kanam , d’où le mot allemand hanj \ et l’Anglais, hemp. De cannabis dérive plus directement canevus , fait de chanvre ou de lin, et canevas, agiter dans une discussion, c’est-a-dire, au figuré, examiner à fond une question par suite de l’usage de doubler de chanvre les cribles ou tamis. De hashish une herbe, vient assassin, qui dérive de hashishin , c’est à dire mangeur de chanvre, (le chanvre étant l’herbe, par excellence, comme l’Opium, est le suc (bark), chinchona, l’écorce, et Musa (Plantain), le goût, l’arome, le stimulant, la saveur, ou gusturn), cette dénomination de mangeurs de chanvre fut donnée à l’infâme secte d’assassins qui se forma en Perse et en Syrie au XIème siècle, et dont la coutume était d’énivrer avec du hashish les fedavi , ou 66 hommes voués,” avant de les envoyer à leurs missions sanguinaires. La phrase ( to run amuck) “ courir en furieux de coté et d’autre ” (Pope), vient de la même manière du mot amuki . Au Malabar c’étaient des jeunes gens “ voués ” par les leurs à la défense de la vie du Roi parmi les Nairs (Yule, “ Marco Polo,” ii. 284), mot qui vient du a-muk des Malais qui, sous l’influence de l’opium, devenaient quelquefois si sauvages de fureur qu’ils se précipitaient dans les rues, en hurlant “ A-muk ! A-muk ! ” “Tue ! Tue I ” et en poignardant tous ceux qu’ils rencontraient. La phrase “ Sésame ouvre-toi ! ” dérive de l’huile de Sésame de l’Inde, on Sesamum indicum , dont la culture fut importée, dès les premiers âges, en Mésopotamie et en Égypte où elle fut connue sus le nom de Semsen , et l’expression “ Sésame “ ouvre-toi ” est synonyme de la phrase “ Apportez la lumière,”
“ Allumez le Gaz,” Apportez la lumière,” qui ouvre toute chose. L’huile de Sésame était l’unique, la seule, chose que ne pouvaient remplacer pour Cassim Baba ni le blé ni l’orge. Quelques autres produits végétaux exclusivement Indiens ou originaires de l’Archipel oriental sont mentionnés par les anciens auteurs Grecs et Latins qui ont écrit sur la droguerie, et bien qu’ils ne soient désignés ni dans la Bible ni dans Homère, il est bon de les énumérer pour le jour qu’ils jettent sur l’intimité et l’ancienneté des rapports qui unissaient l’Asie et l’Europe.
Le Citron, Citrus Medica , le yrfhov yvfiiKov de Théophrastus, originaire des monts Hîmalayas, et qui parait avoir été cultivé dès l’époque des premiers établissements de la race aryenne dans le pays des Mèdes, tire de ce pays son nom Grec et son nom spécifique dans la science. La Médie donne aussi son nom à la Médie, ou herbe de Lucerne, Medica go sativa , qui fut importée de Médie dans la presqu’île des Balkans pendant les invasions Perses, sous Mardonius, Darius, et le Xerxès de la Grèce, de même que l’herbe haryali , Cynodon Dactylon , fut introduite des Indes dans le Fars
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et le Khusistan par l’Expédition Anglo-Perse de 1856-57. Le bois du citronnier coté par les Romains à un prix si extravagant pour leurs ameublements, est le bois Thyen, %v\ov Qvmv des Révélations xviii. le Callitrus quadrivalvis , ou Arbor vitæ des botanistes qui produit aussi la résine appelée sandaraque.
Les Pêches et Abricots sont originaires de la Perse. Les Abricots se trouvent aussi à l’état sauvage tout le long de la chaîne centrale de montagnes qui traversent l’Asie depuis le Pacifique jusqu’à la Méditerranée, et reparaissent le long de l’Atlas sur les bords de l’Atlantique.
La Pêche est le tt epa-My de Theophrastus et Dioscoride, et le Persica , de Pline, d’où on a fait Pêche. L’Abricot est le TrpaiKKOKiO', et prœcocia , c’est-à-dire, pêche hâtive ; d’où l’Arabe al burquq , l’Espagnol albaricocque , l’Italien albicocco , le Français abricot , et l’ Anglais Albricock (vieux style) et Apricot.
Le Rusot, le Xvkiov Iv^kov de Dioscoride, est l’extrait du Beibeies Lycium , et B ., aristata , tous deux originaires de l’Himalaya. On se rend compte de l’estime où les Grecs et les Romains tenaient ce produit par les vases grecs qui nous restent encore, dans lesquels on gardait le Lycium, et qui portaient le nom du vendeur de cet extrait.
Indigo, en vieil anglais Indico, VIndicum de Pline, YhhiKov fiaQiKov de Dioscoride, le suc préparé de V Indigofera tinctoria , dont le non sanscrit, ni/, reparaît dans “ niello,” et par le Portugais anil dans “ aniline.”
