‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 161 sur 200 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

! la mort dans le péril de la patrie pour ouvrir un avis

I qui pût la sauver. Un veto suivi du même danger peut

sauver Fétat dans Toccasion , et n y sera jamais fort à I ' craindre.

! Oserois-je parler ici des confédérations et n'être

pas de lavis des savants? Ils ne voient que le mal f qu elles font; il faudroit voir aussi celui qu elles em-

i pèchent. Sans contredit la confédération est un état

I violent dans la république; mais il est des maux ex-

trêmes' qui rendent les remèdes violents nécessaires , [ et dont il faut tâcher de guérir à tout prix. La confé-

i dération est en Pologne ce qu étoit la dictature chez

I les Romains. L une et laùtre font taire les lois dans

un péril pressant , mais avec cette grande différence , I que la dictature , directement contraire à la législation

romaine et à Fespric du gouvernement, a fini par le détruire, et que les confédérations, au contraire, n étant qu'un moyen de raffermir et rétablir la constitution ébraïilée par dje grands efforts , peuvent tendre et renforcer le ressort relâché de l'état sans pouvoir jamais le briser. Cette forme fédérative , qui peut-être dans son origine eut une cause fortuite , me paroit être un chef-d'œuvre de politique. Partout où la liberté régne, elle est incessamment attaquée et très souvent en péril. Tout état libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr. Il n'y a que les Polonois qui de ces crises mêmes aient su tirer un nouveau moyen de maintenir la constitution. Sans les confédérations, il y a long-temps que la république de Pologne ne seroit plus , et j'ai grand'peur qu'elle ne dure pas long-temps après elles sîl'on

prend le parti de les abolir. Jetez les yeux sur ce qui vient de se passer. Sans lés confédérations letat étoit subj ugué , la liberté étoit pour janiais anéantie. Voulezvous ôter à la république la ressource qui vient de la sauver?

Et qu'on ne pense pas que, quand le liberum veto sçra aboli et la pluralité rétablie, te^ confédérations deviendront inutiles, comme si touj: leur avantage donsistoit dans cette pluralité. Ce n est pas la niéme chose. JLa puissance executive attachée aux confédérations leur donnera toujours , dans les besoins extrêmes, une vigueur,, une activité, une célérité que he peut avoir la diète, forcée à marcher à pas plus lents , avec plus de formalités , et qui ne peut foire un seul mouvement irrégulief sans renverser la constitution.

Non , les confédérations Sont le bouclier , lasile , le sanctuaire de cette ccmstitution. Tant qu'elles subsisteront, il me parott impossible qu'elle se détruise. Il feut les laisser , mais il faut les régler. Si tous les abus étoient 6tés , les confédérations deviendroiéut presque inutiles. La réforme de votre gouvernement doit opérer cet effet. \\ n'y aura plus que les entreprises violentes qui mett^t dans la nécessité d'y recourir ; mais ces entreprises sont dans l'ordre des choses qti'il feut prévoir. Au- lieu Jonc d'abolir les confédérations , déterminez les cas où elles peuvent légitimement avoir lieu, et puis réglez-en bien la forme et l'effet, poui* leur donner une sanction légale autant qu'il est possible, sans gêner leur formation ni leur activité. Il y a même de ces cas où , par le seul fait , toute la Polo-

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