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LES ROUTES DU COMMERCE INDIEN

Les Routes de Caravanes .

Dès les premiers temps le commerce entre l’Orient et l’Occident se fît par caravanes, et longtemps encore après qu’on eut commencé à se servir des routes maritimes de la Mer Rouge et du Golfe Persique, le commerce par terre continua à l’emporter sur les transports par mer. Les plus anciennes de ces routes de caravanes furent celles qui reliaient l’Egypte, l’Arabie, et l’Assyrie et les premières mentions qui en soient faites se trouvent dans la Bible. Nous lisons dans la Genèse, ii. 11, 12, à propos de la terre de Havilak qu’on y trouvait l’or, le bdellium et la pierre d’onyx. Havilah est situé dans l’Arabie Heureuse, au Nord d’Ophir, et ce passage indique simplement la route par laquelle l’Egypte recevait le bdellium ou Musc de l’Inde, au temps de Moïse. Ce passage du Psalmiste, xlv. 8, “ Tous tes vêtements exhalent l’odeur de la 66 myrrhe, de l’aloès, et de la cassia, hors de leurs palais d’ivoire, “ d’où la joie qu’ils t’ont procuré,” fait allusion, d’après la supposition générale, aux tablettes et à l’albâtre, ou aux flacons dans lesquels on renfermait les parfums dans l’antiquité. Mais on peut également traduire ce passage par les mots, “ Hors des palais d’ivoire des Minæns,” peuples de l’Arabie Heureuse, qui, à l’instar de leurs voisins, les Sabœns et les Gerrhœns du Golfe Persique, étaient les principaux intermédiaires du Commerce Indien, et qu’on vantait dans l’antiquité pour leur faste et leur opulence fabuleuse. Nous lisons dans la Genève (xxxvii. 25) que les fils d’Israël s’assirent à Dothan, pour manger du pain, et “ qu’ils relevèrent les yeux, et regardèrent, et virent une troupe “ d’Ismaélites qui venait de Gilead avec ses chameaux portant “ des épices (Gomme Tragacanthe) et du Baume (produit par le “ Balsamodendron Opobalsamum et Gileadense), et qu’ils s’en €t allaient en Egypte,” et “ Comme des marchands Madianites <c passaient près de là,” ils vendirent leur frère Joseph aux 66 Ismaélites,” voyageant probablement par la route des caravanes qui, traversant Chanaan, Edom, et Madian, allait de Chaldée en Égypte, route par laquelle Israël envoya par la suite ses fils en Égypte, avec des présents consistant en baume, en miel, en épices, myrrhe, noix et amandes, pour offrir à “ l’homme,” leur frère qui était maintenant le Gouverneur du pays. En beaucoup de pages de l’Écriture Sainte, on rencontre de magnifiques et sublimes images tiré de ce commerce comme, par exemple, dans Isaiah, lxiii. 1, “ Quel est celui qui vient d’Edom avec des " vêtements teints de Bozrah ?” Et dans le Cantique de Salomon, iii. 6, “ Quel est celui qui arrive du désert, comme une colonne “ de fumée, parfumé de myrrhe et d’encens ?” “ Ils ont tous

“ la main sur l’épée en hommes de guerre expérimentés : chacun “ a la main sur la cuisse, prêt à tirer l’épée, car ils craignent “ les surprises de la nuit.” Ces passages ne peignent-ils pas d’une manière saisissante une caravane se rendant, de nos jours, à La Mecque, et les dangers qui l’assiègent avec ses riches marchandises de la Chine, de l’Inde et de la Perse ?

l’exposition universelle de 1878.

Ainsi que nous l’apprennent les récits de guerre de Moïse et de Gédéon avec les Madianites, c’était un peuple riche que cette nation Arabe, vivant moitié de rapines et d’incursions sur les territoires voisins, et moitié conduisant ses caravanes de commerce à travers les déserts qui les séparaient des puissants Etats de l’Égypte et de la Chaldée.

De temps immémorial le commerce exista entre l’Inde et les nations de la Méditerranée ; et des trois principales routes suivies à différentes époques, celle qui passe par Herman, Gerrha, et Hetia fut probablement la plus ancienne de toutes. C’est la route entre l’Inde et l’Europe où l’espace par mer est le plus court à franchir, et d’Herman on peut apercevoir la côte de l’Arabie parde là le détroit d’Orundy. Les produits de l’Inde arrivaient à Herman et Orundy et de là étaient transportés à Gerrha, en traversant le Golfe Persique; Gerrha était l’entrepôt des pêcheries de perles, qui existent encore maintenant dans les îles Bahrein, (les anciennes Tylos et Aradus) qui, avec Maskate, furent le séjour primitif de cette population de marins arabes dans la suite établis en Phénicie et qui émigra de port en port le long des côtes est et sud de la Méditerranée, de Tyr et Sidon jusqu’à la côte de Mauritanie. Les routes de caravanes Indiennes s’étendaient à travers la péninsule, de Masalia, maintenant Mazulipatam par Tagara, maintenant Derolutobad (Deoghir) et Barygaza, maintenant Broach, jusqu’à Pattala, maintenant Talta, sur l’Indus. Pallata était en communication avec le grand port de Barbarike, à l’embouchure de l’Indus, et avec Taxila, dans le Punjab, la Takhasasila des Hindous. C’est cette ville qui est évidemment représentée par les vastes ruines qui entourent la moderne Manikyala. C’est près de cet endroit qu’Alexandre traversa l’Indus. Ce fut une place de grande importance comme point de convergence de toutes les routes de caravanes partant des Indes et conduisant aux Indes, car la route de Pallata était rejointe en cet endroit par une autre partant de Palibothra, la moderne Patna, et qui est la continuation d’une ligne partant de la Chine et traversant l’Himalaya. C’est aussi à cet endroit que les différentes lignes partant du pays des Seres ou Chinois, à travers la vallée de Cachemire, et de la Sarmatie, maintenant la Russie, de la Médie et de la Mésopotamie, à travers les passes de Baurian et de Kyber, pénétraient dans l’Inde. Il existait une autre route partant de la Carmanie, et traversant la passe de Bolan, qui rejoignait la route reliant Taxila et Pallata. En outre, Barbarike, Barygaza, Musiris et Masalia devinrent de grands ports d’exportation, lorsqu’une fois les routes maritimes furent ouvertes au commerce de l’Inde.