Gomme Laque ; on pense que Ctesias en fait mention. La Laque est l’exsudation résineuse produite sur certains arbres de l’Inde par le Coccus Lacca, ou l’insecte Lac, et Laque, la matière tinctoriale qui filtre de la résine, c’est-à-dire, l’insecte femelle qui s’y trouve empâté. Le nom de laque a été donné à ce produit par les Hindous en raison des milliers de ces petits insectes qui s’y trouvent, et du mot lac, qui signifie cent mille, est venu gomme lac ou laque, ou simplement, de la laque.
Adraganthe (Gomme). C’est certainement le Kivvafiapiq de Dioscoride, et le cinnabaris indien de Pline. Le sang de Dragon on Adraganthe s’obtient du Calamus Draco , un des Palmiers Rotins de l’Archipel Oriental, et du Dracaena Draco , arbre liliacé des îles Canaries ; et l’on croit que le Pterocarpus Draco , arbre légumineux du même genre que l’arbre indien Kin donne naissance à l’Adraganthe de Socotora, le dam-ul-akhawein des Arabes. C’est probablement l’Adraganthe des îles Canaries que connaissaient les Grecs et les Romains, ou du moins, ce fut îa première qu’ils connurent ; en effet, d’après le “ Periplus de la mer Erythrée,” nous avons la preuve absolue qu’au premier siècle environ après J.C., ils connurent également l’ Adraganthe de Dioscorida, nom classique de Socotora, corrompu comme l’est lui-même le nom Socotora qui dérive du Sanscrit dvipœ-sukadara “le séjour de la Félicité,” qui, contracté en diuscatra , devint Dioscorida chez les Grecs, et Socotoar chez les Arabes. On supposait que les “Iles des Bienheureux,” les paKoïpuv oi de la fable grecque, étaient situées quelque part dans l’Océan Atlantique, et lorsque les îles Canaries furent découvertes, les Romains
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leur donnèrent de suite le nom de “ Fortunatæ Insulœ .” Pline lui-même (Livre xxix, ch. 8), le distingue comme Cinabre Indien, lorsqu’il parle des fatales erreurs commises souvent par les médecins qui donnaient à leurs malheureux malades du “ cinna b aris nativo ,” ou “ minium” en place de l’autre. Cette référence a été complètement négligée par ceux qui nient que les Grecs et les Romains aient connu l’Adraganthe du commerce oriental. De yniniaria , mines de Minium vient le mot mine lui-même.
Huile de Castor. C’est le kIki d’Hérodote et de Dioscoride, et le KpoTœv d’Hippocrate, de Theophrastus et de Dioscoride ; quelquesuns supposent aussi que c’est îe Kikayon “ Gourde de Jonas” de la Bible, d’où le nom de Palma Christi. St. Jérome et St. Augustin discutèrent, dit-on, si chaudement, au sujet de cette identité, qu’à bout d’arguments, ils en vinrent à l’argument de la force, et échangèrent positivement des coups à propos de cette discussion. C’est exclusivement un produit originaire de l’Inde.
Poivre Noir, c’est exclusivement un produit indigène de Travancore et de Malabar, en Sanscrit maricha , en Persan pïlpil , qu’on trouve à l’origine de tous les synonymes de ce mot dans tous les pays de l’Occident. C’est le to 'itenspi <rrpoyyv\ov de Theophrastus, le 7T£7r epi p'eXav de Dioscoride, le piper de Pline, le piper nigrum des botanistes.
Poivre Long, Chavica Poxburghii, est originaire de l’Archipel Oriental, c’est le miitepi pocKpiv de Dioscoride, et le piper longum de Pline.
Cubèbe, ce sont les baies du Piper Cubeba , originaire de l’Archipel Oriental ; quelques-uns supposent que c’est le pvpTÛa,vov d’Hippocrate ; mais les premiers qui en fassent mention d’une manière non équivoque sont Masudi de Bagdad, (915-20 environ ap. J.C.), et Edrise, (1153 environ ap. J.C.). Au moyen âge, on en faisait emploi comme d’une épice. Cette importation a pris un grand développement, lorsque l’on eut connaissance de l’usage qu’on pouvait en faire en médecine, pendant l’occupation anglaise à Java. (Nativité, Marco Polo, II. 326.)
Cardamome. Edresi est aussi le premier qui en fasse mention d’une manière non équivoque. Theophrastus et Dioscoride font tous les deux mention d’un Kaplapupov ; Dioscoride d’un et
Pline d’un amomum et d’un cardamomum , mais il est impossible de discerner ce qu’ils veulent dire. Il doit y avoir de toute nécessité une grande confusion dans la constatation d’identité des innombrables baies, âcres, et des bourgeons secs dont on fait usage aux Indes comme condiments, à moins que leurs caractères naturels ne soient très nettement marqués, car beaucoup se voient rarement dans le commerce, telles que les baies de la Casse, les bourgeons en fleur de Calysaccion longiflorum , tejbul , ou graine de Vhastile Xanthoxyon , et beaucoup d’autres, et Pline fait toujours quelques confusions rendues plus graves encore par l’habitude où il paraît être de laisser à des commis à gage le soin de compiler les extraits qu’il fait des écrivains antérieurs, de la même façon, avec la même paresse dépourvue de critique que j’ai vu chez les savants Hindous occupés de recherches philologiques.
