CHAPITRE XIY. S^S
la Pplogne ,. étouffe 1^ vénalité dans la république ^ et laisse à 1 élection presque toute l^ trauquiUité de Théredite.
ho même avantage a lieu contre les brigues mêmes des candidats; car, qui d'eutrç eux voudra se mettra ea frais pour s'assurer une préférence qui ne dépcuid point des hommes > et sacrifier sa fortune à un événe* ment qui tient à tant de chances contraires pour une favorable? Ajoutons que "ceux que le sort a fevorisés pe sont plus à temps d acheter des électeurs , puisque Télection doit se faire dans laméme séance.
Le choix libre de la nation entre trois candidal;8 la préserve des inconvénients du sort, qui, par supposition j tomberoit sur un sujet indigne \ car, dans cette supposition p la nation se gardera de le choisir ; et il n est pas possible qu entre trentre-trois hommes illustres I Félite de la nation , où Ton ne comprend pas l^éme comment il peut se trouver un seul sujet indigne, ceux que iavorisa le sort le soient tous les trois.
Ainsi, et cette observation est d'un grand poids, nous réunissons par cette forme tous les avantages de lelection à ceux de Fhérédité.
4Car premièrement , la couronne ne passant point du père au fils , il n y aura jamais continuité de système pour lasservissement de la république. En second lieu , le sort même dans cette ferme, est Tinstrument d'une élection éclairée et volontaire. Dans le corps respectable des gardiens des lois et des palatins qui en sont tirés , il ne peut faire un choix , quel qu'il puisse être , qui n'ait été déjà iait par la nation.
Mais voyez quelle émulation cette perspective doit
porter dans le corps des palaâRS et grands castellans, qui , dans des places à vie , pourr<4int se relâcher par la certitude qu^on ne peut plus les leur ôter. Ils ne peuvent plus être contenus par la crainte ; mais Tespoir de remplir un trône que chacun d'eux voit si r près de lui est un nouvel aiguillon qui les tient sans cesse attentifs sur eux-mêmes. Ils savent que le sort les fevoriseroit en vain s'ils, sont rejetés*à Félection, et que le seul moyen d'être choisis est de le mériter. Oet avantage est trop grand , trop évident , pour qu'il soit nécessaire d'y insister.
Supposons un moment y pour aller au pis, qu'on ne peut éviter la fraude dans l'opération du sort , et qu'un des concurrents vint à tromper la vigilance de tous les autres si intéressés à cette opération. Cette fraude seroit un malheur pour les candidats exchis , mais l'effet pour la république seroit le même que 'si la décision du sort eût été fidèle ; car on n'en auroit pas moins l'avantage de l'élection , on n'en préviendroit pas moins les troubles des interrègnes et les dangers de l'hérédité; le candidat que son ambition séduiroit jusqu'à recourir à catte fraudaoï'en seroitpas moins au surplus un homme de métîte , capable^u jugement de la nation , de porter la couronne avec honneur ; et enfin , même après &tte fraude , il n'en ilépencËrdit pas moins , pour en profiter, du choix subséquent et formel de la république. -*
Par ce projet adopté dans toute son étendue, tout est lié dans l'état ; et depuis le dernier particulier jusqu'au premier palatin , nul ne T^it aucun moyen d'avancer que par la route du devoir et de Tapproba-
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tion publique. Le roi seul >^e fois 4lu, ne vQyaut plus que les lois au-dessi|B de ikii , n'a nul autre frein qui le contij^nne ; et n ayant plus besoin de l'approbation publique, il peut s'en passer sans risque^si ses projets . le demandent. Je ne vois guère à cela qu un remède auqHel méiçe il ne faut pas songer ; ce seroit que la couronne fût en quelque manière amovible , et qu'au bout de certaines périodes les rois eussent besoin d'éti*e confirmés, lilais, encoTe une fois, cet expédient n'est pas proposable : tenant le trône et l'état dans une agitation continuelle , il ne laisseroit jamais l'administration dans une assiette asse2 solide pour pouvoir s'appliquer uniquement et utilement au bien public.
Il fiit un usage antique qui n'a jamais été pratiqué que cbez un seul peuple , mais dont il est étonnant que le succès n'ait ijçnté aucuù autre de l'imiter. Il est vrai qu'il n'est guère propre qu'à un royaume électif, quoique inventé et pratiqué dans un royaume héréditaire. Je parle du jugement des rois d'Egypte après leur mort, et de l'arrêt par lequel la sépulture et les honneurs royaux leur étoient accordés ou refusés, selon qu'ils avoient bien ou mal gouverné l'état durant lemr vie. L'indifférence des modernes sur toosi^ les..9bjets moraux et sur tout ce qui peut donner du ressort aux âmes, leur, ferf^^sans doute regarder l'idée de rétablir cet usage pour les rois de Pologne comme une folie ; et ce n'est pas à des François , surtout à des philosophes, que je voudrois tenter de la faire adopter ; mais je croi^ qu'on peut la proposer à des Polonois.^'ose. même avancer que cet établissement auroit
ches eux de gran^ avantages auxquels il est ntipd9sible de suppléer 4 aucune autre manière, et pas un seul incouvéuient. Dans Tobjet présent , on voit qn à . moins d une ame vile, et insensible à Fhonneur de sa mémoire, il n'est pas possiUe que Fintégrité d'tm jugement inévitable n'en impose au roi , et ne mette à ses passions un frein fins ou moins fort , je Tavoue, mais toujours capable de les contenir jusqu^à ciei^n point, surtout quand on y jc^ndra Tintérét d^ ses enfents , dont le sort sera décidé par lai^ét porté sur la mémoire du père.
Je voudrois donc qu'après la mort de chaque roi son corps fût déposé dans un lieu sortable , jusqu'à ce qu'il eût été prononcé sur sa mémoire; que le tri* bunsd qui doit en décider et décerder sa sépulture fut assemblé le plus tôt qu'il seroit possible; que là sa vie et son régne fussent examinés se vèèement ; et qu'après des informations dans lesquelles tout citoyen seroit admis à l'accuser et à le défendre , le procès , bien instruit, fàt suivi d^un arrêt porté avec toute la solennité possible.
En conséquence de cet arrêt, s'il étoit fkvôrable, lé feu roi seroit déclaré bon et juste prince, son nom inscrit avec honneur dans la liâte des it>ia de Pologne , son corps mis avec pompe dans leur sépultui^, F^îthété de glorieuse mémoire ajoutée à son nàm dans tous les actes et discours publics , un douâire assigné à sa veuve; et se» enfants, déclarés prinfces royaux', seroient honoriss leur vie durant de tous les avantages attachés à ce titre.
Que si , au contraire , il'étoit trouvé coupable d'in-