‹ Exposition universelle de 1878Chapitre 33 sur 47 · SEIGLE · texte numérisé non relu

SEIGLE

Quantités importées (grains et farines). . . Quantités exportées (grains et farines). . . .

hectolitres.

hectolitres.

Excédent d’importation .

Excédent d’exportation . .

Soit en moyenne par année .

Production moyenne annuelle .

Consommation moyenne annuelle.

Dans rétablissement de la moyenne ci-dessus , l’année 1 quotités suivantes {a) :

Quantités importées (grains et farines). . . a 2,334,734 Quantités exportées (grains et farines).. . . 3 1 5,65 1

879 figure pour les

Excédent d’importation . . .

Production .

Consommation . . .

(0) L’Alsace et la Lorraine comptant dans les onze premières années, la moyenne de production et de consommation de la période est supérieure à la production et à la consomma-

ion de 1879.

LES FORCES PRODUCTIVES

rait peut-être, au risque de violer tous les principes, se résigner à fermer tes marchés français aux blés étrangers et à payer les biés français plus qu’ils ne valent; mais il n’en est rien; la France ne produit pas, année moyenne, autant de blé quelle en consomme. Elle est donc sous ce rapport, et à la vérité dans une assez faible mesure, tributaire des étrangers. En cas de disette, elle peut être exposée à payer très cher la rançon des droits qu’elle aurait fait peser, dans des temps meilleurs, sur les peuples nourriciers. Voici un inconvénient peut-être plus grave : élever le prix du blé, c’est frapper un impôt de capitation, puisqu’il est impossible de nier l’égalité des besoins, malgré l’inégalité des consommations. Il jouerait gros jeu le gouvernement qui ferait payer le pain 60 centimes quand il pourrait, s’il le voulait, le faire tomber à 55 en supprimant un article au tarif des douanes. La République ne peut pas mettre dans son programme le pain à bon marché, parce quelle est trop honnête pour promettre ce qu elle n’est pas sûre de pouvoir tenir; mais elle n’a ni le moyen, ni le pouvoir, ni le droit de mettre une surenchère sur le pain.

Sans aucun doute, la viande n’est pas d’une nécessité aussi impérieuse que le pain. Cependant il faut qu’elle entre dans l’alimentation en quantité suffisante pour entretenir la santé et le travail. Il y a en France des populations entières qui ne mangent presque jamais de viande. Avec un pareil régime, elles ne sont ni saines, ni robustes, ni heureuses. Si les progrès de l’agriculture en Amérique et les progrès généraux de la navigation permettent d’importer chez nous des quantités de viande vendues à bon marché, est-il juste, humain, politique, de s’opposer à une amélioration qui se traduit pour les masses en bien-être, en santé,

LES FORGES PRODUCTIVES

en richesse, parce quelle diminue les profits des agriculteurs ou les oblige à de plus grands sacrifices pour soutenir la lutte h)?

Les agriculteurs répondent à cela que les prix de vente des Américains étant inférieurs sur nos marchés à nos prix de revient, ne pas accorder de protection à l’agriculture française, c’est la condamner à travailler à perte; et, comme on ne s’obstine jamais à travailler à perte, c’est la condamner à périr. Quand nos champs seront transformés en déserts, il ne s’agira plus seulement de courir, comme aujourd’hui, le risque invraisemblable de subir la famine en cas de disette : il s’agira de dépendre d’autrui constamment, irrémédiablement. Ce n’est pas une situation que des hommes d’Etat, dignes de ce nom, puissent accepter. L’agriculture n’est pas une industrie de luxe : c’est une industrie de nécessité première. Nous tirons du blé d’Amérique; mais elle peut profiter de nos besoins pour surélever ses prix; ses ports peuvent nous être fermés; la mer peut ne pas être libre. De même, le transit des blés de Hongrie par l’Au-

IMPORTATION DES BOEUFS, DES PORCS ET DES VIANDES SALEES, EN 1878 ET 1879.

187 9 tb).

Bœufs .

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