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Clous de girofle. — Ce produit était certainement connu des Grecs et des Romains. Ce sont les bourgeons desséchés de la fleur du myrte Eugenia Cary ophy liât a, exclusivement originaire des Moluques ; c’est, sans aucun doute, le garyophyllon de Pline, et le KapvoçvXXov de Cosmas Indicopleustes et de Paulus Ægineta, 600-700 ap. J.C., bien que Sprengel dise que le premier qui en fasse mention soit Simeon Setli, 1000-1100 de notre ère. Le passage de Pline est le suivant : “ est etiamnum in India piperis grani “ simile, quod vocatur garyophyllon, grandius, fragiliusque . . . “ . . . . advehitur odoris gratia.” L’objection est celle-ci : le clou de girofle n’est pas plus large qu’un épi de poivre, mais il est plus long. Mais Cicéron emploie les mots “ grandis epistola ” pour une longue lettre ; et le mot Indien est Yonanee , c’est-à-dire, le synonyme Grec de clou de girofle, kurphyllon .
Curcuma, Curcuma long a ? c’est le Kviteipoq îvÜiko; de Dioscoride, et le “ Cypria herba indica ” de Pline.
Gingembre, Zingïber officinale, c’est le de Dioscoride
et le zingïber de Pline, qui dérive, par l’Arabe ou le Persan zingibil , du Sanscrit sringavera.
L’Algue Odorante ( Sweet Flag), la racine de YAcorus Calamus , est un produit commun à tous les pays situés entre la Mer Noire et l’Océan Pacifique, ainsi qu’à l’Amérique du Nord, c’est VaKopov de Dioscoride, Yakaron des Arabes, et ce fut, dès les temps les plus anciens, un remède en grand renom dans les Indes, connu sous le nom Sanscrit de vaka , et de bach en langue Hindoue. Le KoiXccfAoi; dpœ[A<zTiKo<; de Dioscoride, le koCKol^oç, de Theophrastus, et le Calamus et le roseau doux u sweet cane ” de la Bible, qu’on assimilait autrefois au Sweet Flag ou Algue Odorante, ont été assimilés par Royle, ainsi que je l’ai déjà déclaré, à l’Indien Roosa Grass, ou Andropogon Calamus aromaticus.
Le Salep est la racine tuberculeuse de plusieurs espèces d’ Orchis ; il est originaire de l’Europe Centrale et des contre-forts des monts Taurus, Caucase, Hendu, Heerb, et Himalaya ; par suite de l’influence de la doctrine des attestations par signature, ce produit a toujours conservé dans l’Orient une réputation fabuleuse pour ses vertus fortifiantes, et le nom qu’il porte (mot ayant la même racine) nous est une preuve suffisante que sa réputation s’étendit de très bonne heure de l’Orient à l’Occident.
La Rhubarbe est le pâ ou prjov mentionné par Dioscoride comme importé d’au-delà du Bosphore, et le rachoma de Pline, qui, selon lui, fut importé d’au-delà du Pont. C’est un produit originaire du Sud-Est de Thibet et des frontières ouest et nord-ouest de la Chine ; l’on prétend que les écrivains chinois en font mention, l’an 2700 avant notre ère ! Le Rha, qui arrivait en Europe par les anciennes routes de caravanes, en partant du Nord de la Chine par Boukhara et l’Asie Mineure, a été nommé naturellement Rhaponticum , et celui qui venait par la Russie et le Danube s’appelait Rha-barbarum,
Les désignations de rhubarbe de Turquie, de Russie, des Indes Orientales, et de Canton, indiquent simplement les différentes sources commerciales d’où on a tiré la rhubarbe dans les temps modernes. Voici un curieux exemple de l’étrange façon dont le
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66 Foreign Office ” des Indes a négligé le trafic avec le Thibet et la Chine Occidentale ; si le Vice-Roi et Gouverneur-Général a besoin d’une pilule de rhubarbe, au lieu de la recevoir immédiatement par les défilés de l’Himalaya, elle lui arrive par Kiatcha, St. Pétersbourg, Londres, l’Atlantique et l’Océan Indien.
