‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 47 sur 200 · LIVRE II, CHAPITRE VIL l4l · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VIL l4l

fait marcher. Dans la naissance des sociétés, dit Montesquieu , ce sont les chefs des républiques qui font l'institution, et c'est ensuite l'institution qui forme les chefs des républiques *.

Celui qui ose entreprendre d'instituer un peuple doit se sentir en état de changer pour ainsi dire la nature humaine, de transformer chaque individu, qui par lui-même est un tout parfait et solitaire , en partie d'un plus grand tout dont cet individu reçoive en quelque sorte sa vie et son être ; d'altérer la constitution de l'homme pour la renforcer; de substituer une existence partielle et morale à l'existence physique et indépendante que nous avons tous reçue de la nature. Il faut, en un mot, qu'il ôte à l'homme ses forces propres pour lui en donner qui lui soient étrangères , et dont il ne puisse faire usage sans le secours d'autinii. Plus ces forces naturelles sont mortes et anéanties , plus les acquises sont grandes et durables , plus aussi l'institution est solide et parfaite : en sorte que si chaque citoyen n'est rien , ne petit rien que par tous les autres , et que la force acquise par le tout soit égale ou supérieure à la somme des forces naturelles de tous les individus , on peut dire que la législation est au plus haut point de perfection qu'elle puisse atteindre.

Le législateur est à tous égards un homme extraordinaire dans l'état. S'il doit l'être par son génie , il ne l'est pas moins par son emploi. Ce n'est point magistrature, ce n'est point souveraineté. Cet emploi, qui constitue la répubUque, n'entre point dans sa consti-

* Grandeur et décadence des Romains y chap. i .

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tuticm : c est njxe foncUoi;! parûa4ière et çup^jteuif qui n arien de conuDun avec TeiApire huipain; car si celui qui commsuide aux bomuies ne doit pas coiXMpaiider aux lois , celui qui commande aux lois ne doit pa9 Aon plus commsmder aux hommes ; autreme]:^t ses lois , ministres de ses passions , ne feroient èouvent qiLieperr pétuer ses injustices; jamais il ne pourroit éviter que des vues particulières n'altérassent la sainteté de son ouvrage.

Quand Lycurgue dpnna des lois à sa patrie , il commença par abdiquer la royauté. C'étoit la coutumejde la plupart des villes grecques de confie^ à des çtrçuir gers rétablissement des leurs. Les républiques mpd^rnes de Tltalie imitèrent souvent cet usage , ceU^ 4^ Genève en fit autant , et s'en trouva bien > . Bopie , d^m^ $on plus bel âge , vit renaître ei^ soi^ a^ein tous les çj^ mes de la tyi'aiinie , pt se vit pî'ête ^ périr, pour ^yç\ç réuni sur les mêmes têtes T^utorité législative çt Iç pouvoir souverain.

Cependant les décemvirs eux-mépies ne s'arroge rent jamais le droit de faire passer aucune loi de lenf seule autorité. Rien de ce que nous vou^ proposons y di-' soient-ils au peuple , ne peut passer en loi sans votre po^ lentement, Romains ^ soyez vûuS'm4m€S ^a^(6?4^f ^ A?^ qui doivent faire votre bonheur»

' Gem; qui ne considèrent Calvin que éomme théolo^ep connoi^^ent mal retendue de %on génie. La rédaction de nos.sagea édit4, ^ laquelle il eut beaucoup de p^rt, l^i fa^ ^utai^t 4'bpi^mi:^r que son institution. Quelque révolution que le temps puisse fime*' ner dans notre culte , tant que l'amour de la patrie et de la liberté ne sera pas éteint parmi nous, jamais 1« mémoire de ce grand homme ne cessera d*y être en béi^édiction.

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