‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 190 sur 200 · CHAPITRE Xy. 4oS · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xy. 4oS

gne, au lieu de s'appliquer à' remplir ses coffres, à grossir ses fioances , à lever bien des troupes réglées , songe au contraire à licencier son armée et à se passer d'argent, ils croiront qu elle travaille à s'affoiblir; et, persuadés qu'ils n'auront pour ^n faire la conquête qu'à s'y présenter quand ils voudront , ils la laisseront se régler tout à son aise 9 en se moquant en euxmêmes de son travail. Et il faut convenir que l'état de liberté ôte à un peuple la force offensive , et qu'en suivant le plan que je propose on doit renoncer à tout espoir de conquête. Mais que , votre œuvre fei te , dans vingt ans, les Russes tentent de vous envahir, et ils connottront quels soldats sont pour la défense de leurs foyers ces hommes de paix qui nt savent pas attaquer ceux des autres , et qui ont oublié* le prix de l'argent. * Au reste, quand vous serez délivrés de ces cruels hôtes, gardez-vous de prendre envers le roi qu'ils ont voulu vous donner aucun parti mitigé. Il faut ou lui* fikire couper la tête , comme il l'a mérité , ou , sans avoii» égard à sa première élection, qui est de toute4iulJité , l'élire de nouveau avec d'autres pacta coriventa, par lesquels vous le ferez renoncer à la noniination des grandes places. Le second parti n'est pas seulement le plus humain , mais le plus sage ; j^y trouve même une certaine fierté généreuse , qui peut-être mortifiera bien autant la cour de Pétersbourg que si vous faisiez une

* Cet alinéa et les deux suivants manquent ù Tédilion de Genève. Ils ont été imprimés , pour la première fois , dans Fédition (le 1801. L'éditeur dit avoir pris ce morceau dans un manuscrit de Mirabeau.

4o6 GOUVERNEMENT DE POLOGNE.

liutre élection. Poniatowski îmA. très crimind saas doute; peut-être aujourd'hui n'est-il plus que arnlheit* reux : du moins » dans la situation présente ^ il me par^t se conduire assez comme il doit Je Êiire ea ne se mêlant de jrien du tout. Naturellement il doîl au fond de soù dœur désirer ardemment l'expulsion de ses durs maîtres. U y auroit peut-éure un héroïsme patrîo* tique à se joiiidre^ pour les chasser , aux confédérés; mais on sait bien que Pomatowski n'est pad un héro^ : d'ailleurs, outre qu'oQ ne le laisseroit pas feil^e, et qu'il est gardé à vue in&illiblenient) devant tout au Russe , j e déclare franchement que , si j'étois à sa place , je ne voudrois pour rien au monde être capable de cet héroïsme^Ià^ <

Je sais bien que e^ liiest pas là le roi qu'il vous feut quand votre réformé sera faite; mais c'est peut-être celui qu'il vous Seiutpour la faire tranquillement. Qu'il vite seulement encore huit ou dix ans , votre machine alors ayant commencé d'aller, et plusieurs palatinats étant déjà rentplis par des gardiens des lois, vous n aurez pas peur de lui donner un successeur qui lui ressemble: mais j'ai peur, moi, qu'en le destituant simplement , vous ne sachiez qu'en &ire , et que vous ne vous exposiez à de nouveaux troubles.

De quelque embarras néanmoins que vou^ puissiez déhvrer sa libre élection j il n'y faut songer qu'après &'être bien assuré de ses véritables dispositions , et dans la supposition qu'on lui trouvera encore quelque bon sens, quelque sentiment d'honneur, quelque amour pour son pays , quelque connoissance de ses vrais in*

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