Job (l’an 1500 environ avant J.C.) xxviii, 15-19, mentionne l’argent et l’or, “le précieux onyx,” le saphir, le rubis, le corail, les perles, “ le topaz d’Ethiopie, et au chapitre xxxix, 13, il parle des “ belles ailes du paon, et des plumes d’Autruche.” C’est le corail véritable qu’on désigne ici par le mot ramoth, mot Hébreu également employé dans Ezek. xxvii, 16, le corail de la Mer R-ouge ou du Golfe Persique ; les vraies perles ( gabish ) se trouvent soit dans le Golfe Persique soit à Ceylan. Il est impossible de constater l’identité du produit dont nous avons traduit le nom par rubis (Prov. ii, 15 ; viii, 11 ; xxxi, 10; and Lament. iv, 7, et de celui traduit par saphir (Ex. xxiv, 10; xxviii, 18; Ezek. xxviii, 13). Par saphir , on entend, je crois, le Lapis-lazuli, qu’on trouve en beaucoup d’endroits dans l’Asie Centrale, et particulièrement dans les mines de Lajward, dans le Badakshan, d’où les differents noms qu’on lui donne, de Lajwardi, Lazuli, l’Azur, et Azur ; on le désigne encore sous le nom d’Outremer, parcequ’il a été introduit en Europe de par delà les mers. Les rubis viennent probablement de Ceylan ; ce sont les rubis Balais, dont le nom dérive de Badakshan, Balakssh, Balas (Yule, “Marco Polo” 1, 149-152). Par saphir on entend aussi sans doute les Turquoises ou Turques, comme on disait anciennement, du mot Turquie. La Bible fait plusieurs fois mention des autruches sous differents noms Hébreux, que l’on traduit souvent dans la version anglaise par le mot “ owl ” (hibou), et plus correctement, par ostriches (autruches) (Lament. iv, 3). Dans le passage ci-dessus tiré de Job, le mot Hébreu renanim traduit par “ peacocks ” (paon) aurait du l’être par le mot " ostriches ” (autruches), et le mot “ notseh ” traduit par “ ostriches,” par celui de feathers (plumes) — “ gavest thou good feathers with the ostriches Les paons dont il est fait mention dans le 1er Chapitre des Rois x, 22, et 2 Chron. ix, 22, en même temps que l’ivoire, et des singes, sont les vrais paons Indiens, comme le prouve le mot Hébreu employé pour les désigner, l’expression tukkiyyim étant le synonyme du mot Sanscrit tokki , signifiant paons.
Le mot Hebreu Koph employé ici pour désigner les singes est synonyme également du mot sanscrit kapi.
Les pierres précieuses dont est couverte la cuirasse d’Aaron, énumérées au chap. xxviii. 9 de l’Exode, sont désignées dans la version Anglaise sous le nom de sardonyx, topaze, escarboucle, émeraude, saphir, diamant, ligure, agathe, améthyste, béril (aigue-marine), onyx, jaspe.
Il serait oiseux de discuter leur identité ; et en ce qui concerne l’Inde, il suffit de dire que le diamant qui dans l’ancien monde est un produit exclusivement Indien, ne peut être la pierre désignée sous le nom Hébreu yahalom (voir aussi Ex. xxix. h) ; et Esek. xxviii. 13), ni le mot “ shamar” traduit par “ diamond ” diamant dans Jérémie xvii. 1 ; car le diamant fut-
inconnu dans les pays Méditerranéens jusqu’à l’invasion des Indes par Alexandre le Grand.
La Bible fait souvent mention du fer sous le nom Hébreu de paldah , qui est le fulad des Arabes, et qui désigne le fer Indien. L’étain y est aussi mentionné ; mais il est impossible de déterminer par le nom hébreu qu’il portait, si l’on veut parler de l’étain de l’Archipel Oriental ou de celui de l’Espagne et de la Cornouaille. Homère fait mention de l’étain Koca-a-irspoq II., II., 25, 34 ; XVIII., 474, 565, 575, 6, 113 ; XX., 271 ; XXI., 592 ; et XVIII., 503, 561) ; et les Phéniciens, qui les premiers en connurent le nom par suite de leurs transactions commerciales avec l’Inde par l’intermédiaire des Arabes, donnèrent dans la suite aux Iles Sorlingues et la Cornouaille le nom de Cassitérides, où il survit encore sous le nom de Cassiter Street à Bodmin. On suppose que les ep/xaTa rpiyXrjj/oc [/. opoevroc d’Homère (II., XIV., 183 ; Odyssée XVIII., 298,y!ou Ci boucles d’oreilles à trois rangs de perles ” sont des boucles d’oreilles en perles ; Théophraste et les écrivains Latins désignent les perles sous leur nom (Indien Sanscrit) de maracata , ou [Mxpyocpnriq et margarita , d’où le mot Français marguerite, la fleur, la perle des vertes prairies. Les faits que j’ai cités prouvent que l’origine du commerce Indien avec l’occident remonte aux temps préhistoriques ; à mon avis, il a pris naissance par l’intermédiaire de la Perse, de la Médie, de la Mésopotamie, de la Syrie et de l’Asie Mineure, à l’époque de la première sortie de la race aryenne de l’Asie Mineure. Je crois encore que toutes les principales routes de caravanes en Asie, partant de la Chine Septentrionale pour aboutir en Europe par la Russie, et des Indes, par la Perse aux bords de la Méditerranée, sont à l’origine des migrations de la race aryenne vers l’Occident, et de la race touranienne ou race jaune, à l’est et au nord, en quête de subsistance et d’établissements. Le témoignage que nous avons de la lenteur avec laquelle le commerce avec l’Inde et l’Orient s’est développé, nous fournit encore une preuve de son existence préhistorique. Le diamant ne fut connu en Europe qu’après les conquêtes d’Alexandre. La majeure partie des remarquables produits naturels de l’Inde ou de l’orient, dont' nous faisons mention ci-dessous, fut introduite pour la première fois en Europe par les Arabes pendant la domination des Sarrasins.
