CHAPITRE XII
kl sienne : cela est vrai même pour les rois , et bien plus vrai surtout pour les peuple^.
Potirquoi Tordre équestre, en qui réside véritablement la république , ne suivrolt-il pas lui-même un plan pareil à celui que je propose pour Tin&nterie ? Établissez dans tous les palatrnats des corps de cavalerie où toute la noblesse soit inscrite, et qui ait ses officiers, son état-major; ses étendards, ses quartiers assignés en cas d'alarmes, ses temps marqués pour s Y rassembler tous les ans : que cette brave nobt^sse s'exerce à escadronner , à faire toutes sortes àë mùuvements, d'évolutions, à mettre de Tordre et delà précision dans ses manœuvres, à connoitre la subordination militaire. Je ne voudrois point qu'elle iipitât servilement la tactique des autres nations. Je voudrois qu'elle s'en fil une qui lui fût propre, qui développât et perfectionnât ses disjpositious naturelles et nationales ; qu'elle s'exerçât surtout à la vitesse et à la légèreté, à se rompre; s'éparpiller, et se rassemble]? sans peine 'ef*sans confusion; qu'elle excellât dans ce qu'on appelle la petite guerre , dans toutes les ma-» nœuvres qui conviennent à des troupes légères, dans Tait d'inonder un pays comme un torrent, d'atteindre partout, et de n'être jamais atteinte, d'agir toujours de concert quoique séparée, de couper les communications , d'intercepter des convois, de charger des arrière-gardes, d'enlever des gardes avancées, d^ surprendre des détachements, de harceler de grands corps qui marchent et campent réunis; qu elle prit la manière des anciens Parthcs comme elle eu a la valeur, et qu'elle apprît comme eux à vaincre et dé-
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tniire les armées tes mieux disciplinées sans jamais livrer de bataille et sans leur laisser le moment de respirer : en un mot , ayez de l'infanterie puisqu'il en &ut, mais cie comptez ^ue sur votre cavalerie, et n'oubliez rien pour' inventer un système qui mette tout le sort de la guerre entre ses mains.
C'est im mauvais conseil pour un peuple libre que ceiui d'avoir des places fortes ; elles né conviennent point au génie polonois , et partout elles deviemfient tôt ou tard des nids à tyrans *. Les places que vous croirez fortifier contre les Russes, vous lés fortifierez infailliblement pour eux, elles deviendront pour vous des entraves dont vous ne vous délivrerez plus. Négligez même les avantages de postes , et ne vous ruines pas en artillerie : ce n'est pas tout cela qu'il vous faut. Une invasion brusque est un grand malheur, sans doute ; mais des chaînes permanentes en sont un beaucoup {dus grand. Vous ne ferez jamais en sorte qu'il soit difficile à vos voisins d'entrer chez vous; mais vous pouvez £siire en sorte qu'il leuf Soit difficile d'en sortijmimpunément , et c'est à quoi vous devez mettre toUs vos soins. Antoine et Grassus entrèrent aisément, mais pour leur malheur, chez les ParAes. Un pays aussi vaste que le vôtre offre toujours à ses habitants des mfuges et de grandes ressource^ pour échapper à ses agresseurs. Tout l'art humain be saurait empêcher l'action brusque du fbrt^contre lofbible ; mais il peut se ménager des ressorts pour la
* Cette opinion avoit été de tout temps celle des nobles polonois; ils ne pouvoient souffrir les villes fortifiées. Fbrtalitîay répé' toient-ils proverbialement, surit frœna libertatis.