Le trafic par caravanes que les négociants Arabes de Gerrha et de Sabée réunissaient à Petra était transporté en Égypte et à Chanaan par les Édomites, ou Iduméens et les Nabatéens, comme on les appelle plus tard, et les Arabes de la Phénicie le distribuaient tout le loug des côtes nord et Est de la Méditerranée. Leurs principales villes, telles que Sidon, Tyr, et Tarse grandirent rapidement. Sidon et Tarse doivent avoir été les premières connues. Homère ne fait jamais mention de Tyr, tandis qu’il fait des allusions constantes aux ouvrages en métaux, à la bijouterie,

autres œuvres d’art de la ville de Sidon, et qu’il en fait des descriptions. (Iliade ;6, 290, 91 ; XXIII., 743 ; Odyssée IV., 84 ; 618 ; XIII., 285 ; XV., 118, 425.) Dans le xvième livre de l’Odyssée, il donne une exacte description, d’une valeur inappréciable, des premières entrevues des fermiers grecs avec les marchands phéniciens sur les côtes et parmi les îles de l’ancienne Grèce et parle de la manière dont les Phéniciens dirigeaient à l’origine leur commerce dans la mer Egée.

“ Chargé, paraît-il, de menus objets de toute sorte, un navire de Sidon, mouillait dans notre port ; en ce temps, le hasard voulut que le palais logeât dans ses murs une femme de leur pays, très-versée dans les objets de luxe *********

Pendant une année ils trafiquent, et pendant une année, ils chargent leurs marchandises. Quand elles sont au complet, prêts maintenant à lever l’ancre, ils ont envoyé un espion pour transmettre leurs offres.”

“ Un artiste vint au palais de mon père avec des chaines d’or et d’ambre, artistement travaillées, les anneaux étincelants occupent le regard de toutes les femmes ; elles retournent, passent en revue et marchandent chaque objet. Il saisit l’occasion, et comme elles se tenaient attentives, il lui fit un signe et regagna son navire. Elle le suit immédiatement, et prend mon bras complaisant ; je suivis en souriant, sans penser à mal ” “ Alors

nous arrivons à ce moment, prêt à partir, et se balançant sur les flots, le navire lève l’ancre ; ils nous enlèvent à bord, montent sur le pont, et frappent de leurs rames en cadence la limpide surface des eaux.”

Les Phéniciens de Tarse trouvaient le bois en abondance au Mont Taurus, et la perfection de leurs navires leur donna pendant longtemps une supériorité devenue proverbiale dans la navigation sur la Méditerranée. Telle semble être l’explication pure et simple des expressions “ navires de Tarse,” et 44 la flotte de Tarse,” qui se rencontrent si souvent dans la Bible, et qui embarrassent encore tant de personnes, qui supposent que c’étaient des navires faisant le commerce avec Tarshish en Espagne. La peinture que fait Milton d’un navire de Tarse, peut faire avec raison pendant à celle que décrit Homère lorsqu’il parle d’un navire de Sidon : —

“ Un majestueux navire de Tarse, en partance pour les îles de Javan ou Gadir, met à la voile ; il est dans sa splendeur,' toutes voiles dehors, et chargé ; son pavillon flottant ; il est précédé d’une odeur d’ambre à l’odorant parfum.”

La description que fait Homère des premières tentatives de négoce faites par les Grecs dans la Méditerranée, prouve encore combien le commerce à ses débuts, différait peu de la piraterie. Ce n’est que très-lentement en somme, que les hommes ont appris qu’il y a plus d’avantage à obtenir par des moyens pacifiques ce qu’ils désirent, plutôt que par la violence, la fraude et la guerre ; et il leur faut plus de temps encore pour apprendre tout le prix de la loyauté en fait de commerce. Au Livre xvii. de l’Odysée, Homère nous décrit les Grecs, qui n’étaient pas encore civilisés, comme les habitants de Sidon, et nous les montre courant jusqu’aux bouches du Nil, débarquant, ravageant les villages et les villes du Delta qui se trouvaient à leur portée, et faisant une retraite rapide vers leurs bateaux une fois chargés de leur butin.

“ Près des flots argentés du fleuve égyptien nous amarrons nos navires ; nos espions gagés courent droit à la côte qu’ils explorent ; mais, impuissants à se maîtriser, sans frein à leur volonté, ils ravagent le pays, et tuent les habitants ; les clameurs se répandent et courent jusque dans la ville. Chevaux

et infanterie s’ébranlent confondus dans le tumulte Les

foudres de Jupiter se détournent, et nous prenons la fuite.”

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C’est ainsi que débutèrent les Grecs, comme après eux les Arabes, en pillards là où ils pouvaient piller, et trafiquant là où ils ne pouvaient piller, jusqu’au moment où, de pirates vagabonds, ils devinrent peu à peu riches marchands, et citoyens patriotes animés de l’esprit public ; jusqu’au moment où Athènes devint la mère des arts et de l’éloquence. Quatre Cents ans après Homère, Milet la Reine des villes de l’Ionie, était devenue la rivale de Tyr, et avec ses colonies de Cyzique et Sinope, Tanaei, Olbia et Milelopotis, la moderne Cheiron, elle monopolisait le commerce de l’Asie par l’Asie Mineure et la mer Noire. Bien que Milet ait été détruite à l’époque où fut étouffée la révolte de l’Ionie, elle reconquit rapidement une partie considérable de son ancienne importance, jusqu’au moment où les conquêtes d’Alexandre le Grand et la fondation d’Alexandrie ruinèrent pour jamais son commerce.

Les Routes du Golfe Persique .