Orange et Citron. — L’orange dérive du Citrus Acerantium sauvage, originaire de Gurwhal, Sikkem et Khasia, et le limon, lime et citron, dérive probablement aussi du Citrus Limonun sauvage, originaire de Sikkem et Kumaon. Le mot orange n’est autre que le Sanscrit narunga , le mot Hindou narungi , et l’Arabe narung ; le citron est le Sanscrit nimbuka , l’Hindou nimbu et limbu , et l’Arabe limun . Les auteurs Persans et Arabes qui ont écrit sur les drogues, font venir les noms Persans et Arabes, uturuj et turunj , servant à désigner le citron, du Syriaque atrogha.
Plantain, Musa Paradisiaca , n’a rien de commun avec Musa , du médecin d’Auguste, ou le Muse ; son nom générique Musa n’étant autre que l’Arabe muzay goût.
La Muscade, Myristica fragrans , originaire des Moluques, et la fleur de Muscade, Mace, qui est le produit de son pépin, étaient G 343. C
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toutes deux inconnues des anciens ; la Muscade est mentionnée sans équivoque, pour la première fois par Musadi, qui visita l’Inde en 916-920 ap. J.C.
La Gomme Gutte, produit de Camboge, fut introduite pour la première fois en Europe, par la Compagnie des Indes Orientales en 1615.
Le Gambier et le Catechu, Terra Japonica , furent introduits en Europe, dans le Commerce au siècle dernier.
La Gomme Benjoin, ou Benzoin, est mentionnée pour la première fois par Ibn Batuta, en 1325-49 ap. J.C. sous le nom de Java Olibanum, ou Encens, Luban djawi , désignation qui lui a été donnée par les commerçants Arabes, et dont Benjoin et Benzoin sont une corruption.
Rose Trémière (Alcée) ; Styrax liquide du Liquidambar AJtingia , arbre magnifique de l’Archipel Oriental ; ce produit tire aussi son nom Anglais d’une corruption du nom Malais rasamalla , de ce parfum exquis. La gomme Copal Jackass de Zanzibar tire également son nom, de l’Arabe shikasi , gomme Copal fraîchement extraite de l’arbre, que l’on distingue ainsi de la gomme copal à demi minéralisée, et de qualité infiniment supérieure, que l’on extrait du sol sur l’emplacement de forêts éteintes.
Camphre, produit du Cinnamomun Camphora , le Laurier camphre de la Chine et du J apon, et le Dryabalonops aromatica de l’Archipel Oriental : il est mentionné pour la première fois par Etius, 545 ap. J.C., et tire son nom du Sanscrit karpura , en passant par l’Arabe kafur. Ætius de Diarbékir est aussi le premier qui fasse mention du Musc d’une façon non équivoque, et l’on pense que ses “ nuces Indicæ ” font allusion à la noix Muscade.
Huile de bois, ou Baume de bois ; s’obtient de diverses espèces de Dipterocarpus , originaires de Chittagon, Tennaserim, Burmah, Siam, de l’Archipel Oriental, des îles Philippines, des îles Andaman et de Ceylan : il n’est devenu que récemment un article commerce.
Elémi ; résine d’un arbre inconnu deSjPhilippines ; ou a cru autrefois que c’était le evou^ov des Grecs et Venhœmon de Pline, mot d’où dérivent sans nul doute les mots Ëlemi et Anime. Mais Hanbury a assimilé Venhœmon des anciens au luban meyeti , l’encens au parfum de Citron produit par le Bosivellia Frereana que j’ai décrit dans mon journal u On the Genus Boswellia,” avec descriptions et “ figures de trois nouvelles espèces,” au Volume XXVII. des Opérations de la Société Linnéenne, 2e Partie, 1870. L’Elemi est également produit par d’autres arbres, originaires d’Amérique et d’ailleurs.
Résiné Kino ; la résine du Pterocarpus Marsupium , de l’Inde méridionale et de Ceylon, a été introduite dans le commerce pour la première fois par la Compagnie des Indes Orientales, en ce siècle-ci. La gomme Kino Butea est le produit de la Butea frondosa, le splendide arbre palas des Indes, qui donne son nom à la plaine où fut livrée la bataille de Plassy ( palasi ).
Sapan, le bois du Sapan Cæsalpinia des Indes Orientales, autrefois connu sous le nom de brésillet ou bois du Brésil, en
l’exposition univrselle de 1878.
raison de la couleur de son bois aux tons de braise ou de charbons ardents. Mais lorsqu’à l’époque de la découverte du Brésil, on trouva dans ce pays un bois de teinture analogue, le nom du bois Indien fut donné à la contrée nouvellement découverte ainsi qu’à ce nouveau bois de teinture, et le bois Indien s’appelle maintenant de l’un de ses deux principaux noms d’origine, dont l’autre est bakam . (Yule, Marco Polo, IL, 315-16.)
