CHAPITRE Xîr
justice , de violence , de malversation , et surtout d avoir attenté à la liberté publique, sa mémoire seroit condamnée et flétrie; son corps privé de la sépulture* royale seroit enterré sans honneur comme celui d'un' particulier^ son nom efiBsicé du registre public des rois ; et ses en&nts , privés du titre de princes royaux et des prérogatives qui y sont attachées, rentreroienc dans la classe des simples dtoyens , sans aucune diS'^ tinctîon honorable ni flétrissante.
Je voudrais que ce jugenient se ftt avec le plu si grand appareil, mais qu il précédât, s'il étok posidi/ ble, rélection de son successeur, afin que le crédit de celui-ci ne pût influer sur la s^itenoe dont il auroit pour lui-même intérêt d'adoucir la sévérité. Je sais qu'il seroit à désirer qu'on eût pfus de temps pont* dévoiler bien des vérités cachées , et mieux instruire le procès. Mais si l'on tardoit après l'élection , j'auroi» peur que cet acte important ne devint bientôt qu'une vaine cérémonie, et, comme il arriveroit infailliblement dans un royaume héréditaire , plutôt une orai** son funèbre du roi défunt qu'un jugement juste et sévère sur sa conduite. Il vaut mieux , en cette ocdamm , donner davantage à la voix publique , et perdre qddquea lumières de détail , pour conserver l'intégrité et I austérilé|^'un jugement qui sans cela deviendront ittUtHe.
A regard -du trâ>unal qui' prononceroit cette sen^ tence ^ je voudrais que ce ne fât ni le sénat , ai 1^ diète , ni aucun corps revêtu de quelque autorité dan$ legouivernement , mais un ordre entiéf de eitoryens ,' qui ne peut être aisément ni trompé ni corrompu, il
4oO GOUVERNEMENT DE POLOGNE.
me parolt que les cives électif plus i|iBti*uits, plus expérimentés que les servants d'état , et moins ïiHéressés que k$ gardiefis des lois, déjà trop voisins du trène, seroient précisément le corps intermédiaire où Ton trouveroit à4a-fois le plus de lumières et d'intégrité , le plus propre à ne porter que des- jugements sûrs et par là préférables aux deux autres en cette occasion. Si même il arrivpit que ce corps ne f(ït pas assez nom* breux pour un jugement de cette importance, j'aimerois mieux qu on lui donnât des adjoints tirés des servants d'état que des gardiens des lois. Enfin je voudrais que ce tribunal ne fàt présidé par aucim homme en place, mais par un maréchal tiré de son corps , et
qu'il éliroit lui-même comme ceux des diètes et des
confédérations : l&nt il faudroit éviter qu'aucun intérêt
particulier n'influât dans cet acte, qui peut devenir très auguste ou très ridicule , selon la manière dont it y sera procédé.
En finissant cet article de l'élection et du jugement des rois , je dois dire ici qu'une chose dans vos usages m^a paru bien choquante et bien contraire à l'esprit de votre constitution; c'est de la voir presque renversée et anéantie à la mort du roi , jusqu'à suspendre et fermer tpus les tribunaux, comme si cette conslitation tenoit tellement à ce prince que Ivmort de Tun fût la destruction de l'autre. Eh mon dieu ! ce devrait êtreexçKstement le contraire. Le roimort, tout devroit alH^r comme s'il vivoit encore; on -devroit s apercevoir à peine qui) n^anqiufi.une pîêcQ.à.la madiine, tant cettç pièce étoit peu «ss^tielle à sa solidité. Heureu<> $ei|ient cette inconséquence ne tient à rien* Il n y a