‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 129 sur 200 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

très entraves données à Fautorité royale, s'établinent sac* cessivement pour en balancer la puissance* Chaque élection en effet étoit toujours Tépoque des restrictions nouvelles mises à une autorité déjà si bornée, restrictions qae le prince nouvellement élu juroit de respecter, ainsi que toutes les lois fondamentales de la république, désignées généralement sous le nom de pacta conventa.

Les effets naturels d'un étatpoHtique ainsi constitué sont faciles à concevoir, et on ne peut qu'en croire l'historien moderne qui nous trace ainsi le tableau de l'état intérieur de la Pologne à l'époque même oii Rousseau revoit pour elle ce que la force des choses renddit impossible à réaliser. «La république, ditRulhière, presque toujours destituée «d'une autorité législative et souveraine, se trouva dans « une impuissance absolue de suivre le$ progrès que l'admi- « nistration commençoit à faire dans la plupart des autres « pays. Tout ce qui exigeoit des dépendes continues devint « impraticable... Les grands établissenlents qui annoncent « la perfection des arts et les soins toujours actifs du gou» «vemement, ne purent seulpment j^as être proposés... «Les Polonois, dont les moeurs 'sont faciles , adoptèrent «chacun séparément une partie de ees progrès rapides « que le luxe et la société faisoient ches les autres peuples^ « mais ils n'admirent aucun de ceux que faisoit l'adminis* « tration publiqîie. De tant de changements introduits en «Europe, la politesse et le luxe furent les seuls qui s'in- « traduisirent parmi eux. n HisU de fanarèhie de^Fchgne, tom. I, p. 49 et 127.

: La Russie, qui dèfr 173} avait imposé pftr la forée Auguste m pour roi à la Pologne^,- réf»sit par le ménw moyen à faire décider en 1764 l'élection de Stanislas Po* nîatowski son successeur. Geiûi-cî, dont le titre le plus «. signalé pour obtenir cette couronne étoit d*avoîr été i'a*> maht de Catherine II, étoit déjà sous ce rapport double* ment odieux aux Polonois, Le caractère et tes actes de tx

PRÉLIMJNAIKE. 277

Aouverain, «t Fascendant toujours plus marqué de sa protectrice/ n^toient pas propres à affoiblir cette impression , et avoient décidé la formatiez de plusieurs confédérations particulières toujours vainement dissipées par les armées russes, et qui se réunirent en 1768 en une confédération générale formée à Bar en Podolie. Ces confédérés réussi-* rent à faire soulever les Turcs contre les Russes; mais la guerre entre les deux empires fût désastreuse pour les Turcs, et n'accabla pas moins les confédérés. Ceux-ci néanmoins profitèrent pour se soutenir de l'épuisjcment où cette guerre avoit jeté la Russie, et des embarras qua lui suscitoit la cour de Vienne : c'est dans le cours desibostilités commencées sur la fin de 1768, et de la suspension d'armes dont elles furent suivies en 1771, que, se flattant d'un avenir plus henreux , ils songèrent à asseoir sur de plus sûrs fondements le bonheur de leur patrie, et que notre nation fut honorée du choix de deux écrivains François pour leur tracer le plan d'une constitution nouvelle. Mais dfins le même temps où Rousseau et Mably écri* voient^ les trois puissances circonvoisines avoient fixé leurs lots dans les portions à détacher d'un pays qu'ils dévoient vingt ans après se partager totalement; et à la fin de 1773, lorsque l'envoyé de la confédération rappor* toit de Paris le fniit des méditations des deux philosophes, une diète extraordinairement convoquée, cédant aux moyens ordinaires de séduction et de terreur, avoit ratijBé le traité de déiçembrement arrêté entre l'Autriche, la Prusse, et la Russie, dès le mois d'août de l'année pré^ cédente.

La perte de quelques provinces, qui, dans les idées de Rousseau même, n'étoit pas un malheur réel, laissoit espérer encore pour le reste de la Pologne un sort plus heureux; mais les trois puissances co partageantes^ trop intéressées à y prolonger le désordre, stipulèrent formellement et garantirent la maintenue du Uberum veto, et de la forme de gouvernement qui avoit existé jusqu'alors.

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Il ne faut pas oublier une cireonstanee dont RouMeafi sans doate n^étoit p») instruit quand 41 ooinposa ^ob o»» ▼rage, car if n'eàt pas manqi^^dVn dire au moins quelques mots, mais trop importante et trop caractéristique pour être passée .sous silekice. Comme s41 n'eût pas existé chez cette nation malheureuse assez d^ëléments d'anarchie >et de dissolution , le fanatisme religieux en avoit iairoduit encore uii autre en faisant naître panm les Polonois uae idasse ée dissidents. On désignoit aiasi les nobles attachés soit à l'Église grecque, soit à la réforme, et ils étoient en assez grand nombre. Mais la cour de Rome avoit itonsenré en Pologne tout son. empire , et la superstition «'y mon* Iroit dans tous ses a{;cès. Profitant de cette dispo»itiion, les nobles catholiques en grande majorité s'obstinoient à i^accorder aux dissidents aucuns droits politiques ^ et ils étoient en effet parvenu» à les exclure de tous les enpioia. Les dissidents avoient formé pour le soutien de leursdroils dès confédératiçjjis particulières en opposition, ivéxqie en guerre ouverte avec la confédération générale, et la Pologne fut en priôe à leurs dévastations réciproques. Ces Confédérés de Bar, dont nous Terrons notre auteur exalter les vertus patriotiques, avoient des étendards qui repré*séntoient la vierge Marie et l'enfant Jésus; ils portoient comme le^ croisés dû moyen âge des eroîx brodées sur leurs habits , prêts à vaincre ou mourir pour la défisnse de if religion et de la liberté, C^est du prétexte de défendre les intérêts de» dissidents et de les faire réintégrer dans leurs droitis que Catherine coloroit ses vues d^envahissement , se donnant encore par là aux yeux des gens de lettres françois dont elle rechercboit l'approbation, le mérite de combattre le fanatisme en Pologne, et 'd'y.prét:heriatOo iéranee les armes à la mam.- Le résidtat de ce beau zélé ^e fut autre que l'oubli total des dissidents et de leuns de* mandes et dé leurs droits , dont il ne fut pas même qu껫 lÎQn dans les actes d^nitifs qui firent cesser pour quelque temps les troubles de la Pologne.

CONSIDÉRATIONS

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