CHAPITRE XIV
de la répttbUqae, Fépreuve de toute leur vie et Fapprobatiou publique dans tous les postes qu'ils auront remplis seront des garants suffisants du mérite et des vertus de chacun d'eux.
Je n entends pas néanmoins que même entre les sénateurs à vie le sort décide seul de la préférence : ce seroit toujours manquer en partie le grand but qu on doit se proposer. Il faut que le sort fasse quelque chose, et que le choix fasse beaucoup ^ afin d'un côté d'amortir les brigues et les menées des puissances étrangères, et d'engager de l'autre tous les palatins par un si grand intérêt à ne point se relâcher dans leur conduite , mais à continuer de servir la pà-«. trie avec zélé pour mériter la préférence sur leurs concurrents.
J'avoue que la classe de ces concuri'ents me parott bien nombreuse , si l'on y fait entrer les grands castellans presque égaux en rang aux palatins par la constitution présente; mais je ne vois pas quel inconvénient il y auroit à donner aux seuls palatins l'accès immédiat au trône. Gela feroit dans le même ordre un nouveau grade que les grands castellans auroient encore à passer pour devenir palatins, et par conséquent un moyen de plus pour tenir le sénat dépendant du législateur. On a déjà vu que ces grands castellans me paroissent superflus dans la constitution. Que néanmoins, pour éviter tout grand changement, on leur laisse leur place et leur rang au sénat; je l'approuve Mais, dans lagraduation que je propose, rien n'oblige de les mettre au niveau des palatins; et comme rien n'en empêche non plus, on pouri;a sans inconvénient
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se décider poiu* he parti qu'on jugera le oieiUeur. Je ^irappose ici que ce parti préféré sera d ouvrir aux seuls palatins laceàs inunédiat au trône.
Aussitôt donc après la mort du roi, c*esl-àHlireduis le moindre intervalle quil sera possible, et qui sera fixé par la loi , la diète d élection sera soleonelleiaeiit Donvoquée ; les noms de tous les palatins serom mis en concurrence , et il en sera tiré trois au sort avec toutes les précautions possibles pour qu'aucune fraude n altère cette opération. Ces trois noms seront à haute voix déclarés à lass^nblée , qui , dans la même séance et à la pluralité des VQÎk , choisira celui qu'elle préfère , . çt il $era proclamé roi dès le même jour«
On trouvera dans cette forme d élection un grand inconvénient ^e la voue ^ c'est que la nation ne puisse €b<Nsir librement dans le nombre des palatins celui qu'elle bonore et chérit davantage , et qu'elle juge le plus digne de la royauté. Mais cet inconvénient n'est pas nouveau en Pologne , où 1 on a vu , dans plusieurs élections , que , sans égard pour ceux que la nation ëivorisoit , on la forcée de choisir celui qu elle auroit rebuté : mais pour cet avantage qu'elle n'a plus et qu'elle jBacrifie, combien d'autres plus importants elle gagne par cette forme d'élection !
Premièrement l'action du sort amortit tout d'un coup les factions et brigues des nations éûrangères qui ne peuvent influer sur cette élection , trop inœrtaines du succès pour y meure beaucoup d'efforts , vu que la fraude même seroit insuffisante en faveur d'un sujetque la nation peut toujours rejeter . La grandeur seule de cet avantage est telle qu'il assure le repos de