CHAPITRE XIII
curés sur Tétat de leurs paroisses et des paroisses voisines, celui des notables sur rét||r de la culture, sur celui des familles de leur canton; on yérifieroit soi* gneusement ces rapports; chaque membre du comité y ajouteroitses propres observations , et Ion tiendroll de tout cela un fidèle registre , dont on tireroit des mémoires succincts pour les diétines.
On examineroit en détail les besoins des familles surchargées , des infirmes , des veuves , des orphelins , et Ion y pourvoiroit proportionnellement sur un £Dnds formé par les contributions gratuites des aisés de la proyince. Ces contributions seroient d autant moips onéreuses qu'elles deviendroient le seul tribut de cha* rite, attendu qu on ne doit souffrir dans toute la Pologne ni mendiants ni hôpitaux» Les. prêtres, sans doute f crieront beaucoup pour la conservation des hôpitaux, et ces cris ne sont qu une raison de plus pour les détruire.
Dans ce même comité, qui ne s'occuperoit jamais de punitions ni de réprimandes, mais seulement de InienfiBiits , de louanges , et d'encouragements , onferoit, sur de bonnes informations, des li^es exactes des particuliers datons états dont la conduite seroit digne d'honneur et de récompense ■• Ces listes sa*oient en-*
' Il faut, dans ces estimations, avoir beaucoup plus d* égard aux personnes qu à' quelques actions isolées. Lie vrai bien se fait avec peu d'éclat. Cest par une conduite uniforme et soutenue, par des vertus privées et domestiques, *par tous les devoirs de son état bien remplis , par des actions enfin qui découlent de son caractère et de ses principes, qu'un homme peftt mériter des honneurs, plutôt que par quelques grands coups de théâtre qui trouvent déjà leur récompense dans Fadmiration publique. L'ostentation philoy. a5
voyéesau sénat et au roî pour y avoir égard daos roc" casion, et placer t0|gotirs bien leurs choix et leurs prtférenœs; et c est sur les indications des mêmes as^ semblées que seroient données , dans les collèges , par les administrateurs de réducati<Ki,les places gratuites dont j ai parlé ci-devant.
Mais la principale et plus importante occupation de ce ooBiité sereit de dresser sur de fidèles mémoires , et sur le rapport de la voix publique bien vérifié y un r6le des paya^ms qui se disUngueroient par une bonne covt* duile, une bonne culture, de bonnes moeurs, parle soin de leur famille, poff tous les devcMrs de leur état bien remplis* Ce rôle seroit ensuite présenté à la dié^ une y qui y choisiroit un nombre fixé -par la loi pour étreafi&^anchi, et qui pourvoiroit, par des moyens convenus ) au dédommagement des patrons, en les faisant jouir d- exemptions , de prérogatives , d'avantages enfin proportionnés au nombre de leurs paysans qui auraient été trouvés dignes de la liberté: car il faudroit absolument fiedre en sorte qu au lieu ti'étre onéreux au mattre-, raffinnchissementdu serf lui devint honorable et avantageux; bien entakln que , povr éMÎt^ rabtts, ces afifranchissements ne seferoîentpeint jpar les maîtres , mais dans lesdiétines, par jugeraenty et seulement jusqu'au nombre fixé par la loi.
C^uand on auroit affranchi successivement un cer-
sophique aime beaucoup les actions d*ëclat; mais tel, avec cinq ou six actions de cette espèce, bien brillantes, bien bruyantes et bien prônëes , n'a pour but que de donner le change sur son compte , et d'être toute sa vie injuste et dur impunément. Donnez^nous la monnoie des grandes actions. Ce mot de femme est un mot très judicieux.
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tain nombre de familles dans un cantdn, r<m pont* roit affranchir des TÎllages entiers , y former pen-à-pen des communes , leur assigner quelques biens-fonds , quelques terres cbmnvunales comme en Suisse, y établir des officiers commimaux; et lorsqu'on auroit axâené par degrés les choses jusqu'à pouvoir Sans révolution sensible, achever l'opération en grand, leur rendre enfin le droit que leur donna la nature de participer à Tadministration de leur pays en envoyant des députés aux diétines.
Tout cela foit , on armeroit tous ces paysans devenus hommes libres et citoyens , on les enrégimenteroit, on les exerceroit, et Ton finiroitpar avoir une milice vraiment excellente , plus que suffisante pour la défense de Tétat
On pourroit suivre une méthode semblable pour Fanoblissement d'un certain nombre de bourgeois , 6t même , sans les anobUr , leur destiner certains postes brillants qu'ils rempliroient seuls à l'exclusion des nobles, et cela à l'imitation des Vénitiens si jaloux ^e leur noblesse , qui néanmoins , outre d'autres emplois subalternes , donnent toujours à un citadin la Seconde place de l'état, savoir celle de grand-chancelier, sans qu'aucun patricien puisse jamais y prétendre. De cette manière, ouvrant à la bourgeoisie la porte dé la noblesse et des honneurs, on l'attacheroit d'affection à la patrie et au maintien de la constitution. On pourroit encore, sans anoblir les individus, anoblir collectivement certaines villes, en préf étant ceHes où fleuriroient davantage le commerce, l'industrie et les arts, et où par conséquent r9:dministration muhici-
imie 9eroH la meilleure. Ces villes anoblies pourroient , à Finstar.des villes impériales, envoyer des nonces à la diète; et leur exemple ne mancpieroit pas d'exciter dans toutes les autres un vif désir d obtenir le même honneur.
Les comités censoriaux^ chargés de ce départeD[ient de bien&isance , qui jamais y à la honte des rois et des peuples, n'a encoi^e existé nulle part, seroiaoït, quoique safis élection, composés de la manière la plus propre à remplir leurs fonctions avec zélé et intégrité, attendu que leurs membres , aspiiantaux places sénatoriales OH mènent leurs grades respectifs , porteroient une grande attention à mériter par l'approbation publique les suffrages de la diète ; et ce seroit une occupation suffisante pour tenir ces aspirants en haleine ^ sous les yeux du public dans les intervalles qui pourroient séparer leurs élections successives. Remarquez que cela se fe'roit cependant sans les tirer, pour ces intervalles, de Fétat de simples citoyens gradués, pi;|î$que cette espèce de .tribunal, si utile et si respectable , n ayant jamais que du bien à fédre , ne seroit revêtu d'aucune puissance coactiye : ainsi je ne multiplie point ici les magistratures, mai3 je me sers, chemin feisant , ^du passage de l'une à l'autre j>our tirer parti de ceux qui les doivent remplir.
.Sur ce pjlwi gradué dans son exéciM^on par unç marebe successive, qu'on pourroit précipi^r , ralentir, ou même arrêter* selon son bon ou mauvais sucQès, Qn i|'i|vanceroit qu'à -volonté, guidé par Texpérien^; on^lumeroit dans tous les états inférieurs \m zélfi ardent pour contribuer au bien pu^ic; on