‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 135 sur 200 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

PoloDois une grande opinion cKeux-mêmes et de leur pairie : après la fàçon dont ils viennent de se montrer , cette opinion ne s^ pas fausse. Il faut saisir la cir* constance de révénement pvésentv pour monter lés âmes au ton des âmes antiques. Il est certain que la confédération de Bar à sauvé la patrie expirante. Il faut graVer cette grande époque ea caractères sacrés dans tous 1^ cœurs polonois. Je voudrois qu'on érigeât un monument en sa mémoire; quon y mit les noms de tops les confédérés , même de ceux qui dans la suite auroient pfU trahir la cause commune, une si granile action doit eflacer les fautes de toute la vie ; qu on instituât une solennité périodique pour la céléhrer tous les dix ans avec une pompe non brillante et frivole , mais simple , fière , et républicaine ; qu'on y ftt dignement , mais sans emphase , Féloge dé ces vertueux citoyens qui ont eu Thonneur de souffrir pour la patrie dans les fers de Tennemi ; qu'on accordât même à leurs Seunilles quelque privilège honorifique qui rappelât toujours ce beau souvenir aux yeux du public. Je ne voudroH ppurtant pas qu\)n se permit dans ces solennités aucune invective oonti^ les Russes, ni même qu'on en parlât : ce seroit trop les honorer. Ce silence , le souvenir de leur barbarie , et Téloge d^cf^ix qui leur ont résisté , dirontdWx tout œ qu'il en finit dire; vous devez trop les mépriser pour les haïr.

Je voudrois que par des honmeurs, pâf des récompenses publiques , on donnât de ledat à toutes les ^/ ^®'*^^* palpotiques , qu'on occupât sans cesse les citoyens delà patrie , qu on en ftt leur plus grande affaire , qu'on la Unt incessamment sous leurs yeux. De

292 GOUVERNEMENT DE POLOGNB.

cette manière ils auroi At moins , j e lavoue y les moyen s et le tsmps de s^enrichir , lams ils en auroientilQMdns aussi le désir et le besoin : leurs ^œurs apprendroient à connoitre un autre bonheur que celui de la fortune ; et vmlà Tari d^ennoblir les âmes et d'eii faire un in^ strument plus puissant que Tor. .

L exposé succinct des mœurs des Polonois qu a bien voulu me communiquer M. de Wielhofski ne suffit pas pour me mettre au fait de leurs Hsages civils ^t domestiques; Mais un« grande nation qui né s'eM jamais trop méléeavec ses voisins doit en avdir beaucoup qui lui soient propres , et qui peut-être s aaâtardîssçnt journellement par la pe^te générale en Europe de prel^dre les goûts et les mœurs des François. I) faut maintenir, rétablir ces anciens usages, et en intro^ duire de convenables qui soient propres auxPoloiiois. Ces usages^ fussent'^ls indifférents, fussent-ilstnauvais même à certains égal^ds , pourvu qu ils ne le soient pas essentiellement, auront toujours Favantage d'affectionner les Polonois à leur p«ys , et de leur doriner une répugnance naturelle à se mêler avec Tétrangep. Je regarde comme iui lifenhtur qu ils aiient un habillement particulier. Conservez avec soin cet avantagea faites exa^ment le contraire de ce qu# fit ce dzar si vanté» Que le roi ni les sénateurs, ni aucun homme public ne portent jamais d'autre vêtement que celui de la nation , et que «ml Polonois n'ose paroître à la cour vêtu à la françûise.

Beaucoup de jeux public» où la bonne mère patrie se plaiseà voir jouer ses enfants. Qu'eHes'ôccupe d'eux souvent afin qu'ils s'occupent toujours d'elle. Il faut

Page 1