La première allusion faite au trafic par la voie du Golfe persique se rencontre dans la Bible (2 Chron. viii. 4), où il est écrit que Salomon bâtit “ Tadmor dans le désert et toutes les villes “ d’entrepôt qu’il construisit dans Hamath,” espérant par là détourner vers Jérusalem une partie du trafic s’effectuant par le Golfe persique. Ce fut grâce à ce commerce que Ninive et Babylon, Seleucia, Ctesiphon, Al Modayn, Bassorah et Bagdad, prédominèrent successivement dans la vallée du Tigre et de l’Euphrate, et ce fut ce commerce qui .fut le principal élément de la puissance de Tyr, lorsqu’elle fut parvenue à l’apogée de sa grandeur et de sa renommée. Des villes du Tigre et de l’Euphrate les produits de la Chine, des Indes, de la Perse et de l’Arabie étaient transportés par Tadmor dans le pays de Chanaan, et dans l’Idumée et l’Egypte, par les villes de Hamath et Damas. Cette ligne desservait aussi Tyr et Sidon auxquelles aboutissait encore une route plus septentrionale, par Ernesa, Héliopolis ou Balbek. Une autre ligne conduisait au nord-ouest près de Chalcis Beræa, par la vallée de l’Orontes, jusqu’à Haleb ou Alep, Antioche et Séleucie ou Latakia, puis traversant le mont Taurus se continuait à travers l’Asie Mineure jusqu’aux villes de la Côte d’Ionie qui communiquaient aussi avec l’Assyrie, par une route plus à l’est qui se ralliait à celle conduisant entre la mer Noire et la mer Caspienne, en franchissant le Caucase pour entrer en Sarmatie, route toute-à-fait distincte de celle qui conduisait de la Sarmatie, au delà de la mer d’Aral, jusqu’à Bactres et se prolongeait jusque dans l’Inde. Le commerce de Tyr est décrit pas Ezekiel (xxvii.) avec la plus grande fidélité, et nous ne possédons pas de documents plus complets sur le commerce du monde des Anciens, environ l’an 600- avant J.C. Il représente Tyr se réjouissant contre Jérusalem : — “ La voilà brisée, cette ville, le rempart des nations, “ qui s’est tournée contre moi ; mes murs se repeupleront, mainte- “ nant qu’elle n’est plus qu’une ruine.” u Donc, dit Ezekiel, ainsi “ parla le Seigneur Dieu ; regardez, je suis contre toi, ô Tyr, et “ j’ordonnerai à toutes les nations de se lever contre toi, comme la “ mer fait soulever les vagues, et elles détruiront les murailles de “ Tyr, et elles renverseront ses tours, et j’en enlèverai la poudre,

“ et la rendrai semblable à la cime d’un roc. Ce ne sera plus “ qu’un point d’où le pêcheur lancera ses filets dans l’immensité “ de la mer puis, dans le chapitre suivant, le prophète continue à décrire le commerce de Tyr, description qui rappelle à la mémoire une promenade sur la Cannebière par une brise de mer, et et au milieu de l’animation des - chargements dans le vieux port de Marseille. Au milieu des autres produits d’importation on énumère l’ivoire, l’ébène, les émeraudes, la pourpre, les ouvrages brodés, les belles toiles, le corail, l’agatlie, le fer brillant, la casse, le roseau, les étoffes précieuses pour chariots, les pierres précieuses et l’or, provenant de Haran, de Canneh, et Eden (Aden) ; les marchands de Sheba, Asshur et Chilmad la fournissaient “en “ toutes sortes de choses, en draps bleus,” et “ ouvrages brodés, en “ coffres pour riches vêtements, liés avec des cordes, et faits de “ cèdre.” C’est tout-à-fait le commerce de l’Inde, et on le voit plus clairement encore dans la traduction littérale du chapitre faite par Michalis. Le commerce do Babylone, tel qu’il est décrit dans les Révélations, ch. xviii., environ 100 après J.C., est encore le même : l’or et l’argent, les pierres précieuses, les perles, la toile fine, la pourpre, la soie, l’écarlate, et toutes sortes de vases d’ivoire, et toutes sortes de vases faits du bois le plus précieux et de cuivre, et du fer, du marbre, de la cannelle, des parfums, des onguents, de l’encens, du vin, de l’huile, de la fine farine, du blé, des bestiaux, des moutons, des chevaux, des chariots et des esclaves.

Après la destruction de Tyr et de Jérusalem par Nabuchodonosor, et la conquête de l’Egypte par Cambyse, Babylone monopolisa le commerce de l’Inde ; mais lorsque l’empire d’Assyrie fut renversé par Cyrus, la puissance commerciale revint à Tyr, et la ville de Tyr renaquit à la grandeur, jusqu’au moment où, pour la seconde fois, elle fut détruite par Alexandre. Par suite des encouragements donnés par les Séleucides au commerce par la vallée de l’Euphrate, et même par les Parthes et les Sassanides, et des encouragements donnés par les Ptolémées au commerce par la mer Rouge, Tyr redevint ce qu’elle était, jusqu’à l’époque où, pour la troisième fois, elle fut détruite par les Croisés, 1124 après J.C. Babylone fut remplacée par Séleucie sous les Séleucides, par Ctesiphon sous les Parthes, et par Al-Modayn, suivant le nom donné maintenant sous les Sassanides aux deux cités jumelles. Le récit fait par Abulfeda du sac d* Al-Modayn par les Sarrasins, ne fait que reproduire l’exposé fait par les Révélations, des marchandises de Babylone, la pourpre, les vêtements royaux, les habits brodés, les meubles somptueux, les tentures, les tapis, la soie, les pierres précieuses, l’or, l’argent, le camphre, l’encens, et les épices. Bancrab, fondée par le Calife Omar, l’an 635 après J.C., et Bagdad, sous les Sarrasins, rivalisaient presque de réputation avec Babylone et Ninive. À la chute des Kalifes, ces villes furent plusieurs fois prises et reprises par les Turcs et les Perses, et tombèrent graduellement en décadence ; lorsqu’enfin, les Portugais occupèrent Ormuz (1508), le commerce par le Golfe persique fut finalement réduit à néant. Mais par cette route, l’Asie avait été en communication avec l’Europe pendant plus de 3,000 ans, et par les colonies grecques sur la côte d’Ionie et les colonies de

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Milet dans la Mer Noire, leurs communications par le Golfe persique étaient bien plus étroites et plus continues que par la Mer Rouge. Depuis l’époque des invasions persanes en Grèce et des conquêtes d’Alexandre jusqu’aux premières attaques des Sarrasins contre l’Empire d’Orient, les relations entre la Grèce et l’Inde par l’Égypte, la Syrie et la Mésopotamie et l’Asie Mineure et par Byazid à travers la Perse furent des plus intimes et des plus familières. C’est un fait qui ne se comprend pas aussi bien en Europe, qu’il est compris aux Indes. D’Europe, l’Inde paraît, il est vrai, fort éloignée ; mais l’Europe paraît beaucoup plus près, quand on est aux Indes, en ce qu’elle est par le fait la première péninsule au-delà de l’Arabie ; la vallée de la Mésopotamie, à travers le détroit d’Ormuz, est aux portes mêmes de l’Inde, et l’on sait qu’au point de vue commercial, politique et esthétique, le Tigre et l’Euphrate coulent dans le Port de Bombay et les autres ports de l’Inde Occidentale. On ne pourra jamais bien comprendre l’Inde et ses arts si l’on néglige de voir l’évidence de ces faits physiques et historiques restés dans l’obscurité par suite de la découverte de la route du Cap par les Portugais, et le fait d’avoir abandonné la route de la vallée du Tigre et de l’Euphrate à cause de la domination arriérée de la Turquie.

