‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 41 sur 200 · LIVRE II, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IV

pacte socisd , de sa puissance , de ses biens , de sa liberté, c est seulement la partie de tout cçla dont Tusage importe à la communauté; mais il faut convenir aussi que le souverain seul est juge de cette importance.

Tous les services qu un citoyen peut rendre à Fétat^ il les lui doit sitôt que le souverain lejs demande ; mais le souverain, de son côté, ne peut charger les sujets d'aucune chaîne inutile à la communauté : il ne peut pas même le vouloir; car, sous la loi de raison, rien ne $e fieût sans cause , non plus que sousla loi de nature. . Les engagements qui nous lient au corps social ne sont obligatoires que parcequ'ils sont mutuels; et leur nature est telle qu'en les remplissant, on ne peut tra* vailler pour autrui sans travailler aussi pour soi. Pour* quoi la volonté générale est-elle toujours droite , et pourquoi tous veulent-ils constamment le bonheur de chacun d eux , si ce n'est parcequ'il n y a personne qui ne s'approprie ce mot chacun ^ et qui ne songe à luimême en votant pour tous? ce qui prouve que Tégalité de droit, et la notion de justice qu'elle produit, dérive de la préférence que chacun se donne , et par conséquent de la nature de l'homme ; que la volonté générale , pour être vraiment telle , doit letre dans son objet ainsi que dans son essence ; qu'elle doit partir de tous pour s'appliquer à tous; et qu'elle perd sa rectitude naturelle lorsqu'elle tend à quelque objet indivi* duel et déterminé , parcequ'alors , jugeant de de qui nous est étranger, nous n avons aucun vrai principe d'équité qui nous guide.

En effet , sitôt qu'il s'agit d'un fait ou d'un droit par .

ticulier sut un point qui u a pas été réglé pav une eoairention générale etantérieure , laffairedevient cxmtei»" tieuse : c est un procès où les particuliers intéressés sont une des parties , et le public l'autre , mais où je ne; vois ni la loi qu'il faut suivre , ni le juge qui doit pro^ Boncer. Il séroit ridicule de vouloir alors s'en rapporter à une expresse décision de la volonté générale , qui ne peut être que la conclusion de lune des parties , et qui par conséquent n'est pour l'autre qu'une volonté étrai> gère , particulière , portée en cette occasion à l'injustîoQ et sujette à l'erreur. Ainsi, de même qu'une volonté particulière ne peut représenter la volonté générale , la volonté générale à son tour change de nature , ayant un objet particulier, et ne peut comme générale prononcer ni sur un homme ni sur un fait. Quand le peur pie d'Athènes , par exemple , nommoit ou cassoit S6a chefs, décemoit des honneurs à l'un , imposoit de^ peines à l'autre , et , par des multitudes de décrets par^ ticuliers, exerçoit indistinctement tous les actes du gouvernement , le peuple alors n'avoit plus de vohsito générale proprement dite, il n'agissoit plus comme souverain, mais comme magistrat. Ceci paroitra con-> traire aux idées ooBimunes ; mais il faut me laisser Je temps d'exposer les miennes.

On doit concevoir par là que ce qui généralisit la volonté est moins le nond)re des voix que l'intérêt commun qui les unit; car, dans cette institution^ icha'cun se soumet néces^aireiqent aux condiliem qu'il impose aux autres : aocard admirable cle rintér rêt et de la justice, qui donne aux délibérslions casa* Daunes un oaraotère d'équité qu'on voit évancHtir dans

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