‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 121 sur 200 · LIVBE IV, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVBE IV, CHAPITRE VIII

tùnement due? Nous possédons au même titre les terres que notre dieu vainqueur s est acquises '. G'étoit là , ce me semble, ime parité bien recomiue entre les droits de Ghamos et ceux du dieu dlsraël.

Mais quand les Juifs, soumis aux rois de Babylone, et dans la suite aux rois de Syrie, voulurent s obstiner à ne reconnoitre aucun autre dieu que le leur, ce refus, regardé comme une rébellion contre le vainqueur , leur,attira les persécutions qu'on lit dans leur histoire, et dont on ne voit aucun autre exemple avant le christianisme ^.

Chaque reUgion étant donc uniquement attachée aux lois de Fétat qui la prescrivoit, il n y avoit point d^autre manière de convertir un peuple que de l'asservir , ni d autres missionnaires que les conquérants ; et l'obligation de changer de culte étant la loi des vaincus, il (alloit; commencer par vaincre avant d'en parler. Loin que les hommes combattissent pour les dieux, c'étoient, comme dans Homère, les dieux qui combattoient pour les hommes; diacun demandoit au sien la victoire, et la payoit par de nouveaux au-

* Nonne ea quœpossidet Chamos deus ttucs, tibi jure dehentur? (Jug. XI, a4' ) Tel est le texte de la Vulgate. Le père de Garrièrea a traduit: Ne croyez-vous pas avoir droit de posséder ce qui appartient à Ghamos votre dieu ? Tignore la force du texte hébreu ; mais je vois 'que, dans la Vulgate, Jephté recounoit positivement le droit du dieu Ghamos, et que le traducteur françois affbiblit cette reconnoissance par un selon vous qui n*est pas dans le latin.

* Il est de la dernière évidence que la guerre des Phocéens , appelée guerre sacrée, n*étoit point une guerre de religion. Elle avoit pour objet de punir des sacrilèges, et non de soumettre des mécréants.

tels. Les Romains, avant de prendre une place ^sommoient ses dieux de Fabandonner ; et quand ils laissoient aux Tarentins leurs dieux irrités, cest qu'ils regardoient alors ces dieux comme soumis aux leurs et forcés de leur faire hommage. Us laissoieùt aux vaincus leurs dieux comme ils leur laissoient leurs lois. Une couronne au Jupiter du Capitole étoit souvent le seul tribut qu'ils imposoient

Enfin les Romains ayant étendu^ avec leur empire leur culte et leurs dieux, et ayant souvent eux-mêmes adopté ceux des vaincus, en accordant aux uns et aux autres le droit de cité , les peuples de ce vaste empire se trouvèrent insensiblement avoir des multitudes de dieux et de cultes, à peu près les mêmes partout: et voilà comment le paganisme ne fut enfin dans le monde connu qu'une seule et même religion. . ,

Ce fut dans ces circonstances que' Jésus vint établir sur la terre un royaume spirituel , ce qui, séparant le système théologique du système politique, fit que Fétat cessa d'être un , et causa les divisions intestines qui n'ont jamais cessé d'agiter les peuples chrétiens. Or cette idée nouvelle d'un royaume de l'autre monde n'ayant pu jamais entrer dans la tête des païens, ils regardèrent toujours les chrétiens comme de vrais rebelles, qui, sous une hypocrite soumission, ne cherchoient que le moment de se rendre indépendants et maîtres , et d'usurper adroitement l'autorité qu'ils feignoient de respecter dans leur foiblesse. Telle fiït la cause des persécutions.

Ce que les païens avoient craint est arrivé. Alors

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