La Route par la Mer Rouge .

La première mention qui soit faite de la route par la Mer Rouge se trouve dans la Bible (1 Rois, ix. 26) : “ Et Salomon réunit “ une flotte de navires à Eziongeber, qui est près d’Eloth, sur les “ bords de la Mer Rouge, dans la terre d’Idumée ; et Hiram envoya “ dans la flotte ses serviteurs marins qui connaissaient la mer, avec 66 les serviteurs de Salomon ; et ils vinrent à Ophir, et en rappor- “ tèrent de l’or;” et dans le livre des Rois, x. 11, 12 : — “ Et la “ flotte d’Hiram aussi, qui rapportait de l’or d’Ophir, rapporta “ encore d’Ophir de grands plants de l’arbre ‘ almug ’ et des “ pierres précieuses.” Une fois en trois ans, la flotte de Tarse arriva (comme nous dirions “ les hommes de l’Inde ”), apportant de l’or et de l’argent, de l’ivoire, des singes et des paons. Dans la 2ème Chronique, ii. 8, viii. 17, 18, et ix. 10, 11, 22. nous trouvons également les traces de ce commerce. Les navires de Salomon et de Hiram ne*faisaient pas voile directement pour l’Inde et c’était plus de 1,000 ans avant que les Arabes n’aient appris pour la première fois à se lancer à travers l’Océan indien, directement par les moussons qui se rencontrent entre l’Inde et l’Arabie.

Salomon et Hiram étaient presque contemporains d’Homère, et nous avons vu par Homère que le commerce des Phéniciens dans la Méditerranée était à cette époque un commerce de cabotage, et la manière dont ils passaient une année au même endroit, trafiquant et effectuant leurs chargements. Il fallait une année aux navires de Salomon pour arriver à Ophir, qui est situé au sud de Havilah, et par le fait, près d’Aden, puis ils employaient une année à trafiquer et à charger sur place les bois d’almug, les singes et les paons de l’Inde ; l’ivoire d’Afrique, et l’or, “l’or d’Ophir ” et de “ Havilah,” de la Nubie, qui tire son nom de noub ,

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or, la “ Terre de l’Or,” qu’entoure la Rivière Gihon, ou Nil. L’or de l’Inde était sans nul doute compris dans l’or d’Ophir, c’est-àdire, transmis par les marchands d’Ophir, et même dans “ l’or de Havilah car il était célèbre dès les temps les plus reculés, et de son nom Sanscrit sona viennent les mots allemand et anglais de su?i, le soleil. Dans l’Inde, la lune se nomme chand , et l’argent chandi ; et chez nous, le nitrate d’argent s’appelle “ lunar caustic.”

En établissant un port à Eziongeber, Salomon avait pour objet de partager avec Elath (Elana) et Edom (Petra) les profits du commerce indien ; et au moyen de son alliance avec Hiram, il partageait également les profits du transit de ses marchandises à travers les tribus de Jucla et d’Israël : ces marchandises étaient généralement chargées à Rhinocolura pour Tyr. Rhinocolura était la ville frontière située à l’embouchure de la rivière el Arish , 66 la rivière d’Egypte,” qui marquait la terre de Chanaan. Ces arrangements pourtant, ne survécurent pas à Salomon, mais la rivalité de Jérusalem et d’Edom ou “ Mont Seir ” continue à s’exprimer dans la Bible d’une manière- frappante pendant toute la période de développement, du temps des prophètes, chez les Hébreux, comme dans Isaiah xxxiv. 5, 6 : “ Car mon épée sera ci tirée dans le ciel, regarde, elle s’abaissera sur l’Idumée.

“ Car le Seigneur a un sacrifice dans Bozrah, et un

“ grand massacre dans la terre d’Idumée.” Jérémie dit encore, xlix. 12-22, “ Bozrah deviendra une désolation, un opprobre, un

“ désert et une malédiction Ton caractère terrible t’a

“ trompée ; tu t’es déçue dans l’orgueil de ton cœur, ô toi qui “ habites dans les fentes des rochers, toi qui occupes les hauteurs “ de la colline ; tu as bâti ton nid aussi haut que l’aigle, mais je “ te précipiterai de cette hauteur, dit le Seigneur. Edom sera “ aussi une désolation : quiconque s’y rendra sera saisi d’étonne-

“ ment et maudira toutes les plaies qui l’accableront La

“ terre s’émeut au bruit de leur chute, et le cri en a été entendu “ jusque dans la mer Rouge.” Et, dans Ezekiel, xxiv. 13, 14, et xxxv. 15, “ Comme tu t’es réjouie de recueillir l’héritage de la “ maison d’Israël, parcequ’elle était désolée, ainsi je me réjouirai “ contre toi : tu seras désolée, ô montagne de Seir, avec toute “ l’Idumée ;” et Amos i. 10-12, “J’enverrai la flamme sur les

“ murailles de Tyr, et l’incendie dévorera ses palais Je

“ ferai descendre sur Témar le feu qui dévorera les palais de “ Bozrah.” Ramsès-Sésostris qui creusa le canal entre Memphis, Bubastis et la Mer Rouge, envoya également une expédition contre les Iduméens, dont les écrivains classiques supposaient que le pays, appelé dans les temps anciens Nabatœa, était la source de toutes les denrées précieuses de l’Inde et de l’Orient, source que les écrivains de l’Ancien Testament supposaient être Ophir. Ce canal fut creusé pour détourner exclusivement vers l’Egypte le commerce de la Mer Rouge. Néchao qui envoya des Phéniciens faire un voyage de circumnavigation autour de l’Afrique, commença à rouvrir ce canal, et 70 ans plus tard, Darius, fils d’Hystaspe, qui fit partir l’expédition de Scylax, de l’Indus pour la Mer Rouge, essaya de terminer l’œuvre de Nechao, mais il se vit forcé de l’abandonner. Ptolémée Philadelphe rouvrit ce canal sur une longueur de 37

