ARTICLE CINQUIEME
Hallucinations de l'odorat, du goût et du toucher.
45. Les hallucinations de l'odorat^ du goût et du toucher sont beaucoup plus simples que celles de la vue et de l'ouïe. — J'ai séparé dans l'étude des hallucinations de l'ouïe et de la vue, les phénomènes intellectuels et sensoriaux, parce que ces phénomènes peuvent, en effet, être distingués. Chez l'halluciné qu'une voix injurie, il y a d'une part une impression auditive, et de l'autre des idées associées par l'imagination et formulées en paroles. Rien de semblable n'a lieu dans les fausses perceptions de l'odorat, du goût et du toucher. Il n'y a plus alors pour ainsi dire que la reproduction de l'impression sensorielle. Le malade qui sent une odeur agréable ou infecte, en l'absence de toute excitation extérieure de l'organe olfactif, peut être comparé à celui qui entend des bruits de différente nature, mais non à l'halluciné qui engage des conversations avec des interlocuteurs invisibles. On ne peut donc plus séparer ici les phénomènes intellectuels et sensoriaux, et les fausses perceptions de l'odorat, du goût et du toucher offrent sous ce rapport beaucoup moins d'intérêt pour la physiologie que celles de la vue et de l'ouïe. D'ailleurs il est difficile, dans le plus grand nombre des cas, de distinguer les hallucinations des illusions des mêmes sens, et l'imagination semble alors plutôt transformer des impressions que les créer.