‹ Extrait d'un poème sur la vie futureChapitre 2 sur 3 · LA RAISON ET LA FOI · texte numérisé non relu

LA RAISON ET LA FOI

Ainsi tout disparaît, ou tend à disparaître, Et rien n'est éternel au monde que son maître ! L'incrédule s'égare en des systèmes vains , Sophismes ennemis du bonheur des humains , Où la foi trouve un crime , et la raison un rêve.

Souvent avec la foi l'homme grandit , s'élève. La foi veut que la mort ne soit pas le néant : Et la raison du dogme a fait un sentiment. Je pense , donc je suis , donc je dois être encore , Je dois être toujours : car le Dieu que j'adore Dans mon argile a mis un esprit qui n'a pas Pour germe cette argile et pour fin le trépas ; Ce qu'est l'habit au corps, le corps l'est à notre ame : C'est la cendre qu'anime une immortelle flamme.

D'où vient dans l'Univers ce grand pressentiment Qui l'a toujours rempli de l'horreur du néant? L'espoir d'une autre vie est partout manifeste : La preuve toujours manque, et l'espoir toujours reste î . Si la preuve existait , la mort serait sans deuil : On couvrirait de fleurs le chemin du cercueil. La plus prochaine vie , immortelle en durée , Immortelle en bonheur, serait trop désirée : Car, regardant les Cieux pour lui prêts à s'ouvrir, Tout mortel eût compris que vivre c'est mourir. La vie aurait perdu les anneaux de sa chaîne , Et Ton eût bientôt vu finir la race humaine. Si donc notre avenir était mieux expliqué , De la création le but serait manqué.

Dans ses prévisions , Dieu cacha l'évidence : Mais, à côté du doute, il plaça l'espérance,

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