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milles depuis Rubastis jusqu’aux Lacs Amers, mais là s’arrêtèrent les travaux, à plusieurs pieds au-dessous de la Mer Rouge et si ces travaux avaient été continués, le Delta du Nil aurait été inondé, d’eau salée. Les Arabes eux-mêmes préférèrent toujours débarquer leurs marchandises indiennes pour l’Egypte, aussi loin que possible au sud sur la côte d’Afrique, afin d’éviter les grands vents alisés qui soufflent de la Mer Rouge pendant neuf mois de l’année, et contre lesquels de petits bateaux ne pouvent lutter sans accident. À une époque plus ancienne encore, ils débarquaient sur la côte à Cosseir, et de là transportaient leurs marchandises à Thébes, réputée la plus vieille cité du monde, dont la renommée de splendeur comme capitale de l’Egypte, et siège principal du culte d’Ammon, 64 grande cité de Jupiter” (Zeus) “ Deospolis Magna,” était déjà parvenue chez les Grecs au temps d’Homère. Ptolémée Philadelphe construisit le nouveau port de Bérénice Troglodytique (qui donna son nom à une espèce de vernis) à 200 milles au sud de Cosseir, et de là, les ballots de produits indiens étaient transportés, au-delà des monts Smaragdus, d’où le Smaragdus , ou émeraude a tiré son nom, jusqu’à Coptus, sur le Nil, à 20 milles au-dessous de Thèbes. Par une autre route, on les transportait à Myos Hormos (“ Port de la Moule ” ainsi nommé à cause des de moules de perles qu’on y rencontrait), -à l’embouchure du Golfe de Suez, et on les amenait à Arsinoe sur le Nil, entre les monts Alabastrites et Porphy rites, qui donnent leurs noms à l’albâtre et au porphyre, enfin, par une troisième route, on les envoyait par Arsinoe ou Cleopatra (bâtie aussi par Philadelphe), la Suez Moderne, à l’entrée du Golfe de Suez, à travers le désert, jusqu’à une station sur le Nil au nord de Memphis, qui devint par la suite le Grand Caire. Ptolémée Philadelphe éleva aussi la tour à feu ou phare de l’île de Pharos, et désireux de donner de l’extension au commerce de l’Egypte, et stimulé par le voyage de Néarque, des bouches de l’Indus à l’entrée du Golfe Persique, il envoya Dionysius, à travers la Perse, dans les Indes, où il arriva peu de temps après que Mégasthènes envoyée par Séleucus, y était arrivé. Ce dernier écrivit sur ce pays le rapport déjà mentionné. Carthage avait grandi en commerçant avec l’Egypte, et pendant qu’elle soutenait une lutte de 100 années (264-146 avant J.C.) avec Rome pour l’empire du monde, Rhodes grandissait à son tour. Ce fut pendant cette période, et par suite de la confusion qu’amenèrent sur la route du Golfe Persique, les querelles des successeurs d’Alexandre en Syrie, que l’Egypte eut pour un moment le monopole du commerce avec l’Inde, et atteignit l’apogée de sa prospérité commerciale sous les Ptolémées. Mais le commerce était toujours un commerce de cabotage, comme nous pouvons en inférer d’après le récit que fait Virgile des courses errantes d’Enée, avant d’atteindre le Latium, et nous en avons une démonstration plus évidente encore dans le mémorable voyage de St. Paul à Rome (Actes xxvii. xxviii.) St. Paul avec ses compagnons de prison fut mis à Cæsarée, à bord d’un navire d’Adramytium, la Thèbes d’Homère, maintenant Adramyti, ville de la côte d’Ionie, importante autrefois par son commerce. Le

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jour suivant, ils touchèrent à Sidon, et lorsqu’ils eurent quitté cette ville, en faisant voile pour Chypre, et par suite des vents contraires, ils arrivèrent à Myra, ville de Lycie. Là, le centurion, trouvant un navire d’Alexandrie en partance pour l’Italie, y mit à bord St. Paul, et les autres prisonniers. Et lorsqu’ils eurent navigué avec lenteur pendant plusieurs jours, les vents ne leur permettant pas d’entrer àCnide, entre Cos et Rhodes, courant sous le vent en vue de l’île de Crète, ils arrivèrent avec difficulté au port appelé “le beau havre,” à quelques milles à l’ouest de Lasea, ville dont les ruines ont été découvertes en 1856. Mais, “ comme ce port ne convenait pas pour hiverner,” ils “ larguèrent les voiles,” et se rendirent à Phénice, située encore plus à l’ouest sur la côte méridionale de la Crète ; puis tandis qu’ils couraient des bordées, passé la petite île de Clauda, ils furent, surpris par l’Euroclydon, vent nord-d’est de tempête, et après avoir été ballotés et poussés vers “ Adria” pendant quinze jours, ils furent jetés sur l’île de Melita, maintenant Malte. Là St. Paul et ses compagnons furent transbordés sur un navire d’Alexandrie, “ qui avait hiverné dans l’île, ayant comme pavillon “ Castor et Pollux,” et qui se rendait en Italie. Au bout de trois mois, ils quittèrent Melita, et débarquant à Syracuse, ils y séjournèrent trois jours, de là firent voile pour Rhegium, et le jour suivant, pour Puteoli, dans le Golfe de Naples, le grand port de débarquement pour les passagers venant d’Afrique et d’Orient ; de là enfin, ils continuèrent leur route par le “ Forum d’Appius,” et les “ Très Tabernæ,” où leurs amis vinrent à leur rencontre, à Rome. Le “ Castor et Pollux,” après avoir débarqué à Puteoli tout ce qu’il avait de plus précieux comme fret, continua probablement son voyage à Rome, en faisant escale à tous les ports intermédiaires situés entre le Golfe de Naples et le Tibre, ayant à bord sa cargaison de blé d’Egypte et de marchandises à la pièce.

Nous avons aussi une preuve que le commerce de l’Egypte avec l’Inde s’effectuait encore de port en port, autour des côtes de l’Arabie, et de là le long de la côte de la Perse jusqu’à Barbarike, Barygaza et Musiris, dans l’étonnement causé à Alexandrie, sous le règne de Ptolémée Evergéte (145-116 avt. J.C.), par la découverte qu’on fit sur la côte égyptienne de la Mer Rouge d’un homme se trouvant tout seul dans un bateau, parlant une langue inconnue et que, par la suite, on découvrit être un Indien, dont le navire avait été brisé. Les dangers de cette navigation primitive sont attestés par le nom qu’on a donné à un promontoire en saillie situé sur le côte sud-est d’Arabie et qu’on nomme " Ras-el- Kabir- Hindi ” (le Cap de la Tombe des Indiens), ainsi qu’au détroit de Bab-el-Mandeb , la “ Porte des Larmes.” Ce réprouvé, quand on le reconduisit à Alexandrie, s’offrit à piloter, à son retour aux Indes, un navire égyptien par la route qu’il avait suivie lui-même : l’on choisit Eudoreus pour entreprendre ce voyage de découverte, et il revint sain et sauf en Egypte avec une cargaison d’épices et de pierres précieuses. Mais ce fut seulement sous le règne de l’Empereur Claude (41-55 ap. J.C.), lorsque l’Egypte eut été réduite en province Romaine,

