NOMBRE D'ÉLÈVES
DÉPENSES
Saint-Bon (Haute-Marne).
i5,o5of
Les Merchines (Meuse) .
Saint-Remy (Haute-Saône) .
Total des dépenses . 42,i5o
Une quatrième école pratique a été fondée à la fin de 1879 dans le département de Meurthe-et-Moselle : l’école Mathieu de Dombasle.
L’ÉCOLE
gation et de drainage de Lézardeau (Finistère) forme plutôt des contremaîtres ou des conducteurs de travaux d’irrigation. La dépense est de 20,000 francs. H y a environ 20 élèves, et l’Etat y entretient une douzaine de stagiaires. L’Ecole d’horticulture de Versailles, installée en 1 8 7 4 dans l’ancien potager du roi, a une contenance de plus de 9 hectares. L’enseignement y dure trois ans; il comprend l’arboriculture fruitière, la culture potagère, la floriculture, la botanique, l’architecture des jardins, des notions élémentaires de sciences appliquées, de français et de comptabilité. Le crédit alloué, pour 1879, était de 90,700 francs. Enfin l’Ecole d’arboriculture et de jardinage, fondée à Bastia en 1878, a pour but d’étudier et de faire fructifier les ressources spéciales de la région; c’est une entreprise privée dans laquelle, comme pour les fermes-écoles, l’Etat intervient par une inspection et une subvention. La subvention est de 5,700 francs. Total des crédits pour les k écoles spéciales : 126,000 francs.
L’Etat subventionne aussi l’Institut agricole de Beauvais (5,ooo fr.), l’Institution agricole et industrielle de Lille (2,000 fr.) , l’Institut agricole d’Ecuily, Bhône (i5,ooo fr.), l’Ecole d’horticulture de Roanne (2,000 fr.), l’Ecole de fromagerie de Cuelhes, Cantal (3,ooo fr.), celle de Champreaux, Jura (1,000 fr.). Total: 28,000 francs.
Les écoles régionales, un certain nombre d’écoles pratiques et de fermes-écoles ont fait figurer à l’Exposition leurs programmes et quelques-uns de leurs produits. Mais le ministère de l’agriculture n’a pu faire connaître l’enseignement départemental et communal, qui n’a été législativement organisé qu’à partir du 16 juin 1880. Il existait, en 1878, un certain nombre de chaires départementales.
L’ÉCOLE
Fondées d’abord par les départements' et les villes, puis régularisées et subventionnées par les ministères de l’instruction publique et de l’agriculture, qui consacrèrent chacun à cette dépense une somme annuelle de 1 00,000 fr., elles étaient, à l’époque de l’Exposition, au nombre de Aid). La loi du 16 juin 1880 rend obligatoire, dans un délai de six ans, l’établissement dans chaque département d’une chaire d’agriculture. Le professeur recevra un traitement de 3,ooo francs, payé par moitié par le ministre de l’agriculture et le ministre de l’instruction publique; le conseil départemental sera tenu de fournir, pour les frais de tournée, une somme variant de 1,000 à i,5oo francs. L’enseignement comprendra un cours régulier fait à l’école normale du département et un certain nombre de conférences nomades. Après un délai de trois ans, l’enseignement agricole figurera comme matière obligatoire pour les examens de sortie des élèves d’écoles normales. Après le même délai, les conseils départementaux de l’instruction publique pourront rendre l’enseignement agricole obligatoire dans les écoles primaires.
Les chaires départementales peuvent produire d’excellents résultats; elles sont d’ailleurs, en tout cas, sans incon-
{1) Anciennes chaires : Bordeaux , 1887; Toulouse et Besançon, 1889; Rodez, 1 8 4 1 ; Quimper, 1 843 ; Rouen; départements de l’Oise, delà Somme, des Côtes-du-Nord, 1872: delà Corse, 1876. Chaires fondées en 1875, à la suite de la circulaire du 17 octobre 1874 : Yonne, Haute-Marne, Pyrénées- Orientales, Mayenne, Cher, Basses-Pyrénées, Maine, Vaucluse, Vienne, Seineet-Marne, Loiret, Haute-Vienne, Jura, Vendée, Côte-d’Or, Landes, Tarn-et- Garonne, Haute-Saône, Aube, Isère, Savoie, Deux-Sèvres, Hautes-Pyrénées, Nièvre, Loir-et-Cher, Sarthe, Ain, Vosges, Ariège, Loire, Tarn.