Noix Bonduc ; la graine du u Cœsalpinia Bonduc ,” est mentionnée pour la première fois d’une manière certaine par Ibn Baitar, an 13ème siècle, sous le nom de bunduk-hindi ou avelines Indiennes. Les Sarrasins reçurent les avelines de Venise, et les nommèrent bunduk , d’après les Vénitiens ; et comme ces graines sont semblables aux avelines, ils les appelèrent également bunduc . Ils appelèrent aussi bunduki , ou Vénitiens, les boulets et les balles qu’ils reçurent également de Venise. De nos jours encore, on donne à ces engins le nom de bindiki en Égypte ; et l’expression hindoue pour désigner un fusil est bunduk .
Tamarin, de l’Arabe tamar hindi , le Tamarinier Indien ; les premiers ouvrages Sanscrits en font mention, mais parmi les écrivains de l’Occident, Avicène, Seràpion, et Mesue sont les premiers qui en parlent. L’arbre nommé Tamarindus Indica était supposé autrefois être exclusivement originaire de l’Inde ; mais on le considère maintenant comme véritablement natif de l’Afrique Centrale, où il n’est pas vraisemblable qu’il ait été introduit pas l’immigration arabe.
Cassia Fistula, le fruit du Cathartocarpus Fistula ; ce produit fut connu pour la première fois en Europe au 13ème siècle de notre ère.
Séné dont le nom dérive, dit-on, du Mont Sinai ; il fut employé pour la première fois aux usages médicinaux par les grands médecins arabes des 9ème et 10ème siècles de notre ère.
Anis Étoilé, ou fruit de Y Illicium anisatum de Yunan, et des provinces Sud-Ouest de la Chine ; ce produit fut importé pour la première fois par mer en Angleterre en 1588 après J.C. Il avait été précédemment importé par terre en Europe par la voie de Russie, et s’appelait alors Cardamomum Siberiense. Le fruit de Y Illicium religiosum se brûle en guise d’encens dans les temples du Japon, et ses branches sont déposées sur les tombes des morts.
Cuscus ou Vétyver, racines fibreuses aromatiques de YAndropogon muricatus, qu’on emploie pour la fabrication des écrans qui, entretenus dans un état d’humidité, répandent dans les maisons indiennes un parfum frais et odorant : on l’emploie aussi à faire des éventails et autres menus articles d’ornement ; il n’est mentionné par aucun écrivain connu. Cuscus vient du Persan Khas , et Vétyver ou Vetti-ver est le nom Malais.
Le Cocculus Indien. — Est mentionné pour la première fois par Ruellius, 1536 après J.C., sous le nom de Coccus Orientalis . Ce pourrait bien être le meizeragi des Arabes.
Noix Vomique. — Cordus en fait le premier mention d’une maniéré certaine l’an 1540 apres J.C., bien que l’on suppose aussi
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que ce soit la drogue appelle mechel par les Arabes, et Nux Vomica dans les traductions latines de leurs ouvrages.
Le Sagou fut introduit pour la première fois en Europe par Marco Polo.
The et Café. — Le café fut introduit en Europe à Venise, environ l’an 1615, à Marseille en 1641, à Londres en 1652, à Paris en 1657. En 1688, Ray fait observer que Londres pouvait rivaliser avec le Grand Caire pour le nombre de ses cafés. On en faisait usage en Perse, en 875 après J.C., et Avicène en donne une description complète, l’an 1000 environ de notre ère. Le thé fut introduit en Europe à la fin du 16ême et au commencement du 17ème siècle après J.C. Il est mentionné pour la première fois, (à l’exception des Chinois bien entendu) dans un itinéraire Arabe du 9ème siècle de notre ère.
Sucre. — Il fut introduit en Europe par les Sarrasins et à la suite des Croisades, et y devint dès cette époque d’un usage général* Il est incroyable qu’il n’ait pas été connu des anciens, comme Salmasius, Sprengel, et Fee le maintiennent. Bien entendu, ils connaissaient le miel et le sucre du dattier (le jaggary de l’Inde), mais Salmasius soutient que le aâKxypov des Grecs et le Saccharon des Latins n’était pas le sucre, mais le tabashir , dépôt siliceux que l’on trouve dans les nœuds des bambous, et il l’établit d’une manière victorieuse. On aurait pu penser que la description de Pline ne laissait aucune place au doute, et pourtant Salmasius, par le déplacement d’une virgule, change tout le sens du passage. Pline dit : Saccharon et Arabia fert, sed laudatius India ; est “ autem mel in arundinibus collectum, gummium modo candidum, “ dentibus fragile, amplissimum nucis avellanæ magnitudine, ad 66 medicinæ tantum usum.” Mais, dit Salmasius, “Ita hæc dis- “ tinguenda, collectun gummium modo , non ut est vulgo, gummium “ modo candidum . Hæc omnia prorsum quadrant in tabascir, vel 66 saccharum mambu.”