l’exposition universelle de 1878. 41

que la route de la Mer Rouge aux Indes fut réellement connue, par suite de la découverte des Moussons, fait par Hippalus, environ l’an 47 ap. J.C. Après cette découverte, les marchands égyptiens prirent conme point de départ de leur ligne de bateaux pour l’Inde, les villes d’Arsinoe, Myos, Hormos et Bérénice : ils en fixèrent la date à l’époque des jours caniculaires, à la mi- Juillet environ, et en 30 jours à peu près, ils atteignaient Ocelis, près d’Aden, ou Kane, la moderne Moculla, d’où, confiants dans la mousson du sud-ouest, ils s’abandonnaient sans crainte dans les “ eaux noires ” de la mer Arabe (“ la mer Erythrée,”) et atteignaient 30 our 40 jours après, soit environ vers la mi-Septembre, la côte du Malabar, où les réjouissances du “Jour du Cocotier” ( Cocoa-nut Day ), proclament encore qu’une fois la mousson du sud-ouest terminée, la navigation de la mer d’Arabie est rouverte pour la marine indigène des Indes- Occidentales à destination de l’étranger.

Les navires égyptiens quittaient l’Inde à leur voyage de retour à la fin de Décembre, et étaient revenus à Bérénice avec les moussons nord-est, en 70 jours environ ; et d’Alexandrie à la côte du Malabar et réciproquement, les échanges entre les produits de l’Europe et de l’Asie s’effectuaient en moins d’une année. Ce fut par cette route que le commerce par la voie de la Mer Rouge s’achemina pendant près de 1,500 ans, jusqu’au moment où les Portugais, les Hollandais et les Anglais établirent leurs relations commerciales avec les Indes ; et telle était l’importance de ce commerce que Pline évalue à une somme représentant plus de 4,000,000 de livres sterling la valeur de l’or et de l’argent que l’Ëgypte envoyait chaque année aux Indes, tandis que l’Ëgypte recevait, en échange, des marchandises chinoises et indiennes dont la vente aux nations de la Méditerranée représentait 400,000,000 liv. st. 66 chaque année, le drainage effectué sur notre empire pour l’Inde “ n’est pas inférieur à cinq cent cinquante millions de sesterces, “ et elle donne en échange ses propres marchandises, qui se ven- “ dent chez nous, au bas mot, cent fois leur prix de revient.” (Pline, v. 26.)

Arrien, l’auteur du Périple de la mer Erythrée, a décrit ce trafic en détail. Je donnerai les exportations et les importations des principaux ports seulement, en suivant en général la traduction de Vincent.

Ports de l’Afrique.

A Adoolia — Massouah Bay.

Exportations .

Ivoire, et cornes de rhinocéros.

Importations.

Toiles non décaties des manufactures égyptiennes, pour le marché de Barbaree (mot qui tire son origine de Berbera sur la côte de Soumali.)

Vêtements tout faits, des manufactures d Arsinoé.

Marchandises à la pièce, teintes, imitant les étoffes de qualité supérieure.

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Linge.

Toiles rayées et frangées.

“ Verre, et vases de verre, imitant les vases de murrhine,” c’est-à-dire, les coupes d’agathe, de Cambay, et Broach.

Alliage d’Or, coupé en pièces, de manière à imiter la monnaie.

Cuivre, fer, hachettes, doloires, couteaux, dagues, bassins de cuivre, deniers Romains.

Vins de Laodicée et de lTtalie.

Huile en grande quantité.

Vaisselle d’or et d’argent, fabriquée suivant la mode du pays.

Vêtements, manteaux et couvertures.

Acier indien, cotonnades de l’Inde, unis, de la même sorte que ceux qu’on importe de Surat dans l’Abyssinie (Bruce iii. 62).

Coton pour rembourrer les couchettes et les matelas.

Ceintures très-demandées, comme elles le sont encore actuellement.

Draps de coton, de la couleur de la mauve, qui ne se fabriquent que dans l’Inde.

Mousselines de belle qualité, et gomme laque, produisant la laque.

La Mousseline et les Cotonnades de couleur mauve, ainsi que la gomme laque sont ici des produits indiens, de même que les marchandises spécifiées comme telles par Arrien ; par contre, il est intéressant d’observer que l’Egypte faisait concurrence par ses imitations de verres, et ses vêtements confectionnés, aux véritables produits manufacturés de l’Inde, absolument comme le font actuellement Manchester et Birmingham ; les Egyptiens en effet étaient habiles dans toutes ces fraudes qui consistaient à arranger ces produits manufacturés d’imitation, et nous voyons que, parmi les marchandises en pièces importées à Barbarike, Arrien signale u un fort assortiment de drap uni, et quelques importations de u produits manufacturés en fraude (produits bâtards, inférieurs,)” IfcaTKr/xoç dirXovç ÎKocyot;, ku) voôoç, ov n roXvç.

A Abaliter et Malao (Baie de Zeyla).

Exportations .

Aromates, ivoire, écailles de tortue, myrrhe, encens, cannelle, et casse, KdyKa^ov (“ Decamalli gomme,” de Bombay,) Ma/cep (et non Mace,) et esclaves.

Importations .

Cristal, A ioo-voXitikti opéa,!;, sorte de sauce, apparemment le suc du raisin, draps de Barbarie, blé, vin, étain ( Kcuro-hepot ;). Airain et cuivre, préparés pour imiter l’or.

Fer, et espèces monnayées, mais en petite quantité.

Ce fut en me basant sur cette liste d’exportations, que je recherchai les origines botaniques de l’encens du commerce dans le pays de Soumali, et grâces au concours zélé et désintéressé du Colonel Playfair, je les y ai trouvées.

l’exposition universelle de 1878.

À Mosullon, Berbera.

Exportations ,

Cannelle inférieure, aromates et gommes odorantes (cvBoia), écaille de tortue, encens (poKpoTov), myrrhe, Ivoire.

Imp or tâtions.

Verre, fer, vaisselle d’argent, etc., comme aux ports ci-dessus.

À Tabai, au sud du “ Promontoire des Aromates,” cap Guar-

dafui.

Importations .

Comme aux ports précédents.

Exportations .

Casse, cannelle, aromates, encens.

À Opone, au sud de Tabai.

Importations .