Aucune chaire nouvelle n’a été créée depuis la loi du 16 juin 1879, mais 11 concours pour des chaires nouvelles ont lieu en ce moment (octobre et novembre 1880).
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vénients. H n’en est pas absolument de même de l’intervention des instituteurs primaires dans l’enseignement agricole. La mesure est très bonne en elle-même; il y a des notions universellement admises parmi les savants et les cultivateurs instruits qu’il est nécessaire d’inculquer de bonne heure aux jeunes paysans. Rien n’est plus propre à les garantir de l’obéissance aveugle à la routine, qui n’est souvent que l’erreur passée en dogme. 11 faudra veiller avec soin à ce que cet enseignement se renferme dans l’incontestable; car si l’expérience du père était en désaccord avec la science ou la prétendue science du maître, l’autorité du maître et celle de la science pourraient y périr de compagnie.
Grâce à ces différentes créations, nous avons en France, dès à présent, 229 professeurs d’agriculture; 281, en y ajoutant les âi professeurs départementaux déjà existants et les 1 1 qui vont être institués à la suite des concours actuels. Il y en aura 317 quand toutes les prescriptions de la loi de 1879 seront remplies, et plus de 3 0,0 00 si l’on compte les instituteurs primaires. L’Institut agronomique peut être considéré comme l’école normale de cette université agricole; son conseil de perfectionnement, composé de savants et de praticiens illustres, peut être utilement consulté pour la direction des études dans les écoles régionales spéciales, fermes modèles, écoles normales d’instituteurs, écoles communales primaires. 11 importera d’entretenir, par un système d’avancement ou de récompense, un mouvement d’émulation qui suscite le zèle des maîtres, soit dans le sens des découvertes à faire, soit dans celui de la promulgation des découvertes déjà faites.
11 faut rapprocher de cet enseignement régulier de divers
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degrés celui des stations agronomiques qui est très précieux. Les stations agronomiques sont plutôt des laboratoires de recherches que des chaires, proprement dites; mais quelquesunes, dirigées par des hommes de premier ordre, ont fait faire des progrès sérieux à l’agriculture. Des cours de chimie agricole institués en i85o, i853, 1 8 5 5 et 1 8 5 6 , à Caen, Bordeaux, Rennes et Nancy, par des professeurs de la faculté des sciences de chacune de ces villes, ne sont pas assimilables aux stations agronomiques, parce qu’il leur manque l’élément principal, à savoir, un champ d’expériences. Les conférences nomades fondées en 1 8 5 2 par un professeur de Caen, M. Isidore Pierre, dans la Seine-Inférieure, et qu’il a peu à peu étendues à toute la France, et le cours de taille des arbres et d’arboriculture professé à Paris, au jardin du Luxembourg, par M. Dubreuil, y ressemblent davantage. C’est Lavoisier qui, dès 1780, installa dans un de ses domaines un laboratoire spécial avec champ d’expériences. M. Boussingault reprit cette idée, avec des ressources supérieures, en 1839. Il fonda à Bechelbronn (Haut-Rhin), sous le nom de ferme modèle , une exploitation abondamment pourvue de laboratoires et de champs d’expériences et d’essais. Sur ce modèle furent installées, en Angleterre, la ferme modèle de Rotham-Stead (18AÙ), en Allemagne, celle de Moeckern (1852), et successivement plusieurs autres en Autriche, Italie, Suède, Norwège. M. Georges Ville fonda à Vincennes, en 1860, une station agronomique où il expose avec un succès toujours croissant sa théorie des engrais chimiques appropriés à la nature de chaque plante. La station agronomique de Nancy remonte à 1868; mais le mouvement ne s’accentua que dans les années de reconstitution de toutes choses qui suivirent les grands désastres
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de 1871. En 1878, l’Etat subventionnait 20 stations agronomiques; il en subventionne aujourd’hui 29, en y comprenant la station agronomique de Montpellier, chargée d’étudier sur place les ravages du phylloxéra W. II consacre annuellement à ce service une somme de 70,000 francs. Les conseils généraux, les associations agricoles, quelquefois même de grands agriculteurs, se chargent des principales dépenses. Ce chiffre de 70,000 francs est bien faible pour une institution d’une importance capitale. L’Etat n’a dé-