‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 178 sur 200 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

réaction ; et qaaadi'expérieiice apprendra que la aor^ ti€ de chez vous est si difficile , on deviendra moins pressé d'y entrer. Laisse:^ donc votre pays tout ouvert comme Sparte , mais bâtissez-vous comme elle de bonnes citadelles dans les cœurs des (Htoyens ; et comme Thémistocle emmenoit Athèn^ sur sa flotte ^ emportez au besoin vos villes sur vos chevaux. L'esr prit d'imitation produit peu de bonnes choses et ne produit jamais rien de grand. Cbaque pays a des avantages qui lui sont propres , et que l'institution doit étendre et favoriser. Ménagez , cultivez ceux de la Pologne, elle aura peu d autres nations à envier.

Une seule chose suffit pour la rendre impossible à subjuguer ; lamour de la patrie et de la liberté animé par les vertus qui en sont inséparables. Vous venez d'en donner un exemple mémorable à jamais. Tant que cet amour brûlera dans les cœurs , il ne vous ga* rantira pas peut-être d'un joug passager ; mais tôt pu tard il fera son explosion, secouera le joug et vous rendra libres. Travaillez donc sans relâche . sans .• cesse, à porter le patriotisine au plus haut degré dans '. tous les cœurs polonois. J'ai ci-devant indiqué quel- ; ques uns des moyens propres à cet effet : il me re^tç à développer ici celui que je crois être le plu^ fort , le plus puissant, et même infaillible dans son succès, s'il est bien exécuté : c^est de faire en sorte que tous les oitoyens se sentent ipcessamment sous les yeux du public ; que nul n'avance et ne parvienne que par la feveur publique ; qu'aucun poste , aucun emploi ne soit rempli que par le vœu de la nation ; et qu'enfin depuis le dernier noble , depuis même le dernier mà-

nant y jusqu'au roi , s'il est possible , tous dépendent tellement de Festime publique, qu'on ne puisse rien / foire , rien aqquérir, parvenir à rien , sans elle. De j re£fervescence excitée par cette commune émulation I naîtra cette ivresse patriotique qui seule sait élever ' les hommes au-dessus d'eux-mêmes , et sans laquelle la liberté n'est qu'un vain nom et la législation qu^une chimère.

Dans l'ordre équestre , ce système est fkcile à établir, si l'on a soin d'y suivre partout une marebis gra* duelle, et de n'admettre personiie aux honneurs et dignités de l'état qu'il n'ait pi*éalablement passé par les grades inf^eurs , lesquels serviront d'entrée et d'épreuve pour arriver à une plus grande élévation. Puisque l'égalité parmi la noblesse est une loi fondamentale de la Pologne, la carrière des af&ires publiques y doit toujours commencer par les çmplois subalternes; c'est l'esprit de la constitution. Ils doivent étt^e ouverts à tout citoyen que son zélé porte à s'y présenter, et qui croit se sentir en état de les remplir avec succès : mais ils doivent être le premier pas indispensable à quiconque , grand ou petit , veut avancer dans cette carrière. Chacun est lihre de ne s'y pas présen-

ter ; mais sitôt que quelqu'un y enti^e , il faut , à moins d'une retraite volontaire , qu'il avance , ou qu'il soit rebuté avec improbation. Il faut que , dans toute sa conduite , v^et jugé par ses^oncitoyens , il sache que tous ses pas sont suivis , que toutes ses actions sont pesées , et qu'on tient du bien et du mal un compte fidèle dont l'influence s'étendra sur tout le reste de sa vie.

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