Blé, ghi de riz, huile de sésame, coton tissé et coton pour rembourrer, ceintures, sucre (^éx< r o KuXapov, ro Xeyo^evov 'ZaKxccpi).

Exportations .

Cannelle, aromates, écailles de tortues, et esclaves de race supérieure, et principalement pour le marché égyptien.

Toutes ces importations sont de l’Inde, et exactement les mêmes produits que ceux qu’on exporte dans les bateaux indigènes, de Bombay et Surat pour la côte Orientale d’Afrique, à l’époque actuelle.

À ïthapta, au nord de Zanzibar.

Importations .

Javelots de Moosa en Arabie, hachettes, haches, couteaux poinçons, verre.

Exportations .

Ivoire, cornes de rhinocéres, écailles de tortues, porcelaine

(yavTrXiOç ©Xryoç).

Ports de l’Arabie.

À Moosa, près Mocha.

Importations .

Vêtements de pourpre, vêtements tout faits “ suivant la mode Arabe,” safran, curcuma, Mousselines, couvre pieds, ceintures, espèces, vin et blé.

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Exportations .

Myrrhe de la plus belle qualité \a-fAvpva, e/cXe/crwoj], dp eiptuvaïa, (sorte de parfum, de Minæa ? G. B) Xvyio; (pierre d'aimant, c’est-à-dire, pierre de Lydie), “ ainsi que tous les articles qui sont importés d’Adooli, sur la côte opposée.” Arrien fait aussi mention de l’Adraganthe, KiwdPapi comme d’un produit de Dioscorida, Socotra ; on ne dit rien du café. Le mot abir dans l’Inde s’emploie comme le mot atar pour désigner un mélange de parfums ; et Yobir de Bombay est composé de bois de sandal, de fleurs d’oranger, d’eau de rose, de musc et de nard.

À Kane, Moculla.

Importations d Egypte .

Blé, Vin, draps du marché Arabe, draps en contrefaçon, par grandes quantités (déjà mentionnés dans l’article Adoolai), Cuivre, Etain, Corail, Storax. On y importe aussi de la vaisselle façonnée des “ espèces pour le Roi,” des chevaux, des Images Sculptées^ du linge de qualité supérieure.

Exportations .

Encens, Aloès (de Socotra). Ce fut là que Carter trouva la plante Arabe l’Encens, que je nommai, d’après lui, Boswellia Carterii.

Inde.

À Omana, dans le Sedeosia (Beloutchistan).

Importations .

Cuivre, blocs carrés de bois de Sandal, Cornes, Ebène en pièces de forme ronde, $a\dyyœv ^/ja-a^ïv uv (Bois noir de Bombay ? en pièces de refend).

Exportations .

Perles, mais inférieures à celles de l’Arabie, Pourpre de Barygaxa, drap indigène, vin, Dattes en grande quantité, Or, Esclaves.

Barbarike* aux bouches de l’Indus, correspondant à la ville moderne de Kurrachee.

Importations .

Confections, très-belles Cotonnades, Topazes, Corail, Storax, Encens, vases de verre, vaisselle, espèces, vin.

Exportations .

Costus, Bdellium, Rusot ( Xvkiov ), nard, Emeraudes, saphirs^ Fourrures et Soieries de Chine, Indigo (’I vÜikov pe\av).

l’exposition universelle de 1878.

À Barugaza, Baroach.

Importations .

Vins d’Italie, de Laodicée et d’Arabie, Cuivre, Ëtain, plomb, Corail, Topazes, Storax, Lotus doux, verre blanc, Parfums, Stibiam, pour teindre les yeux, draps et ceintures.

Exportations.

Du haut pays, nard, Costus, JBdellium, Myrrhe, liusot, Ivoire, Onyx, Cotonnades de toute sorte, Coton de couleur mauve, soie à coudre, et Poivre long ; (du bas de la côte, Murrliine, c’est-àdire, Pierres de Cambay et vases d’agathe de Broach).

À Nelkunda, près Musirs (Mangalore).

Importations.

Espèces en grandes quantités, Topazes, belles toiles et toiles unies, Stibium ou Antimoine, Corail, verre, cuivre, Ëtain, plomb, vin, “ aussi avantageux ici qu’à Barugaza,” Cinabre, Arsenic, et Blé “ non pas pour la vente, mais pour l’usage des équipages de navires.” •

Exportations.

Poivre, “ l’entrepôt du pays pour cet article,” les meilleures Perles (importées de Ceylon), Ivoire, Soie (de la Chine), nard du Gange, Bétel, diamants, rubis, écailles de tortues de la Chersonèse d’Or et des îles Laquedives et Maldives, situées à la hauteur de Limurike (Malabar).

Arrien fait observer, “ qu’il y a affluence de fret pour ce port en Poivre et Bétel.”

A Masalia, Mazulipatam.

Ici il mentionne simplement qu’on y fabrique une grande quantité de mousseline de qualité extra-fine.

Plus de trois siècles s’étaient écoulés, et tandis que les barbares se ruaient en masses sur l’Empire d’Occident ; tandis que, plus tard encore, les Sarrasins s’établissaient, à Damas, au Caire, à Bagdad et à Cordoue, la ville de Constantinople devenait l’entrepôt du commerce de l’Orient, qui y arrivait non-seulement par l’Egypte et la Mésopotanie, mais encore de l’Asie Centrale et de l’Inde à travers la Perse, par Bayazid et Trébizonde, et à travers la Rassie, par Olbia et Cherson. Constantinople, par sa situation entre deux grands continents et deux mers intérieures, entre le Danube, le Nil et l’Euphrate, est l’entrepôt naturel du commerce de l’Europe et de hAsie, et commande absolument, entre les mains d’un gouvernement puissant, toutes les communications par terre entre l’Orient et l’Occident par l’Egypte, la Mésopotanie, le Danube et la Perse,

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prépondérance que sa position seule suffirait à lui assurer et si rémigration des barbares en Europe s’était effectuée d’une manière pacifique, et avait graduellement infusé un sang vigoureux dans les veines du vieux colosse de l’Empire Romain, ce dernier pourrait subsister encore de nos jours, renfermant dans ses limites toutes les nations Indo-Germaniques de l’Europe, et de l’Asie, réunies en une seule famille aryenne, donnant la loi au monde du haut des murs de Constantinople comme ville reine de l’Ancien Monde. Pendant un moment, la fortune de Constantinople parut être à la hauteur de sa situation unique. L’introduction des manufactures de soieries en Europe, et le rapide développement de la civilisation arabe des Sarrasins, donnèrent un stimulant énorme au commerce de la Méditerranée ; mais à mesure que la domination dévastatrice et dégradante des Turcs Ottomans se consolida dans toute l’étendue de l’Empire d’Orient, le commerce de l’Inde se trouva de nouveau plongé dans un désordre, qui se trouve actuellement être incurable.