Dioscoride dit que le a-aKxapov est un miel condensé que l’on trouve dans les roseaux, dans l’Inde et l’Arabie consistant comme le sel, se cassant entre les dents comme le sel, et qui, dissous dans l’eau, est agréable à l’estomac. Il est absurde de supposer que la description de Dioscoride puisse s’appliquer à des pierres et des cailloux semblables au Tabasheer, ou à autre chose que le sucre. Mais il est évident que c’était un produit très-peu connu des anciens, et que Pline, en copiant Dioscoride d’une manière transparente, a probablement confondu le sucre avec le Tabasheer, comme il a confondu la pêche ( persica ) avec le Persea. Quant à moi, je placerais un point d’arrêt après le mot “ India,” comme si Pline, en parlant du sucre, laissait immédiatement de côté un sujet aussi familier, par la connaissance qu’on avait du sucre de la datte et du miel, puis continuait à décrire en détail une substance aussi peu connue que le Tabasheer. — Est autem mel, etc.
De plus, tous les noms Européens par lesquels on désigne le sucre dérivent du sanscrit sharkara par l’Arabe shakar , nom du sucre en langue hindoue, tandis que le mot tabashir ne s’emploie dans ce sens en ancun dialecte de l’Inde. Cependant, les noms
l’exposition universelle de 1878.
populaires servant à désigner le sucre aux Indes, sont le mot chini pour les espèces les plus communes, c’est un mot Chinois, et misri pour les qualités supérieures. Ce dernier est un mot Egyptien. Il est hors de doute que de temps immémorial, on a fabriqué le sucre dans l’Inde, non pas sans doute à l’état de perfection, mais sous forme de gula , nom hindou sous lequel le sucre est connu dans tout l’Archipel Indien. Les Arabes sont connus pour avoir les premiers appris aux Chinois à cristalliser le sucre, et ils ont eux mêmes porté à la dernière perfection l’art de le raffiner, en Egypte, à l’époque du moyen-âge. La première mention que nous voyions faire du sucre par les écrivains occidentaux d’une manière irrécusable est celle qu’en fait Moïse Choronenses, au 10ème siècle de notre ère. Le sucre candi est l’Arabe shakar khand , et sucre d’orge, le Français sucre brûlé. Sucre sonne très-doux à l’oreille, et sugar a le reflet d’un regard dur comme le sucre brut, tandis que ctukx^ov et sharkara résonnent comme le cailloutis tombant dans la tige de vieux bambous desséchés.
Nous voyons souvent l’Aloès, le Cactus, le Maïs et l’Ananas luimême introduits par les artistes dans leurs tableaux de la vie et de l’histoire anciennes. Ce sont toutes des plantes américaines . Les anciens ne connaissaient naturellement que l’Aloès de Socotra, qui est produit par une espèce très-différente de l’Aloès américain représenté par ces artistes, uniquement parce qu’il s’est répandu, de même que le Cactus et le Maïs, dans tous les pays de la Méditerranée et dans l’Inde, à partir des temps modernes. Le Tabac, le Poivre de Guinée, l’arachide, la pomme d’acajou, le Goyave, que l’on suppose vulgairement être originaires de l’Inde, viennent également d’Amérique. La plupart de ces produits furent introduits par les Portugais qui, avec les Arabes, peuvent être mis au rang des plus grands bienfaiteurs de l’humanité, pour avoir propagé dans le monde entier, les fruits et les semences spéciales à différents pays. L’Inde et l’Afrique sont entièrement redevables aux Portugais du Maïs et du Tapioca. L’introduction de l’Anona ( Custard-apple ) dans les peintures d’Ajanta Cave est un exemple extraordinaire des anachronismes en peinture. Ces tableaux, je crois, ne sont pas postérieurs au 7ème ou au 8ème siècle ap. J.C., d’après la date fixée par Mr. Fergusson. L’Anona ( Custard-apple') n’a pu être introduite aux Indes, qu’au commencement du 6ème siècle de notre ère ; pourtant, le fruit qu’on représente dans ces peintures est bien Y (^Custard-apple)^ et il s’y trouve reproduit à l’infini. L’énigme est indéchiffrable.
L’on voit représenté sur les sculptures Assyriennes un fruit dont l’identié n’a pu être constatée, et qu’on suppose être l’ananas. Ce fruit est représenté dans les “ Anciennes Monarchies,” de Rawlinson, Ed. 1864, Yol ii., 912. Quel qu’il puisse être, ce n’est certainement pas l’ananas, qui n’est pas connu dans l’ancien monde depuis plus d’un siècle. Je pense que c’est une branche de dattier entortillée et liée avec des feuilles de même espèce, et affectant une forme conique, pour la commodité du transport.
La persistance qu’on a mise à conserver en Orient, aux produits végétaux dérivés des écrivains Arabes, les noms classiques
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est un fait^très-remarquable. Dans les bazars les plus distants des Indes Occidentales, —
L’opium - se
nomme
) ajîum .
Les cerises
jirasya.
Le réglisse
asalasus.
Le cumin
kismun.
La camomille [dvBepïq]
atnamis.
La mandragore
mirdangiya .
L’hysope
zufi yiabas.
La lavandula stœehas
ustakliudas .
La salvia
salbia.
Le plantago [i pvXXiov'] -
fusliun .
Le laurier [pd<pvYf]
zafni.
Le mézéréon -
maziryun .
Le chanvre [/cam&j&ç] -
hinnub .
Le scolopendium
iskulikundium .
Le dryopteris
dundilaras.
Le pteris
sarkhas et bitaras.
Le polypode -
bulukinbun .
Le polytrichum
bulutingm.
A Bombay, le mot nerpoo-ehivov a été transféré de Parsley (Persil) aux graines du Pangros pabularia , Jzturasulium tandis qu’au Bengale, les sommeliers indigènes appellent encore, m’a-t-on dit, le Persil Peter-silly , mais par une dérivation du Hollandais, les Arabes ne l’appelant pas de ce nom. Quelquefois, lorsqu’une substance à deux noms, l’un Latin, l’autre Grec, l’un est une corruption, et l’autre est traduit. Ainsi, Behen album devient safaid bahman. Behen Blanc ; et Behen rubrum , Lal-bahman , Behen Bouge, et littéralement, Brahmin blanc et rouge. Ces surprises qui se rencontrent journellement, et même à toute heure, font le charme de la vie aux Indes.
La vigne, le Grenadier et le Soma, tout en n’étant pas mêlés directement au développement du commerce Indien, sont trois plantes fameuses de l’Orient, dont l’histoire ne doit pas passer inaperçue, 'dans une notice qui traite de la collection des produits végétaux Indiens. Le Grenadier, le Punica Granatum des botanistes, est originaire du Nord-Ouest de l’Inde, d’où il paraît avoir été importé par la première émigration Assyrienne, en Médie et en Syrie, et plus tard par les Phéniciens et les Carthaginois ; c’en de là qu’il il a tiré son nom Latin de Punica Granatum , absolument comme le nom Grec et Latin du Dattier, <po7vii;, Phœnix, vient des Phéniciens. Plus tard, les Sarrasins et les Portugais l’acclimatèrent dans tout le nord de la zone sous- tropicale de l’ancien et le nouveau monde. Il est constamment représenté sur les sculptures assyriennes et égyptiennes, en compagnie des raisins et des pêches, et la Bible en fait fréquemment mention Ex. xxviii. 33, 34 ; xxxix. 24, 26 ; Nombres xiii. 23 ; xx. 5 ; Deutéronome viii. 8 ; 1 Bois, viii. 18 ; Cantique de Salom. iv. 3, 13; son nom Hébreu étant rimmon , d’où est tiré le mot Arabe rurnman , ainsi que le nom de plusieurs lieux en Palestine.
l’exposition universelle de 1878.
Rhodes tire son nom de poüov, l’ancien nom grec de la fleur, nommé ensuite / 3aXocv<mov . Ses fleurs de vermillon et son fruit élégant étaient consacrés à Venus et au Dieu Syrien Rimmon. La Vigne (Nomb. vi. 13; xiii. 23; 1 Sam. xxv. 18; xxx. 12 ; 2 Sam. xv i. 1 ; 1 Chron. xii. 40) est originaire du Caucase, et des pentes de cette montagne, elle doit s’être répandue avec la migration de la race aryenne, dans toutes les contrées sèches et sereines de la mer Méditerranée, les contrées où fleurissent l’Amandier et le Figuier, le Cyprès et le Grenadier.
u Où croissent les pâles citrons ; où brillent les fruits d’or sous leur feuillage sombre ; où la brise qui souffle du ciel azuré a l’haleine plus douce ; où le Laurier a l’allure tranquille ; où le myrte pousse droit et fier.”
Le Soma, Sarcostigma brevistigma, le célèbre Sorti des Védas, et le hom du Zendavesta, est originaire du Punjab et de la passe de Bolan, de Candeish, et des Ghats des Indes Occidentales, et si l’on en juge par les rites sacrés et les réjouissances qui accompagnaient la fête du boire à l’époque des Vêdas, et qui sont encore célébrés aujourd’hui parmi les Brahmines des Indes, c*est évidemment le premier breuvage enivrant découvert par la race Aryenne. Le schisme qui divisa les Aryens de l’Inde et ceux de la Perse fut le résultat d’une discussion sur l’usage du Soma dans le service religieux, particulièrement dans la cérémonie qui symbolisait l’enivrement des Dieux, à laquelle les Persans résistèrent résolument. Dans les montagnes du Caucase Occidental, l'usage du Soma fit graduellement place à celui du vin, fait qui ferait très-bien croire à l’origine Indienne de Bacchus, ainsi qu’aux rites des Bacchanales de l’ancienne Grèce. Il y a dans le Rig Veda, ix., un vers qui célèbre les vertus du Soma, et qui est un les plus beaux élans d’enthousiasme bachique qui j’aie jamais rencontré parmi les plus enthousiastes des poètes qui aient chanté le vin : — “ Le Soma purifiant, roulant, comme la mer, ses flots au “ travers de mon cœur, en a fait sortir les chants, les hymnes et “ les actions de grâce.”
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