Pendant les Croisades, les splendeurs du commerce indien avaient eu un nouvel éclat de courte durée, grâces aux Vénitiens.

“ Un moment, Venise eut en fief le fastueux Orient, et fut la sauvegarde de l’Occident ; Venise ne faillit pas, et fut digne de son origine, Venise, la fille aînée de la Liberté.”

Mais, enfin, le projet poursuivi avec persévérance du Prince Henri le Navigateur à de découvrir la route des Indes en faisant le tour de l’Afrique fut couronné de succès, et le commerce de l’Orient fut détourné des nations de la Méditerrauée pour, répandre ses richesses dans les villes du Portugal, des Pays-Bas, de l’Allemagne et de l’Angleterre. V ansleb nous a laissé une description d’Alexandrie en 1672-73, après l’établissement du commerce avec l’Inde par la route du Cap, alors que le commerce de la Méditerranée avait déjà commencé à décliner : — “ Le Commerce “ des Marchands français avec cette ville est, dit-il, le plus con- “ sidérable qu’ils aient dans toutes les parties de l’Orient: car il “ n’y a pas d’endroits en Turquie où il vienne tant de] navires “ français que dans ce Port. Du commencement de l’année “ 1672,jusqu’aumois de Juin, il n’est pas entré moins de dix-neuf É< navires Français, et dans le mois de Juin , j’en ai compté “ quatorze. C’est un chiffre considérable, mais qui n’est pas à “ comparer avec le nombre de bateaux qui ont visité ce port aux “ époques précédentes : car, Monsieur Lucasole , qui remplissait “ les fonctions de Chancelier de France , me dit qu’il se souvenait “ avoir vu en une année quatre-vingt-quatorze navires français u à Alexandrie .”

Puis il donne une liste des importations et des exportations d 9 Egypte.

Exportations d'Egypte .

Gommes . — Benjoin, Bdellium, Gomme Arabique, Adraganthe, Gomme laque, Turick, Myrrhe d’Ethiopie, Encens en larmes; Storax.

Sucs. — Aloès Cicotrin (Socotrine), Aloès Epatick, Opium, Indigo nommé Sérquis, Indigo de Bagdat, Indigo de Balluder,

l’exposition universelle de 1878. 47

Cassonade, sucres en gros pains, Sucres en petits pains, Sucre- Candi, Sucre- Soltani ; Sorbet.

Bois . — Bois de Sandal, Bois d’Atron, Bois de Turbit, Bois d’Ebène ; bois du Brésil ou brésillet.

Écorces . — Cannelle de Conchi, Cannelle de Malabari ; cannelle de Zeilani.

Fruits et Graines.-^- Casse, Coco du Levant, Coriandre, Café, Dattes, Myrobolans surnommés Balludri, Myrobolans surnommés Citrin, Muscades, Myrobolans Kebus. Noix pour vomir (Nuxvomica), Cardanomes, noix de Ben, un fruit des Indes ( Moringa pterygosperma , Saigut de Bombay), Tamarindes, Coloquinte, Poivre, Clous de girofle.

Herbes . — Lin ou Chanvre de Menuf, lin ou Chanvre de Squinanti, lin noir, lin ou Chanvre de Fium, Chanvre de Forfett, Chanvre d’Oleb des Byzantins (Chanvre Busse d’Olbia) ; Séné.

Fleurs . — Nard; Safran de Nambrosa ; Safran de Said ; Coton; Coton en Fil ; Coton en Branches.

Racines . — Hermodats ; Racines de Séné, ou Senna ; Gingembre ; Citrons ; Rhubarbe ; Salsepareille.

Dents . — Dents d’Eléphants.

Laine . — Laine lavée et en suint.

Plumes . — Plumes d’ Autruches ; plumes de la Queue ; plumes du dos, pointues ; plumes des Ailes.

Poissons et autres denrées maritimes . — Lézards verts ; Ecailles à perles ; Poisson salé.

Momies .

Sels . — Sels ammoniacaux [ainsi appelés du Temple de Jupiter Ammon, c’est-à-dire, Jupiter dans les Sables] ; Nitre [ainsi appelé de Nitria] ; Alun de roche.

Toiles.— Toiles Bleues ; Toiles Bleues d’Alexandrie, de Menuf ; Gros Bleu d’Inbab ; Bleu Clair du Caire, d’Alexandrie, et Col ; Toiles Peintes (ou Cotons ?) ; Battanones ; Magrabenes ; Mousselines ; Lézardé ; Cambrasine.

Étoffes . — Etoffes travaillées du Caire, de Damiette, d’Alexandrie ; Ceintures de Rosette (les Ceintures mentionnées par Arrien) ; Ceintures ordinaires ; Mouchoirs de belle qualité ; Mouchoirs ordinaires ; autres Mouchoirs ordinaires.

Vessies. —Musc.

Tapis. — Beaux tapis, 2 piastres ou 1^ piastre l’aune ; Tapis grossiers, ^ piastre l’aune.

Importations d’Europe.

Minéraux . — Agaric; Arsenic blanc ; Arsenic j aune ; Archifù ; orpin; Antimoine; Sublimé; Yif-argent ; Vitriol; Vermillon; Cinabre ; Salsepareille.

Fleurs et Herbes . — Nardum Celticum ; Nard Indien.

Fer , Acier , Cuivre, Plomb et Étain. — Fil de Cuivre ; Cuivre battu ; Fer blanc ou Etain ; Acier de Venise ; Plomb ; Etain.

Graines. — Cochenille ?

Papier.

Etoffes de Soie. — Satin de Florence.

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Vêtements . — De Londres; de Buciocke; du Saint Pont de Borne; façon de Hollande; Ecarlate; Chapeaux de Marseille ; autres Chapeaux ; Chapeaux de fabrication extra.

Coraux . — De Messine ; Taraille ; Coraux travaillés ; Tartre blanc ; Tartre rouge ; Alun de roche.

C’est presque le commerce indien d’aujourd’hui, et exactement le commerce que les Portugais, Hollandais, et Français ont trouvé aux Indes ; et comme ce trafic subsista jusqu’à l’extinction du monopole de la Compagnie Anglaise des Indes Orientales, il exposa les indigènes de l’Inde à la concurrence effrénée de Manchester et Birmingham.

l’exposition universelle de 1878.

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